Cédric était plus ou moins orphelin

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Par le biais du portrait touchant et coloré de Cédric, qui est plus ou moins beaucoup de choses, l’auteur nous fait une très belle démonstration

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Bonjour ! Les petites aspérités du quotidien, et la complexité des interactions humaines, sont une source inépuisable d'inspiration. pierre-hervé Je publie également Nouvelles et ... [+]

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Cédric était plus ou moins orphelin.
Cette situation le privait de tous les droits. Celui d'avoir des parents et celui de bénéficier de protections administratives. La case correspondant à son état n'existait pas dans les formulaires. Ce qui tombait bien, car Cédric ne savait pas écrire.
Parler lui était également difficile. Il avait développé une forme d'expression unique, constituée d'une variété impressionnante de grognements.

Déjà tout petit, il avait été impossible. Impossible de connaître le père, ce qui réglait à moitié la question de son quasi-orphelinat. Techniquement, ce père existait quelque part, mais personne ne s'en souciait, et surtout pas la mère qui n'en avait aucun souvenir, ou alors de mauvais.
Impossible de sortir ce gamin des entrailles maternelles. Il y était resté coincé trois jours, disait la rumeur, le bras bloqué. La mère avait refusé qu'on lui découpe le ventre, il avait fallu une lutte acharnée pour qu'il finisse par être dégagé, après moult épisodes, épuisement des protagonistes, et charcutage malgré tout.
La mère l'avait haï dès son premier cri, furieuse qu'il lui ait si longuement obstrué l'entre-jambes, et effrayée par ses handicaps, oreilles saccagées et déformation définitive de l'épaule.
Impossible, car il avait continué à brailler pendant des années, comme s'il avait compris que c'était ça la vie. Elle l'avait alors plus ou moins délaissé et il s'était mis à vivre de vols et charités diverses, à dormir dans les fourrés, les granges, les cabanes. Le rejet de sa mère avait été si fort qu'on avait perdu le fil qu'il pût être son fils. Vingt ans plus tard, personne ne savait plus qui avait engendré cet enfant, personne ne s'en souciait, et il était vraisemblable qu'elle l'ait elle-même oublié.

On le connaissait comme ça, un être « plus ou moins orphelin ». Sa place atypique intriguait les gens de passage. Certains se taisaient, perplexes devant ce terme, haussant les épaules, se disant que la consanguinité locale avait fait des dégâts, pas seulement sur le pauvre gamin, mais sur toute la population.
D'autres, après une interaction sidérante avec lui, souhaitaient évaluer le niveau de dangerosité de la personne. Il leur était systématiquement répondu « Ah, Cédric ! Oooh Cédric... il est plus ou moins orphelin ». Leurs visages suivaient immuablement la même séquence. Compréhensifs d'abord, l'orphelin convoque toujours un peu de compassion. Puis après un soupir, ils se montraient rassurés par le ton bonhomme qui indiquait que le marginal faisait partie du décor, qu'il n'y avait là finalement qu'une situation sans risque. Ils plongeaient enfin dans la perplexité et se mettaient à spéculer. Enfant abandonné dès la naissance, adopté puis rejeté par des dizaines de familles en raison de sa communication insupportable ? Parents en état de mort cérébrale depuis des années, il ne pouvait être déclaré orphelin même si dans les faits il était seul et criait sa détresse ? Les hypothèses oscillaient entre gris foncé et noir dur : on comprend aisément qu'il n'y a pas que du facile à vivre quand la condition d'un homme est décrite de la sorte.

Cédric suscitait souvent de vives réactions. Une adolescente bouillonnante avait ainsi un jour balancé à ses parents qu'il en avait de la chance, LUI, et qu'elle voulait l'être, ELLE, orpheline, et plutôt plus que moins.
Un enfant de cinq ans avait reçu une gifle de son frère à force de demander : « C'est quoi plus ou moins ? », « C'est combien plus ou moins ? », « Moi est-ce que je suis plus ou moins ? ». Les parents avaient immédiatement frappé l'aîné, sans explications ni réponses aux questions du benjamin, le repas familial avait été une catastrophe.
Trois étudiants en philosophie avaient disserté un jour de pluie. Ils se considéraient plus ou moins sûrs d'eux, plus ou moins fous, prétentieux, ou révoltés, plus ou moins fidèles en amour, mais tous profondément rassurés par les gens marginaux.
Le concept les intéressait, mais ils avaient conclu à l'impossibilité de la situation : pour l'orphelinat il n'y avait pas de demi-mesure, on l'était ou on ne l'était pas.

