les phases de la lune

Le tanka, comme son petit frère le haïku, est un poème minimaliste de tradition japonaise qui révèle un mouvement intérieur, une sensation qui ne fait que passer. Sous leur aspect léger et simple, haïkus et tankas sont toutefois très exigeants, voire intraitables, et plusieurs règles précises doivent être respectées si vous vous lancez dans leur écriture.

La différence entre le tanka et le haïku

Contrairement au haïku – qui comporte 3 vers –, le tanka est composé de 5 vers.

Sa métrique doit respecter le rythme 5, 7, 5, 7, 7. A Short Édition nous aimons nous approprier les concepts classiques à notre manière, nous comptons donc en pied/syllabe et non en more/son.


Exemples de tankas de Nicolas Grenier :

Au fond de la cour
ô vasistas entrouvert
il n'y a plus d'heure
le chat gris sur la gouttière
dort matin midi et soir

Un coup de tonnerre
dans le ciel lumineux d’août
fend la jupe en deux
sa peau blanche comme neige
inonde les draps fuchsia

Loin de l’herbe folle
au crépuscule doré
sur la chaussée brute
entre les automobiles
mon scooter bleu se faufile


Les règles générales

Adeptes de la création du haïku, vous connaissez déjà ces règles, mais une piqûre de rappel ne fait jamais bien mal :

  • Le tanka ne comporte aucune ponctuation si ce n'est une majuscule en début de poème.
  • Le passage du vers 3 au vers 4 ne prend pas de saut de ligne.
  • Un tanka n'a pas de titre, il se suffit à lui-même ! Inutile donc de donner un titre à votre tanka. Le premier vers de celui-ci sera reporté en titre afin qu'ils puissent tous se différencier les uns des autres.
  • Traditionnellement, le tanka – comme le haïku –, ne comporte pas de rimes.
croissant de lune et croissant

La règle démoniaque du « e caduc »

Cette règle du e caduc est la grande responsable de toutes les difficultés qu’on peut rencontrer quand on décide d’écrire un tanka (ou tout autre poème à forme fixe). Alors pour éviter l’hécatombe, soyez attentif… N’ayez pas peur, tout va bien se passer.

A l'intérieur d'un vers, le E final d'un mot :

  • est muet (ou s’élide) devant une voyelle : Dans/ l'ât/re où/ le/ bois/ pé/tille
  • se prononce devant une consonne : Ba/si/lic/ ent/re/ les/ dents
  • accompagné des marques du pluriel -s ou -nt (ou du féminin -e) se prononce et donc compte toujours pour un pied, quoi qu'il précède : Les/ meubl/es/ a/né/an/tis

A la fin d'un vers, le E final d'un mot :

  • ne se prononce jamais et cela même s'il porte les marques du pluriel ou du féminin : Un/ pru/nier/ s'a/vance