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Un silence brisé

Kadiatou Bangoura

Il était une fois, dans la ville de Conakry, vivait une jeune fille appelée Saran.
Saran n'avait que 15 ans, elle était une fille obéissante, gentille, intelligente qui étudiait à l'école primaire de Yimbaya. Saran était très aimée par son entourage car elle aidait tout le monde sans distinction.
 
Son rêve était clair : sortir ses parents de la misère.
 
À l'école, Saran était calme, elle répondait toujours aux questions posées par la maitresse.
Saran avait une lumière dans les yeux.
 
Depuis quelques jours, cette lumière s'est éteinte. Tout a commencé un samedi.
Sa maman était partie au marché, son père était au travail. Un homme que sa famille connaissait très bien et en qui tout le monde avait confiance est passé à la maison.
Un homme que Saran appelait tonton.
Il a profité de l'absence des parents de Saran pour faire quelque chose que Saran n'a jamais voulu, quelque chose de grave.
 
Le lendemain, la maitresse appela la mère de Saran pour lui expliquer la situation de Saran. La maitresse dit : « Je vous appelle pour l'aider mais pas pour la gronder. » La maman de Saran comprit et pleura. Elle la serra dans ses bras et dit : « Pardonne-moi ma fille de ne pas avoir vu, je te crois, on va se battre ensemble. »
 
Elles sont allées voir la directrice pour lui expliquer. Le plus important n'était pas la punition de l'agresseur. Le plus important était qui Saran avait retrouvé sa voix.
 
Un mois plus tard, Saran était revenue en classe. Elle n'était pas la Saran d'avant qui riait fort, mais elle levait de nouveau la main.
À la fin du cours, elle est allée voir la maitresse et dit : « Merci madame. »
La maitresse sourit.
La lumière de Saran commençait à revenir.
 
***
 
Le silence protège l'agresseur, la parole libère la victime.
Dédié à toutes les filles qui gardent un silence qui fait mal. Votre corps vous appartient. Parler n'est pas une honte, c'est un courage.
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