Partir pour réussir

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Toute histoire commence un jour, quelque part. Ce matin à la radio nationale du cœur du continent noir, j’entendis les académiciens du sadisme, au nom de la polysémie, gaver le mot abattement de nouveaux sens. La définition basique du mot abattement au pays des intellectuels est la suivante : « Affaiblissement physique accompagné de torpeur. » Son sens figuré veut dire « accablement moral et réduction sur la somme à payer. »
Mais la polysémie a permis à certains dirigeants de l’académie du sadisme de saturer ce mot de plusieurs sens nouveaux :
1- Réduction sur le salaire ;
2- Aéré de salaire ;
3- Génocide scolaire, interdiction de grève et incarcération des grévistes ;
4- Recensement et nettoyage des fonctionnaires n’ayant aucun parent dans un gouvernement ;
5- Fuite des enfants des pauvres vers les pays voisins pour poursuivre leurs études ;
6- Instauration d’une quatrième république ;
7- Diriger seul ;
8- Faire souffrir un peuple ;
9- Boisson alcoolisée à vil prix.
Mais le peuple a ajouté un dixième sens : qui ne pourra pas tuer tout un peuple.
Après ce jour, lâchement mais hardiment, je pris mon sac, j’embrasse ma femme et mes deux gosses et je leur tourne le dos en prenant le chemin de l’exil. Dans l’espoir d’un futur paradisiaque, je rumine l’espoir et le courage ; et je savais aussi que :
Partir pour réussir,
C’est accepter de souffrir.
C’est aussi quitter son amour
Et avoir l’amour du risque pour partir.

Partir pour réussir,
C’est dire je t’aime à la solitude.
C’est aussi haïr ses habitudes
Et compter sur Dieu et Sa gratitude.

Partir pour réussir,
C’est accepter le mépris d’autrui.
C’est aussi surmonter la nostalgie
Et dire non à son ancienne vie.

Partir pour réussir,
Ce n’est en aucun cas facile.
C’est aussi prendre le péril
Et ne pas avoir un cœur d’argile.

Partir pour réussir,
C’est de ne jamais jeté l’éponge.
Parce que la vie prend souvent en otage.
Mais, il faut avoir toujours le bon présage.

Partir pour réussir,
C’est partir pour réussir.
C’est aussi partir pour ne plus revenir
Mais c’est toujours partir pour réussir

Les jours passent, les mois puis les années. Mes rêves errent et mes envies mincissent. Je suis un immigré clandestin, mais je ne sais plus où j’en suis. Il n’y a que la voix poétique de mon grand-père qui résonne au fond de mon cœur :
Fils, quel qu’en soit la taille de ton habit, reconnais où se trouve ton nombril.
Et n’abandonne jamais la viande pour courir après les grenouilles.
Même si, la rivière a dû être pleine mais elle veut toujours être remplie.
Si ta poule ne crie pas, ta sauce ne sera pas aussi bonne.

Car, celui pour qui on a mâché la nourriture,
N’a plus besoin de la remâcher lui-même.
Poignée après poignée on remplit le sac.
La patience peut rendre la pierre tendre.

À chaque brindille son éventuel chercheur.
Sinon, ce qui a dévoré le troupeau des moutons,
Dévorera aussi celui des chèvres.
Mais n’élève pas ton chien que le jour de la chasse.
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Borodine Thomas · il y a
Bravo! Un texte bourré de leçon de morale, qui ressemble beaucoup à un fable. Je vous félicite! Mes voix pour vous! Merci de voter pour mon texte en concours
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/un-pere-noel-etranger