Une grosse bêtise

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Il y eut May, Verne, Klein, Vian, Genevoix, Stevenson et Druillet, Moebius, Corben... Puis Van Vogt, Wodehouse, Giono, Brown, Flaubert, Harrison, Steinbeck, Süskind, Maupassant, Renard, Gide  [+]

De retour de l'Observatoire du Cerro Paranal, situé dans le désert d'Atacama au Chili, Wilhemina Glück-Hoz, astrophysicienne de son état, avait de quoi être satisfaite – et elle l’était. La campagne de recherches s’appuyant sur ses travaux personnels et l’extraordinaire Very Large Télescope semblait combler toutes ses espérances. Sachant se servir aussi bien de ses mains que de sa tête, elle avait créé un « analyseur à retour d’ondes » (qui lui vaudrait plus tard le Nobel), un appareil, qui couplé au télescope, promettait des avancées encore jamais vues jusque là...
A l’aéroport de Lille-Lesquin, elle prit un taxi pour rentrer chez elle. Quand elle y pensait, « chez elle » était toujours une source d’étonnement : son grand père, officier supérieur stationné dans le secteur pendant l’Occupation, était tombé amoureux de la région, et la paix revenue, avait réussi à racheter un vaste domaine perdu parmi les champs de betteraves et plus ou moins abandonné. Ces circonstances en faisaient un lieu resté à l’écart de l’agitation locale, idéal pour les explorations qu’elle menait dans son observatoire personnel. C’est avec de telles pensées qu’elle se dirigea vers Escaudœuvres, en plein Cambrésis.

Ses recherches concernaient Gliese 581 c, une planète extra-solaire en orbite autour de son étoile, une naine rouge située dans la Balance, constellation distante d’une vingtaine d’années-lumière de notre Soleil. A peine arrivée, elle entreprit de tester un nouveau composant en le montant sur son analyseur, changea quelques réglages un peu au hasard et monta l’appareil sur le télescope bien à l’abri dans sa coupole. Deux équipements qui auraient bien fait envie à bon nombre de professionnels du ciel.
Elle enclencha l’électronique, entra les coordonnées de Gliese 581 c, la coupole s’ouvrit et le télescope s’aligna sur sa cible. C’est à ce moment là que Wilhemina activa son fameux analyseur. Et c’est à ce moment là qu’elle aurait mieux fait de savourer un bon bonbon bien gorgé de sucre. Mais passons, il est temps pour elle de quitter la scène...

Dans son immense palais forteresse planté au sommet d’une vaste éminence, le Grand Unificateur Candi, bien assis sur son trône-piédestal, trônait au centre de la grande Salle du Trône. Terrible guerrier, il régnait sur M’hélas et sur toutes les autres planètes formant, habitables ou pas, leur système local. Son espèce, les Sukkar*, pourvue d’une constitution à toute épreuve et d’un caractère belliqueux, avait finit par éliminer toute rivalité et était devenue l’instrument de sa domination. Leur morphologie, pour le moins déroutante pour une personne normalement constituée, échappait à toute description objective. Tout au plus, pouvait-on évoquer une carotte d’un mètre cinquante de haut, épaisse et blafarde. Une seule chose était sûre : ils faisaient peur. Certains Sukkars en profitaient pour devenir des mercenaires, très demandés ou craints dans toute la galaxie, selon le cas. A la moindre contrariété, Candi menaçait quiconque du sort affreux de Saccaridès, pauvre opposant banni pour toujours sur l’abominable planète Caram-Hell, lieu de désolation complète et bagne de tout l’empire, et ses menaces restaient rarement sans suite. Dominant une cohorte craintive de congénères l’entourant au garde à vous à distance respectueuse, le Grand Unificateur rêvait de batailles féroces.

– Sire ! Sire Haut ! au pied du trône, un M’hélassien abaissant ce qui pouvait ressembler à des membres, se livra à ce qui aurait pu ressembler à une révérence :
– Que veux-tu ? Réponds ! cracha son maître.
Le sujet, un édile-curé (il était maire et prêtre) arrivait tout droit d’un lieu isolé, bien loin, vers Geoise, où se dresse un complexe scientifique.
– Nous avons capté un signal intelligent venant d’un monde lointain !
– En es-tu sûr ? Agressif ou pas ?
– Vos meilleurs chercheurs ont vérifié, Sire : c’est certain et il n’annonce aucun danger.
Candi redressa son corps massif, blanchâtre, verruqueux, et de vagues membres supérieurs d’un joli vert épinard s’agitèrent tandis que ce qui aurait pu ressembler à une lueur mauvaise s’alluma dans ce qui pouvait ressembler à quelques yeux :
– Enfin de l’action ! Qu’on alerte la flotte ! De nouvelles conquêtes s’annoncent !

