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Elle

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David Aziappe

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Toute histoire commence un jour, quelque part, dit-on non ? Voici la mienne. 
Je m’appelle Gérald, je viens d’avoir dix-huit ans et je viens de décrocher mon BAC avec la mention Bien. Beaucoup de personnes de mon âge sont généralement fiers de pouvoir enfin se débarrasser de l’uniforme du lycée, mais moi, j’ai comme une peur de me retrouver dans je ne sais quoi. Comme l’a dit la fontaine, à quelque chose malheur est bon ; je me suis trouvé au milieu de ce peuple de sans loi, un refuge, calme et parfumé de ces senteurs que je rêvais depuis mon village d’origine, le temps y est romantique, l’espace est revêtue d’une beauté paradisiaque. Je m’y repose chaque soir avant de rentrer à la cité ou les jours je n’ai pas cours, j’y passe toute la journée. Un jour, comme j’étais encore dans mon univers en train de contempler ce lieu qui me semble en perpétuel changement, j’ai fait un rêve : une fille avec une allure de reine entourée de ces fleurs que je n’osais même pas cueillir est venu me présenter la fleur la plus idyllique que je connaisse dans ce jardin. Sa voix était tellement fraiche que je croyais imaginer ce qu’elle me Je me suis réveillé et la voilà, elle était là cette fleur que je viens de recevoir dans mon rêve, je la tiens aussi fermement qu’elle ne pouvait plus faner. Au loin, ma reine avec un pantalon jeans bleu avec une chemisette blanche reniflait les doux parfums de ce jardin, fleur par fleur. On croirait une fée. Sans se tourner elle me lance ; tu es nouveau sur le campus ?

Comment ? Je ne crois pas à mes yeux, je me croyais la seule à avoir découvert ce lieu. Mais ce qui me fait le plus plaisir c’est de savoir que je ne suis pas en train de souffrir d’une démence ou que je sois possédé par un esprit qui m’amène ici tous les mercredis à la même heure pour sentir la douceur et le calme qu’offrent ces fleurs. Mais un garçon qui aime les fleurs c’est une perle rare... je ne peux m’empêcher de l’admirer. Et depuis que j’attends qu’il entame une conversation, même s’il ne voulait pas me draguer, pour que moi je puisse le pousser à me le demander. Surement un puceau mais ce n’est pas grave.je le ferai moi-même. Je m’installe à côté de lui, gardant quand même une distance assez raisonnable pour qu’il ne prenne pas pour une pute. Je passe mon bras derrière lui pour me détendre et je me lance :
- Salut, je m’appelle Sévérine
- Ooooh ! désolé pour mon attitude quelque peu bizarre. C’est cet endroit qui me donne une sensation que je n’arrive pas à expliquer
Je m’appelle Gerald
Il me dit son nom avec un ton tellement administratif comme si son professeur qui lui demandait son nom pour une sanction. Il n’ose même pas le enchanté/ je suis ravi de te connaitre, même pas la main pour salutation. Quel garçon, je commence déjà à voir monter mon flow d’adrénaline. Il m’excite avec ce côté mystérieux qu’il garde. J’aime bien les garçons bizarres.


