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La nuit où tout à bousculer

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J’avais entre six et sept ans peut-être, je ne me rappelle plus exactement. C’était un soir de pleine lune, Je marchais dans les bois pour rejoindre mon groupe d’amies qui m’attendait au grand carrefour du village. C’était une grande place où l’on pouvait voir et sentir la belle lumière de la lune de très près. Elle était comme un point d’intersection entre les plus grandes ruelles de mon village. C’était le point de rencontre de la population. Même lorsqu’il se faisait noir, on allumait un grand feu avec des bois ; et tout le monde autour, nous racontions des vieilles histoires ou des contes appris par le biais des parents ; ou encore faisions des petits jeux qui nous faisaient tous éclater de rire. Enfants, adolescents et quelques fois des adultes y étaient présents chaque soir pour profiter de cette lumière divine en discutant, s’amusant ou cachottant selon les différents âges. Les enfants courant dans tous les sens ; avec des éclats de rires, quelques fois des cris de pleurs. Ces instants étaient juste magiques. C’étaient des années où les nouvelles technologies n’avaient pas encore impacté nos vies. Tous les membres du quartier se connaissaient et se côtoyaient comme les membres d’une famille. Ces instants resteront graver dans ma mémoire. Maintenant le seul point de rencontre de la nouvelle génération c’est l’internet. Les relations sociales ne sont plus ce qu’elles étaient auparavant.
Cette nuit-là j’étais la seule à marcher lorsque j’ai subitement rencontré Léo. C’était l’ami intime de mon grand frère. Il avait sa chambre tout juste à la grande place mais sa porte faisait dos au lieu de regroupement. Sa case était entourée par de grands manguiers dont les branches débordantes obscurcissaient l’entrée de sa petite cachette. C’est alors qu’il me fit un petit geste avec ses mains pour me dire de le rejoindre devant sa porte. J’avais assez de respect pour lui. Du coup j’avais la grande curiosité de savoir pourquoi il m’appelait. Je me dirigeai alors vers lui sans arrière-pensée.
D’un seul coup il pénétra sa case en me tendant un jouet que la plupart des enfants de mon âge désiraient à cette époque mais faute de moyen ce n’était pas à la portée de tous. J’étais du nombre de ces enfants qui n’ont d’ailleurs jamais eu de jouets. C’est alors que je le suivis et il me demanda si je voulais du jouet. Bien sûr que j’en voulais. Puis il tenta de me rassurer en me disant que je ne suis que sa petite sœur, qu’il ne pouvait en aucun cas me faire du mal.
Je veux juste faire un petit jeu avec toi. Je suis sûr que tu vas l’adorer. Dit-il avec un air à la fois souriant et pétrifiant.
Si tu acceptes, après je t’offre le jouet.
Je hochai la tête de haut en bas en guise de réponse.
Soudain je me retrouvai dans son lit et je le vis tout nu se diriger vers moi. La porte était fermée et une radio jouant de la musique était au volume maximal. J’étais pétrifiée et totalement dépossédée de ma langue.
Je tentai de crier mais en vain c’était comme si j’avais tout à coup perdu la voix.
Une fois à côté de moi dans le lit, il me prit tout doucement dans ses bras comme un nouveau-né tout en me suppliant de ne pas avoir peur et de ne pas non plus pleurer.
D’une minute à l’autre, tandis qu’il essuyait mes larmes comme s’il me berçait, je me suis alors retrouvée sans aucun vêtement. C’est là que tout à bousculer, ma vie entière venait de prendre un autre tournant. Je viens de me retrouver dépourvue de mon hymen. D’ailleurs, une fois grande, je continuais sans cesse de m’interroger sur l’existence de cette membrane ; du moins dans mes souvenirs, cette question n’est qu’obscure.
Et pourtant, je me souviens un jour avoir été examinée par ma mère (même si elle n’était pas médecin) pour être sûre que ma virginité était bien en place. C’était après qu’une amie et moi sortions de chez notre voisin qui avait il y avait une dizaine d’années, doigté une petite fille. Heureusement ce jour, tout était en place d’après son diagnostic.
