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Le bâton du baryton

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Benoit Gautier

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30

FINALISTE
Sélection Jury

Recommandé
Hey Joe, te souviens-tu du film de Woody Allen La Rose pourpre du Caire ?... Les personnages traversent la toile et le cinéma envahit la vie. Telle ta voix chaude de baryton qui imbibait le petit écran de mes rêves mouillés. Ta peau épaisse, le crin de ton brushing et de tes rouflaquettes, le bleu de ton strabisme, l’ourlet de tes lèvres, tout ton visage aspergé par mes cartes de France !

Toi, le géant yankee aux épaules d’athlète, à la bosse dessinée dans l’entrejambe, bâton de belle taille moulé par le grain de poudre de tes smokings blancs, tu m’as tendu la main, moi, le Lilliputien enseveli sous des milliers de fans.
Tu entonnais le dernier refrain des Dalton, quand soudain ton bras s’est élancé dans ma direction, a percé en douceur la vitre cathodique, pénétré mon cadre de vie. Gulliver crooner, tu m’as pointé du doigt, je m’y suis accroché, et tu m’as fait entrer dans ton monde de paillettes. Tu as refermé ton poing sous les applaudissements, manqué de m’écraser. J’ai rampé sous le poignet de ta chemise en satin. Tu as levé le bras en guise de remerciements, m’as propulsé direct au creux de ton aisselle. Région humide où la transpiration et le déodorant en bombe rivalisaient de gaillardise.

Tu t’es penché pour saluer la foule en délire, et m’as éjecté sur ton torse. Ah, ces milliers de poils qui s’offraient à moi ! Grosses lianes frisées électrisées par les battements de ton cœur. Je m’y laissais glisser, m’y rattrapais, m’amusais à les lustrer, à les raidir. Tu t’es relevé d’un coup, m’as déséquilibré. Je me suis agrippé à ton mamelon gauche qui s’est raffermi pour me faire un coussin ni trop mou ni trop dur. J’allais m’assoupir quand tu t’es élancé sur le devant de la scène, les mains plaquées sur ton ceinturon de play-boy. J’ai rebondi dans la grotte de ton nombril avant de dégringoler dans l’échancrure de ton fut', d’atterrir dans la forêt de ton pubis. Tu ne portais pas de sous-vêtement, d’où cette bosse qui me faisait signe depuis tant de chansons !

Pour la première fois, je communiquais avec un pénis. Comme au cinéma ou à la télévision : en gros plan. Je l’ai arpenté en long, en large, me suis lové dans ses moindres replis. Je l’ai humé, tâté, léché, dévoré. J’ai dérapé mort de rire sur les parois de ton gland, puis ai décidé de m’installer à son sommet, aux abords du fameux cratère où le lait anisé coule à flots, car c’est toi Joe qui m’a formé le goût, m’a ouvert l’appétit. Toi, le colosse du music-hall. Moi, l’affamé de Lilliput.

PRIX

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Doloresse Rojeanta · il y a
😊😊 c'est genial
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Cétacé · il y a
On en oublierait presque les désagréments du pou de corps. Que vivent les morpions, diantre! votre tardif d'un Cé admiratif.
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Arlo · il y a
J'étais passé à coté de votre excellent TTC et je vote avec un peu de retard. A L'AIR DU TEMPS d'Arlo est en finale du grand prix été poésie 2017. Je vous invite à voyager à travers sa lecture et à le soutenir si vous l'appréciez. Merci à vous et bonne soirée. Cordialement, Arlo
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Utilisateur désactivé · il y a
Excellent!
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Cléo Breheret · il y a
Bravo, +1! J'aime beaucoup le style d'écriture. Je vous invite aussi à aller lire ma nouvelle pour le concours la matinale des lycéens: http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/murphy-et-moi. Merci! :-)
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Philshycat · il y a
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Anis Etoilé · il y a
Toujours top ! Well done !
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Christophe Albrieux · il y a
Hey Joe ! Fais gaffe, une goutte de sueur gourmande est en train de te dévorer ! Allez j'en croque un morceau.
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Benoit Gautier · il y a
Jolie interprétation la goutte de sueur. Joe te laisse des miettes + merci Christophe = Benoit
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Christophe Albrieux · il y a
;)
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