SOMBRE PLONGÉE

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Elle était plantée au milieu de la chaussée, les pieds nus dans une flaque d’eau. Suspendue. Paralysée. Le cerveau gelé comme ses orteils qui avaient rougi et gonflé. Elle ne pouvait plus bouger. Où avait-elle bien pu perdre ses chaussures ? Ses belles baskets neuves. Des larmes se mirent à rouler sur ses joues qu’une pluie molle effaça aussitôt. Et sa poupée, qu’avait-elle fait de sa poupée ? Elle ne la quittait jamais. Jamais. Lucie l’accompagnait même à l’école ; elle la cachait dans son cartable pour que les autres ne la voient pas. La sensation désagréable de ses vêtements trempés, plaqués contre son corps, acheva de plonger Sophie dans l’angoisse : sa mère, à n’en pas douter, allait la punir... Elle lui en voudrait terriblement de s’être mise dans cet état. Il fallait qu’elle rentre pourtant, et vite, avant que la nuit ne tombe. Déjà, le jour déclinait. Malgré l’urgence, Sophie demeurait figée au milieu de la rue, incapable d’esquisser le moindre geste. Plusieurs minutes s’écoulèrent ainsi, sans que rien ne se passe. Il fallut, au loin, les hurlements d’une sirène de police pour qu’enfin elle réagisse. « Je t’interdis de parler aux policiers ! C’est bien compris ? Je te l’IN-TER-DIS. » Le souvenir de ces mots proférés par sa mère sur le ton de la menace sortit Sophie de sa catalepsie. Mieux valait rentrer plutôt que de croiser la police. Mue par l’instinct de fuite, tel un animal traqué, elle se mit à courir, courir, courir encore. Droit devant elle. La vue d’un véhicule qui arrivait dans sa direction tous phares allumés l’obligea soudain à bifurquer sur la gauche et à pénétrer dans un parc. Au passage, elle bouscula le gardien qui s’apprêtait à fermer la grille ; l’homme se mit à hurler : « sortez immédiatement, bon sang, où je vous enferme pour la nuit ! Le parc ferme à dix-huit heures ! » Sourde à ses vociférations, Sophie poursuivit sa course.

Le parc était immense, peuplé d’arbres menaçants dont les branches nues et griffues inspiraient à Sophie d’horribles doigts de sorcières. Un instant elle songea que le diable en personne avait dû orchestrer sa mésaventure. Sa mère en parlait souvent, n’ayant de cesse de lui répéter qu’un jour il l’emporterait en enfer. « C’est ce qui arrive aux méchantes petites filles comme toi ! », scandait-elle en roulant des yeux. Cette perspective faisait frémir Sophie, dont le sommeil se trouvait gravement perturbé. Était-elle en enfer ? Certes non, il n’y avait autour d’elle aucune flamme : que de l’eau... Mais n’était-ce pas pire ? À la pluie molle de tout à l’heure avait succédé une pluie battante qui lui fouettait le visage. La sensation de l’eau sur sa peau, ruisselant à grosses gouttes sur son front, ses joues et s’insinuant partout, la paniquait autant qu’elle la révulsait. Une boule d’angoisse remonta dans sa gorge jusque dans sa bouche, humectant ses papilles d’un goût amer de bile. La fatigue aidant, son pied droit buta violemment contre une racine, entraînant sa chute. Le choc de sa tête contre le sol lui fit perdre connaissance. À son réveil, il faisait nuit noire. La pluie, si tant est que cela soit possible, avait redoublé de violence. Des trombes d’eau glacée s’abattaient sur la ville : un déluge ! Percluse de douleur, Sophie rampa pour trouver un abri. Elle finit par se réfugier sous un conifère. Adossée au tronc de l’arbre, protégée pas ses larges branches fournies, elle se surprit à fermer les yeux. La trêve cependant fut de courte durée, car le sol détrempé ne cessait de recracher ce fluide dont il avait son soûl, produisant à chacun des mouvements de Sophie un horrible bruit de succion. Ajoutée à cela l’odeur putride des feuilles alentour en décomposition... Elle en avait des haut-le-cœur ! Par réflexe, elle ramena ses genoux contre son torse, se balançant d’avant en arrière. Si d’ordinaire ce mouvement la rassurait, en l’occurrence ce fut un coup d’épée dans l’eau. Désespérée, en dernier recours, elle se mit à fredonner...
« Bateau, sur l’eau,
La rivière, la rivière,
Bateau, sur l’eau,
La rivière au bord de l’eau,
Ba... »

