Bébé Sélène

il y a
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Et si, un jour, les terriens décidaient de coloniser la Lune, comment ça se passerait ? C’est la question que pose cette nouvelle sociale. Un

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Auteur belge francophone résidant en Ile de France - STOP - Formation scientifique - STOP - Amateur de littérature en général -STOP- Fan de science-fiction et fantastique - STOP - Site we  [+]

Image de Hiver 2020

John Tagliota, le patron de la colonie lunaire internationale, approchait la soixantaine et résidait sur notre satellite naturel depuis vingt ans. Sa nomination avait fait l’objet de tractations multiples entre les pays participants. Son histoire familiale avait plaidé en sa faveur : né en Suisse, de mère chinoise et de père italien, il avait acquis la citoyenneté américaine suite à l’émigration de ses parents. En cherchant bien, on devait pouvoir lui trouver un ancêtre japonais et un autre éthiopien. Titulaire d’un master en physique décerné par le MIT et d’un MBA obtenu à Harvard, il avait vécu en France et à Singapour, et parlait couramment italien, mandarin, anglais, français et allemand. C’était un catholique romain, mais non pratiquant, avec des bouffées d’agnosticisme. Doté d’une force de travail peu commune, d’une intelligence et d’une sensibilité remarquables, il ne se laissait jamais démoraliser et savait inspirer une équipe.
Il fixait l’émissaire des Nations Unies qui se tenait assis devant lui. Rohit Singh, après avoir émis quelques banalités, jeta son pavé dans la mare :
— En fait, votre établissement n’est pas vraiment une colonie. Voilà ce qui nous pose aujourd’hui problème.
— Je ne saisis pas bien, répondit Tagliota. Nous disposons à présent de trois bases distinctes, regroupant près de mille personnes originaires d’une quinzaine de pays, mais formant une communauté soudée, réalisant des travaux d’une importance vitale pour l’humanité depuis plus de trente ans : observation de la Terre, de la Lune et de l’espace, lancement des mini vaisseaux spatiaux vers les planètes extrasolaires, extraction de l’hélium 3 pour les centrales terrestres. Nous sommes devenus autosuffisants d’un point de vue alimentaire il y a trois ans… et nous bénéficions même d’un cimetière. En quoi ne sommes-nous pas une colonie ?
— Dois-je vraiment vous l’expliquer ?
— Je crains que oui.
— Sur vos mille habitants, combien sont nés ici ?
— Ah… C’est donc cela.
— Évidemment. L’humanité ne colonisera l’espace que si elle est capable de s’y reproduire et d’y mettre des enfants au monde. Le conseil de l’exploration spatiale, à qui la gestion des bases lunaires fut confiée, avait d’abord estimé, au vu de notre nature, que la question se résoudrait d’elle-même au bout de quelques années. Et nous avons attendu. Mais nous sommes à présent lassés de patienter, et nous désirons accélérer le processus. Je suis donc chargé de vous transmettre votre nouvelle feuille de route : d’ici la fin de la décade, soit trois ans, un être humain naturellement conçu doit venir au monde sur la Lune.
— Je vois… et vous avez des suggestions sur la méthode ?
— Bien que célibataire, je suppose que vous avez quelques idées sur la question.
— Je ne parlais pas biologie et technique, mais psychologie et sociologie. Tout d’abord, nous ne disposons d’aucun couple marié.
— Je ne vois pas en quoi cela pose problème.
— Laissez-moi terminer. Les ravages du politiquement correct ont régressé sur Terre, mais notre petite communauté est restée… comment dire… un peu coincée. Vous ne trouverez guère de lunaire masculin désireux de conter fleurette à un membre du personnel féminin. Cela implique trop de risques de scandale et de fin de carrière brutale, un évènement impensable pour ceux qui ont tant sacrifié pour arriver ici… En fait, je crains que vous ne dénichiez même pas de sélène mâle prêt à accepter des avances de la part du sexe opposé.
— Hum… Je suppose qu’on peut y remédier.
