Dans la douceur du vent et le cri des goélands

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Je veux écrire la vie : dire l'amour et la désespérance, les rires et les deuils, l'ironie du sort et le déchirement des départs, bien mélanger le tout jusqu'à perte totale de signification  [+]

Image de Hiver 2021
Après la mort de son mari, Simone avait encore vécu dix ans à Paris, épuisant les charmes de la capitale.
Elle avait visité tous les musées et tous les magasins, vu les spectacles les plus novateurs, arpenté les plus minuscules des rues, les plus secrètes des promenades.
Elle avait guidé des Américains à Notre-Dame, s’était liée avec une famille polonaise et s’était fait photographier devant la tour Eiffel avec des Japonais surexcités.
Un matin d’hiver, très tôt, elle avait croisé Michel Drucker dans une rue du Quartier latin, et il l’avait saluée poliment.
Et puis, un jour, elle avait fait ses bagages, donné ses plantes vertes à la concierge, dit au revoir à ses voisins, et elle était partie vivre en Bretagne, dans la douceur du vent et le cri des goélands.


La villa « La Brise », dont Simone avait hérité, était un chef d’œuvre biscornu du début d’un autre siècle, tout en tourelles et en fenêtres. Dans son jardin de sable et d’herbes folles, debout sur la falaise, elle semblait avoir été oubliée par la mégalomanie sadique qui avait laminé la côte à grands coups d’immeubles. Alentour était une monotonie magnifique de plages blondes nichées dans l’opulence des falaises.
La mer, omniprésente, était silence et vie, absence et bercement, et vide, et paysage.
Tous les matins, Simone descendait à pied, par le sentier côtier, jusqu’au village de St Nô-la-Dune. Là, elle achetait son journal et son pain, épatait la boulangère en lui parlant de Paris, des touristes japonais et de Michel Drucker, un monsieur si charmant !
Quand il n’y avait pas trop de vent, elle s’offrait un café à la terrasse du Bar-aux-Moules, puis remontait tranquillement chez elle.
Elle occupait l’après-midi avec un livre ou un tricot, une tentative de jardinage, une promenade à vélo.
L’arrière-saison était splendide.
Elle s’endormait en écoutant la mer et s’émerveillait avec bonheur de ce luxe.
Le dimanche, elle se rendait à la messe dans la petite église de St Nô. Une maquette de bateau décorait l’autel, et tous les vitraux représentaient des scènes de pêche, avec d’impossibles poissons bleu vif.
Dans sa retraite bretonne, Simone naviguait sur une idée marine du bonheur.


Un matin, elle paressa au lit plus longtemps que d’habitude. Elle voulait finir son livre, une décevante histoire de meurtre qui se terminait sans gloire après deux cents pages d’ennui.
Quand elle ouvrit les volets de sa chambre, le soleil était déjà haut. La mer était calme comme un tableau de Monet. Trois cormorans, posés sur les rochers, séchaient leurs ailes au soleil. La lumière de septembre sublimait les couleurs  : ocre du sable, azur du ciel, bleu profond de l’océan, vert piquant des falaises.
Simone, éblouie, resta immobile. Quelle beauté, songea-t-elle, quelle beauté et quelle paix !
Elle aperçut une silhouette, sur la plage. Quelque promeneur, qui savourait comme elle la magie de la matinée...
Tout à coup, son regard revint vers la silhouette. Il y avait quelque chose de bizarre. Elle plissa les yeux. C’était un homme, cheveux courts, épaules carrées, et il était... rose. Tout rose, sans la démarcation colorée d’un maillot de bain. Il était entièrement nu !
Simone recula vivement de quelques pas à l’intérieur de la chambre. Son cœur battait à toute allure. La main sur la bouche, elle laissait échapper de longs « oh, la la la la  ! » scandalisés.
Ce n’est qu’après plusieurs minutes que, un peu remise de ses émotions, elle osa jeter un coup d’œil par la fenêtre grande ouverte.
L’homme nu déambulait paisiblement sur la plage, contemplait l’océan, les mains dans le dos, se penchait pour ramasser un galet ou un coquillage.
Simone se raisonna. Puisqu’elle-même le voyait à peine, lui ne devait pas pouvoir la voir, fondue dans la masse sombre de la maison. Elle se rapprocha donc doucement, restant tout de même prudemment dissimulée derrière le rideau.
Un nudiste !
Elle n’en avait jamais vu en vrai. Elle les imaginait toujours en groupe, bande joyeuse narguant les gendarmes – à cause du film avec De Funès – ou jouant à la pétanque — allez savoir pourquoi... Ici, la nudité de cet homme, seul, prenait une autre dimension. Ce n’était pas les débordements farfelus d’une bande de copains en vacances. C’était quelque chose de plus sérieux, de plus profond, peut-être de plus pervers aussi.
Brusquement, Simone réalisa ce qu’elle était en train de faire. Elle était à sa fenêtre, et se planquait pour observer un homme nu.
Une vague de honte lui empourpra les joues. Elle referma rapidement la fenêtre, et tira le rideau d’un geste net.