Un matin d'automne, le maire fit circuler une information préoccupante aux quelques commerçants qui animaient encore le cœur de ce village. On était sans nouvelles de Cédric depuis maintenant cinq jours.
Si personne n'en était véritablement responsable, une sorte de vigilance diffuse et collective s'était développée autour de lui comme si toute une communauté l'avait finalement adopté. Le soir, il passait fréquemment chez le boulanger. Le charcutier laissait toujours sur sa fenêtre quelques trognons de jambon. Même les chats du coin avaient intégré que ce n'était pas pour eux. Un pull disparaissait parfois. Ou les œufs dans un poulailler, qu'il gobait, crus sans doute. Un vélo pouvait être emprunté et retrouvé plus loin. On commentait ici ou là, très naturellement, « Tiens, Cédric est passé ». L'anormalité de sa condition contrastait avec sa place simple dans le village. Il était finalement un lien improbable entre tous, et ça, c'était tout à fait merveilleux.

Alors quand une semaine s'écoule, que le pain durcit, que le pâté moisit dans les cachettes habituelles, qu'après quelques recherches superficielles, il est constaté que personne ne l'a vu (ce qui est assez fréquent), ni même entendu (ça, c'est vraiment plus rare), l'alerte est déclenchée et le maire devient cette fois véritablement alarmiste. « Cédric a plus ou moins disparu ».

La battue dura huit jours. On retrouva des cabanes désertées, des recoins de grange où il semblait qu'il soit allé dormir, et même un lit défait dans une maison en limite de forêt. Des miettes de pain. Des petits bouts de laine arrachés d'un vieux pull.
On demanda aux bourgs voisins qui réagirent vivement.
— Pas de ça chez nous.
— Gardez-le bien.
— Quoi ? J'appelle les gendarmes.
— Il fallait l'enfermer ! 
Le village passait dans la contrée pour une bizarrerie, et celui qui était accepté ici comme un membre original de la collectivité, était pour eux une source d'inquiétude.
Sa disparation raviva de vieilles querelles. Les recherches s'intensifièrent, de plus en plus agressives. Une course s'installa entre ceux qui souhaitaient sauver le jeune homme et ceux qui auraient voulu l'étriper comme un trophée.
Mais après une semaine, il fallut se rendre à l'évidence, personne n'avait repéré la moindre trace de pas dans la fine couche de neige qui recouvrait maintenant la région : Cédric avait complètement disparu.

Sans savoir où, sans comprendre véritablement pourquoi, Cédric avait lui aussi, même avec ses limites, ressenti le besoin de s'éloigner, d'explorer, de modifier un équilibre, de devenir pleinement seul, orphelin vraiment, enfin, comme si cet entre-deux qui lui collait à la peau le maintenait dans un état semi-végétatif qu'il avait, par une impulsion soudaine, trouvé la force de dépasser. Il allait en mourir ou il allait en vivre, mais il devait partir.

On dit dans le village, sans qu'on ne sache d'où venaient les nouvelles, que Cédric avait été totalement transformé. Que par une magie bien incompréhensible, il avait pas à pas redécouvert le langage des Hommes. Qu'il avait voyagé, exploré, aimé, été aimé. Que son envol soudain avait été génial et salutaire. Qu'il avait cheminé finalement plus que n'importe qui, et beaucoup finirent par l'envier.

On dit dans le village qu'une femme pleure le départ de Cédric. Qu'elle aurait retrouvé le souvenir de cet enfant maudit péniblement arraché des tréfonds de son ventre. Et sans qu'on soit sûrs de ce qu'elle exprime vraiment, il est troublant d'entendre les cris de cette femme, qui remplacent désormais les râles de Cédric.