— J’entendrai avec intérêt toute suggestion. Par ailleurs, notre main-d’œuvre est hautement qualifiée et pleinement occupée. Les candidats à un poste sur la Lune possèdent au moins deux diplômes universitaires, ont mené sur Terre une carrière fulgurante, mais bien remplie, et suivi un entraînement intensif avant de nous rejoindre. Résultat, l’âge de nos arrivants excède quarante ans, ce qui n’est pas vraiment optimal pour la conception chez une femme. Ils sont de plus accoutumés à vivre en solitaire, et la plupart des lunaires effectuent leurs douze heures de travail quotidiennes, sept jours sur sept, ce qui laisse peu de temps pour les distractions. Vous comprendrez que notre existence a plutôt une connotation monacale, peu idéale pour votre projet. Au fait, pourquoi cette date butoir de trois ans ? Serait-ce parce que le Secrétaire Général désire se représenter ?
— C’est une coïncidence, sans plus. Je vous ai transmis le message de la direction. Je vous charge de définir un plan d’action et de nous le soumettre dans moins d’un mois.
John Tagliota retourna le projet dans sa tête pendant une semaine. Il revit les dossiers de la centaine de femmes résidant sur la Lune, et conclut qu’aucune ne convenait. Une vingtaine aurait pu jouer le rôle attendu, mais elles occupaient toutes des postes clés qu’il ne pouvait laisser vacants. D’ailleurs, rien ne disait qu’elles auraient accepté ni même trouvé un partenaire masculin. Tous les sélènes avaient fait passer leur carrière loin devant leur vie sentimentale et familiale, et il pressentait qu’ils refuseraient de s’engager dans une relation matrimoniale. La conclusion s’imposait donc d’elle-même : cette mission devrait être confiée à de nouveaux arrivants, sélectionnés dans ce but. Il contacta Rohit Singh qui était retourné sur Terre, et lui proposa son plan lors d’une visioconférence. Son interlocuteur le laissa parler sans l’interrompre, et resta ensuite silencieux, bien plus longtemps que l’intervalle de deux secondes typique des conversations Terre-Lune, avant de répondre :
— Est-ce là un exemple de ce fameux humour sélène ?
— Non, pas du tout.
— Vous envisagez donc sérieusement de créer une émission de téléréalité sur le thème : « Trouvez l’âme sœur, mariez-vous et mettez un enfant au monde sur la Lune » ?
— On peut le résumer comme cela.
— Avez-vous déjà vu les participants à de telles émissions ?
— Oui. Ils sont choisis sur la base de profils définis par les réalisateurs, lesquels recherchent des personnes assez exubérantes, passant bien à l’écran et dont la rencontre promet des situations détonantes. Il va de soi que notre casting sera un peu différent.
— Qu’avez-vous en tête ?
— Eh bien, si le but est de faire naître et se développer une première génération sur la Lune, il me semble que nous devrons tout d’abord nous assurer de certaines qualités biologiques, dont l’absence de maladies génétiques, la fertilité et l’envie de procréer. Nous devrons par ailleurs garantir un avenir aux parents des enfants à venir. Nous sélectionnerons donc des personnes disposant de formations qui les rendent utiles sur place.
— Le mot « sélection » est mal vu de nos jours. On vous accusera de ne laisser participer qu’une élite, de prôner la discrimination, voire l’eugénisme.
— C’est possible. Vous pourrez toujours faire remarquer qu’on ne rencontre ni ingénieur ni docteur en physique dans les émissions de téléréalité terriennes actuelles.
Le fonctionnaire des Nations Unies resta à nouveau silencieux un bon moment avant de répondre :
— Je ne vous cacherai pas que j’espérais vous voir me proposer une solution plus rapide et discrète. Quelque chose d’informel, d’accidentel.
— Cela ne se peut. Considérez qu’une grossesse peut déjà poser problème dans notre environnement naturel. Nous ne savons rien de ce qui se passera sur notre satellite, à commencer par les effets de la pesanteur réduite sur le développement d’un être humain. Les souris et les rats de laboratoire se reproduisent sans difficulté, mais cela n’implique pas qu’il en sera de même pour nous. Nous devrons donc surveiller avec attention in vivo toutes les phases de croissance des embryons, ce qui nécessite du matériel spécialisé et sophistiqué. Je n’accepterai de superviser un tel projet que si la base dispose d’une clinique obstétrique supérieure à tout ce qui existe sur Terre, servie par du personnel hautement qualifié. Et une fois les enfants mis au monde, nous devrons les confier à une nurserie, puis à une école. Qu’en pensez-vous ?
— Vous avez dit « les enfants » ?