« Allez, debout ! Ouste ! Du balai ! » Le jour s’était levé. Le gardien se tenait debout face à Sophie, la toisant de toute sa hauteur. De la pointe de son pied, il la poussait sans ménagement, revenant sans cesse à la charge. Elle aurait voulu qu’il disparaisse sur-le-champ, qu’il la laisse en paix s’extirper de sa torpeur. Les bouts de ses doigts et de ses orteils picotaient douloureusement, quand le reste de son corps était anesthésié. Mais l’homme n’abandonnait pas, bien décidé à la faire déguerpir. Au prix d’un immense effort, Sophie se redressa. D’un index rageur, sans un mot, il lui indiqua la direction de la sortie.

PARC DE L’ÉTANG : l’inscription, en lettres d’or et capitales, s’étalait en arc de cercle au-dessus du portail. Cette découverte accabla Sophie : le Parc de l’Étang se trouvait à l’exact opposé de chez elle. Comment était-ce possible ? Elle avait beau se concentrer de toutes ses forces, elle ne se rappelait de rien. Que faire à présent ? Comment rentrer ? Elle avisa un banc à quelques pas de là et s’y installa pour réfléchir. Sur son visage, la douce – quoique timide – chaleur des premiers rayons matinaux allégea son désarroi : au moins il ne pleuvait plus. Dans une vaine tentative pour réchauffer son corps et chasser l’humidité de ses vêtements, Sophie se mit à frotter vigoureusement ses bras et ses jambes. La ferveur qu’elle mettait dans chacun de ses gestes était à la hauteur du froid qui l’étreignait. Elle s’affairait encore lorsque, de l’immeuble d’en face, sortit une belle dame blonde. La mine souriante et le regard franc, elle offrait l’effigie de la bonté. Un ange. Évidemment, la solution la plus simple pour Sophie aurait été de traverser la rue et de lui demander poliment son aide ; mais le souvenir des sermons répétés de sa mère l’empêchait d’envisager sérieusement cette option. Fût-il infime, le risque que la dame alertât la police eut raison de ses velléités. Lasse, Sophie la laissa s’éloigner, la suivant des yeux jusqu’à ce qu’elle ne fut plus qu’une frêle silhouette bleue aux contours incertains, puis qu’elle disparaisse à l’angle du parc. Retour à la case départ. Décidément, comment allait-elle faire ? Son regard, à présent, vagabondait. La rue était calme, délicieusement calme, seul le pépiement matinal des oiseaux troublait le silence. Dans son quartier, de jour comme de nuit et quelle que soit l’heure, ça braillait. Les gens parlaient fort, juraient, s’apostrophaient ; les voisins écoutaient la télévision ou la radio le volume poussé à son maximum ; les chiens, lorsqu’ils ne hurlaient pas à la mort, aboyaient à tout va. Une effervescence gangrénée de misère. Rien de tout cela ici, que des bâtisses bourgeoises et fleuries, tirées à quatre épingles, invitant au repos et à la douceur de vivre. À présent qu’il faisait jour, les arbres avaient perdu leur allure terrifiante. Observant le réseau complexe de leurs ramifications, lesquelles se détachaient sur un fond de ciel dégagé, Sophie leur trouvait même une certaine poésie. Son regard se porta vers le caniveau. Stigmate de la tempête qui s’était prolongée jusqu’à l’aube, l’eau coulait à flots dans la rigole, charriant avec elle mégots, papiers, brindilles, que le courant, avant qu’ils n’aillent se perdre dans les entrailles de la ville, malmenait. Le courant ! Mais bien sûr ! Pourquoi n’y avait-elle pas songé plus tôt ? Lorsqu’il était encore en vie, son père le lui avait suffisamment répété : « si un jour tu t’égares, tu dois repérer la cathédrale Saint-Christophe et rejoindre les berges qui la jouxtent. En les remontant à contre-courant, elles te mèneront jusqu’à la gargote de Chez Roger. De là, tu sauras rentrer. »