Le « Ville de Tam-Aspar », croiseur lourd et vaisseau amiral de la flotte, fut mis en alerte et Sercu, son commandant, se présenta, inquiet, pour recevoir ses ordres :
– Je te charge d’annexer le monde qui vient de se manifester !
– Avec juste un croiseur ?
– En serrant bien les autres, je peux te coller au bagne de Caram-Hell...
Le pauvre commandant se figea sur place, ses minces et multiples organes locomoteurs tressaillant, tandis que des moqueries parcoururent l’assemblée, heureuse de ne pas être la cible des menaces du tyran :
– Aux fraises, le Sercu !
– Il va filer droit...
– M’a l’air soufflé, non ?
– Comment qu’il est boulé !
– Carrément cassé, oui !

Le croiseur s’éleva au-dessus du palais avant de fondre sur sa proie. Sur la passerelle, outre le commandant, se tenaient Sécur, dirigeant le groupe armé, Rescu, responsable survie à bord et Creus chef de la propulsion dans le vide intersidéral. Sercu, solennel quoique tendu, leur exposa la mission et donna l’ordre de départ.
Quelques heures suffirent pour atteindre leur destination (ils ne connaissaient pas Einstein, c’est plus commode pour la suite). Haut dans l’atmosphère de leur cible, une étrange petite planète bleue, ils firent le point sur les coordonnées exactes du signal capté et sondèrent la zone.
– Commandant ! nous détectons une source massive de C6H12O6 et de C12H22O11 !
– Incroyable, comme nous ! A bord d’une navette et sûrs de leur supériorité, seuls deux M’hélassiens se rendirent illico sur place alors que le croiseur continuait à croiser dans l’espace, où d’ailleurs on ne croise pas grand monde.

– Dring ! Dring !
– Gendarmerie d’Escaudœuvres, je vous écoute...
– Y a une soucoupe volante dans mon champ !
– Ne vous approchez pas ! On s’en occupe, rentrez chez vous.
Le brigadier-chef se tourna vers son collègue : « Dis donc, c’est le troisième appel, faudrait p’t être aller voir ».

Leur camionnette pila net à l’entrée du champ de betteraves : un engin du type spatial était bel et bien là ! Un type du genre pas de chez nous...
– Qu’est-ce qu’on fait, on y va ? proposa l’un.
– Passe devant... murmura l’autre.

Après une très (très) courte réflexion, ils filèrent et transmirent l’impensable nouvelle. L’information remonta très (très) haut et deux membres des services spéciaux débarquèrent eux aussi. Les sieurs Blanc et Roux. Constatant la véracité des faits, ils déclenchèrent des mesures d’urgence. En grand : déploiement de l’armée, périmètre de sécurité avec barbelés, contrôles routiers aux alentours, couverture aérienne et satellite espion. Après une observation circonspecte, vint le moment du premier contact, l’agent Blanc fût désigné. Pas très digne et pâle comme une fesse de spéléo en plein hiver, il s’approcha des visiteurs : leur bref intérêt, suivi d’une indifférence patente mena au fiasco total. Chou blanc. Les extraterrestres semblaient tout occupés à étudier le sol du champ.
Une cellule d’experts en exobiologie s’installa dans un baraquement monté à la va-vite à proximité et entama des tentatives d’échanges. Les étranges créatures, malgré leur aspect peu rassurant ne manifestèrent aucune agressivité, juste un manque quasi total de curiosité envers les humains.
Les militaires, passée leur surprise, se demandèrent comment ils avaient pu atterrir ici sans être repérés ni par les satellites ni par la surveillance aérienne et en éprouvèrent une sainte frousse : « Sont-ils armés, quelles sont leurs intentions, et surtout, pourquoi ici. Oui, pourquoi ? »
Tout le personnel s’accorda à penser que les créatures n’étaient pas là que pour enrichir leur herbier et qu’un jour ou l’autre... Les scientifiques apportèrent une première réponse : on ne les détecta pas car leur vaisseau n’était pas métallique. « Pas en métal ? » s’inquiéta un général « Pas possible ! en quoi alors ? » Mystère (et boule de gomme).

