L'ARBRE ET LA MEMOIRE VIVE
Il y avait cet arbre dans mon village qui semblait puiser des histoires sous terre.
Ses racines étaient comme des lignes de texte invisibles.
Sous ses branches, les vieux racontaient ce que les manuels oublient de mentionner.
Un jour, j'y ai apporté un roman.
Une femme a souri en m'entendant lire, puis elle m'a décrit une rivière qui avait disparu.
On a échangé nos mondes : sa mémoire contre mes lettres.
Ses racines étaient comme des lignes de texte invisibles.
Sous ses branches, les vieux racontaient ce que les manuels oublient de mentionner.
Un jour, j'y ai apporté un roman.
Une femme a souri en m'entendant lire, puis elle m'a décrit une rivière qui avait disparu.
On a échangé nos mondes : sa mémoire contre mes lettres.
L'arbre est devenu une sorte de bibliothèque vivante.
J'ai pensé à nos langues nationales et à tous ces mots qui s'évaporent quand on ne les utilise plus.
Mais attention, préserver ne veut pas dire s'enfermer dans le passé.
Une culture qui vit doit savoir évoluer.
J'écris pour ajouter des pages, pas pour raturer les anciennes.
J'y mets les rêves de ma génération et nos quartiers.
J'écris pour ajouter des pages, pas pour raturer les anciennes.
J'y mets les rêves de ma génération et nos quartiers.
Peut-être qu'un jour, un autre gosse lira mes textes sous cet arbre.
Il y verra quelque chose que je n'avais pas saisi moi-même.
On n'est jamais vraiment oublié tant qu'on laisse une racine pour que les autres aillent plus loin.
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