Trouver la cathédrale Saint-Christophe ne fut pas une mince affaire. Sophie erra longtemps dans les rues, s’égarant à maintes reprises dans les méandres des quartiers résidentiels. Les panneaux indicateurs, bien que nombreux, ne lui étaient d’aucun secours, ils mentionnaient tantôt une crèche ; tantôt un gymnase ; tantôt un hôpital psychiatrique dont le nom – ÉTABLISSEMENT PSYCHIATRIQUE DES PAVOTS –, la fit frissonner ; jamais ils n’indiquaient ce qu’elle cherchait. À deux reprises, l’esprit préoccupé, Sophie manqua se faire renverser par une voiture. Elle était prête à fondre en larmes lorsque, enfin, elle la vit : la flèche de la cathédrale, arrogante et droite comme un « i ». Sophie en éprouva une joie immense. Une joie libératrice. Tout n’était donc pas perdu !

Modèle d’architecture gothique classique, la cathédrale Saint-Christophe faisait la fierté des habitants de Cournac. Ils s’enorgueillissaient de ce qu’elle attirât de nombreux touristes, lesquels venaient la voir des quatre coins de la France en autocars. Tandis qu’elle s’en rapprochait, Sophie se mit à raser les murs : ce n’était pas le moment de se faire repérer ! Sur le parvis cependant, nulle foule ce jour-là, que quelques familles et personnes âgées venues assister à la messe. Ils étaient tous bien apprêtés ; les femmes surtout étaient très élégantes, vêtues de jolies robes colorées. Sophie s’arrêta un instant pour les admirer. Elle-même ne possédait pas de robe. « Trop chères, trop belles pour toi », arguait sa mère lorsqu’elles passaient ensemble devant une vitrine et que Sophie, le regard brillant, ralentissait pour contempler les modèles exposés. Avec le temps, remisant ses rêves dans un coin de sa tête, Sophie s’était fait une raison. Ce serait pour plus tard. Les fidèles, à présent, étaient tous rentrés. À voir les commerces alentour fermés, Sophie supposa que c’était dimanche. Un panneau à l’angle de Saint-Christophe lui indiqua la direction de la rivière qu’elle s’empressa de suivre.

Les berges se situaient en contrebas de la route, de sorte qu’il fallait emprunter un escalier en pierre pour y accéder. Le contact glacé des marches lisses, usées par le temps, sous la plante meurtrie de ses pieds, fit frissonner Sophie. Une fois en bas, elle prit le temps d’observer les environs. Bordées d’immenses peupliers, les rives semblaient se dérouler à l’infini. Sophie se demanda combien de temps elle devrait marcher pour arriver jusqu’à la gargote. Son père n’avait rien dit à ce sujet. De l’endroit où elle se trouvait, elle ne distinguait rien, que des bancs plantés à intervalles réguliers et vides. Aucun baraquement. Sophie pivota sur sa gauche ; à quelques mètres de là, l’eau de la rivière chuintait. Bien qu’elle fût abondante et ne stagnât pas, elle exhalait une odeur fangeuse, écœurante. De sa surface troublée s’élevaient d’abondantes vapeurs brumeuses qui conféraient à l’endroit une atmosphère étrange et inquiétante. Comment ses camarades pouvaient-ils venir s’y baigner ? Cette pensée arracha une grimace de dégoût à Sophie. Par chance, elle n’eut pas à s’approcher davantage du bord pour vérifier le sens du courant : les nombreux branchages que charriait le cours d’eau le lui indiquaient sans aucun doute possible.

