Marilou

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Franco-iranien, ici et labasque, mangeur de fromage, chercheur d'extraordinaire. www.keyvansayar.com  [+]

Image de Été 2020

Marilou ne s’appelait même pas Marilou. Le monde était une immense conspiration et on avait inventé le cholestérol pour ne pas me laisser finir les chips. En un instant tout était devenu tragiquement clair, limpide, évident. Eric semblait plutôt content de me voir déboussolé. « Son vrai nom c’est Pachore, elle le dit qu’à ses intimes ». Si, après cent-quarante-sept jours de bécotages, auscultations nocturnes et confessions larmoyantes je ne faisais pas partie de ses intimes, qui alors pouvait prétendre à une telle proximité ? « Moi, mais juste parce qu’on est très liés. Elle a dû te parler de ce qu’on a vécu pendant notre voyage en bus jusqu’à Bucarest » ajouta-t-il. Eh bien non. Je n’avais pas eu le déplaisir de savoir qu’elle avait été, et demeurait peut-être, nettement plus éprise de Monsieur Moustache-à-la-mode que de moi. Il se tirait les pointes en me regardant, sans rien dire. Au bout de quelques minutes d’un silence pesant, il commenta « en tout cas elle t’aime bien, c’est ça qui compte ». Ça comptait oui, jusqu’à quatre, peut-être cinq, mais pas beaucoup plus. Pourquoi devais-je apprendre de la bouche de cet insupportable gentleman-farmer du 11e arrondissement que Marilou n’était pas Marilou et qu’elle m’appréciait autant qu’une soupe au potiron ? (un plat qu’elle affirmait adorer sur Instagram, mais qu’elle ne mangeait presque jamais).

— Et sinon, tu es là pour quoi ? demanda-t-il en me dévisageant.

— Ben je suis venu la chercher, on devait aller au cinéma, je sais pas où elle est, elle me répond pas. Et toi ?
— Moi je viens pour notre soirée sushi du jeudi. Elle a eu un souci dans les transports, elle sera là dans dix minutes.
— Vous avez rendez-vous ?
— Oui, mais tu peux rester, ça sera chouette de faire un peu ta connaissance.
— Pourquoi elle m’a rien dit ?
— Elle a peut-être confondu les jours…
Et pourquoi n’avait-elle pas confondu son jour à lui ? Pourquoi répondait-elle à ses messages et pas aux miens ? Je le vis écrire sur son téléphone.
— Tu envoies des cœurs à Marilou ?
— C’est Pachore son nom. Et, oui, je l’adore alors je lui dis. C’est important la tendresse dans ce monde de brutes !
Il sortit un tout petit peigne et se mit à brosser sa moustache en se regardant dans son téléphone. Il ouvrit ensuite un minuscule pot de cire et se mit à se lustrer les poils du bout des doigts.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— C’est Pach qui m’a convaincu de me laisser pousser la moustache alors quand je viens la voir j’essaie de faire un effort. Elle dit que ça me donne un air sexy. Tu trouves ?
— Tu sais euh moi, les trucs sexy…
— Oui je sais, c’est pas ton fort, mais tu dois bien avoir un avis.
— Comment ça c’est pas mon fort ?
— Non pardon, c’est juste que Pach c’est ma super copine alors on parle. Mais t’inquiète, je ne dis rien à personne.
— Attends, vous parlez de quoi ?
— Ben de tout, de toi.
— De moi ?
— Ben oui. Elle tient beaucoup à toi tu sais.
— Elle m’aime ?
— Ça je sais pas, c’est à elle de le dire, mais en tout cas elle pense que parfois t’es super drôle, elle a trouvé vraiment chouette que tu lui apportes des tacos par surprise il y a quelques mois. Elle t’a vraiment à la bonne.
— Et toi ?
— Quoi moi ?
— Elle t’a aussi à la bonne ?
— Ben j’espère bien ! On s’est fait un tatouage de meilleurs amis la semaine dernière.
— Un tatouage ?
— Elle t’en a pas parlé ? Attends ben on te les montrera tout à l’heure.
— Tu l’aimes, c’est ça ?
— De tout mon cœur.
— Et tu veux prendre ma place ?
— Ta place ?
— Vivre avec elle.
— Ben tu vis pas avec elle.
— T’as très bien compris.
— Tu penses qu’elle et moi, moi et elle, et que je suis en train de… ?
— Oui.
— Pas du tout.
— Te fous pas de moi !
— Pas un instant.
— Arrête.
— Non, sincèrement.
— Tu jures ?
— J’aime pas jurer, mais si tu veux je peux te promettre. Entre Pach et moi il n’y a rien de romantique.
— Comment je peux en être sûr ?
— Je sais pas, en nous faisant confiance ?
— Et comment je peux vous faire confiance ?
— Ben… en nous faisant confiance. Ah tiens, t’entends ces pas dans l’escalier, ça doit être elle. Pachou ? Pachi-Pachou, c’est toi ?
Ils s’étaient étreints comme s’ils se retrouvaient après un siècle de séparation puis Marilou, enfin Pachore, m’avait souri et effleuré rapidement les lèvres. — Donc t’es venu aussi ? Oh mince j’suis désolée, j’me suis trompée de date. Tu serais très déçu si on se voyait plutôt demain soir ?
Éric intervint pour proposer de m’inviter à partager leurs sushis. Pachore hésita puis hocha la tête.

