La bande à Riton

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J'aime la solitude qui permet le rêve et l'évasion, les rencontres qui font grandir, la vie qui chaque jour me surprend. J'écris aussi parfois  [+]

Image de Été 2020

Ce jour-là, j’avais vraiment la dalle. Deux jours sans bouffer, c’est long.
J’avais alterné les boulots qui n’en étaient pas, les braquages à la petite semaine et les séjours à la Santé, rien de grave mais je commençais à avoir un joli pedigree.
À chaque fois je me disais « c’est la dernière, tu vas bien finir par te ranger des voitures » et je replongeais.
C’était la crise, comme ils disaient. Je venais de sortir du trou et je me retrouvais à la rue, pas l’ombre d’un taf.
Alors quand Riton m’a proposé le casse du siècle « sans aucun risque, du velours et on va s’en mettre plein les fouilles » j’ai répondu présent.
Il avait tout prévu, Riton : le jour où on livrait le pognon, le trajet du fourgon, le nombre de flics et même il savait détecter les alarmes indétectables.
On serait trois, Riton, Nénesse et moi. J’avais un peu les jetons vu que je n’avais jamais tapé dans le dur. Je me contentais de vols à la tire, les sacs à main ou les bagnoles dans les beaux quartiers. Mais de la banque, je ne connaissais que les petites vieilles au distributeur. Tu leur fais du charme « je vais vous aider à porter votre panier » et zou, tu leur piques le magot.
La veille, j’avais dormi chez Riton pour être en forme. La rue c’est pas ça question confort.
Tout avait bien démarré. Nénesse est arrivé à l’heure, on a pris un café. Mais j’ai senti que Riton était nerveux, il avait moins de bagout que d’habitude.
On s’est planqué à l’angle de la rue des platanes comme prévu. Quand on a entendu arriver le camion, on a enfilé les cagoules. Nénesse avait oublié la sienne, Riton lui a donné un collant de bonne femme qu’il avait dans sa poche, c’était un tombeur, Riton. Nénesse avait de l’allure avec son gros nez épaté sous le collant et les yeux tirés comme un chinetoque.
On est sorti de derrière les poubelles et on a crié « Mains en l’air ! » On avait des flingues en plastoc et des fausses grenades.
Nénesse a dégoupillé la sienne avec les dents et il a arraché le collant sur sa figure. Un des flics l’a reconnu et s’est mis à rigoler « rangez vos joujoux » il a dit.
On s’est quand même pris cinq piges parce qu’un des poulets a fait une crise cardiaque, il s’en est remis mais au procès ça n’a pas joué en notre faveur.
À l’heure qu’il est, on termine notre peine, heureusement ils nous ont collés tous les trois dans la même cellule. Comme ça, on a pu réfléchir à ce qu’on allait faire en sortant.

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