Et nous serons heureux...

il y a
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Je suis très énigmatique m'voyez  [+]

Ceci est un roman d'amour qui parle d'amour, du vrai amour...
L'amour de quand on est amoureux...


Le train démarra lentement d'abord. Les quais d'embarquements glissèrent jusqu'à disparaître de ma vision. Le ronronnement du moteur rappela à mon cœur tout le voyage qui m'attendait encore.
Dans mes mains, le carton élégant de la boite aux chocolats que je réservais pour ma maman. Malicieux et surtout un peu gourmand, j'entrouvris légèrement la boîte pour regarder à l'intérieur. Voilà un spectacle qui donnait envie ! Après tout, si je prenais un, elle ne se rendrait compte de rien. Ma maman aimait ceux au caramel, j'en prendrai un au café ! Tout en savourant ce délice aromatique acheté il y a peu à LIDL, je vis le paysage urbain cédé peu à peu la place à la campagne et au soleil couchant. J'avais de la chance, mon wagon était très peu occupé. J'avais toute la tranquillité pour moi. Seul une dizaine de passager silencieux partageait avec moi cet espace mobile et rassurant.
C'est alors qu'un parfum m'étreignit et me plongea dans un sentiment ambiguë. Ce parfum simple contenait en lui toutes les saveurs du monde et d'autres encore que je ne saurais identifier ! Cela ne pouvait pas être le chocolat au café, j'en était sûr. Un reflet passa furtivement sur la vitre. Une silhouette à peine aperçue qui, je le savais dès lors, changerait tout dans ma vie. D'ailleurs, vous ais-je déjà parlé de moi ?
Moi, je suis quelqu'un d'ordinaire comme vous et moi. Je mène une vie simple, je mange un peu de viande, un peu de légume. Je travaille comme journaliste pour un magasine de mode et je vis seul dans un petit appartement parisien où les voisins sont très gentils. Les femmes ? Oh non, j'ai toujours voulu laisser ça aux autres. Pourquoi quoi faire et à quoi bon ? Après tout, elles se sont toujours passé de moi, j'ai appris à en faire autant. En tout cas jusqu'à ce que je prenne ce train pour rejoindre ma maman.
La silhouette appartenait justement à une jeune femme. Cheveux châtains, la vingtaine. Elle était belle et jolie. Mais surtout, elle était magnifique. Sa beauté me frappait la poitrine avec la violence d'un coup de poing ! Et quand enfin, je repris un peu mes esprits, la réalité s'imposa à moi ; elle était radieuse. Sa beauté tout entière était belle. Elle avait le visage merveilleux, mais le reste aussi. Son cou, absolument élégant, mais le reste aussi. Sa somptueuse et délicieuse grâce était éclatante. Je tombai dès lors amoureux de cette magnificence tombée du ciel. J'aimais profondément l'harmonie de cette délicate œuvre d'art dont rien n'égalait ou même n'approchait la perfection esthétique. La majesté de cette lumière brûlait mon cœur d'une splendeur souveraine. Ses formes étaient d'une finesse à faire pâlir de honte les plus grand sculpteur et peintre de ce monde. Aphrodite elle-même devait se trouver devant moi dans ce train. Je du bien cligner des yeux plusieurs fois pour m'assurer de ne pas être en train de rêver mais rien à faire, elle était sacrément bonne.
Et pourtant, cette étrangère allait finir de passer devant moi et peut-être plus jamais je ne la reverrais.
Si j'avais écouté mon cœur, nul doute que j'aurais saisis sa main et quand son visage se serait tourné vers le mien, je lui aurais proclamé tout haut : « Je t'aime comme un océan ! Et si l'océan n'est pas assez grand, alors comme une planète et si la planète n'est pas assez grande alors comme l'univers tout entier ! » Mais bien sûr, je restai figé là dans mon fauteuil, à me gaver de chocolat. Je mangeais à présent même ceux que ma maman préférait... Mes pensées étaient seulement tournées vers la jeune femme et cette occasion manquée de l'aborder.
Quelques longues minutes passèrent et de nouveaux paysages vinrent remplacer les anciens. La lumière faiblissait à vu d’œil. Je méditais pendant tout ce temps à mon amour perdu à jamais. Elle ne saura jamais à quel point je l'aurais aimé et comme je l'aimerai encore pour les années et les années à venir. Je ne serai jamais pour elle que cet inconnu dans le train, aussi anonyme que le fauteuil sur lequel il est assis. J'en étais là dans mes pensées quand ce qui ressemblait à un nouveau miracle arriva. Je le su d'abord par les airs. Ce parfum salvateur revenait me hanté ! Non, je n'osais pourtant y croire et la voilà qui retraverse le wagon en sens inverse cette fois-ci. À quelques places de moi... Juste à coté de moi... Et voilà qu'elle me dépasse et s'éloigne ! La vie entière qui m'attendait dans ses bras défila devant mes yeux.
Un élan soudain de courage me donna assez de force pour me lever. La voyant s'éloigner davantage, prête à passer dans un autre wagon. Je fis un pas assuré vers elle et poussai de toute mes forces un cri tremblotant qui signifiait : « Hé ! Mademoiselle ! ». Comble de joie, celle-ci se stoppa net et se retourna vers moi. Son regard ne m'était pas encore apparu jusqu'à lors, je n'y étais pas préparé... Une beauté astrale dans laquelle se reflétait la lune, le soleil, Saturne, Cupidon et les autres planètes du système solaire ! C'en était trop... Je sentis mes jambes vaciller. Son regard interrogateur attendait que je fasse quelque chose. Alors que je voulus faire un nouveau pas vers elle, je me sentis partir, je perdis l'équilibre et mon genoux heurta le sol, puis mon corps tout entier. La beauté disparut de ma vision et je ne vis plus que du noir, beaucoup de noir. Partout du noir.

(à suivre) (la suite est mieux...)
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Marie Brevet · il y a
A suivre!
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Dreamer · il y a
Merci pour votre avis. J'attends d'avoir plusieurs retours pour publier la suite.
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Utilisateur désactivé · il y a
Je me suis amusée et maintenant j'attends la suite...

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