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Surprise

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Méline Darsck

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FINALISTE
Sélection Jury

« Ding Dong ! »
Mince ! Qui était-ce ? pensai-je en posant le savon sur le bord de la baignoire.
« Ding ! Dong ! »
Zut ! J’avais à peine eu le temps de me rincer les cheveux.
- Maman... On a sonné, m’expliqua Marie en ouvrant la porte de la salle de bain.
- Oui, ma puce. J’ai entendu. Tu veux bien aller ouvrir et dire que j’arrive.
- C’est le facteur, hurla Fils aîné.
- Prends le courrier et remercie-le, tentai-je de dire en enfilant mon peignoir sans trouver la ceinture pour le tenir fermer.
- Je suis désolé, Madame, mais j’ai besoin de votre signature, dit de sa voix chantante l’employé de la poste.
Ben voyons ! Je serrai le haut de mon vêtement tout contre ma poitrine et m’approchai de la porte d’entrée. Je vis ma fille et mon aîné regarder avec envie cet énorme carton dans les bras du facteur. Ce dernier me regarda approcher en souriant d’un air malicieux.
Aucun doute n’était permis : mes cheveux dégoulinants, la mousse encore présente dans mon cou, mes pieds nus et ruisselants... Eh oui, dérangée en pleine douche.
Fils aîné s’impatienta, Marie se cacha derrière la porte... Mais où était mon petit dernier ? Je pris rapidement le carton des mains du postier avant qu’il me prévienne de son poids. Je suffoquai de surprise, le laissai tomber sur le sol et le poussai du bout du pied. L’encolure de mon seul vêtement s’écarta offrant une vue plutôt agréable pour l’homme en uniforme. Gênée, je replaçai les pans du peignoir alors qu’il tendait une feuille et un stylo. Il me montra l’endroit où poser ma griffe. Pour se faire, il s’approcha encore et je pus sentir l’odeur de son après-rasage. Je vis ses narines se dilater, l’entendis déglutir bruyamment alors que ses yeux se perdirent sur ma silhouette à peine camouflée.
C’est à ce moment-là que mon cadet choisit pour réapparaitre et se cacher dans mes jambes, tirant sur le satin de mon seul vêtement et ainsi offrir plus qu’une simple suggestion de ma poitrine nue au regard du visiteur. Je rougis, l’homme sourit.
- Tournez-vous, dis-je brusquement en m’adressant au facteur.
Je posai la feuille sur son dos et je signai rapidement.
Il s’est retourné lentement, happant mes yeux de son regard brillant en tendant la main pour reprendre ses affaires.
Nos doigts se frôlèrent. Sans un mot, il s’est éloigné. Il a parcouru quelques mètres puis m’a regardé une dernière fois en me remerciant.
Un clin d’œil, un sourire clôturèrent cet instant rempli d’émotions.

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Plume-Tea · il y a
Intéressant le parallèle entre l'impatience des enfants face au "colis-surprise" et le regard du facteur face à la "maman-surpise ", emballée dans son peignoir, dont le lien "de chastété", pourrait-on dire, était déjà absent. Intéressante aussi la position de Marie, qui ouvre la première porte, puis se cache derrière la seconde...
Actrice, puis observatrice de cette étrange scène?
Bref... J'aime beaucoup ce texte, qui dans une simplicité de mise en scène et de langage est d'une grande richesse ( le dit, le non-dit, la maman-femme...).
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