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Des instants de la vie...

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Olessya

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Je pense que le Club Med c’est terminé, mais pas encore. Il y a toujours cette musique à l’intérieur de moi et à la radio il y a des chansons du Club et ça me manque, ça me résonne, ça m’appelle et j’y vais. Ça me permet d’être entourée par les gens.

Il y a des choses que j’ai écrites il y a un bout de temps, et ils n’ont plus d’importance pour moi. Donc, je les jette comme je le fais avec de vieux affaires.

J’ai trouvé hier encore un stylo. Je les trouve assez fréquemment et je sais pourquoi. Il ne faut pas que j’oublie mon but principal. Ecriture, c’est ça qui compte plus que tout. C’est grâce à l’écriture que je suis heureuse.

Ecrire, écrire encore. Ecrire sans cesse. C’est quelque chose qui me rend pleine de moi. Je suis heureuse.

Ecrire comme nager, écrire comme chanter, écrire comme respirer, écrire comme vivre. Cela me soulage tellement de tenir mon stylo et de sortir ces petites lettres qui se font en mots et ensuite en phrases. Les phrases peuvent construire une nouvelle ou un roman, et j’aime cette sensation au fond de moi. Quand tout est remplit par le pur bonheur.

Moi, ce sont de mots. C’est la création. C’est la créativité. Je suis sortie le paquet avec tous mes articles que j’avais écrit et que je garde pour toujours. J’ai pris quelques-uns pour l’entretien de demain et j’ai commencé à les regarder un par un. Que des bons souvenirs ! Les gens que j’avais rencontré, les choses que j’avais fait. Ma vie était toujours très intéressante et elle le reste. Juste j’ai envie de faire revenir mon métier. De faire ce que j’aime, faire mon métier – le journalisme, l’écrivaine. De vivre ma vie aux pleins poumons. Je m’aime. J’aime ma vie.

Je l’ai trouvé, ce stylo, là, tout à l’heure, dans la rue Bar-Giora. Je l’ai vu et au début je voulais passer, mais ensuite je me suis arrêtée. Je l’ai tourné avec mon pied, j’ai vu qu’il est propre, je l’ai ramassé et mis dans mon sac. Il est tombé de la poche d’une personne, peut-être, qui s'est pressée quelque part. Et moi, j’ai un stylo maintenant afin de me rappeler qui peuvent se passer beaucoup de choses dans ma vie, mais je continuerai toujours à écrire car c’est ma vie et sans écriture ma vie n’est pas possible.

Il y a une seconde, la pensée se trouvait là, et l’autre elle n’est plus là. Il n’y a pas comme stylo et le papier, on ne peut pas les comparer à l’ordinateur. Les mots viennent se poser tranquillement, comme un jeu de construction, et le sentiment d’un plaisir presque physique j’aurais dit. Le sentiment de bonheur dans le ventre et le sourire aux lèvres. C’est possible.

Les souvenirs...c’est l’enfance. C’est mamie et papi. C’est la plage éloignée de la ville qui portait le nom « grenouille » car il y avait beaucoup de gens là-bas et tous, on faisait l’eau tiède comme celle où il y a plein de grenouilles.

Les souvenirs, ce sont les forêts immenses, les fougères grandioses dont on peut manger des racines. Les fraises sauvages que l’on peut cueillir.

J’ai envie un homme malgré tout. J’ai envie un homme d’aller avec lui au cinéma, de se promener dans le parc, de discuter, de nager dans une piscine ou à la mer. De rester en silence devant un feu, dans une campagne oubliée, une soirée d’hiver...Boire du chocolat chaud, de lire un bouquin passionnant, tout en sachant qu’à côté il y a la personne que j’ai choisi et qui m’ait choisie pour de bon.

J’ai envie préparer à manger ensemble, de voyager ensemble. J’ai envie aimer et d’être aimée.

J’ai envie un homme malgré le viol. J’ai envie un homme malgré mon père qui n’était pas un. Je n’ai pas de souvenirs avec lui. Je n’ai rien partagé avec lui, sauf cette nuit-là quand il est venu me violer, en me laissant seule, déchirée, destinée à ne plus croire à rien et à personne, surtout pas aux hommes, mais aux femmes non plus car il n’y avait aucune pour moi.

Depuis j’ai fait un chemin et je continue. Et j’ai envie d’avoir un homme à mes côtés pour partager ma vie et grandir ensemble.

C’est dingue ça, les choses les plus simples que tout le monde fait. Moi, j’ai du mal quand-même. A la place d’être dans mon lit, en train de dormir, je suis à la station de train. J’attends le premier bus pour rentrer chez moi. (où je ne me sens plus chez moi d’ailleurs). Après un shift de travail au resto. 9h du boulot nonstop, des choses différentes, des gens. Ma difficulté de parler de choses simples. Je m’aime plus. Oui, ces choses-là, les plus simples que tout le monde fait. Moi, j’ai du mal, mais je fais et j’avance. Je ne sais pas comment accepter ça ? Franchement, ça me parait une mission presque impossible. Ce quelque chose qui sort de moi, encore et encore, en me laissant vivre librement. Les simples gestes de parler, de s’écouter, de s’expliquer, de se raconter – tout ce que je n’avais pas et j’acquis de jour au jour. Quand ça partira totalement, ça sera la vraie moi.

