Songe du Covid-19 dans mon mariage

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Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Oui, les deux en même temps : dans un rêve de nuit, peut-être. Sinon, je risque de me demander si ça a existé au moins une fois dans l'histoire ou si je suis le premier à vivre cette situation. Je suis convaincu que la vie est belle, qu'elle vaut la peine d'être vécue. Que le monde qui nous entoure rend la vie heureuse. Mais tout dépend des situations. Il m'est arrivé des moments difficiles qui m'ont conduit à conclure que le monde est méchant. Que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, avec le monde. Mais qu'en ai de cette situation actuelle ? Qu'en ai de ce contretemps ? Puis-je conclure que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue ou le contraire ?
C’est un soir, pas comme les autres. Je vais acheter un savon de lessive à la boutique d’à-côté. J’entre lentement. Le boutiquier est en train de dialoguer avec quelqu’une. Elle entend quelqu’un derrière, peut-être. Le boutiquier, quant à lui, me voit. Ils se taisent. Elle fait un quart du tour, pose sa main gauche sur le comptoir et l'autre main tripote son téléphone noir.
Je passe à côté d’elle pour gagner le comptoir. Je me retrouve devant elle, face-à-face. Je la regarde. Le boutiquier est mon ami, de même sexe, inutile...mon attention. Elle lève la tête, croise mon regard et la baisse. J’entrevois ses yeux blancs comme de la neige. Ses rétines noires comme du charbon. Je la fixe. Ses cheveux crépus. Sa peau claire rayonnant comme le coucher du soleil. Sa robe de couleurs mixées façon-façon arc-en-ciel. Elle me parait belle. Vraiment belle. Elle est grande comme moi. Nous irions vraiment ensemble.
Elle relève encore la tête et croise mon regard toujours fixé sur elle.
- Bonsoir, mademoiselle
- Bonsoir. Répond avec un sourire tout en baissant la tête
Voilà ce que je voulais de toi, me dis-je au fond de mon cœur. Un sourire suffit pour être motivé à continuer.
- Puis-je connaitre votre nom ?
- Diane. Et vous ?
- Vincent.
- Ok !!!
Hé ! Une barrière. Il faut freiner. Sinon je risque un accident. Je ne peux pas continuer à entrer là-dedans ; je ne sais pas comment le boutiquier le prend : les garçons, nous pouvons être jaloux parfois. Je ne peux pas lui demander son numéro de téléphone pour continuer... : elle risque de refuser, on n’a pas trop discuté.
- Excusez cher boutiquier ! J’ai perturbé votre discussion.
- Aucun problème, pour moi. Vous avez dit que vous voulez un transfert d’unités ?
- Oui. Répond-elle en fixant le boutiquier
- Votre numéro ?
Bingo ! C’est ça que j’appelle la chance. Quand une chose de hasard survient pour ouvrir une barrière que tu ne pouvais pas traverser. Je dois d’abord prendre par cœur les chiffres qui vont bientôt être proclamés. Et ensuite ? Résolvons d’abord cette équation à une seule inconnue : le numéro de téléphone.
- 796897...
- De combien ?
- De 500
Pour éviter les questions : d’où me connais-tu ? Qui t’a donné mon numéro de téléphone ?... qu’est-ce que tu veux de moi ? Oui, ça arrive. Dorine l’a fait à mon ami Stève.
- Pardon Diane, puis-je garder votre numéro ?
- A l’aise.
D’habitude je ne retourne pas pour regarder les derrières derrière. Mais l’abstinence a souvent une fin. C’est pour cette raison que je me retrouve en train de regarder les derrières de Diane qui balancent derrière moi. C’est peut-être elle que j’attendais depuis... Et je la trouve agréable.
Personne ne veut pas que les belles histoires finissent. C’est ainsi que j’organise un rendez-vous avec elle. Entre nous et à voix basse, un petit constat : Dans l’hôtel city Hills avec Diane, le temps court vite-vite, les factures augmentent, ma poche se vide vite, j’accepte beaucoup de promesses en ‘‘pas de problèmes’’. C’est de l’amour, peut-être.
Plus les jours avancent, plus j’ai envie de rencontrer Diane le plus souvent possible. Les choses vont plus loin : un score de trois rendez-vous par semaine. Hmm ! N’oubliez pas... la poche, le temps et les promesses.
Rien ne sert à m’exposer à ces contraintes. Rien ne sert à continuer à vivre cette vie de demander la permission de voir quelqu’une que je peux apporter chez moi. La voir quand je veux. En tout temps ; sans dépenser. Je dis dépenser pas payer comme payer un billet d’entrer au concert pour voir une chanteuse.
Je suis vraiment fatigué : dépenser pour aller voir quelqu’une, l’approcher, dialoguer, échanger quelques baisers peut-être, la toucher... Hein !!! Notre croyance religieuse n'autorise même pas ces mots écrits, pour les célibataires ; qu'en ai de ces points de suspension ? Nous nous convenons de faire un mariage dans deux mois.
