9
min

Impitoyable Destin

Image de Serge Sessou

Serge Sessou

13 lectures

10

Toute histoire commence un jour, quelque part, comme le soleil paraît à l’aube et disparaît au crépuscule, mon histoire commence dans une bananeraie derrière la case de ma grand-mère où je suis né.
En effet, ma mère avec une envie d’uriner s’était comme d’habitude dirigée vers la bananeraie pour se satisfaire. Elle fut prit d’une vive douleur dans le ventre. Elle se plia en deux et prit appuie sur l’un des bananiers, très doucement, elle se laissa glissé pour se retrouver assise. Elle sentit à ce moment un liquide lui coulé entre les jambes. Après plusieurs gémissement, ma grand-mère vint l’aidé avec quelques anciennes comme on les appelle, elle ne pouvait plus bougée puisque la tête du bébé se pointait déjà. C’est dans ces conditions que Kouessiba est né. Au cours de cette nuit, peu après ma naissance donc, il y eu une grande pluie ou plutôt un grand orage. Beaucoup de foyers se sont retrouvés sans abri, des toitures avaient été soulevées, d’autres concessions ont été emportés par des flots. Le lendemain, le devin du village était venu pour voir le nouveau-né, j’étais venu au monde avec deux canines sur la mâchoire supérieure et pendant que tout le village pleurait la perte de leurs maisons et de leurs récoltes, ma mère regrettait ma venue au monde, ma grand-mère se faisait un sang d’encre à mon sujet et mon père se réjouissait d’avoir enfin eu la fille qu’il voulait depuis tant d’année.Il alla à la rencontre du devin et l’entraîna dans la chambre de sa mère où cette dernière essayait de convaincre sa bru d’alerter le nouveau-né. Il lui montra le bébé, n’est pas vrai qu’elle est belle comme le jour ? Le bébé ouvrit la bouche comme pour bailler et laissa entrevoir ses petites dents. Certainement fit le devin en regardant l’enfant avec des yeux circonspect il ajouta : voilà donc l’enfant du malheur en se tournant vers mon père. Il l’entraîna à l’extérieure et poursuivie :
- Je t’avais pourtant prévenu depuis des années, je t’avais dit que si tu t’entêtais à avoir une fille, elle te conduira à ta perte, elle est venue aves des dents Cossi avec des dents. Si tu ne t’en débarrasse pas, eh bien elle attirera tout les malheur du monde pas seulement sur toi Cossi. Regarde autour de toi, il n’y a que tristesse et pleur. Songe bien à ce que je te dis, même sa propre mère en a peur.
« Voyez-vous, même le grand devin du village avait peur de moi ». Après son départ, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Certaine encore sceptique venaient voir par curiosité, des délégations de personne âgé sont venus voir mon père pour le mettre en garde contre les dangers qu’il courait à vouloir élever une ‘’sorcière’’ comme on m’appelait. Mon père avait persistéjusqu’au huitième jour où devait avoir lieu la cérémonie de sortie d’enfant.
Mais à l’aube de ce grand jour, pendant que ma grand-mère et ma mère s’attelait pour les préparatifs de cet évènement,des murmures se fit entendre autour de notre maison, quelques personnes âgés entrèrent dans la maison. Quand mon père les invitaient à s’assoient, ils déclinèrent son offre et ce fut Adanto qui prit la parole.
- Cossi dit-il tu connais bien les lois de nôtre village et tu sais qu’un enfant comme ta fille ne pourra être élevé dans ce village. Tu sais aussi qu’il te faut soit te débarrassé d’elle pour éviter un autre malheur soit partir du village. Mais comme tu désires ardemment garder ton enfant, ta famille et toi devez quitter le village avant le lever du jour si vous ne voulez pas être soumit à la vindictepopulaire.Sans rien ajouté, Adanto fit demi tour suivit des autres vieillards.
