On m'a demandé ce que je veux faire pour contribuer au développement de la Guinée.
Moi, j'ai choisi l'ingénierie minière.
Et je vais vous dire pourquoi, comme une vraie Guinéenne.
Quand je regarde mon pays, je vois une injustice. La Guinée, c'est le pays le plus riche du monde sous la terre. À Boké, on a toute la bauxite du monde. À Simandou, on a la plus grande montagne de fer du monde entier qui vient de chez nous.
Mais quand je regarde au-dessus de la terre... je vois des jeunes sans travail, des routes cassées, des écoles sans tables.
Pourquoi ? Parce qu'on ne fait que creuser et vendre. On vend notre bauxite 50 dollars la tonne, brute. Les étrangers la transforment chez eux et la revendent 3 000 dollars. Ils gagnent 60 fois plus que nous, avec notre propre richesse.
Ce n'est pas normal.
Alors moi, j'ai compris : le problème, ce n'est pas la richesse. C'est qu'on n'a pas d'ingénieurs guinéens pour la transformation.
C'est pour ça que j'ai choisi ce métier.
Moi, je ne veux pas être celle qui regarde les camions quitter Boké. Je veux être l'ingénieure qui dit : « Stop, on ne vend plus brut, on transforme ici ». En Guinée. À Boké pour les Guinéens.
Je veux apprendre à transformer la bauxite en aluminium ici même, pour créer des usines, pour donner du travail à mes grands frères, et pour que l'argent reste pour construire nos hôpitaux.
Alors voilà ce que je veux faire.
Je suis en 8e année aujourd'hui, mais demain, je veux être de ceux qui vont construire la Guinée avec leurs propres mains, parce que personne ne va venir développer la Guinée à notre place.
La terre de Guinée... doit d'abord nourrir les enfants de Guinée.
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