Harmony

il y a
2 min
82
lectures
12

Je vous dirai les ronds bleus Les ronds qu'on fait avec des jeux Ecrire est parfois ridicule Je m'élance et puis je bascule Devant une phrase inutile Qui brisera l'instant fragile D'une  [+]

La chienne sort faire son petit tour habituel.
Avec au cou le collier. Avec au collier la laisse. Avec à la laisse le maître.
Elle prend le trajet le plus long encore une fois alors qu'elle pourrait faire très court.
Chemin droit puis bifurcation dans la rue favorite, souvent la même.
A l'entrée de celle-ci, de loin, elle aperçoit une forme informe.
Une sorte de masse humaine assise sur le bord du trottoir.
Elle s'approche de plus en plus près d'elle, méfiante.
A sa vue, une relative ou grande tache de sang épaisse.
Puis, donc, une dame au visage ensanglanté.
Pas très loin trois lolitas sans matière grise apparente.
L'accidentée semble tombée contre son gré.
Déstabilisée par quelques vapeurs de houblon en accoutumée du fait ?
La chienne ne connaît pas cette personne.
Quelqu’un a déjà appelé les secours.
Quelques mots d'injures, copieusement, sont échangés.
Une atmosphère de récent conflit empeste l’atmosphère.
Le maître s’accroupit près de cette désarmée qui répète plusieurs fois n'être aimée de personne.
La chienne pense spontanément qu'elle l'aime à elle seule pour tout le monde.
En tout cas son regard essaie de lui faire comprendre.
Un mouchoir en papier est imprégné de globules, c’est rouge.
Le maître en avait un stock de blancs dans son cabas, il les offre.
Il appuie les mains sur ses épaules qui voulaient absolument se relever.
"Vous avez perdu assez de sang, restez assise."
Il y a peut-être en plus une fracture du crâne ou autre réjouissance.
"Assise" comprend la chienne qui fixe la femme.
C'est moi qui commande et vous devez obéir même si mon maître est derrière moi.
Pas un ordre brusque mais ferme tout de même.
Trois pompiers arrivent.
Le maître toujours accroupi près de cette malheureuse larmoyante.
"Je ne veux pas des murs blancs."
Le maître se redresse pour laisser deux sapeurs la prendre sous les bras.
Et tenter de la mettre debout bien difficilement.
Sauf que quand la femme se relève, les deux pans de son écharpe s’écartent dans le vide.
Dévoilant un collier de chienne.
La chienne voit alors au-dessus du collier un sourire, pas ironique, plutôt charmant, un peu amusé.
Et la main de la femme qui vient grattouiller son crâne.
"Ou ils l'emmènent à la SPA ou en fourrière ou, simplement, dans une niche ?"
"Ou la laisse a été oubliée et c’est une chienne non perdue avec collier ?"
Arrive alors un passant qui dit s'occuper de cette âme en peine et la connaître.
Il a une chaîne en or au cou, qui ne passe pas inaperçue .
Il doit appartenir à un comité quelconque ou faire partie d'adjoints de cette ville.
Il dit qu'il sort justement d'une réunion où il vient d’animer un débat de trois heures sur les...
Discriminations et les violences.
La plus mature des lolitas dit avoir été blessée par les injures de la femme au collier.
Quel foutoir se dit la chienne !!!
"Aux mots qui ressemblent à des crapauds, je réponds que je suis une blanche colombe..."
"Une poète !!!" s’exclame en souriant un pompier narquois.
Rire d'une autre : "Je vais devoir le copier mille fois pour m'en souvenir."
L'écharpe, la femme l'a remise avec décontraction ou désinvolture.
La chienne reprend son chemin.
En souhaitant ne plus rencontrer personne.
Quand elle est rentrée, sur les ondes passait "Live together in perfect harmony"...
Très jolie mélodie.
12

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Très très courts

Puncak Jaya

Pamela Hayek

L’instant se prolongeait, le temps amorti prenait les traits de l’éternité. Junko ne ressentait plus la douleur qui dévorait ses jambes. Son corps las se revigora. Le septième sommet ... [+]