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L'année où j'ai perdu Décembre - Chapitre 24

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Thom Burnet

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Quelque part en France, un 24 décembre 2017

Kristin Pène était fatiguée. Elle n’était pas habituée à tant d’agitation autour d’elle et le trouble de ses émotions la déstabilisait. Elle avait envie de se couper du monde, de s’allonger et de laisser les heures s’écouler.

Elle avait ôté les décorations du troisième sapin d’urgence et ignorait les voix des lutins qui s’élevait de temps en temps dans l’appartement.

Mais il y eut eu la voix de Mathieu, plus forte. Et celle de Méléna, sûre d’elle. Ils avaient de l’espoir. Ils voulaient se battre.

Tant mieux pour eux.

Elle ne voulait plus les entendre. D’un geste, elle désactiva le sapin. D’un autre, elle déverrouilla les portes de Méléna et de Julien ; s’ils voulaient agir, elle ne pouvait pas les en empêcher.

Elle regarda les jouets et les paquets éparpillés dans son appartement. Sa tristesse et sa frustration se transformèrent en une boule de colère. Elle attrapa les jouets et les jeta à travers l’appartement en hurlant. Elle lança les guirlandes et les boules qui rebondirent contre les murs. Le petit cheval de bois se cassa lorsqu’elle le fracassa contre le sol.

Un lourd silence envahit la pièce. Elle s’effondra sur le canapé en pleurant.
Elle n’avait pas vu qu’une des guirlandes était tombée sur le dernier sapin d’urgence.



Ismaël avait écouté le plan de Méléna. Il avait suivi le groupe de tête qui partait rejoindre le marché de Noël près de la mairie. Il trouva un sapin inutilisé non loin de celui où ils disparurent en se tenant tous par la main. Alors qu’il le touchait, il pensait avec amertume à l’absence du Père Noël. C’est ainsi qu’il apparut dans le salon de Kristin Pène.

La femme était allongée sur son canapé. Le lutin regarda la pièce. La colère flottait encore dans l’air.

« Hum... »

Elle sursauta et se redressa.

« Ismaël ! Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je ne sais pas vraiment. J’étais parti suivre les autres au marché de Noël mais apparemment, je pensais à autre chose.
- Ah... ils vont là-bas. », lâcha-t-elle mollement.

« Oui, ils vont là-bas ! », s’énerva-t-il. « Ils y vont et vous savez ce qu’ils vont faire ? Ils vont s’enchainer aux chalets pour empêcher les délumineurs d’y mettre le feu !
- J’ai essayé de faire quelque chose ! J'ai montré mes pouvoirs à Katie ! Mais elle ne veut rien entendre !
- Alors vous abandonnez ? Alors que EUX, ils vont risquer leur vie ! Vous n’avez pas honte ?! »

Elle eut un air triste et haussa les épaules. « Pfff... Qu’est-ce que je peux faire ? »

Le lutin s’avança : « Vous ne pouvez pas les laisser tous seuls. On doit les arrêter !
- MAIS QU’EST-CE QUE TU VEUX QUE JE FASSE ? » Elle avait les larmes aux yeux.
Il s’avança : « Est-ce que vous pourrez encore vous regarder en face si vous restez bien au chaud ce soir ? »

Elle secoua la tête en essuyant ses larmes.

« Vous avez des pouvoirs ! Alors, on va s’en servir ! »

Il y eut une lueur dans les yeux de la femme.

« Habillez-vous et téléportez-nous au marché de Noël. Il est déjà sept heures et quart, il faut agir vite ! »



Alors que Katie venait de donner l’ordre de décaler l’action d’une heure, son portable sonna de nouveau.

« QUOI ENCORE ?
- C’est la voiture Katie ! » expliqua Gilles.

« Quoi la voiture ?
- Elle est plus là !
- Comment ça elle est plus là ?
- On est sorti pour aller voir ce qui se passait au marché de Noël, on t’a appelé et quand on est revenu, la voiture était plus là ! Et les bouteilles non plus !
- PUTAIN ! »

Elle réfléchit. Cette action ne se passait pas bien. Pas bien du tout.

« Oh ben merde ! » reprit Gilles.

« Merde quoi ?
- Un cadeau.
- Mais explique Gilles !
- Il y a un cadeau. Là. Devant nous. » Un des militants prit le paquet. Il y avait une carte dessus. Il la montra à Gilles qui lut à Katie : « 34 Avenue Boris Vian ».