Tandis que Sophie progressait, l’eau de la rivière se faisait plus claire ; des rochers saillaient çà et là autour desquels les derniers rubans de vapeur brumeuse s’enroulaient paresseusement. Sophie ne quittait pas la rivière des yeux, s’imaginant qu’ainsi, elle la tenait à distance. La proximité de l’eau l’oppressait. À chacun de ses pas, elle avait l’impression croissante qu’une main ferme et robuste comprimait son sternum, l’empêchant de respirer librement. Une brise légère se leva dont elle inspira d’avides goulées. Mais rien à faire, sa respiration demeurait saccadée. Il fallait bien pourtant qu’elle longeât la rive, sans quoi elle n’aurait pas su rentrer. Son pied droit foula une masse mole et visqueuse. Elle fit un bond de côté, étouffant un cri à la vue d’un poisson dont l’abdomen ouvert sur toute sa longueur laissait s’échapper un amas de viscères violacés. Elle était encore en état de choc, toute tremblante, quand un jogger passa. Il la dévisagea. Un instant, elle crut qu’il allait s’arrêter pour lui parler. Mais il n’en fit rien. Après un bref moment d’hésitation, il reprit sa course de plus belle, laissant Sophie seule sur le chemin piétonnier. En proie à un douloureux combat intérieur, pour tromper l’angoisse elle se mit à compter les arbres en marchant. Au vingt-septième peuplier, sa respiration était à nouveau régulière. C’est alors qu’elle la vit : la gargote ! Sophie en avait les larmes aux yeux. Elle parcourut les derniers mètres qui l’en séparaient en claudiquant, puis se laissa tomber au sol. Les sensations de faim, de froid et de fatigue qu’elle s’était efforcée d’occulter jusque-là, étaient désormais prégnantes. Allez Sophie, encore un petit effort, pensa-t-elle, tu y es presque. Rassemblant ce qui lui restait de forces, elle se remit debout. Rien ne lui tardait davantage que de retrouver sa chambre et sa poupée dont elle était convaincue, à présent, qu’elle l’avait oubliée sur son lit. Quittant les berges, dans sa hâte, Sophie ne remarqua pas l’affiche grossièrement placardée sur la porte d’entrée de Chez Roger, laquelle annonçait : FERMETURE DÉFINITIVE.

Quelque chose clochait. Tel un mantra, cette pensée tournait en boucle dans la tête de Sophie. Sa rue d’ordinaire animée était vide et silencieuse : un no man’s land. Où diable étaient passés les gens ? Et les chiens ? Ce quartier qui l’avait vue grandir lui était soudain devenu étranger. Où que son regard se posât, elle notait des changements : les crépis avaient été refaits, les clôtures repeintes, tout était plus soigné ; des panneaux À VENDRE avaient fleuri sur les façades de plusieurs maisons. Affolée, Sophie se précipita devant chez elle. Ouf ! Tout lui paraissait conforme à ses souvenirs ; jusqu’au grincement aigu du portillon lorsqu’elle pénétra dans le jardin d’accueil. La porte d’entrée était verrouillée. Par la fenêtre, elle n’aperçut personne dans le salon. Le voilage, cependant, l’empêchait de bien voir. Elle frappa à la porte. Pas de réponse. En dernier recours, elle décida de contourner la maison. Peut-être pourrait-elle entrer par derrière ?
Alors qu’elle longeait le mur latéral, une douce odeur de tarte aux pommes vint lui chatouiller les narines, lui mettant l’eau à la bouche. Les effluves sucrés provenaient de la cuisine dont la porte était entrouverte. Sophie s’apprêtait à y entrer quand elle aperçut sa mère. Occupée à redresser les treilles des rosiers grimpants, cette dernière se trouvait au fond du jardin. Tout au fond. Ainsi donc, elle ne s’inquiétait pas de son absence. Ce constat attrista Sophie autant qu’il la déstabilisa. Certes, sa mère ne lui avait jamais témoigné beaucoup d’attachement, mais tout de même ! Comment pouvait-elle, en pareilles circonstances, vaquer tranquillement à ses occupations ?