— D’accord, c’est bien aussi comme ça, mais on dînera léger, j’ai juste apporté un dîner pour deux.

Eric et Pachore semblaient enchantés de se revoir. Ils gloussaient, terminaient les phrases l’un de l’autre, se faisaient goûter des plats. Je leur demandai d’une voix tremblante de me raconter leur voyage à Bucarest. Pachore foudroya Éric du regard.

— Tu lui as dit ?
— Pas encore.
— Mais tu…
— Quoi ? Aux dernières nouvelles il te plaisait, non ? C’est le moment de savoir si tu lui plais aussi ! dit-il en éclatant de rire.
Pachore, gênée, évitait mon regard. Eric lui mit la main sur l’épaule, elle inspira profondément puis me fit face.
— Que penses-tu de moi ? me demanda-t-elle, hésitante.
— Je t’adore Marilou.
— En fait, euh, je m’appelle pas exactement comme ça.
— Je t’adore Pachore.
— Tu connaissais mon nom ? Mais c’est incroyable !
— Je voulais te dire que si c’est ça ton secret, ça ne me dérange pas du tout.
— Vraiment ?
— Vraiment.
— C’est pas ça mon secret.
— T’as un autre secret ?
— Oui, un peu plus compliqué.
— C’est pas grave, je sais déjà que ça me va.
— T’es sûr ?
— Plus sûr que sûr.
— Est-ce que t’es déjà allé à Bucarest ?
— Euh non.
— En fait moi j’y suis allée.
— Oui.
— J’ai rencontré Éric dans le car.
— Oui…
— On a fait douze heures de route ensemble.
— Mmm…
— Il y avait aussi quelqu’un d’autre.
— Ah ?
— Elle s’appelait Raspa, enfin plus exactement Răspândirea Brânzei.
— Et ?
— Et elle est la gardienne des trois pouvoirs.
— Quels pouvoirs ?
— Voir, savoir et recevoir.
— Et qu’est-ce qu’elle fait avec ?
— Ben elle les garde.
— Pourquoi ?
— Pour qu’ils ne soient pas utilisés à mauvais escient.
— Mais moi j’arrive à voir.
— Oui, mais juste un peu. Le reste du pouvoir c’est Raspa qui l’a. Elle voit très très loin.
— Et elle était dans le car cette dame ?
— Oui, mais elle allait à Cluj-Napoca. Elle ne disait rien. Le chauffeur s’est arrêté pour nous distribuer des bières et des Gusto, des sortes de petits biscuits de maïs soufflé. On tapait dans les mains, on chantait, mais elle ne disait pas un mot. Elle gardait les yeux fermés. Alors j’ai eu peur qu’elle soit morte, ça arrive si facilement. Je lui ai passé un sachet de Gusto à l’oignon sous le nez et elle n’a même pas réagi, pourtant ça sentait fort. Alors je l’ai pincée et là il s’est produit quelque chose d’extraordinaire.
— Quoi ?
— Elle m’a parlé par télépathie, comme ça, sans ouvrir la bouche.
— Et qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
— C’était du roumain alors j’ai rien compris. Mais j’ai demandé à Eric de traduire. Tu sais qu’il parle huit langues ? Je suis trop fière de lui, c’est ma personne préférée.
— Mmm…
— En fait Raspa se concentrait pour localiser les forces obscures qui lui avaient subtilisé le troisième pouvoir (recevoir) pendant qu’elle se lavait les mains dans l’espace détente-toilettes de la gare routière de Bagnolet. Elle était trop fatiguée pour retourner en France, mais nous demandait de le faire pour elle. Nous serions « l’équipe des deux », protégés par l’amulette sacrée de Turtă Dulce qu’elle nous aida à acheter sur son site web avec 25 % de ristourne.
— Et vous avez retrouvé le pouvoir ?
— Ben tu sais, avec le boulot, les courses, le ménage, les anniversaires des uns et des autres, le temps nous file un peu entre les doigts, mais on essaie de faire le point au moins une fois par semaine en mangeant des sushis. Là on pense que les forces obscures viennent de cacher le pouvoir à Porte de la Chapelle chez un menuisier. Le seul problème c’est que son appart est fermé à clef. On pensait s’y rendre cette nuit et on allait justement décider qui de nous fracturerait la porte. Comme t’es nouveau dans l’aventure, je pense que ça devrait être toi.
Éric opina énergiquement du chef. Ils me regardaient en souriant et je répondis en plissant fortement mes lèvres. C’était depuis l’école maternelle ma manière de ne pas refuser une proposition, mais de ne surtout pas l’accepter. Plusieurs voix résonnaient dans ma tête. Une première me félicitait d’être revenu au centre du jeu, une deuxième m’ordonnait de partir très loin très vite, une troisième trouvait cette histoire absurde et impossible, mais remarquait qu’il serait tout de même très excitant qu’elle s’avère vraie. Je n’avais aucune envie de me battre contre les forces obscures ni d’entrer par effraction chez un type que je ne connaissais pas. Toutefois je songeais que le bonheur était une chose sacrément fragile qui valait bien quelques sacrifices. Pachore me regardait les yeux brillants d’espoir.

