Le bâton du baryton

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La vie a plus d'imagination que nous - François Truffaut - Auteur réalisateur, journaliste de cinéma, Benoit Gautier est sur @cinegotier.com  [+]

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Hey Joe, te souviens-tu du film de Woody Allen La Rose pourpre du Caire ?... Les personnages traversent la toile et le cinéma envahit la vie. Telle ta voix chaude de baryton qui imbibait le petit écran de mes rêves mouillés. Ta peau épaisse, le crin de ton brushing et de tes rouflaquettes, le bleu de ton strabisme, l’ourlet de tes lèvres, tout ton visage aspergé par mes cartes de France !

Toi, le géant yankee aux épaules d’athlète, à la bosse dessinée dans l’entrejambe, bâton de belle taille moulé par le grain de poudre de tes smokings blancs, tu m’as tendu la main, moi, le Lilliputien enseveli sous des milliers de fans.
Tu entonnais le dernier refrain des Dalton, quand soudain ton bras s’est élancé dans ma direction, a percé en douceur la vitre cathodique, pénétré mon cadre de vie. Gulliver crooner, tu m’as pointé du doigt, je m’y suis accroché, et tu m’as fait entrer dans ton monde de paillettes. Tu as refermé ton poing sous les applaudissements, manqué de m’écraser. J’ai rampé sous le poignet de ta chemise en satin. Tu as levé le bras en guise de remerciements, m’as propulsé direct au creux de ton aisselle. Région humide où la transpiration et le déodorant en bombe rivalisaient de gaillardise.

Tu t’es penché pour saluer la foule en délire, et m’as éjecté sur ton torse. Ah, ces milliers de poils qui s’offraient à moi ! Grosses lianes frisées électrisées par les battements de ton cœur. Je m’y laissais glisser, m’y rattrapais, m’amusais à les lustrer, à les raidir. Tu t’es relevé d’un coup, m’as déséquilibré. Je me suis agrippé à ton mamelon gauche qui s’est raffermi pour me faire un coussin ni trop mou ni trop dur. J’allais m’assoupir quand tu t’es élancé sur le devant de la scène, les mains plaquées sur ton ceinturon de play-boy. J’ai rebondi dans la grotte de ton nombril avant de dégringoler dans l’échancrure de ton fut', d’atterrir dans la forêt de ton pubis. Tu ne portais pas de sous-vêtement, d’où cette bosse qui me faisait signe depuis tant de chansons !

Pour la première fois, je communiquais avec un pénis. Comme au cinéma ou à la télévision : en gros plan. Je l’ai arpenté en long, en large, me suis lové dans ses moindres replis. Je l’ai humé, tâté, léché, dévoré. J’ai dérapé mort de rire sur les parois de ton gland, puis ai décidé de m’installer à son sommet, aux abords du fameux cratère où le lait anisé coule à flots, car c’est toi Joe qui m’a formé le goût, m’a ouvert l’appétit. Toi, le colosse du music-hall. Moi, l’affamé de Lilliput.

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