Elle s’efforça d’oublier l’incident en respectant scrupuleusement ses petits rituels quotidiens. Elle fit sa toilette, se lava les cheveux, déjeuna d’un thé et d’une tranche de brioche. Elle descendit ensuite à St Nô, acheta d’abord son journal — «  la grogne continue chez les marins bretons », puis son pain. La boulangère était d’humeur papote, elle demanda à Simone pourquoi on ne voyait plus Geluck chez Drucker le dimanche. Mais Simone éluda la question et, pressée, ne s’arrêta pas non plus au Bar-aux-Moules, bien que la matinée fut magnifique.
Rentrée chez elle, elle rangea le pain, suspendit son manteau, déposa le journal sur la table du salon.
Et se retrouva à la fenêtre.
« Je vérifie, se justifiait-elle, je vérifie. Juste pour savoir. »
L’homme était toujours là. À demi allongé sur le sable, observant le ballet nonchalant des mouettes dans le ciel reposé.
Simone eut une petite grimace pincée.
« Il y a des gens qui n’ont vraiment aucune pudeur, songea-t-elle. C’est scandaleux ! »
Mais elle resta là un long moment, fascinée par cet homme, seul et nu, sur la petite plage blonde.


Élevée chez les Sœurs, aérée deux fois l’an à Deauville, mariée selon les intérêts paternels, Simone avait tourné en rond dans le bocal conventionnel où elle était née.
Les maigres choix auxquels elle avait été confrontée – une école pour les enfants ou une robe pour une soirée de charité – lui avaient été dictés par sa belle-mère ou par les convenances, ce qui d’ailleurs revenait au même.
C’est ainsi qu’à soixante-neuf ans, elle se trouva pour la première fois entièrement libre de décider de quelque chose. Et qu’elle sombra dans les abîmes infinis du doute.
D’un côté, son éducation, alliée à sa pudeur naturelle, lui commandait d’ignorer l’homme, et de ne s’approcher de la fenêtre que le temps nécessaire pour ouvrir ou fermer les volets.
Mais de l’autre côté, sa curiosité – qu’elle se représentait sous la forme d’un diablotin rieur et malicieux – l’attirait irrésistiblement vers ce spectacle délicieusement incongru  : un homme nu, dehors, sur une plage. Juste devant chez elle.
Bizarrement, ce fut une émission, qu’elle regarda un soir par hasard, qui lui apporta la solution. On y montrait des gens atteints de troubles surprenants.
Il y avait par exemple une femme qui avait une peur panique des saucissons. Un homme qui avait tenté de se suicider par overdose de chocolat. Un cadre élégant, persuadé que ses collègues de travail étaient des extra-terrestres.
Dans son fauteuil, en regardant ces pauvres créatures terrorisées, Simone se sentait revivre. Elle se sentait forte, bien dans sa tête, intelligente et sensée. Elle se sentait... normale  !
N’aurait-elle pas eu, elle aussi, bien des raisons de déprimer ou de développer une obsession idiote  ? Après tout, elle était veuve, seule, sans famille ni amis autour d’elle. Or, elle parvenait à vivre normalement, à sortir, à se préparer à manger, à se promener, et même à être heureuse !
Alors, à côté de cette admirable bonne santé mentale, qu’était ce petit accès de curiosité  ? Rien du tout ! Une broutille ! Un péché tout mignon ! Et même  : une juste récompense ! Une petite friandise bien méritée !...
Ce soir-là, Simone s’endormit paisiblement, pour la première fois depuis plusieurs jours.