— Tu sais te servir d’un pied de biche ? me demanda-t-elle tendrement.

— Bien sûr, ma douce, lui répondis-je.

***

La police ne faisait confiance à personne. J’avais beau leur répéter que je n’étais pas un cambrioleur crapuleux, mais un emprunteur altruiste en mission pour récupérer un secret sacré, les agents martelaient mon corps de leurs matraques comme Charlie Watts sa caisse claire un soir de concert.
Après m’avoir stripteasé, passé au jet d’eau et compté les grains de beauté, ils me jetèrent dans la cellule d’attente du commissariat, aux côtés de Claude-Etienne du Grambouziers, le célèbre homme d’affaires, qui avait eu, lui, le privilège de rester sec et habillé. Claude-Etienne était un type hautain, taciturne et maniaque qui refusait de parler avec qui que ce soit d’autre que son avocat. Le mien d’avocat, c’était Wahid. Un ami étudiant en droit qui m’aidait gracieusement.

— J’vais pas y aller par quatre chemins, ça s’annonce pas très bien, m’avait-il dit dès notre premier rendez-vous.

J’avais protesté, exigeant de lui a minima une temporisation du tragique.

— Wahid, j’ai presque un mois à attendre, si tu penses que c’est peine perdue, aie au moins la gentillesse de me le faire comprendre progressivement, de me laisser d’abord espérer, me réjouir de notre prochaine rencontre, puis petit à petit réaliser et me résigner. Je sais pas ce qu’on vous apprend à la fac de droit, mais c’est le B.A.-BA, bon sang !

La fac de droit était l’empire de la loi et de l’amiante. Si quelque chose était écrit, alors c’était vrai, juste, beau. Même les trucs dégueulasses. Dura Lex, Sed Lex, enseignait-on avec snobisme aux apprentis juristes dont les seules connaissances latines étaient quelques telenovelas salaces et la chanson Despacito : la loi est dure, mais c’est la loi. « Et si vous n’êtes pas content Wahid, c’est pareil » ajoutait madame Brayère à l’issue de chacun de ses cours. Elle se méfiait en effet de son étudiant rebelle qui avait pris l’habitude peu recommandable de se remettre en question, étendant même parfois ses interrogations au monde qui l’entourait. « Si quelqu’un a fait cette loi, ça veut dire que potentiellement un jour quelqu’un d’autre pourrait élaborer une nouvelle loi qui dirait le contraire, n’est-ce pas Madame ? ». La professeure se désagrégeait à chacune de ses interventions. Si la peine de mort – qui avait justement été légale puis abolie – existait encore, elle se serait fait un plaisir de rédiger une demande de condamnation pour Wahid. Moi je le regardais inquiet et le suppliais de me dire que tout irait bien. Il soupirait, souriait et murmurait « il reste encore trois semaines avant ta comparution donc, je sais pas pour demain, mais aujourd’hui tout va bien ».

Pachore venait me voir. Souvent au début, épisodiquement ensuite. Raspa m’envoyait apparemment ses bénédictions depuis la Roumanie. Le pouvoir de voir avait été récupéré in extremis par Eric après qu’un chat l’ait chapardé au menuisier puis égaré dans une gouttière. Pachore parlait de tout, mais de moins en moins de nous. Un jour elle fondit en larmes et m’expliqua, désolée, qu’elle voulait retrouver sa liberté, vivre à nouveau, sentir une main dans sa main, un corps contre son corps, partager des secrets, rire, manger de la fondue à deux. Je lui demandai si elle aimait Éric, elle baissa les yeux, sanglota et dit dans un soupir :

— Si seulement tu n’étais pas enfermé… malheureusement maintenant rien ne sera jamais plus pareil !
— Mais je serai peut-être acquitté la semaine prochaine !
— Trop de choses auront changé.