Reculant l’instant de la confrontation, Sophie restait plantée sur la terrasse. Le fait que sa mère se tînt voûtée et portât un chapeau, la troublait. Était-ce bien elle ? Pour s’en assurer, il aurait fallu que Sophie se décale, ce qu’elle fit aussitôt. Esquissant un pas vers la gauche, son pied manqua heurter une écuelle remplie d’eau. Une écuelle ? Cet objet, ici, était inédit. Curieuse, elle se pencha. Ce qu’elle vit alors la stupéfia : le visage qui se reflétait en surface était celui d’une adulte... Mais qu’est-ce que...

Par salves diaboliques, les images affluèrent, succession de flashs abjects. Des appels à l’aide résonnaient dans sa tête. Les siens lorsqu’elle était encore enfant puis adolescente. Leur rumeur enflait comme celle d’une foule en révolte. Une vague de panique déferla sur Sophie, balayant sa raison. Elle n’était plus qu’un pantin, celui de l’esprit cruel et facétieux qui riait à présent à l’intérieur de son crâne et répétait en boucle : « je t’ai eue, je t’ai eue, je t’ai eue ! Regarde-toi, tu es morte de trouille, comme avant ! » Dans un ultime sursaut de volonté, elle courut se réfugier dans sa chambre.

Quelque part derrière elle, quelqu’un parlait. Quelqu’un LUI parlait. Une femme, dont la voix douce, presque chuchotante, lui était familière. Que lui disait-elle ? Ses paroles échappaient à Sophie, toujours bouleversée par les voix qui s’étaient emparées d’elle. C’était comme si les mots de la femme butaient à l’orée de sa conscience et se diffractaient en une multitude de sons dépourvus de sens. Qu’elle se taise bon sang ! J’en ai assez ! Mais la femme s’entêtait dans son monologue de borborygmes. Ses pas crissèrent sur le carrelage ; elle s’approchait. Sa voix, à présent, était plus forte et ses mots plus distincts...
- Sophie ? Sophie, vous m’entendez ? Restez où vous êtes, surtout ne bougez pas.
- ...
- Sophie, William et moi sommes venus vous chercher.
- Partez ! C’est MA chambre !
- Ça l’était. Ça ne l’est plus. Votre maison a été vendue il y a douze ans. Vous vivez à l’Hôpital des Pavots à présent. Vous vous rappelez ?
- ...
- C’est la nouvelle propriétaire, Madame Flore, qui nous a appelés lorsqu’elle vous a vue pénétrer à l’intérieur de chez elle. Vous vous êtes enfuie, nous avons lancé un avis de recherche. Nous étions inquiets pour vous...
- Ma mère me plongeait la tête dans une bassine d’eau glacée, vous le saviez ?
- Nous l’ignorions, vous refusiez de parler de vous.
- Ça a commencé à la mort de papa... Avant, elle n’aurait jamais osé. Elle maintenait ma tête sous l’eau jusqu’à ce que je m’étouffe, jusqu’à ce que je commence à avaler de l’eau. Mille fois j’ai cru mourir... Elle attendait de voir des bulles en surface pour me laisser reprendre mon souffle... Et recommencer. Encore et encore. Personne ne s’en doutait, l’eau c’est bien pratique... Ça ne laisse aucune trace.
- Sophie, je vous en prie, descendez du rebord de cette fenêtre. Soyez raisonnable...
- ...
- Laissez-moi vous prendre la main.
- Alors je l’ai tuée. J’ai tué ma mère.
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