On dit dans le village aussi, que rien n'est plus pareil, que l'entente de tous a volé en éclats. Que l'enfant « plus ou moins » servait finalement de ciment général, et que chacun, depuis, s'est replié sur soi, qu'on ne partage plus rien, et qu'on est devenu un endroit plus ou moins comme les autres.
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Gilles Eskenazi · il y a
Histoire pas si triste, originale et philosophique. Merci.
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
J'ai beaucoup aimé votre triste histoire, merci.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci de votre passage !
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Éric Comines · il y a
Prose bien plus poétique que bien des poèmes. L'impression de lire une valse.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci c'est bien agréable à lire !
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Utilisateur désactivé · il y a
J'ai aimé, plutôt plus que moins. Bravo !
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Cool, merci beaucoup !
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Pierre-Yves Poindron · il y a
Vous avez un incontestable talent à faire vivre vos personnages, Pierre-Hervé. Et comme l'écrit Silvie ci-dessous, cette histoire est poignante. Bravo.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Très grand merci pour ce message !
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Silvie DAULY · il y a
Un ton très personnel, une intensité dramatique poignante. Votre héros, dans son entre-deux, acquiert une réalité assez bluffante.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci beaucoup de votre passage et de votre éclairage.
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Jean-Pierre CHEVREUIL · il y a
Comme le disait Poil de carotte: Tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin!
Quel talent, chapeau!

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Marie Pouliquen · il y a
Bien intéressant, ce concept de "plus ou moins" et bien originale, cette histoire ! Dans vos textes, comme pour Cédric, on trouve toujours de quoi se nourrir, c'est vraiment un plaisir. Ce qui est génial ici, c'est qu'en tant que lecteurs, on se retrouve finalement comme les villageois, désemparés par cette disparition soudaine qui faisait lien :))
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci Marie, c'est vraiment un commentaire qui me va droit au coeur.
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Carl Pax · il y a
J'ai vraiment beaucoup aimé lire cette histoire qui pourrait être contemporaine ou d'une autre époque. Et particulièrement la phrase "Cédric a plus ou moins disparu" qui fait écho au titre, ainsi que les commentaires sur la solitude de Cédric de la part des villageois et des gens de passage.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Grand merci. Je suis très attaché à ce texte, peut-être plus qu'à d'autres, et je sais plus ou moins pourquoi.
:-)

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Keith Simmonds · il y a
Un joli texte écrit avec beaucoup de sensibilité, bien mené, touchant !
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Blandine Rigollot · il y a
Palpitant, très spécial. Le sentiment de désarroi général généré par la disparition de cet être bizarre devenu indispensable à l'équilibre de tous, apparaît, enfle, et finit par prendre toute la place de façon inattendue.
Tout être a un rôle à jouer, et il y a autant de rôles que d'êtres. Bravo.

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Mireille Bosq · il y a
Lorsque cet être différent, protégé plus que toléré, disparaît, c’est là que l’on perçoit son rôle fédérateur au vu de l’émoi que provoque sa disparition. Qu’à cette occasion, se révélant à lui-même, il opère un complet changement, là. N’est pas le sujet qui est ici la tendresse qui traverse ce texte.
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Farida Johnson · il y a
Je n'ai pas plus ou moins aimé, j'ai aimé.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
J'apprécie tout à fait !
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suzanne cardin · il y a
Beaucoup texte! Tendre et bien ficelé. Bravo, j’aime bien!
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Annabel David · il y a
“On reconnaît son bonheur au bruit qu’il fait en partant’ . C’est de Beaumarchais je crois (?)… plus ou moins :-) mais si vrai! Joli texte.
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Annabel David · il y a
Suis nulle c’était Jacques Prevers. Beaumarchais a dit: il vaut mieux rire de tout de peur de n’avoir à en pleurer. ‘ j’ai confondu.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Tu confondrais pas avec Desproges ? ;-)
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Marie-Hélène Moreau · il y a
La description de ce "plus ou moins orphelin" et la place, finalement, qu'il tient dans la communauté est extrêmement bien décrite. C'est touchant et très subtil.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci Marie Hélène ! Heureux de votre passage !
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Célyne Bouchentouf · il y a
Très beau texte, plein de tendresse et d'espoir. Comme disait Coluche (je crois) "tout le monde n'a pas la chance de naître orphelin" ! C'est la chance de votre héros. Il décidera de partir et sera envié. Quelle belle revanche sur la vie... Il ne voulait pas s'arracher de sa mère, mais peut être qu'elle non plus ne voulait pas le laisser partir...
Séparés et libre, pour lui... Je l'aime beaucoup votre "plus ou moins orphelin". On est tous un peu "plus ou moins" quelque chose, dans la vie ou pour quelqu'un...
Bien à vous
Célyne

