Handicap à vif

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En compétition

Après mes "ARRIÈRE-SAISONS", mon dernier recueil de poésie intitulé: "DE CHAIR ET DE CENDRE", vient d'être édité chez Hugues FACORAT Édition. Mon site: www.lacroixbis.f  [+]

Image de Été 2020

Elle a besoin de dire ce mal être qui lui colle à la peau, suinte l’angoisse, interpelle la saison imperturbable.
Il lui faut livrer ces moments qui tremblent, se dérobent, dénoncent les nuisances d’un handicap lourd à porter.
Elle n’avance qu’avec des semelles de plomb, alors que dans le vase se fane la plus belle des fleurs.
Devant le miroir, elle traque un reflet étrange, presque impudique, qui ressemble à un refus.
Elle cogne de sa rage l’espace crevé, le tassement de l’ombre.
Sur l’étranglement du couloir le sol s’étire jusqu’au vertige. Elle recule contre l’immobilité du mur.
Elle ne sait plus comment continuer avec tout ce bazar dans ses bagages.
Son attente se fissure, ses gestes se répètent et l’avenir s’abîme.
Que faire de ce passé qui exige une revanche !
Le froid de la nuit traque l’aube blanche. Elle voudrait tant pouvoir dormir dans l’équerre des bras.
Il y a cette dureté d’un monde qui marchande même les rêves, cette inquiétude qui rôde sur des pensées mortifères.
L’espérance s’éloigne, n’enlace que du vide.
La révolte, le dégoût, remontent en vomissures, face à l’outrage resté impuni, qui a détruit le plus intime.
Elle voudrait inventer des pansements, contrôler l’émotion, consolider le présent, et ne plus fuir.
Malgré des avancées, persiste ce sentiment d’avoir échoué, cette crainte de décevoir ceux qui n’ont jamais lâché sa main. Surtout ne pas oublier, pour que s’apprivoise l’instant.
Sous sa peau tendue, trop de chair froissée, trop de creux et de bosses. Sur les heures muettes, la blessure s’accentue, obsédante et tyrannique.
Comme au théâtre, apprendre à régler la mise en scène, puis écarter le rideau, assumer les défis. De chaque réplique, saisir la promesse, mais du sable s’échappe de son poing serré.
Sa mémoire, prise en otage, se cercle de barbelés. Des images reviennent lui planter des échardes en plein cœur.
Son sexe, sa fleur de sang, n’était pourtant que douceur et offrande.
Sans cesse à vif, elle part en vrille, tandis qu’agonise incertaine, la clarté du jour, sur l’innocence aux yeux clos.
Parvenir à détricoter, maille après maille, la courbure de l’heure. C’est si compliqué tous ces nœuds !
La douleur s’arc-boute, se plante à l’envers, captive d’une geôle invisible.
Trouver le moyen de la peindre, de l’effacer lentement, sans l’effrayer ni l’offenser. La pétrir d’argile et d’os.
Il reste peut-être une clé qui ouvrira la porte, pour saisir l’essentiel d’un ciel délavé de pluie.
Le vent en liberté gomme la différence, emporte le souffle des mots, livre une bataille contre la fixité du regard, le silence de la ville qui se tait.
S’arrêter pour se reconnaître, toucher la terre, et cette eau vive du ruisseau qui miroite une image filant entre les doigts.
Découvrir que sur le talus aride, se balancent écarlates, deux coquelicots.

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Marie Lacroix-Pesce  Commentaire de l'auteur · il y a
Le mal être mis à nu, s'étiole sur l'écueil du silence et l'attente inutile...
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Zalma Solange Schneider · il y a
Une écriture sublime et toute en images fortes et belles, pour un thème sombre que la beauté de l'écriture éclaire, révélant au lecteur la douleur et la fêlure...
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Joëlle Brethes · il y a
Une douleur lancinante sans véritable objet : le pire !
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Cerise R. · il y a
Comme en écho à votre magnifique « Ma douce au vent », l’écriture empreinte de poésie contraste avec l’horreur du thème sous-jacent et en souligne la douloureuse réalité. Je ne me lasse jamais de votre plume quelque soit la forme qu’elle épouse. Merci Marie
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Jo Kummer · il y a
Elle a besoin de dire ce mal être qui lui colle à la peau. Jo. pour la consoler aime,(Handicap à vif)!
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Nicolas Corral · il y a
Mis un j’m ! Pour la beauté qui vient contrebalancer la douleur. Comme dit Wajdi Mouawad : « la littérature c’est l’art de faire du beau avec de la merde ». Merci pour ce moment poétique.
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Gil Nathan · il y a
Un texte où l'on ressent plus que l'on ne comprend la douleur, le mal-être. Mais c'est le propre de ce mal de ne pas être compris par les autres, seulement parfois frôlé comme ici, superbement.
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Situsavaiscombien · il y a
Vous décrivez la douleur et la souffrance de cet être si fragile avec une immense délicatesse. Vos mots sont forts et d'une justesse infinie face au mal être de cet ange. Je souhaite de tout mon coeur que d'autres avancées voient le jour et que la clé de la délivrance et du bonheur s'ouvre enfin pour elle. Je voudrais aussi préciser que le handicap QUI NE SE VOIT PAS est souvent très sournois et douloureux à porter.
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Sylvie Martorell · il y a
Sublimer la souffrance... il en faut du talent!
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Lasana Diakhate · il y a
Un beau texte ,très riche, attirant et bien rédigé . J’aime bien ce texte .Bravo 👏🏽👏🏽
Je vous invite à lire mon œuvre et n’hesitez pas à apprécier l’oeuvre par vote après la lecture. Merci d’avance
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