Utopia Origins : l'avènement d'une nouvelle ère

Sur les terres d'Utopia régnaient autrefois les esprits des 4 éléments; quatre esprits bienveillants qui se réunissaient tous les deux ans au grand cercle des pierres blanches. 
Tout le peuple pouvait assister au conseil, puis avait le droit, dès l'âge de 22 ans, de voter pour l'esprit qu'ils voulaient voir régner sur les terres du royaumes pour les deux années suivantes. 
Mais, lors du 74ème conseil des pierres blanches, un humain des terres du Sud, cupide et effronté, troubla le conseil en assassinant Orgail, l'esprit des vents et des tempêtes. IL utilisa ensuite ses pouvoirs et son influence naissante pour mener un coup d'état qui le hissa au pouvoir. Il instaura un régime dictatorial et créa sa police: les contrôleurs de cristal.
Lorsque les contrôleurs de cristal sont venus au village pour la première fois, je ne pensais pas qu'ils pouvaient se blesser, et encore moins qu'ils pouvaient mourir. Ceux qui les avaient croisés et qui en avait réchappé disaient qu'ils étaient invincibles, dangereux et invincibles.
L'idée de se rebeller contre eux ne m'avait même jamais traversé l'esprit tant nous étions conditionnés à obéir. C'est pourquoi, lorsqu'ils se pointèrent, je ne fis rien qui pourrait les contrarier. Je fus conduite en compagnie des autres sur la place du village mais là, tout bascula...
On a appris que plus tard qu'ils venaient pour le cordonnier, mais que son frère en avait tué un pour lui permettre de s'échapper. Je n'ai pas vu l'action, seulement leurs corps dans la maison désormais vide. Nous n'avons pas obtenu l'autorisation de les enterrer, car les règles posés par Darius étaient claires : les résistants ne pouvaient pas obtenir de sépulture digne, ils ne pouvaient pas rejoindre leurs ancêtres.
Plusieurs années plus tard, lorsque nous aperçûmes des ombres se détacher de l'horizon, nous avions tout de suite pensé à un nouveau contrôle, un nouvel épisode "cordonnier" et de nouveau une maison vide pendant plusieurs semaines. Plus les ombres se rapprochaient, plus le village était anxieux. Ma mère ne fit même pas attention à moi lorsque je me glissais hors de la maison tant elle était occupée à faire rentrer mes frères et à fermer les volets. Je crois que les 5 minutes pendant lesquelles j'ai couru à leur rencontre furent les 5 meilleures minutes de ma vie ; courir les pieds nus dans les collines, l'herbe vous chatouillant les pieds et la vitesse vous grisant...
Je n'ai jamais connu mieux, cette sensation étrange, où l'on pourrait croire au retour des "Quatre bienveillants". Mais ces 5 minutes eurent une fin.
Après ma course, je me trouvais à moins de 70 pieds d'eux. Je me cachais alors dans des buissons et pris le temps de les détailler à loisir : l'homme du milieu, de stature imposante, portait une sorte de tunique brodée sale et abimée qui lui recouvrait le torse et les jambes et qui masquait son visage, un long gant noir lui montait du poignet jusqu'à l'épaule et une épée -un cimeterre recouvert de ce qui semblait être de la suie- pendait mollement à sa ceinture. Le deuxième m'inspira tout de suite confiance : c'était un jeune homme blond d'à peu près mon âge qui était juché en haut d'un cheval. Il semblait rire d'un rien, s'esclaffant à chaque fois que son géant de compagnon trébuchait. Une chose était certaine ; ils n'étaient pas des sbires de cet enragé de dictateur. 
Si ma mère avait été là, elle m'aurait surement dit: Claire, ce ne sont pas des choses à faire. Mais ma mère n'était pas là à ce moment précis de notre histoire. Or à cet instant, un écureuil vint fureter dans mon buisson, attirant l'attention du grand bizarre qui dégaina alors sa lame et taillada les buissons à grands coups. Au moment même où l'un de ses amples mouvements allait me transformer en hachis, je suis sortie de ma cachette. Le géant à l'épée en eut une extinction de voix tandis que le blond  éclata de rire devant la mine surprise de son camarade : 
"Que fais tu là petite ? 
_Je crois que je suis en train de regarder deux idiots complètements paumés. Et toi que fais tu là étranger aux cheveux blonds ?
_Je parle avec une fille censée être morte... Bon je pourrai continuer comme ça pendant des heures mais si tu avais plutôt l'amabilité de nous conduire à ton village...
_Je vous emmène si vous me racontez d'où vous venez.
_Bien, marché conclu. Tu sais faire un pacte élémentaire ?
_Ma grand mère m'a expliqué donc oui en théorie. Mais selon la loi...
_Ah oui la loi... Pour ce que j'en ai à faire. Répète après moi: par le feu dévorant tout... Par l'eau engloutissant les marins...Par le vent déchaînant la mer...Par la terre provoquant les tremblements...je jure de respecter le serment que j'ai passé !
_Très bien, à mon tour: par le feu dévorant tout...Par l'eau engloutissant les marins... Par le vent déchaînant la mer...Par la terre provoquant les tremblements... Je jure de respecter le serment que j'ai passé !"
J'ai alors serré fermement sa main sous les yeux ébahis de l'encapuchonné qui me regardait alors comme une hallucination, un mirage. J'ai pris la direction du village tout en les bombardant de questions mais je n'appris que le nom du cavalier: Adrian. Une fois qu'était passée la première frayeur, les habitants les accueillirent et ma mère proposa de les héberger pour la nuit. Adrian me promit qu'il me raconterait tout en détail le lendemain. La nuit passa comme dans un rêve et le matin et ses doux rayons de soleil me mirent d'une humeur excellente. Adrian aussi visiblement car il répondit à mes moindres questions dans  les détails et au bout de deux heures de discussion, j'en arrivais à cette conclusion:
"Donc, tu viens de l'Est du royaume, tu as seize ans et tu te diriges au cercle des pierres blanches avec ton meilleur ami d'enfance!
_Oui, mais tu ne sais pas tout, Gajil est le descendant de l'un des "Quatre".
_Ah bon! Mais pourquoi tu ne m'as rien dit plus tôt? C'est le fils de qui?
_Tu le sauras bien assez tôt. En attendant, on repart demain. Tu nous accompagnes?"
Ces mots marquèrent le début de mon histoire.

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