Coup de colère

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Quand j’écris, je me régale , venez goûter ! Le court -> Short Édition. Plus long -> https://denysdejovilliers.home.blog 1er roman sorti le 28 avril 2020, « Avec un peu de chance, tout ira  [+]

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Eh oui, c’est moche. Et alors ?
Alors c’était ça ou plus de poissons, tous envolés ! Voulez savoir ?
D’abord un cauchemar au saut du lit un jour mal réveillé.

J’ouvrais les volets. Vu tout de suite. Le choc. Genre ptérodactyle venu du Jurassique.
Le salopard a décollé d’un coup. Il s’est posé sur le toit d’en face, le gosier lourd de mes plus beaux cyprins. Il m’a toisé de haut avec son long bec et il est reparti en cachant le soleil de ses grandes ailes.
J’ai tendu un filet pour empêcher la récidive. Un bazar infernal, des heures pour l’installer. Mais ça a marché. Je ne l’ai plus revu. J’ai cru que c’était fini, qu’il était mort, qu’il s’était étouffé en avalant ou qu’il avait perdu l’adresse. J’ai remballé mon engin.

Jusqu’au jour où le niveau s’est mis à baisser. Canicule estivale ? À refaire le plein tous les jours, on doute, on cherche...

Sabotage ! Coups de couteau dans la bâche ! Réparation galère... Vidange, nettoyage, collages, enquête...

Un matin, l’heure de vérité à l’ouverture des volets. Un matin qui frissonne sur le bassin provisoire où patientent les survivants. Terrible évidence.

Néron, le retour. La bête qui décolle et se pose sur le toit d’en face. Néron le héron. Un Néron au bec affuté qui vous lacère les meilleures bâches sous les coups d’un harpon fulgurant. Un Néron féroce qui se goinfre de vos derniers carassins. Néron a franchi le Rubicon.

Instants de folie.
Aux armes !
Machiavel, me voilà !
Bassin d’origine remis en eau, plantes et poissons réinstallés. Abris antiaériens sous la surface, vingt-cinq pitons fichés dans la rocaille, de redoutables piquets plantés sur l’autre rive, un fil qui relie les postes de défense selon un enchevêtrement délirant. Une gégène pour couronner le chef-d’œuvre. Le Grand Vauban en eût perdu son latin et Seré de Rivières verdi de jalousie. Entendons-nous bien : une vraie gégène de basse-cour, une gégène qui fonctionne, j’en ai fait l’expérience.

Et maintenant héron, je t’attends ! Quitte les rives de la Meuse poissonneuse, quitte la vallée fleurie, refais-moi le coup de l’anschluss sur la mare citadine, viens z'y un peu pour voir, viens t’y frotter, prends-toi les échasses dans mes chausse-trappes, trébuche et vautre-toi sur mes fils, grille-toi les ailes ! Nous règlerons les comptes, je viendrai te démêler, je te plumerai comme une alouette et tu repartiras nu assumer ta honte auprès des tiens. Ainsi tu purgeras ta peine le temps de la repousse, histoire de dissuader tes semblables d’essayer à leur tour.

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