Je ne sais pas ce qui m’a pris mais je savais au fond de moi qu’elle ressentait ce que je ressens en ce moment même. Même si elle parait plus vieille que moi, ce n’est plus un problème de nos jours, elle saura comprendre mon affection pour elle. Ou peut-être qu’elle a déjà un gars plus propre et plus fortuné que moi qui ne se cache pas dans un jardin secret pour fuir la vie estudiantine. Je regardais fixement sa bouche, j’attendais qu’elle me crache des mots capables de pollués l’environnement.
Elle se lève tout d’un coup et me demande de la suivre. Nous sortons du jardin, et nous nous dirigeons vers la cour. Elle a voulu de tout son cœur aller dans ma chambre mais j’ai été catégorique, pas de fille chez moi. Elle me fait monter alors dans une voiture blanche, intérieur cuir avec un ordinateur de bord. Si ce n’avait pas été Youtube, je dirais que je n’ai jamais vu cette merveille de toute ma vie. Nous roulons une dizaine de minute et nous nous arrêtons devant un bâtiment qui doit faire au moins cinq étages, elle m’amène direct dans sa chambre. Un lit de trois place, une armoire trois-battants, un climatiseur ; le mur est peint en blanc avec des émoticônes de whatsapp comme déco. Ce qui m’a le plus impressionné c’est cette fleur qu’elle m’a donné dans le jardin. Nous avons commencé à discuter de la beauté de sa chambre, de la créativité dans la déco, du missage des couleurs... et me voilà torse-nu avec elle. Au milieu de cette animalité que tout le monde aime, je me suis senti tellement bien et emporté dans cet univers paradisiaque, tellement je sentais les senteurs de ce jardin idyllique que j’ai fini par lâcher « violette ». Putain ! Je ne suis plus puceau. Mais ce n’est vraiment pas la pire erreur de ma vie, de ne plus être puceau, mais le fait de crier « violette » au milieu de ce moment intense.

Je n’arrive pas à croire qu’il vient de crier le nom de Violette, lui qui prétendait être un je puceau ? Comment ai-pu être aussi stupide au point de ne pas voir qu’il sortait avec violette. Je savais que cette fille ne laissait rien passer de sa vie, en fait rien qui ne soit un homme. Tout ce qui a une queue devant passe pour elle. Salle gamine ! Dans cette colère intense, j’ai décidé de le sortir de ma chambre. Ce qui s’est passé est déjà arrivé mais je ne peux plus le supporter plus longtemps. Il n’a pas protesté comme il se sentait coupable d’avoir couché avec moi après être sorti avec ma meilleure amie. Le regarder s’en aller me donne une sensation de remord comme si je venais de commettre un crime grave. Tellement ce sentiment me pèse. Tellement je n’arrive pas à me retenir, j’ai décidé de lui demander. Putain ! Qu’est-ce que je vais lui demander même. Il n’a qu’à partir ce putain de merde. Merde ! Je n’arrive pas à me retenir.
- Je sais que je ne devais pas mais puis-je au moins savoir de quelle « violette » tu parlais ?
- Tu ne vas pas me croire, m’a-t-il lancé en s’éloignant.
- Si je ne voulais pas te croire, je n’allais pas poser cette question.
Il s’est arrêté net.
- J’ai honte de le dire, mais dans cet univers d’ «  Alice au pays des merveilles », j’ai oublié ton nom et je t’ai juste appelé par le nom de cette fleur que tu m’as offerte aujourd’hui ; violette.
J’étais essoufflé comme si quelqu’un m’étranglais. Je ne savais plus quoi dire. Je me demande comment je suis jeté de cette manière sur une personne que je viens de connaitre ? Comment lui présenter des excuses ? Je lui ai tout simplement lancé « vois le comme le début de notre histoire...on aura aussi quelque chose à raconter que les gens ne nous connaissent pas ». Et il a répondu « en fait si tu veux toujours ». Au moins, il faut être d’accord de mentir aux gens en disant que notre histoire a commencé dans le jardin. Nous sommes bien d’accord qu’ils vont nous demander où est-ce que notre histoire a commencé.

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Jacques Franchino · il y a
Un texte pas évident à écrire puisqu'il donne la parole à deux protagonistes, tour à tour. Mais il atteint son but: nous sommes témoins de la floraison amoureuse.
Il m'a fait penser à un bel haïku (du poète-voyageur Bashô. Japon 15ème siècle) :
S'il dit s'ennuyer
en élevant ses enfants
il ne peut comprendre l'élégance des fleurs

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Felix CULPA · il y a
Entre folie et raison, un texte surprenant écrit par un jeune écrivain talentueux ! Bravo, je vote mes 3 voix et je m'abonne ! Venez voter pour mes 2 textes !

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