Pour moi, c’est le jour inoubliable de ma vie, le jour de mon mariage qui se déroule en pleine pandémie à coronavirus. Le confinement n’a pas encore été signé, proclamé. A midi moins deux minutes. Tous mes invités sont présents devant le cathédral (sauf bien sûr ceux qui sont confinés dans d’autres pays). Le terrain du cathédral est noir du monde. Il ne reste que ces deux minutes pour entrer dans l’église.
Soudain, mon coucher du soleil arrive avec son cortège. Elle vient de chez ses parents. Ses sourcilles bien rangées. Sa peau qui illumine en plein soleil. Sa robe blanche qui réfléchit la lumière solaire. Les lumières du soleil, de la peau et de la robe interagissent. Je vis des moments incroyables.
Plus elle s’approche de moi, plus je me rappelle qu’elle est de ma taille. Plus les émotions de l’embrasser augmentent, plus je pense à comment je vais passer ma première nuit avec elle. Plus je me rappelle des cours de biologie que j’ai appris au collège. Je vais vivre ce soir les moments que je n’ai jamais vécu depuis ma naissance : ‘‘faire ce qui suit les préliminaires’’, si ma croyance me permet de dire. Oui, pas encore.
A quelques millimètres entre moi et elle, des sifflets retentissent. Je prends quelques secondes pour regarder de quoi il s’agit. Les policiers commencent à descendre du pick-up avant même qu’il ne s’arrête. Des sifflets toujours ; ils poussent violemment mes invités en traçant un chemin de liaison entre moi et la voiture. Cela ne prend qu’une milliseconde. Et voilà une femme sort de la voiture et vient.
Etant toujours dans l’étonnement. Je me demande cette personne se comportant de la manière-là. Qui s’immisce dans mon mariage façon-façon. Je commence à m’accuser si j’aurais commis une faute faisant objet de poursuite judiciaire... Avant de clore mes pensées, la femme noire comme du charbon arrive.
- Je suis ministre de la santé. Selon nos sources, cette fille qui allez être mariée a été en contact avec une personne de sa famille diagnostiquée positive au covid19. Pour son intérêt et le vôtre, une quarantaine de 14 jours est obligatoire dès...
Elle ne termine pas la phrase avant de pointer du doigt à Diane puis à la voiture tout en regardant les policiers. Deux conduisent mon coucher du soleil au pick-up.
- Mais madame la...
Deux autres tendent leurs fusils sur moi avant de terminer ma phrase. Un pointe le cœur, l’autre visualise le front. Ce dernier appui sur le détenteur. Je tombe subitement.
- Vincent ! Vincent !!
Cette voix m’enlève à la torpeur. J’entends quelqu’une s’approcher de là où je suis.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Tu viens d’éclater en sanglot. Me demande ma mère
- Juste des mauvais rêves.
- Mais tu as prolongé ta sieste aujourd’hui.
- Je n’avais pas à faire durant cet après-midi, c’est pourquoi je n’ai pas réglé l’alarme.

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Image de Eric diokel Ngom
Eric diokel Ngom · il y a
Tu a mes voix j'ai apprécié ton texte j'espère que je vais revenir pour voter en final .. merci de me soutenirhttps://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/au-commencement-etait-lamour-2
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Fodé Camara · il y a
Merveilleux texte. Vous avez mes 5 voix.
Je vous invite à découvrir mon texte et le soutenir si vous avez le temps 👇👇
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/lerrance-spirituelle-1

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Dieudonné Ndayizeye · il y a
J'adore ! Courage mon frère V.N. Tu a eu mes trois voix. Je vous invite à jeter un coup d'œil sur le mien
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Ozias Eleke · il y a
Beau texte Jocker. Vous avez mes voix. Votez aussi pour mon texte https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/homme-tas-le-bonjour-dalfred
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Gaelle Ghanem · il y a
Très beau texte, mes 3 voix, courage!
Je vous invite à découvrir et voter pour le mien:
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Yveson Pascal · il y a
Mes voix! Bonjour! Je t’invite a lire et voter pour l’œuvre Mille nuits dans les égouts par l'auteur Yveson Pascal catégorie 18-29 https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/mille-nuits-dans-les-egouts
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Yveson Pascal · il y a
Intéressant