Mon père comme d’habitude ne fit pas attention à leur mise en garde. Pendant ce temps, les gens du quartier commençaient à former un attroupement pas très loin de la maison. Quand le premier chant de coq se fit entendre, les vois s’élevaient. Affolés par les menaces du devin sur les futursmalheurs qui viendraient frapper le village, une poignée jeunes gens du quartier armée de gourdin et machette était venu et avaient sommé mon père de quitter le village sur le champ. Mon père qui commençait à voir le dangertentait de discuter avec quelques-uns quand il entendit un fracas dans la maison, à son arrivé sur les lieux il constatait que plusieurs cases de la maison étaient déjà par terre. Des voix de femmes sa fit aussi entendre, elles avaient noués des pagnes à la hanche et s’étaient armées de balaies. Toutes les cases de la maison avaient été détruites sauf celle de ma grand-mère.Mon père prit enfin la poudre d’escampette avec ma mère sur sa vieille bicyclette poursuivit par les femmes du village qui faisaient disparaître les traces de son passage en balayant son trajet jusqu’à l’entré du village. Une manière de purifier le village et de chasser le danger que représentait la fille de Cossi. Après ce départ fracassant mon père alla loger ma mère dans la maison de mon père où vivaient ses autres femmes et enfants.Ma mère qui ne supportait pas l’idée d’élever une petite sorcière comme moi s’en allait un jour. Après plusieurs tentatives pour la faire revenir, mon père abandonna.Les malheur prédit par le devin ne tardèrent pas venir. Ce fut d’abord le fils aîné de mon père qui trépassa. Un soir de nouvelle lune il se mit à hurler à la mort, il disait voir un génie (homme de pette taille avec une longue chevelure toute noir). À l’aube il mourut dans les bras de sa mère. Cettedernière ne tardait pas à s’en aller avecses autres enfants. Mon père perdit son travail et quand la pauvreté finit par atteindre un niveau où il n’y avait plus lieu d’espérer quelque chose, les deux autres femmes de mon père s’en allèrent. L’une l’avait trompé avec un notre voisin qui l’avait finalement marié pendant l’autre était retourné dans sa famille avec ses enfants. A 18 mois j’étais seule avec mon père qui n’arrivait plus à joindre les deux bouts. Comme il n’avait plus travailil partit de nuit au village de ma grand-mère. Il lui demanda de venir avec lui en ville pour s’occuper de son unique fille pendant qu’il irait travailler pour gagner sa vie. Il partit au Nigéria pendant que je vivais avec ma grand-mère dans la demeure de mon père.
Après ces évènements, il ne se passa plus rien qui puisse permettre aux gens de dire que j’étais une sorcière. J’étais une très bonne élève en 4ème, une fille docile et personne ne pouvait se plaindre de moi. Mais pendant les grandes vacances, ma paisible vie allait basculer. Ma grand-mère avait un petit commerce. Elle vendait le nécessaire pour préparer. C’est d’ailleurs moi qui allais au marché quand elle était devenue trop vieille pour y aller. Mon père lui rentrait très rarement au Bénin. Un jour après mon retour du marché, je fis le compte à ma grand-mère comme d’habitude. Au moment où j’allais me levé pour aller préparer le repas de midi elle me demandait de lui tenir un peu compagnie. Jem’asseyais donc près d’elle.
Elle commença ainsi :je ne serai pas toujours ici avec toi Kouessibaun jour viendra où je m’en irai. Et tes frères ne te laisseront pas vivre ici après mon départ. Quand ton père viendra, il voudra t’emmener avec lui s’il te plait n’y va pas, je sais que tu es tout à fait capable de te débrouiller toute seule comme une grande. Quand je ne serai plus de ce monde dit-toi bien que je ne t’abandonnerai jamais. Il te suffira de me m’appeler chaque fois que tu seras dans le besoin et je viendrai à toi. Le jour où tu constateras que la jarre d’eau dans ma chambre sera vide, rassemble l’argent et attache-le dans un sachet puis enterre-le dans sous le manguier derrière la clôture avant de prévenir