— Oui. Évidemment ! Le développement normal d’une génération suppose des interactions entre bambins du même âge de façon à ce qu’ils apprennent la vie en communauté. Vous ne voudriez pas qu’un malheureux bébé se retrouve à grandir tout seul, entouré uniquement d’adultes ?
— Oui… présenté comme cela, cela semble logique. Mais nous avions plutôt en tête une preuve de faisabilité avant de passer à grande échelle.
— Sans vouloir vous offenser, j’ai l’impression que vous imaginiez une sorte de bricolage intime improvisé. J’estime que les risques s’avéreraient trop importants.
— Bien. Je vais faire part de vos suggestions au Secrétaire Général. Nous verrons quelle sera sa réaction.
— Je vous envoie de mon côté un plan détaillé avec un budget explicitant les investissements et les frais de fonctionnement du projet.
Trois semaines s’écoulèrent avant que Rohit Singh recontacte John Tagliota. Il semblait de mauvaise humeur et attaqua directement le sujet qui l’agaçait.
— Vos demandes m’apparaissent invraisemblables. Je peux à la rigueur comprendre la construction d’un hôtel et d’une clinique gynécologique et pédiatrique avec nurserie, mais quel besoin avez-vous d’un centre de loisirs avec piscine et bar ?
— Cela me paraît constituer un décor incontournable dans les émissions de téléréalité. D’ailleurs, les royalties payées pour la diffusion des images devraient couvrir cette dépense.
— Et la jungle artificielle d’un kilomètre sur trois ?
— Cela fait également partie de la mise en scène. Vous observerez qu’elle est attenante au café avec terrasse. Par ailleurs, j’estime le contact avec une nature vierge nécessaire au développement harmonieux des enfants.
— Et je suppose que cela n’a rien à voir avec les demandes réitérées de la Professeur Lasky qui exigeait depuis cinq ans de disposer d’un tel espace pour ses recherches ?
— Maintenant que vous me le faites remarquer, je dénote en effet une certaine similitude entre les deux projets. Une coïncidence, tout au plus.
La discussion se poursuivit pendant une heure sur un ton acrimonieux chez l’un et ironique chez l’autre. Lorsque la communication fut finalement interrompue d’un commun accord, le directeur de la base sourit. Son interlocuteur s’était plaint sur divers registres, mais n’avait à aucun moment refusé quelque dépense que ce soit. Il reçut au bout de deux jours un budget approuvé revu à la baisse, mais sans coupe dramatique. En fait, il estima qu’il disposait encore d’une marge de manœuvre correcte.
Les travaux commencèrent six mois plus tard. Une noria de vaisseaux robots amena les matériaux qui ne pouvaient être produits sur place, ainsi que des androïdes ouvriers qui se mirent à l’œuvre. En parallèle, le Secrétaire Général des Nations Unies annonça son projet qu’il présenta comme une avancée sans précédent pour l’humanité, et le recrutement des candidats au jeu de téléréalité et à l’immigration sélène débuta dans un grand show médiatique.
L’hôtel avec sa piscine et son bar furent développés comme des extensions de la partie de la base ayant vue sur la Terre. La jungle, pour des raisons pratiques, fut enterrée sous la surface lunaire et éclairée par des lampes alimentées par l’énergie solaire, mais l’architecte qui conçut l’ensemble s’arrangea pour qu’une personne installée sur la terrasse du bar ait à la fois vue sur la planète bleue flottant dans l’espace sidéral, et sur le moutonnement vert de la forêt tropicale en contrebas.
La clinique gynécologique, la nurserie et l’école furent bâties sur la face obscure de notre satellite, là où se trouvait la base exploitant la mine de glace et supportant l’observatoire. Une ligne hyperloop fut construite entre les deux sites afin de faciliter les déplacements.
Un peu moins de deux ans après la première visite de Rohit Singh, tout était prêt pour accueillir les trente candidats recrutés pour le projet « Amours sélènes », et l’émission démarra. De multiples caméras filmaient sous tous les angles les interactions des concurrents, et une nouvelle célébrité issue du monde des arts ou de la politique participait quotidiennement au spectacle. Ces personnalités ne se faisaient pas prier, ayant vite réalisé qu’une photo prise sur la terrasse augmentait sensiblement leur niveau de notoriété, si pas de popularité.