Elle l’avait appelé Tout-Nu, surnom explicite à défaut d’être spirituel.
Le samedi et le dimanche, Tout-Nu passait toute la journée sur la plage. Les autres jours, il arrivait vers dix-sept heures trente et restait jusqu’au coucher du soleil.
Simone en déduisit qu’il travaillait.
Quel genre de profession pouvait-il bien exercer  ? L’avait-elle déjà croisé, peut-être, commerçant anonyme, coiffeur, facteur ou pharmacien  ?
Elle fantasmait, l’imaginait en costume-cravate, bavardant avec des collègues, rencontrant un client. Ou vêtu d’un bleu de travail, bricolant un moteur, les mains tachées de cambouis. Puis, le soir, après sa journée, reprenant sa voiture, et venant sur la plage se déshabiller, retrouver son état d’homme primitif, authentique et libre, face à l’immensité de la mer.
Ces images étaient troublantes. Comme si la vraie nature de Tout-Nu avait été d’être nu et que les vêtements, paradoxalement, lui eussent donné une dimension érotique.
Simone, qui ne le voyait que d’assez loin, ne savait pas s’il était jeune ou vieux, beau ou laid. Ce que sa nudité aurait pu avoir d’obscène, voire de ridicule — ces petites breloques qui pendouillent  !... était gommé par la distance, comme dans les fondus enchaînés du cinéma d’avant-guerre.
Il était homme, tout simplement, silhouette pure et virile magnifiée par le soleil.


Comme beaucoup de jeunes femmes de sa génération, Simone avait été choquée, au début de son mariage, par la violence du désir masculin.
Rien, ni dans les romans à l’eau de rose qu’elle lisait, ni dans les discours édulcorés de sa mère, ne l’avait préparé à ces étreintes avides où elle se sentait si étrangère.
Avec Tout-Nu, elle retrouvait ses rêveries de jeune fille romantique  : un homme, un vrai mâle, nu et musclé, mais lointain, tenu à distance, inoffensif.
Il lui rendait son âme de midinette, à des années-lumière des réalités traumatisantes de la vie conjugale. Elle imaginait des dîners aux chandelles, des déclarations d’amour enflammées, de chastes baisers dans le soleil couchant, un bras tendre autour de ses épaules.


Elle avait quinze ans à nouveau, c’était un miracle et l’automne était parfait. Le soleil était bas, mais toujours agréable, comme le fond encore tiède d’une tasse de thé. Il y avait d’étonnantes après-midi presque estivales, des crépuscules dont la douceur ravissait.
Tout-Nu continuait à venir chaque jour, marcher au bord de l’eau, s’asseoir sur la plage ou patauger entre les rochers.
Simone, frileuse comme une truite, admirait sa résistance  : «  Tout de même ! murmurait-elle derrière son rideau, il fait bon, oui, mais de là à se mettre tout nu ! » Et elle souriait avec tendresse.
Mais juste avant la Toussaint, les températures chutèrent d’un coup. Le ciel se marbra de lourds nuages gris. La plage se couvrit de longues algues mortes qui frissonnaient au vent. Les goélands luttaient contre les rafales en poussant des cris sinistres.
On bascula brutalement dans l’hiver breton, lugubre allégorie de crachins et de sable mouillé.
Simone, à sa fenêtre, contemplait mélancoliquement la plage détrempée.
Tout-Nu ne venait plus.
Le soir, lorsqu’elle s’allongeait entre ses draps froids, elle entendait le vent maltraiter les volets, la mer gronder et cracher comme un chat effaré.
Les journées étaient longues et tristes, Simone était fatiguée. Pour tuer la lenteur des heures, elle se forçait à sortir, allait traîner dans les magasins qui affichaient déjà Noël. Elle se surprenait, si vieille, dans les miroirs. Tout-Nu lui manquait.
L’image de son corps racé, de ses gestes graves et beaux dans la lumière dorée du crépuscule, pâlissait dans ses souvenirs. Ses rêves s’étiolèrent, privés de leur douce sensualité, et perdirent leurs jolies couleurs romantiques.
Des amis l’invitèrent à passer les fêtes à Paris. Elle fut heureuse de revoir ces visages familiers, et les rues qu’elle aimait, d’entendre battre le grand cœur infatigable de la ville.
Dans le champagne et les rires, elle choisissait, pour raconter sa Bretagne, les mots qui font rêver les citadins. Elle leur disait les marées, les vagues et les bateaux, le sable dans les chaussures, la douceur du vent et le cri des goélands. On l’envia avec la virevoltante légèreté parisienne.