Jusqu’à quand je vais me torturer ? Ou ce n’est pas une torture ? C’est une partie de ma vie et je ne sais pas combien de temps cela durera encore. Mais peu importe, le plus important c’est moi et mon écriture. Tant que je peux continuer de la visualiser et de la faire, tout va bien.

Non, ça ne sert plus. Ça ne sert plus à rien du tout, cette colère, elle ne m’aide plus.

J’ai besoin accepter mon chemin comme il est. Et maintenant c’est le plus dur : la proximité. D’être avec les gens. Parler. Je suis sur la bonne voie, mais ce n’est pas facile. Ils me cassent pour que j’apprenne mieux.

Je suis tellement ravie qu’il y en a des fêtes, que l’on peut se reposer. Il faut presser nulle part. Cette grande maison, rien que pour moi. C’est trop chouette ! Je suis contente, ravie, heureuse d’être là, maintenant, avec moi, avec mon stylo et mon papier, entouré par le silence du soir et le soleil couchant, par les chants des oiseaux, des rires et des bavardages des enfants, des caresses douces du vent d’automne israélien. J’aime d’être là. J’aime quand le temps s’arrête, rien que pour moi et je peux continuer à écrire éternellement.

C’est bien donc de l’avoir, cette peine, cette douleur qui est venue pour me raconter quelque chose. Quelque chose de l’amour. D’un grand amour que je porte en moi. D’un amour qui n’a pas des limites. Et j’ai envie de la raconter, de l’apporter aux gens.

Ça fait longtemps que je n’ai pas touché mon stylo et mon papier...pourtant j’en ai envie tous les jours. Noter de petites choses, des petits changements qui se forment à l’intérieur de moi. Je m’arrête pour regarder un chat dans les yeux ou des mouches faire l’amour sur ma terrasse, les oiseaux dans le ciel qui quittent Israël, mon pays chaud...Ils reviennent l’année prochaine.
A mon nouveau travail, je trouve du temps pour arrêter aussi, pour regarder les gens droit dans les yeux, avec l’amour, la compréhension. Si je suis là, c’est tout d’abord pour cela. Oui, pour apprendre un nouveau métier, oui pour se libérer et me sentir à l’aise avec les autres. Et de ma part, les apprendre un amour inconditionnel, l’acceptation du soi, l’amour de tout et de tous. La tendresse, la féminité, la joie de vie, la bonté du cœur, la gentillesse, la vérité, la sincérité, la compassion. Etre d’abord avoir ensuite.

Le silence règne ce matin, c’est tellement beau. Des petits oiseaux arrêtaient leur chanson à l’entrée de lumière. Des fillettes de la maison en face se réveillaient et restaient un peu sur les escaliers. J’entends léger bruit de leurs escarpins : tak-tak, tak-tak. Elles sautent d’un escalier à l’autre, les fillettes. Je ne les vois pas, mais je les imagine bien, dans les jolies robes en fleurs.

....Un bébé qui pleure et puis à nouveau s’arrête, mais le silence est parti. Les bruits de la journée regagnent à nouveau leur position. On se lève.

La mer...Que-ce qui m’arrive quand je ne la vois pas ?..Je ne me suis jamais posée cette question. En fait, elle me manque. Sa couleur bleuâtre, turquoise, le surface glissant de vagues...

J’apprends à apprécier les gens à cette manière...
Il a suffi de sortir dehors pour voir jusqu’à quel point la vie est belle et les gens sont bien, et que tout est pour moi, rien n’est contre.
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Guy Bordera · il y a
Votre histoire personnelle est très touchante, mais ce qui est le plus admirable c'est cette soif d'écriture et l'amour de la culture française. Vous faites honneur à notre langue et nous vous en remercions.
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Olessya · il y a
Merci à vous, Guy. On dit qu'un vrai amour est toujours réciproque. En ce qui concerne la France et la langue Française c'était toujours le cas.
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Jarrié · il y a
Vous vous mettez à nu avec talent, petite Oleyssia. Beaucoup d'émotion, de sincérité et de rêve surtout. Nous nous connaissons depuis un bon bout de temps et j'apprécie de plus en plus votre personnage et votre soif de culture française. Votre mérite est très grand. Avec toute mon affection.
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Olessya · il y a
Merci, cher Jarrié.
Ça me touche beaucoup ce que vous dites.

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Artvic · il y a
Que de bons souvenirs dans ce texte , des souvenirs qui te hantent et te font revivre encore et encore de merveilleux instants
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Olessya · il y a
Merci beaucoup, Artvic
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