Après cet acte, il m’interdisait de raconter à qui ce soit notre fameux jeu. Et me consola en me disant que je ne manquerai plus jamais de jouets ou de petites pièces tant que je tiendrai ma bouche.
D’ailleurs quand quelqu’un l’apprendra, tu seras sévèrement punie. Conclut-il.
Cette nuit-là je ne m’y rendis plus près de mes amies. Je me sentais mal et terrifiée. Je rentrai à la maison sans rien dire à personne. Lorsque mes parents m’avaient vu pleuré je leur avais dit que j’étais juste tombée lorsque je jouais au cache-cache avec mes amies. J’avais peur que mes parents ou mon entourage l’apprennent. Mais personne n’avait pu faire la remarque. Et cette nuit fut le grand secret et la plus grande douleur de toute ma vie.
Quelques semaines passèrent, il continuait d’être plus doux avec moi.
La troisième semaine après cette nuit noire, il m’invita à l’accompagner dans la ferme de son père. Malgré tout, je me sentais plus attirée par lui encore. A la ferme, on reprit l’acte. Cette fois-ci sans aucune plaidoirie.
Une année passa, et je devenais de plus en plus accro au sexe malgré mon jeune âge. On continuait de se voir fréquemment et de faire l’amour sans relâche.
Dix ans plus tard, nous ne vivions plus dans la même ville. J’étais devenue une jeune fille.
Et je me retrouvai devant de graves problèmes sexuels. Tout d’abord, j’avais découvert la masturbation avant mes dix ans. Quelques jours passés sans sexe, j’étais hors de moi. Je me masturbais jusqu’à me blesser quelques fois. Je trouvais ça d’ailleurs normal tant que ça soulageait mes perturbations sexuelles trop fréquentes.
Cette addiction m’avait transformée en un vrai monstre sexuel. J’étais prête à coucher avec n’importe qui. Pourvu que je satisfasse cette forte excitation pour revenir à la normale.
Il m’arrivait même de coucher avec des simples connaissances. D’avoir une mauvaise humeur tant que je ne me masturbais pas.
J’étais prête à tout pour satisfaire ce grand désir qui me déstabilisais dès que je voyais un homme. Je ne comprenais point ce qui m’arrivait. Etant une personne très réservée je n’osais jamais me confier à qui que ce soit. Je me laissais emporter sans jamais lutter.
Cinq années étaient passées, lorsque j’avais commencé à chercher la raison de ma situation pour y remédier. J’étais plus grande et plus mûre. Un jour j’ai regardé un documentaire dans lequel on parlait d’addiction sexuelle et là, j’avais trouvé ma vraie place. C’était là, l’une des importances de l’internet. Au lieu de te confier à une personne en risquant qu’elle se charge de diffuser tes secrets, il suffit juste que tu te connectes pour encore mieux comprendre et sauvegarder ton secret.
Je n’avais point de courage, je ne voyais non plus de personnes à qui me confier. Je sentais ce gros poids pesé sur ma conscience et dans la solitude, je me suis refugiée.
Il m’arrivait des moments où je ne cessais point de pleurer. J’en avais marre de vivre cette situation.
C’était un jeudi soir, je quittais l’école lorsque j’avais rencontré un fou de mon quartier sur un chemin très peu fréquenté mais c’était le meilleur raccourci pour rentrer chez moi. Lorsqu’il m’avait vu, j’ai automatiquement vu son pantalon se gonfler. Il était en pleine érection et cela m’avait aussitôt excitée. Avec un petit signe de doigt, il m’invita à le suivre dans une maison abandonnée. Comme si j’étais possédée, je l’ai suivi en croyant qu’il n’y avait personne dans les parages.
Il baissa juste son pantalon et moi, je remontai ma petite jupe.
Au moment de nous coucher, on était entouré d’une vingtaine de personnes avec des fouets dans les mains prêtes à punir les fornicateurs.
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