Au retour, St Nô lui parut plus sombre et mort que jamais.
Elle espaça ses descentes au village, passant souvent des journées entières sans sortir de chez elle, manquant même la messe du dimanche, qui sentait la bougie froide et la laine mouillée.
Début février, une mauvaise grippe la garda au lit une semaine, et la laissa courbatue, amère et lasse.
Le vent soufflait sans trêve. La vieille villa grinçait sa désolation, claquait ses volets gonflés d’eau.
Ravagée de tempêtes, la mer n’était plus qu’une bouillasse brunâtre où surnageaient des branches arrachées.
Le jour où la chaudière rendit le dernier soupir, Simone, à bout, alla chercher au grenier les deux grandes valises avec lesquelles elle était arrivée, six mois plus tôt.
Ensuite, efficace et organisée, elle appela tour à tour toutes les agences immobilières répertoriées dans « Le Petit Guide de St Nô-la-Dune et sa région ».

Moins d’une semaine plus tard, par une belle journée d’hiver, craquante de givre et de soleil, Pascal Leroy, d’Immo-Littoral, traversait le jardin bohème de La Brise en prenant garde à ne pas mettre de sable sur ses mocassins en faux croco.
Il était suivi par un couple élégant qui commentait la vue avec de grands gestes, et de deux enfants en petits lodens marins qui se bousculaient en criant.
Simone les fit entrer et laissa Pascal Leroy diriger la visite de la villa, une serviette en cuir sous le bras et un stylo virevoltant de professionnalisme dans la main. Elle se contenta de les suivre dans les pièces familières où ces étrangers posaient leur regard neuf, shootaient dans les plinthes, tâtaient les radiateurs en faisant la moue, critiquaient l’ameublement, la tapisserie, ses chers coussins brodés...
Quand ils entrèrent dans sa chambre à coucher, elle préféra rester dans le couloir. Les gamins se précipitèrent et entreprirent de se hisser sur son lit.
— NON  ! cria leur mère.
Ils restèrent interloqués une demi-seconde, comme suspendus, puis foncèrent sur l’armoire pour en arracher les clés.
Simone passa une main lasse sur son visage.
Soudain, l’un des enfants poussa un cri perçant  :
— Maman ! Regarde ! Il y a un monsieur tout nu sur la plage !
En un instant, ils furent tous à la fenêtre  : les gosses surexcités qui hurlaient « On voit son zizi ! On voit son zizi ! », la mère incrédule, le père doucement rigolard et un Pascal Leroy nerveux comme une mouche à l’approche de l’orage.
Simone dut se cramponner au chambranle de la porte tant son cœur cognait dans sa poitrine.
Tout-Nu était là ! Ça ne pouvait être que lui. Il était revenu ! Comme un appel, comme un signe, au moment même où elle s’apprêtait à le quitter. Il était revenu, et voilà que ces encombrants visiteurs lui prenaient sa place devant la fenêtre ! Ils lui volaient ses retrouvailles, ils lui cachaient les belles images de son corps nu dans le soleil tendre.
Pascal Leroy agitait son stylo comme si c’était une baguette magique capable de faire disparaître les nudistes saboteurs de vente. Il bredouillait  :
— C’est la première fois... je vous assure... il n’y a pas de plages naturistes dans la région... c’est un cas isolé...
Alors, Simone sentit monter en elle la rage. Rage de voir ces étrangers envahir sa maison et la critiquer si méchamment. Rage de les voir accabler de moqueries l’inoffensif Tout-Nu. Rage toute physique, enfin, devant ces intrus qui lui bouchaient l’accès à sa propre chambre alors que Tout-Nu était là, tout près, et qu’elle ne l’avait même pas encore entrevu.
Elle pénétra dans la pièce comme on entre en guerre. Pascal Leroy s’embourbait dans ses justifications  :
— Je vous assure... Je suis aussi choqué que vous... on ne voit jamais ça par ici...
— Oh, si ! rugit Simone. On en voit plein, des nudistes. Toute l’année ! Même en hiver ! Pourquoi donc croyez-vous que je veux vendre cette maison  ? Il y en a plein ! Et même...
Elle s’approcha des parents avec la grimace de connivence qu’ont les adultes pour parler devant les enfants des choses qui ne les regardent pas.
— ... et même, quelquefois, ils...
— Oh mon Dieu, quelle horreur ! fit la dame en serrant le bras de son mari. Allons-nous-en ! Venez, les enfants, on s’en va. Au revoir, Madame.
Ils sortirent les uns derrière les autres, dévalèrent l’escalier de bois.
Pascal Leroy jeta un regard meurtrier à Simone et galopa après ses clients.
La porte d’entrée claqua, des voitures démarrèrent peu après.
Restée seule en scène après ces sorties vaudevillesques, Simone s’inclina théâtralement devant la porte.
Puis elle s’approcha de la fenêtre.
C’était vraiment une journée miraculeuse.
La mer apaisée respirait longuement, calmement. Des nuées de mouettes piaillaient sur les rochers, dans les fragiles éclats du soleil.
Là-bas, sur la plage, Tout-Nu marchait de son pas rond, ramassait un galet, le lançait dans les vagues, corps magnifique dans cette pose antique.
Simone se glissa à sa place habituelle, derrière le rideau.
Tout doucement.
Pour ne pas rompre le charme de leur rendez-vous.