Les quinze hommes et quinze femmes recrutés au terme d’une sélection draconienne effectuée aux quatre coins du globe répondaient à nombre d’exigences : jeunes, autour de la trentaine, en excellente santé, beaux, intelligents, surdiplômés, et tous désireux de remplir au mieux leur contrat. Le premier couple réunissant la Hollandaise Johanna et le Chinois Bao se forma dès le troisième jour, et au bout d’une quinzaine tous les nouveaux venus avaient appris à se connaître et formé des duos amoureux. Les réalisateurs du show ne reculèrent devant rien pour créer une ambiance propice, organisant des divertissements et des fêtes extravagantes, et mettant à la disposition des participants nombre d’espaces discrets où ils pouvaient se retrouver dans l’intimité. Johanna et Bao conservèrent leur avance et la jeune femme annonça après cinq semaines qu’elle était enceinte, ce que confirma la clinique gynécologique. Jamais grossesse ne fut à ce point suivie par les médias.
John Tagliota, une fois la partie édification du projet terminée, ne s’y était plus impliqué directement et avait laissé les réalisateurs mener le jeu comme ils l’entendaient, se contentant d’intervenir pour limiter les risques techniques, ainsi que les atteintes possibles à l’image de la colonie. Ce dernier point lui tenait fort à cœur, car il éprouvait comme un attachement patriotique pour le complexe de bases lunaires. Une bonne part de son travail consista à museler une certaine grogne émanant des scientifiques et techniciens qui géraient le fonctionnement de la base. Plusieurs s’offusquèrent de l’attention que recevaient les nouveaux venus dont la seule activité semblait être de participer à une fête perpétuelle. Ils estimaient que leurs métiers étaient insuffisamment médiatisés et valorisés et furent entendus. John demanda aux représentants des médias de réaliser des documentaires mettant en valeur les occupations journalières des chercheurs, des mineurs et des équipes de maintenance lunaires, et obtint ce qu’il désirait sans devoir trop insister.
Il fut profondément ému par l’annonce de la grossesse de Johanna, et suivit avec intérêt toutes les émissions contant par le menu l’évolution de son fœtus et celle de sa santé. Après la Hollandaise, douze autres femmes tombèrent enceintes, et l’Indienne Abilasha attira particulièrement l’attention, car elle portait des jumeaux. Le temps de la gestation humaine s’écoula, mais par un caprice du sort, Johanna ne fut pas la première à mettre un enfant au monde sur notre satellite naturel. Ce rôle revint à la Brésilienne Isabella qui accoucha d’un petit Joao après huit mois de grossesse. Le prématuré, objet de tous les soins dans la clinique la plus experte jamais constituée, se développa sans problème notoire. D’autres bébés naquirent dans les semaines qui suivirent, tous en bonne santé. Toutes les mères reçurent des félicitations du Secrétaire Général des Nations Unies, transmises par téléconférence, ce qui permit à ce politicien roublard d’apparaître à plusieurs reprises sur l’ensemble des moyens de communication planétaires. L’excitation médiatique générée par le projet, après un pic correspondant à la venue au monde de Joao, filmée en direct, se calma peu à peu. D’autres sujets plus terre à terre s’affichèrent sur les écrans que consultaient dix milliards de terriens. Les parents prirent soin de leur progéniture pendant quelques mois, puis confièrent les enfants à la nurserie durant leurs journées de travail lorsqu’ils intégrèrent le personnel de la base, occupant les emplois auxquels ils avaient droit par contrat.
Un an après la fin de l’émission, Rohit Singh recontacta John Tagliota. Le terrien avait un peu perdu de vue le sélène, car le Secrétaire Général l’avait employé comme son directeur de campagne informel pendant la période électorale, et son porte-parole dans les mois qui suivirent. L’Indien reprenait à présent ses fonctions antérieures, avec la promesse d’occuper une bonne position lors des prochaines élections auxquelles son patron ne pourrait plus se représenter. De son bureau de New York, il contacta le responsable de la base lunaire.
— Eh bien, toutes mes félicitations, John. Vous avez rempli votre mission avec succès et dans les temps.
— Merci. Je suppose que le Secrétaire Général est satisfait.
— Absolument. Personne n’avait été aussi aisément réélu avant lui, et sa popularité demeure excellente.
— C’est ce que j’entends. J’ai une nouvelle pour vous. Trois de nos chercheuses sont enceintes.
— C’est inattendu.