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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci Célyne pour votre lecture et commentaire !
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Ninn' A · il y a
hum, tous profondément rassurés par un marginal plus ou moins orphelin... des gamins qui attendent des réponses et qui reçoivent des claques, qui s'identifient à lui dans leur état de révolte contre les parents, des étudiants qui s'amusent de ce "plus ou moins". des adultes qui s'occupent de lui comme d'un chien errant qu'ils auraient pris en affectation... hum... comme partout les gens sont plus ou moins stupides, une fois la "chose" partie, la "bonne entente" s'est envolée et tous se sont mis à lui imaginer une vie meilleure, avec jalousie peut-être ? je crois effectivement que Cédric a bien fait de se barrer
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci beaucoup Ninn'A !
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Emile Emile · il y a
J'ai plus ou moins envie de vous dire du bien de ce texte plus ou moins carrément plein de tendresse... Les modes de vie modernes ont mis en grande partie fin à ces habitudes villageoises hospitalières... Dommage!
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci à vous pour votre lecture !
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Marie Van Marle · il y a
Il y a beaucoup de vérité, profondément humaine, dans ce texte, mais aussi beaucoup d'ambiguïté. Celle de donner aux pauvres, aux exclus, aux "différents" non revendicatifs l'utilité d'apporter un supplément d'âme aux autres membres de la communauté, finalement à peu de frais. C'est le malaise entretenu par la charité : heureusement que les pauvres (les malades...) existent pour qu'on puisse s'en occuper. Et cette générosité de petits bouts de jambon et de vieux vêtements les maintient à leur place. C'est ce qui me touche le plus, en tant que réalité humaine, dans ce texte et qui le rend, pour moi, dérangeant.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci pour ce commentaire riche.
J'avais vécu sa "place" positivement : l'exclus qui finalement apporte vraiment un lien, et qui pour autant éprouve le besoin de construire sa vie autrement. Mais ton regard sur le supplément d'âme laissé aux petits à peu de frais m'interpelle et je le trouve vraiment pertinent. Je suis content que Cédric ait décidé de tracer sa propre route !

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Fred Panassac · il y a
Désolée, réponse placée au mauvais endroit, je ne recommence pas tout.
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Fred Panassac · il y a
Pas forcément de lecture à l’instant à part le poème de Verlaine mais aussi une chanson de Frédéric Mey en version française : Gaspard Hauser.
https://www.youtube.com/watch?v=RFpFhXt7Vng
Il s’agit d’un chanteur bilingue qui a fait carrière avec les mêmes chansons en version allemande et en version française.
En Allemagne c’est Reinhardt Mey.

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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Je viens d'écouter, en effet des parallèles avec mon texte !
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Philippe Pays · il y a
Une belle réflexion sur la normalité et la différence.
Texte émouvant et triste.

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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci Philippe. Je ne sais pas si je le trouve triste en fait, malgré toute la dureté de la vie de cet homme.
Il est un monde à lui tout seul, j'aime vraiment cette idée.