Cela allait durer douze ans.
Au cours de ces douze années, Simone, derrière son rideau, relut le livre que nul n’a jamais écrit  : l’histoire de sa propre vie.
Au rythme lent du corps d’un homme inconnu, qui avec ferveur venait se donner au soleil, sur une petite plage blonde.
Dans la monotonie de ses pas sur le sable, dans la sensualité calme de ses gestes mille fois répétés, elle trouva la force et la sérénité dont elle avait besoin pour entamer ce qui devrait être le cheminement de toute vieillesse  : se mettre en paix avec le monde, avec les êtres et avec soi-même.
Délivrée, consolée, elle pardonna beaucoup, oublia les pages raturées, sourit à de très anciens souvenirs.


Elle mourut dans son sommeil, à l’aube d’un jour radieux, à marée basse.
Tout-Nu arriva sur la plage quelques heures plus tard, ne put s’expliquer un soudain sentiment de solitude.


C’est une drôle de petite villa, chef d’œuvre biscornu du début d’un autre siècle, dans un jardin de sable et d’herbes folles.
Au premier étage, devant la fenêtre qui donne sur l’océan, le parquet est tout usé, comme si quelqu’un s’était longtemps tenu là, à regarder.
Ou à attendre.
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Image de Romaric Filsraads
Romaric Filsraads · il y a
Un beau texte, quoique un peu étrange, qui exprime l'irrépressible besoin d'évasion de l'esprit humain dans une société où les valeurs sociales peuvent constituer un frein à cet élan naturel.
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Annabel Seynave- · il y a
Merci de votre lecture ;)
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Julien1965 · il y a
Très beau texte, un côté romanesque, et surtout, une passerelle vers une vie plus libre, plus sensuelle, plus éclairante.
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Annabel Seynave- · il y a
Tout est à notre portée, si on y réfléchit ... C'est nous qui nous interdisons de vivre.
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Cri · il y a
Désolée pour les fautes. Internet oblige. ! J’aurais dû me relire.
De la société. ; Je serai tentée pour lui faire la bise et peut-être la bisque, avec ses proches et sa belle-famille.
Très beau texte en tout ça.
Cri

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Annabel Seynave- · il y a
C'est bon, ça, la bisque ... de homard pour les gens qui en ont marra, oh marre, comme dit la chanson !
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Cri · il y a
Très touchant.
J’imagine être une une vieille femme, qui rêve encore d’un amant vigoureux et charmant. Un être solaire , qui n’a pas encore reçu tous les codes éculés de là sociétés, mais qui n’a pas le même âge.
En ce qui me concerne, je serai. Intenté de le voir pour faire la bique. Sans méchanceté, avec mes parents et ma belle-famille. Pour savourer la beauté de la Bretagne et des beaux corps nus.

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Annabel Seynave- · il y a
Merci d'être venu me lire Cri !
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REMY MAUSSERVEY · il y a
Quelle belle nouvelle ! Qu'elle sensuelle sensibilité. Première connection à ce site et premier émoi. Inoubliable. Grand merci.
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Annabel Seynave- · il y a
Merci beaucoup, Rémy ! Bonnes découvertes littéraires ! :)
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Jocelyne Giafféri · il y a
c'était aussi bon que les berlingots de mon enfance !
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Annabel Seynave- · il y a
Adorable comparaison ! Merci Jocelyne !
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Pierre Lieutaud · il y a
Tout-Nu ou la vraie vie. Les hauts de hurles regrets. Simone,Tout-Nu et les autres...Habituellement les textes longs découragent un peu la lecture...Le votre non. Bravô.
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Annabel Seynave- · il y a
Je suis contente que vous ayez tenu jusqu'au bout :) :) :) merci, Pierre !
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BOB Benard · il y a
Vous avez une vraie plume, c’est pas courant sur ce site. De belles trouvailles : "Dans sa retraite bretonne, Simone naviguait sur une idée marine du bonheur. » vous devriez vous risquer à + long. Vous avez un univers éditable (et je sais de quoi je parle).
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Annabel Seynave- · il y a
Merci de ces chaleureux encouragements !

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