— Pas tant que cela. Le projet « Amours sélènes » a simplement servi de déclencheur. J’espérais quelque chose de ce genre.
— Vraiment ? Je ne me souvenais pas que vous ayez suivi des études de sociologie ou psychologie.
— Je me suis documenté par moi-même. En tant que dirigeant de la colonie lunaire, c’était indispensable. Nous accueillons avec plaisir ces naissances supplémentaires. Elles confortent notre enracinement sur ce monde hostile. Vous apprendrez sans surprise que nous aurons besoin de crédits additionnels, de matériaux, et de robots pour étendre notre cité afin de faire face à cette situation probablement appelée à se répéter, ainsi que d’un surplus de main-d’œuvre, de préférence féminine, pour remplacer les scientifiques momentanément indisponibles.
— Je crains que rien de tel n’ait été prévu, rétorqua le terrien. Je vous suggère de trouver des solutions moins dispendieuses à ce problème.
— Je n’en ai hélas pas l’envie. Mes administrés manifestent par ailleurs d’autres revendications : des horaires de travail laissant place à une vie personnelle, des lieux de distraction, des salaires plus élevés… Je conçois que cela vous demandera un effort financier conséquent, mais…
— Vous déraisonnez, John ! le coupa l’Indien.
— Vraiment ? Permettez-moi de vous entretenir d’un sujet distinct, mais en rapport avec ces attentes. À votre avis, que se passerait-il si nous cessions de livrer l’hélium 3 à la Terre ? Comment couvririez-vous vos besoins en énergie sans carburant pour les centrales à fusion ?
— Qu’est-ce qui vous prend ? Est-ce du chantage ? Perdez-vous la tête ?
— Ne le croyez pas. Il est temps que la planète mère nous paie à leur juste prix les services que nous lui rendons, car la situation a changé. Grâce à l’émission de téléréalité, Isabella, Johanna, Abilasha et les autres sont devenues des stars sur Terre, et la station lunaire, dont les médias parlaient peu, jouit à présent d’une grande popularité. Les terriens verraient donc d’un très mauvais œil une intervention policière ou militaire destinée à nous mettre au pas. J’estime dès lors que le moment est venu pour nous de « couper le cordon » avec la Terre, si vous me permettez l’expression. Le destin de toute colonie n’est-il pas de devenir un jour un État souverain ? J’ai dans cette optique procédé à une consultation discrète parmi mes compatriotes, et vous avez devant vous le premier gouverneur de l’État lunaire.
— Pardon ?!
— Vous m’avez bien entendu. Nous proclamons ce jour notre indépendance. Voyez-vous, mon cher ami, nous devons dès à présent penser avant tout à nos enfants et à leurs descendants.

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Bernadette Lefebvre · il y a
Quelle vision optimiste de cette colonie lunaire ...vraiment j ai beaucoup apprécié d autant que ma petite fille s appele sélène
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Constantin Louvain · il y a
Bonjour Bernadette, et merci pour votre message. Peut-être votre petite-fille ira-t-elle un jour dans la Lune...
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Claire Dévas · il y a
Hameau bas pour la créativité ! C’est bien la première fois que je trouve un intérêt à une émission de télé réalité :-)
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/a-lombre-de-sa-devotion

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Burak Bakkar · il y a
Bravo Constantin ! Belle plume ! Toutes mes voix !
Je t'invite à lire le mien https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/plus-noir-que-le-noir-2
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Rupello O · il y a
Toujours se méfier des enfants et du désir d'indépendance !
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Chantal Sourire · il y a
Bravo !
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Constantin Louvain · il y a
Merci!
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Aurélien Azam · il y a
Félicitations !
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Constantin Louvain · il y a
Merci Aurélien.
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Denis Marchal · il y a
Et oui à bon entendeur salut! Bien fait! Super histoire très bien menée, mes votes et mon soutien pour la finale. Bonne chance!
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Constantin Louvain · il y a
Merci Denis, et bonne soirée.
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M. Iraje · il y a
À croire que j'étais dans la lune … J'ai failli passer à côté !
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Constantin Louvain · il y a
Merci d'être redescendu sur Terre et d'avoir voté.
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Fred Panassac · il y a
J’apprécie toujours autant ces Sélènes et je renouvelle mes votes !
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Constantin Louvain · il y a
Merci beaucoup, Fred.

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