Le temps passant, une certaine routine s’installa. Devant son insistance, « Faut bien que je m’occupe de mes betteraves, moi, j’veux pas les perdre, quand même ! », le paysan cultivant le champ finit par être autorisé à cultiver selon les règles, sa sécurité ne semblant pas menacée. On pouvait aussi espérer une réaction de nos drôles de visiteurs. Effectivement, leur indifférence s’interrompit net quand le tracteur apparut et désherba consciencieusement entre les raies de la plantation, mais reprit presque aussi vite qu’elle avait cessé. L’été avança, les températures montèrent. Une dernière tentative de contact fût décidée. Soleil et appréhension stimulaient les glandes sudoripares de l’agent Roux, lorsque le visage empourpré comme une tomate au pied du Vésuve au mois d’août, il s’approcha de nos deux acolytes s’affairant sur un improbable appareil d’usage tout aussi improbable. Gestes et paroles ne firent aucun effet. Tendu, visiblement dans le rouge, il s’agrippa d’une main moite à la coque de l’étrange vaisseau, marqua un temps d’arrêt puis revint en chancelant.
Plusieurs guêpes zonzonnèrent avec entêtement autour de sa main, attirées par on ne sut quoi, mais bien attirant tout de même.

– Ici le commandant Sercu. Au rapport !
– Mon commandant, nous avançons, mais difficilement. Ces créatures ne sont que peu réactives, même si elles nous ressemblent beaucoup !
– Le contact est possible ?
– Nous y sommes presque, grâce à notre transducteur sémantique, leurs facultés se sont bien développées, et puis elles sont l’espèce dominante. Si elles ont su asservir cette autre race qui pourvoit à tous leurs besoins, nous pouvons...
– Ceux qui s’agitent tout autour ?
– Oui, mon commandant...

La météo changea, une chaleur lourde signifia le début de la récolte des betteraves. Ainsi donc, une arracheuse-effeuilleuse-décolleteuse-chargeuse (authentique) se présenta au bout du champ où s’affairaient les envoyés du Grand Unificateur Candi. Le coût d’exploitation exorbitant d’une telle machine eut vite fait de balayer les réticences diverses mais néanmoins légitimes, et l’engin se lança dans ce pourquoi il était conçu : arracher, effeuiller, étêter les betteraves sucrières à tout berzingue et les balancer dans la benne d’un camion qui les emmènerait dare-dare près de Cambrai, à la Sucrerie Centrale qui sévissait là depuis 1872 en toute impunité ! Et tout ça, dans les cris muets d’épouvante des chénopodiacées conscientes de leur triste sort grâce aux efforts de leurs très lointains cousins !

Panique chez les M’hélassiens :
– Commandant, commandant ! Une révolte des esclaves !
– Quoi ?
– Un engin de guerre les fauche par centaines ! un génocide !
– Attaquez ! Solidarité, solidarité !
Leur navette bousilla l’arracheuse, provoquant la riposte à coups de bazookas des militaires que ça démangeait depuis un bon moment. Une franche odeur de brûlé embauma ce petit coin de campagne qui deviendrait plus tard ce lieu historique connu de tous. Et pour faire bonne mesure, les chasseurs Rafale de la base 110 de Creil, en alerte, décollèrent aussitôt, direction les betteraves.
– Commandant, du renfort, vite !
Le vaisseau-mère entama sa descente tout en informant le Grand Unificateur Candi :
– Incapable ! Détruisez tout ! ordonna rageusement le tyran.
L’alarme passa au niveau Un, l’armement du formidable astronef fût activé en moins de deux. A côté de ça, la guerre de Troie passerait pour une querelle de cour de récréation...

Vous savez ce que c’est, avec la météo, les surprises ne sont pas rares : il fait beau et puis, des fois, ça se gâte... sans compter le réchauffement climatique... Eh oui, ma pauv’ dame, on sait plus comment s’habiller, c’est c’que dis toujours à mon mari... Enfin, toujours est-il que voilà...
Or donc, ce fameux jour, à force de chaud et d’humide le temps passa du légèrement couvert à l’orageux grave, des cumulonimbus, gros comme jamais vus de mémoire de prévisionniste centenaire, se ramenèrent en troupeaux au-dessus du terrain où les forces en présence se faisaient des politesses à coups de projectiles multiples et variés. Une pluie dense, drue s’abattit en grains serrés, une pluie chaude, chaude comme une tarte au Maroilles sortant du four...
– Commandant ! la navette, la navette ! elle ramollit ! elle commence à fondr... nous... Aarghhh !
– Quoi la navette ? Que se passe-t-il ?
Silence. Plus rien.

Sercu, affolé prévint son maître tandis que le croiseur piquait dans la barbe à papa des cumulonimbus :
– Sire Haut, les esclaves ont détruit la navette...
– Attaquez ! Faites-en des morceaux ! Réduisez-les en poudre !
En sortant des nuages, armes prêtes à cracher la mort, le vaisseau plongea dans la pluie qui s’invitait à la fête. D’infinies myriades de gouttes d’eau larges et chaudes s’écrasèrent sur la coque de la formidable machine de guerre et...

