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La Fourrure

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Gérald Cursoux

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Non, ce ne sont pas tes luxueuses parures
L’or de tes bijoux ni l’éclat de tes diamants
Qui m’attirent comme le fer l’est par l’aimant,
Mais cette chose bien plus rare, ta fourrure ;

Je suis à tes genoux pour vivre l’aventure
Que seuls ont pu connaître jadis tes amants
Qui ont admiré sur ce moelleux divan
Ton corps abandonné et livré sans armure ;

Tout bascule tel l’horizon sous la voilure :
Quand mes doigts se glissent dans ce noir astrakan
La folie ronge la raison : si excitant
Que je sens sous moi se redresser ma mature ;

Comme l’artiste qui caresse sa sculpture
Mes mains caressent lentement ton corps brûlant
Qui va vers la petite mort en exigeant
Encore de moi des jouissances futures ;

Mes lèvres glissent dans cette noire mouture
Pour avoir la divine extase, s’envoûtant
L’un et l’autre des secrets parfums exhalant
Des désirs trop forts d’une sauvage nature ;

Les soupirs qui sortent de cette gorge impure
Me sont plus chers que les cris des jeunes enfants
Qui jouent sur les plages avec des cerfs-volants,
Air d’opéra expulsant des pulsions obscures ;

Je te regarde et te vois telle une gravure,
Mais ne peux tel Courbet, génie extravagant,
Te demander d’être ce modèle m’offrant
Son sexe pour l’immortaliser en peinture ;

Triangle noir du pubis et sombre rayure,
Tâches noires des aisselles, ventre affolant,
Ombres profondes sur les cuisses s’entrouvrant
Sont de ton corps les incroyables signatures ;

Je me perds dans cette floraison sans verdure
Dans le double jeu de l’amour toujours perdant,
Le sordide et le sacré fondus m’enchaînant :
Qu’éclate la beauté, et l’Azur sature !
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