ton oncle. Il se chargera du reste. J’accueillis ce message comme tous les conseils qu’elle me donnait d’habitude. Pourtant quelques jours après cette déclaration j’étais allé dans chambre le matin pour lui apporté son repas. J’allaischercher de l’eau dans sa jarre mais elle était vide. Comment était-ce possible je l’avais nettoyé la veille au soir et l’avait remplit. Les paroles de ma grand-mère me vinrent à l’esprit et je courais la réveillé. Mais toutes mes tentatives furent veines. Je me rappelais alors de ce rêve que j’avais fait dans lequel je l’avais raccompagné à un carrefour où elle me faisaitau revoir de la main. Ce corps inerte devant moi ressemblait tellement à ma grand-mère. Elle avait un sourire figé sur les lèvres, parfois j’avais l’impression qu’elle respirait encore, je la suppliai, je pleurai tout les larmes de mon corpsmais rien ne changeait alors je fis ce qu’elle m’avait recommandée. Je rassemblai tout ce qu’il y avait dans la chambre comme argent, je laissais une petite somme dans la chambre et mit le reste dans un sachet puis dans une petite boite et l’enterrai sous le manguier ensuite j’allais chez mon oncle. Dès qu’il m’aperçût, il comprit ce qui se passait, il me fit assoir et je lui racontai ce qui était arrivé.
L’enterrement eu lieu quelques jours plus tard. Les ex de mon père se présentèrent avec leurs enfants, les parents de ma grand-mère, ceux qui nous avaient renvoyés du village avait était venus. Ce fut une grande cérémonie et il y avait un grand monde. Moi je ne pouvais pas me mêler à tout ce monde. Ma mère n’était pas venue assistée à la cérémonie et je n’avais personne à qui parlé. Je me mettais donc dans un coin pour pleurer mes malheurs, ma grand-mère était la seule personne qui s’intéressait vraiment à moi. Personne n’avait demandé d’après moi pendant toutes ces années où nous vivions elle moi seul dans cette maison.Je me demandais à quoi allais ressembler ma vie maintenant qu’elle n’était plus là.
Après les cérémonies mon père décidait de retourner au Nigéria d’où il venait, il voulait m’emmener avec lui, personne ne demandait mon avis. Mon oncle s’opposa à sa décision, il lui annonça que ma grand-mère avait voulu que je reste avec lui, ainsi sa femme saurait mieux s’occuper de moi. Et je pourrais ainsi continuer mes études sans changer d’école. Mais Cossi ne voulu rien entendre, c’est ma fille, j’ai parfaitement le droit de l’élever, je ne vois pas pourquoi je te la laisserais et si tu persistes dit-il : je te trancherai la tête avec une machette. Cette menace mit fin à la discussion. Le lendemain je me trouvais sur la route du Nigéria avec mon père. Il m’avait expliqué qu’il s’était établi là-bas et qu’il avait une maison à Porto-Novo et que nous ferions un saut là-bas. J’étais contente parce que je n’étais jamais allé à Porto-Novo de ma vie. le taxi qui nous avait prit nous déposa devant une petite villa. Un homme nous ouvrit le portail mon père entrait en premier et je le suivais jusqu’à un chambre. Il sortit une clé de sa poche pour ouvrir la porte, il me fit entrer et ferma la porte derrière moi. La chambre n’avait pas de fenêtre mais était éclairée par une lampe. Il y avait une natte, je mis mon petit sac dans un coin et m’assied à côté. J’étais là à me demander pourquoi mon père m’avait enfermé quand quelqu’un vint ouvrir la porte, ce n’était lui pas lui mais plutôt celui que j’avais aperçut au portail. Il tenait un plat qu’il me tendit, je le pris et sans un mot il s’en allait. Je déposai le repas sans y touché et me couchai sur la natte. Je dormais tranquillement quand le bruit d’une clé dans la serrure me réveilla, mon père entrait dans la chambre et tranquillement sans rien dire, il s’approcha de moi. Sa présence paraissait irréel, il me faisait peur, j’avais l’impression d’avoir devant un fantôme, une