Et plus bas, quelques instants plus tard, d’innombrables paquets de matière flasque et sirupeuse s’écrasèrent en grosses éclaboussures bien poisseuses sur le sol dans un bruit écœurant. En un clin d’œil le champ de bataille et ses vestiges furent transformés en un marécage recouvert d’une épaisse couche de mélasse gluante et visqueuse s’étalant et se diluant lentement dans les flaques d’eau : les restes du « Ville de Tam-Aspar » et de son fier équipage.

Sur M’Helas, la coupure de tout contact sonna comme un véritable coup de tonnerre : perdre le vaisseau amiral était un fait unique dans toute l’histoire de leurs conquêtes ; la peur changea de camp, l’angoisse rendit ces durs guerriers mous comme de la guimauve. A leur tour, ils craignirent l’invasion de leurs mondes et regardèrent le tyran d’un autre œil. Ça sentit le roussi pour Candi et il se retrouva fourré au bagne de Caram-Hell. Vaincu, le Grand Unificateur y mâcha et remâcha sa défaite : « J’aurais pas dû ».

C’est sûr, attaquer à Cambrai... Grosse bêtise !



* « sucre » en arabe
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Napoléon Turc  Commentaire de l'auteur · il y a
Faut bien s'amuser de temps à autre, et pourquoi pas aux dépens des Sukkars, peuple de guerriers intergalactiques ? Hé oui, c'est comme ça !
Dans cette histoire, tout tourne autour du sucre :
-Le nom et le lieu : grosse bêtise à Cambrai et dans un champ de betteraves.
-Les noms : Glück-Hoz (glucose), Blanc et Roux, Sukkars, Candi, Saccaridès (saccharides), Caram-Hell, M’hélas (melasse), vers Geoise (vergeoise), Ville de Tam-Aspar (aspartame). Les anagrammes de sucre : Sercu, Creus, Secur, Rescu.
-les M'hélassiens en forme de betteraves sucrières et leur nature.
-Les jeux de mots : filé, soufflé, boulé, cassé (degrés de cuisson du sucre). Collé, fourré au bagne Caram-Hell. Morceaux, poudre. Mâcha et remâcha. Sire Haut.
-Et le fait que le sucre est soluble dans l'eau !

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Bernard LAISSUS · il y a
L'intrigue est prenante, et les portraits des protagonistes nous emportent dans cette fiction pour le moins riche en créativité.
Quant à l'idée de ce récit inspiré par l'auteur et émanant autour du pays de la betterave, j'avoue que c'est surprenant, et très efficace.
Encore d'autres histoires à la même saveur Monsidur Napolzon Turc

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Napoléon Turc · il y a
J'aime bien que l'on flatte mon ego, mais quand même, il y a des limites (que vous pouvez dépassez) !
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steely dan · il y a
de la SF foutraque, j'aime beaucoup, à quand la BD ?
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Napoléon Turc · il y a
Foutraque ? je me suis bien pressé le citron pour pondre ce "sous-chef d'oeuvre" ! BD : Bande Déjantée ? C'est gentil d'être passée et d'avoir apprécié :-)
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Felix Culpa · il y a
Excellent ! Un récit divertissant par ses recherches sémantiques et passionnant ! Un très bon moment de lecture ! Merci Napoléon !
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Napoléon Turc · il y a
Ouh ! Vous allez me faire fondre... Merci d'avoir pris le temps de lire et d'apprécier :-)
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M. Iraje · il y a
Oserai-je écrire : Une nouvelle pour laquelle j'ai le Béghin, tu say ... ? Et oui, c'est fait 😀😀😀 !
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Felix Culpa · il y a
Excellent ! Tu risques de te faire sucrer cette vanne ! ;-)
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Napoléon Turc · il y a
Avec un tel commentaire, je vais avoir du mal à vous casser du sucre sur le dos ! Merci de votre visite
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Nelson Monge · il y a
Une allusion à la SF des années 1950 ? Le télescope d'Actacama n'a pas dû en croire ses antennes !
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Napoléon Turc · il y a
Oui, à cette époque on savait faire de la SF délirante ! Merci de votre visite bienveillante et avisée.
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Bernard LAISSUS · il y a
Récit passionnant, et l'idée de départ est géniale
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Marie Quinio · il y a
Napoléon, faut arrêter la fumette... ! :p
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Utilisateur désactivé · il y a
Cc Salut !
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Napoléon Turc · il y a
Pourquoi ? j'aime bien les nuages, même s'ils ne sont pas de fumée...
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comète · il y a
Hum... Fondant.
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Napoléon Turc · il y a
De la SF comme vous aimez ?