Fête mortuaire

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Auteur amateur de 26 ans qui trébuche, rate, tente, recommence... Et fait de son mieux pour vous divertir avec les idées qui se bousculent dans sa tête. Je vous remercie sincèrement pou  [+]

Image de Automne 2020

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L’heure est à la fête, celle des corps en miettes,
S’assemblent,
Troupeau d’âmes en peine décharnées autour d’un trou,
Tremblent,
Des squelettes flottants dans le noir et le blanc,
S’ébranlent, et attendent, en chaînes.

Mais les souvenirs des cœurs, absents, redeviennent battants,
Ils se délient doucement, leurs doigts claquent en chœur,
Corbeaux crépitent de leurs ailes, un rythme,
Celui de l’éveil dans le royaume de l’effroi et du pleur.
La rigueur morne se retire, et le tableau cendré se pâme,
Une louve hèle un soprano joueur, de couleur.

Le ciel plonge l’écho dans son abysse, la terre frisonne et le fossé se hérisse,
Des racines mortes s’étirent, les visages exsangues s’éclairent, vert-de-gris,
À gorge crevée, ils rient, puis en canon glapissent,
S’enflamment et résonnent, les instruments osseux rougissent,

Et la voix du nouveau-né, celle du macchabée.

L’ombre grotesque, gesticule, et de sa lie se décroche,
Des nuées de taches d’encre voltigent au son de la cloche,
Un voile recouvrant ses déboires, un détail dérisoire,
Le piano achève la partition, celle des rêves moribonds.

Les membres dans leurs loques se disloquent, craquettent, se tordent,
Embrassades et embrasements sur la danse s’accordent,
Ardente et écarlate, la fauche déverse des étoiles sanglantes,
Une pluie chantante sur ces retrouvailles émouvantes.

De l’autre côté, dans le cimetière, avide de vie,
Une faim mortelle de virgule, étouffant le point et l’oubli.
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