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Gali Nette · il y a
Un texte sur la différence, traitée avec un ton qui vous est propre. J'aime.
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Fred Panassac · il y a
Le portrait sensible d’un enfant pas gâté par la vie, et les portraits au pluriel (famille, village) sans pathos et sans concession. N’est pas sans rappeler la vie d’un enfant trouvé comme Kaspar Hauser.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci beaucoup Fred de ce regard ! Je ne connaissais pas Kaspar Hauser mais le peu que je viens de lire est intéressant ! Une recommandation de lecture pour aller plus loin ?
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Fred Panassac · il y a
Le temps de rechercher le lien de la chanson, j’ai mis ma réponse au mauvais endroit, veuillez m’excuser, vous la trouverez un peu plus haut.
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Patricia Destrade · il y a
Il y a des passages savoureux, comme les paragraphes consacrés aux "vives réactions", l'adolescente, l'enfant, les 3 étudiants. Quant à Cedric, quel personnage attachant. Il me fait penser à un personnage de Maupassant, un pauvre hère rejeté de tous, et qui meurt, de faim et de froid, à la surprise générale. Bref, j'aime!
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Viviane Fournier · il y a
Un beau texte qui dit beaucoup et même encore plus ...
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Dolotarasse · il y a
Un parcours de vie atypique. Une belle réflexion sur la différence dont chacun l'accepte à sa façon. J'aime particulièrement le passage de la mère qui pleure son enfant après l'avoir rejeté. Comme quoi, l'amour maternel est parfois plus ou moins complexe.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Un amour enfoui qui resurgit ? Comme dirait Dayan ;-)
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Fid-Ho LAKHA · il y a
Ahhh Cédric ! Ooooohhh Cédric! Mais je crois que Bruno Duthion a tout dit , et bien dit !
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
J'aime bien que vous releviez cette exclamation qui résume l'habitude de voir ce Cédric, j'imagine un bon gars dire cela, à la fois tendre et triste pour ce pauvre garçon, résumer sa vie par ces mots.
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Bruno Duthion · il y a
Votre texte me rappelle d'anciens voyages en Afrique où l'étrangeté chez certains êtres, leur vie menée en parallèle de celle des "normaux", leur dissidence voire leur folie sont acceptées. Puisqu'ils participent à l'agitation des marchés, à la cohue des rues, sont élément du bazar (bien agréable) du quotidien. Même les villages vivent avec leurs marginaux, leurs fous. Le blanc se dit "wahou! C'est chouette cette acceptation". Puis à force d'expérience l'Européen perçoit que ce tableau, qui semblait idéal, est constamment lacéré de coups de canifs. Puis s'emeut du sort réservé à ces "créatures". Ils dérangent quand même. Enfin "plus ou moins". Plus...
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
:-) Merci pour l'échange en off :-)
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Paul Thery · il y a
Peut-être était-il plus ou moins Orfée...
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Phil Bottle · il y a
Comme un triste conte provençal! Une sorte de Victor, l'enfant de l'Aveyron, qui serait resté parmi les hommes, dont il devient le protecteur sans le savoir. Plus ou moins haï, plus ou moins aimé, plus ou moins craint... Et les éternelles questions qui se cache derrière qui? et pourquoi? Un très beau texte Pierre-Hervé. J'espère avoir bientôt le plaisir de revoter...
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Philippe Caizergues · il y a
Se faire envier par tout le monde, quelle belle revanche pour un plus ou moins orphelin... belle écriture pour un texte qui nous fait nous poser des questions.
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Grand merci Philippe pour votre lecture et votre commentaire.
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Marie Tournier · il y a
Cette histoire m'a fait penser à Isidore un marginal "plus ou moins simplet" qui avait le don de faire disparaître les verrues !!
Et était bien accepté dans le village.
Accepter l'autre et ses idées tel qu'il est..
Quel beau programme.
Merci pour ce texte

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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci Marie. Qui est cet Isidore ?
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Jean Paul · il y a
Très beau texte (un peu désespéré, un peu désespérant) qui incite à la réflexion (le plus ou moins) mais aussi: en quoi et pourquoi le marginal est il le ciment du groupe social?
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
J'essaie d'y voir plus d'espoir que l'inverse. Mais oui, pourquoi ?
Merci de votre lecture !

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Denis Infante · il y a
Un abîme de réflexion. Il me faudra un peu de temps pour comprendre ce qu’il soulève en moi.
De tout ce que j’ai lu de vous à ce jour, le plus étrangement profond.

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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
J'aime mieux étrangement profond que profondément étrange. Ça parait plus ou moins pareil mais pas du tout en fait ! Merci !
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Denis Infante · il y a
Et vice versa. Non, sans rire, vraiment une très bonne nouvelle.
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Alice Merveille · il y a
Un texte qui met en lumière l'ambiguïté voire la cruauté de l'expression "plus ou moins"...
Un texte qui interroge...

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Ginette Flora Amouma · il y a
Étrange histoire métaphorique qui soulève des interrogations . Qui sommes-nous ?
Pour être , faut-il d'abord paraître ?

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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
J'aime bien s'il provoque des interrogations plus ou moins existentielles :-)
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Daisy Reuse · il y a
La question existentielle et philosophique de savoir si nous sommes à la bonne place, là ou nous sommes.
L'envie d'en changer, de s'y enraciner ou de ne jamais la trouver…Très bon texte.

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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci beaucoup Daisy !
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Chantal Sourire · il y a
Une œuvre qui n'est pas plus ou moins bonne, mais vraiment magnifique. L'écriture est fluide jusqu'au bout, l'importance d'avoir une identité, une existence pleine et entière, chacun a droit à sa place. A méditer sans compter, bravo pour ce texte !
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Merci Chantal. Sa place est unique et forte !

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