« C’est quoi cette adresse ?
- C’était sur le paquet... Hé ! Mais pourquoi il se met à briller ? »

Le paquet s’était soudain mis à rayonner et tous les activistes qui étaient à sa portée disparurent dans la nuit.

« Gilles ? Gilles ? GILLLES ?! Putain. » Ça avait coupé. Elle essaya de rappeler, mais tomba sur la messagerie.

Elle chercha dans son téléphone le numéro de Mathieu.

« Putain ! A quoi tu joues Mathieu ?
- Qu’est-ce que tu veux dire Katie ?
- Les gars. Où est-ce qu’ils sont ?
- Je sais pas.
- Et les voitures ? Et c’est quoi ce cadeau ?
- Mais je sais pas de quoi tu parle Katie !
- Et cette adresse ? 34 avenue Boris Vian ?
- 34 avenue Boris Vian ? Mais c’est chez moi !
- Putain Mathieu ! Il va falloir me foutre la paix ! Ca va pas bien se passer tu sais ?! »

Il y eut un silence.

« Si tu veux en savoir plus, retrouve-moi au plus vite là-bas. » conclut Mathieu avant de raccrocher sans savoir ce qui se passait en espérant que madame Pène avait quelque chose à voir avec ça.




A l’heure où les délumineurs étaient censés mettre le feu au marché de Noël, deux groupes se retrouvaient devant l’entrée de l’immeuble de Mathieu.

Il y avait Mathieu, Méléna, Esther, Julien et trois lutins d’un côté qui faisaient face à Katie et à dix autres délumineurs. Ces derniers avaient l’air particulièrement énervés.

« Il va falloir que tu arrêtes de nous faire chier Mathieu ! Ca devient très pénible.
- Tu réalises ce que tu fais Katie ?
- Et toi ? Tu te rends compte que tu te braques pour des conneries ! La Terre va nous péter à la gueule et on crèvera parce qu’on aura été trop cons pour se rendre compte !

Méléna s’approcha : « Il y a d’autres moyens ! Je s...
- Toi, la bonasse, tu te calmes. », coupa Katie. « Putain, on en a déjà parlé des centaines de fois Mathieu ! Ca ne changera jamais !
- D’où tu me traites de bonasse, espèce de pétasse ?! » La jeune femme se jeta sur Katie et essaya de la griffer.

Les autres délumineurs s’avancèrent pour maîtriser Katie, mais Mathieu et les autres coururent vers eux. Les coups plurent et si Julien réussit à placer un coup de poing efficace contre un des activistes, Esther en prit un dans la mâchoire.

Au milieu de la rue, une bagarre venait d’éclater.

Le lien vers le dernier chapitre est rappelé dans les commentaires ci-dessous...
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/lannee-chapitre-25

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Pascal Depresle · il y a
Allons pour le dernier. Quel joli pari Thom. Bravo.
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Thom Burnet · il y a
Le dernier chapitre vient d'apparaître ici : http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/lannee-chapitre-25
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Marie Blieck · il y a
D'où le calendrier de l'Avent se termine le 25 ? Thomas ?????
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Thom Burnet · il y a
Euh... c'est quand Noël rappelle moi ? :-D
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Marie Blieck · il y a
Bah oui mais je n'ai plus de chocolat du calendrier de l'Avent pour accompagner ma lecture !!!
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Danielle Jain · il y a
C'est toujours aussi bien et j'ai hâte de savoir comment Noël va être sauvé. Parce qu'il va être sauvé, n'est ce pas ?
Par contre, même si je dois paraître vieux jeu, je suis gênée à la lecture de tous les " bordel, putain, connasse...."
Merci pour ce rêve éveillé e

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Dom Dom · il y a
Oui c est vrai vivement l’épilogue qu’on sache bordel (pour rester dans le ton et à l’image de notre société) Sapho des landes à raison
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Sapho des landes · il y a
Enfin demain la délivrance ! ça fera partie de mes cadeaux de Noël. J'ai hâte .....
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Dom Dom · il y a
Ben je ne vois pas comment tu vas pouvoir te sortir de ce pétrin en un seul chapitre ......
Impossible de lire ce joli conte à mon petit fiiiiiils avec une mère père Noël colérique, 2 petasses qui se crêpent le chignon, et des lutins qui disent plein de gros mots

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Sapho des landes · il y a
Au contraire c'est un peu comme la mythologie grecque à l'image des hommes, ce conte est à l'image de notre société
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