Elle était partie. Même Claude-Etienne, qui ne m’avait pas adressé la parole une seule fois alors que nous partagions banquette et cuvette depuis trois semaines, s’émut.

— J’ai entendu ce qu’elle te disait. C’est classique. Elle a craqué, elle n’a pas pu attendre. Le système l’a arrachée de ta vie. J’vais te dire une chose. Quand tu sortiras d’ici, tu iras voir mon associé Bradley. Il te donnera un job, une chemise propre et un acompte sur salaire. Tu emmèneras ta copine à la fête foraine et elle retombera amoureuse. Ça marchera peut-être pas tout de suite, ça prendra un peu de temps, mais tu y arriveras, on ne les laissera pas nous voler nos vies.
— Pourquoi voulez-vous m’aider ?
— Ce qui nous arrive est profondément injuste et je supporte pas l’injustice. Toi et moi on est pareils… surtout toi.

***

Le juge m’avait condamné à huit mois de travaux d’intérêt général. Je devais chaque jour animer un wagon de la ligne 2 du métro parisien en racontant blagues et anecdotes aux voyageurs pendant les heures de pointe. Ma mission était de créer un sentiment d’appartenance des passagers à leur rame. Pachore ne répondait plus à mes appels. J’avais même cessé d’essayer quand, un matin, je la vis monter à la station Anvers. Le wagon était si plein que je ne pus pas m’approcher. Je criai : « Pachore ! Pach mon amour ! Pach c’est moi ! ». Elle tourna la tête et se fondit dans l’indiscernable masse de corps entremêlés. À l’arrêt suivant, je descendis sur le quai pour la rejoindre par l’autre porte. Un type me repoussa énergiquement depuis l’intérieur. Il la tenait par la main. — Fous-lui la paix mec, elle veut pas te voir !
— Mais Pachore ! ça y est, je suis libre, tout peut recommencer !
— D’abord elle s’appelle Marilou. Ensuite quand c’est plus l’heure, c’est plus l’heure.

Les portes se refermèrent. La rame quitta le quai. Mon recueil de blagues me tomba des mains. La vie fait chier parfois. Assez souvent même. Dans mon cas, ça fait plusieurs décennies que ça dure et je ne peux pas m’empêcher de trouver ça un peu désobligeant.

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Image de Tess Benedict
Tess Benedict · il y a
Votre histoire ressemble à un conte : un personnage naïf et sympathique est mêlé à une aventure qui se termine à ses depens. Les dialogues du début sont savoureux et l’humour présent du début à la fin.
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Keyvan Sayar · il y a
Merci pour ce gentil message 😊
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Felix Culpa · il y a
Je vous découvre et je découvre une très belle plume. Bravo et merci pour ce bon moment de lecture !
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Keyvan Sayar · il y a
Merci ! Content que le texte vous ait plu !
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Vrac · il y a
Un grand plaisir de lecture à cette histoire d'amourS, qui grouille d'idées, d'images et de drôlerie
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Keyvan Sayar · il y a
Merci beaucoup!
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Gael Astet · il y a
Vif, dynamique. On se perd parfois un peu dans les dialogues, on ne sait plus qui dit quoi. La meilleure partie est au début lorsque les amants se découvrent, avec des impressions diverses. bravo !
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Keyvan Sayar · il y a
Merci pour ces mots !
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Parfumsdemots Marie-Solange · il y a
Très sympa , 👍
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Keyvan Sayar · il y a
Merci!
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Jennifer Marquié · il y a
J’ai eu envie de lui crier : « mais tu ne vois pas que Marilou/Pach t’embobine ! » Mais, trop tard... le récit s’était déjà refermé sur lui 😉
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Keyvan Sayar · il y a
Héhé, je lui dirai
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M. Iraje · il y a
L'écriture dynamique donne au récit toute sa résonnance, entre dérision et désillusion.
8 mn de bonheur. ( Pour moi ... ).

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Keyvan Sayar · il y a
Un grand merci pour ce message.
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Utilisateur désactivé · il y a
Excellent! J'ai vraiment éclaté de rire parfois, j'adore! Quelle lucidité sur le monde actuel, non franchement c'est génial! Bravo!
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Keyvan Sayar · il y a
Merci beaucoup.

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