ombre, j’étais paralysé par la peur. Et sans rien dire, il se mit à califourchon sur moi, déchirait mes vêtements et s’introduisit en moi comme une bête.Je ne protestais pas, ne criais pas. Mon père déflora ainsi. Après son forfait, sa haine et sa colère envers moi explosait. Il me battit de toutes ses forces, pour lui j’étais la seule responsable de son échec, de ses malheurs et tout ce que je méritais était d’être vendu comme une putain et c’est ce qu’il fit. Le lendemain matin, une femme se présenta à moi comme étant ma propriétaire, mon père m’avait vendu à elle et je devais faire tout ce qu’elle voulaitnotamment bien m’occupée des clients qui venait et en contrepartie, un jour peut être elle me rendrait ma liberté ou me vendrait au Nigéria si je ne faisais pas tout ce qu’elle voulait. Je me pliai à sa volonté. Je me faisais docile quand ses clients venaient et subissait ainsi des dizaines violés par semaine. Je me demandais si l’espoir était permis dans une telle situation, si je pourrai un jour revoir le soleil, si un jour pourrai sortir d’ici. Je n’avais plus la notion du temps, je recevais les clients de ma patronne tout les jours et je suppliais ma grand-mère de me venir en aide. J’étais maintenant habitué à la routine, quand les clients venaient, l’homme au portail leur remettait la clé de ma chambre, il ouvrait la porte et quand ils finissaient le besogne, fermaient la porte à clé et s’en allèrent. Et jour alors que je me préparais pour recevoir un client, je vis un papillon qui se mit à me tourné autour, comment un papillon a-t-il pénétrer dans une chambre toujours fermé me demandais-je, puis monsieur SAKO arriva. Il m’informa qu’il avait commandé un repas pour nous deux et qu’il regarderait un film en attendant. Il alluma son ordinateur portatif mit un film. Quelques minutes plus tard, il somnolait. Je compris à cet instant qu’il fallait saisir ma chance. Doucement, très doucement je lui pris l’ordinateur et lui donnai un grand coup sur la nuque. Il s’écroula sans un mot. Je m’habillai rapidement et dès que l’homme du portail vint frapper à la porte, j’allais lui ouvrir et me tenir derrière la porte. Comme il ne voyait personne, il passa la tête par le battant et je lui assenais un coup derrière la nuque, le plat d’igname pilée qu’il tenait en main se renversait par terre. Je l’enjambai sans attendre, je traversai les couloires pour me retrouver au sur la sur la cour. Je courus vers le portailencore ouvert et traversai les rues. Je demandais de l’aide aux passants, quelqu’un m’accompagna dans un poste de police, je leur racontai mon histoire. Après quelques heurs de recherche, la maison avait été retrouvée, les deux corps gisaient à leur place, l’un sur le lit, l’autre à l’enter de ma chambre. Ils étaient mort et non inconscient.
Après plusieurs mois d’enquêtes, mon père avait finalement été retrouvé, mais ma patronne n’avait jamais été retrouvée et mon père leur avait annoncé que je m’étais marié à l’homme du portail de mon plein gré. J’ai été accusé d’homicide volontaire, et comme je n’avais pas de témoins j’ai été condamné à cinq années de prisons.
Quelques mois après ma condamnation, mon père s’était donné la mort en se pendant à une corde. J’ai finalement connue ma mère en prison. Elle était venue me rendre visite. Elle n’avait plus si peur de sa petite sorcière.
Aujourd’hui, je mène une vie tranquille. Avec l’argent que m’a laissé ma grand-mère, je commence une nouvelle comme vendeuse de légume.

PRIX

Image de 2019

Thèmes

Image de Nouvelles
10

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Fabregas Agblemagnon
Fabregas Agblemagnon · il y a
bonne chance. je vous accorde mes voix. n'hésitez guère à lire et soutenir ma nouvelle (https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/amour-impossible-12)
·
Image de Lyriciste Nwar