Nouvelles
Nouvelle
4 min
En compétition
Une enquête pour Anne
Lisa et Manon
Comme tous les matins, Anne prenait son petit-déjeuner en regardant les informations : une vieille dame s'était fait manger une de ses poules par un renard (rien de bien intéressant). Une fois son petit déjeuner avalé, elle se rendit au collège Simone de Beauvoir où elle y travaillait comme femme de ménage. Elle passa les portes de l'établissement et se rendit dans un petit local délabré pour revêtir une blouse de travail et enfiler des gants. Elle commença par préparer les toilettes puis elle ouvrit les fenêtres des classes pour les aérer. Depuis qu'elle travaillait ici, elle retrouvait des petits papiers que les élèves se passaient en cours, de ce fait, elle les connaissait comme si elle leur parlait régulièrement. Elle rangeait tous ces petits papiers dans une boite en fer. Elle passa un dernier coup de balai dans les couloirs, puis, fatiguée, elle retourna au local et prit un café bien mérité pendant l'arrivée des enfants.
À la récréation, Anne passa dans les classes pour les nettoyer. Arrivée dans la salle de maths de Mme Rouger, elle trouva Léa, une élève de sixième qu'elle appréciait beaucoup, elle était en train de ramasser ses affaires, éparpillées sur le sol. Elle l'aida à les ramasser et vit des larmes couler sur son visage. Anne lui demanda ce qu'elle avait et elle lui répondit :
— Maxime m'a accusé d'avoir tagué des insultes sur le mur du collège mais je n'ai rien fait et maintenant je vais avoir des problèmes !!!
— Oh ma pauvre, répondit Anne pleine de tendresse, moi je te crois, je te promets de t'innocenter et je pense que j'ai déjà une piste !
Léa la remercia puis elle partit en sanglotant.
Anne ne lui avait pas menti, elle avait une idée de qui aurait pu faire le coup : depuis toujours Maxime détestait Léa (allez savoir pourquoi) et il était l'un des plus grands admirateurs de Tristan, la plus grosse brute du collège. Anne savait tout cela grâce aux fameux petits mots qu'elle retrouvait souvent sur le sol. Distraite, elle se remit au travail. Quand la sonnerie retentit, elle venait juste de sortir de la salle de français de M. Fontaine où elle avait trouvé un petit papier qui pourrait l'aider dans son enquête. Celui-ci était chiffonné :
Tristan,
J'ai une info qui pourrait te plaire :
J'ai réussi à faire accuser Léa, RDV à l'endroit habituel ce midi
Maxime
Anne se sentit pousser des ailes de courage, il lui fallait juste trouver le fameux endroit dont Maxime parlait dans son mot. Mais en attendant, elle devait passer le balai dans les couloirs qui étaient recouverts de traces de boue que les élèves avaient laissées derrière eux. Son enquête prenait tant de place dans son esprit qu'elle fit son travail à moitié. La sonnerie retentit et elle retourna au local, le cerveau embrouillé.
Elle resta une bonne trentaine de minutes assise sur un seau retourné en réfléchissant. Elle eut alors une idée et, se demandant pourquoi elle n'y avait pas pensé plus tôt, elle prit la fameuse boîte en fer et en sortit tous les petits papiers. Elle mit de côté ceux que s'étaient échangés Maxime et Tristan et rangea les autres. Elle les lut tous un par un et finit par trouver celui qu'elle cherchait :
Maxime,
changement de point de rendez-vous :
L'ancienne salle d'allemand
(elle peut être changée que si elle est découverte)
Tristan (the boss)
Il ne lui restait plus qu'un quart d'heure avant que la sonnerie retentisse pour annoncer la pause du midi. Anne se précipita alors à l'ancienne salle d'allemand et y découvrit, caché sous un bureau, des plans du collège et des bombes de peinture. Sur l'un des plans, le mur qui avait été tagué était entouré en rouge et un petit point nommé Tristan était placé juste devant. Un autre point nommé Maxime se tenait dans un angle (sûrement pour faire le guet). Toute excitée, elle courut alors au bureau de la principale avec tous les indices dans ses bras. La directrice mit du temps à comprendre mais elle finit par la suivre. Une fois arrivées au bout du couloir où était située la salle d'allemand, elles entendirent des voix émanant de la salle en question :
— Maxime, tu peux m'expliquer pourquoi les bombes de tags ne sont plus là ?! Et les plans !? Je suis sûr que quelqu'un est au courant !!!
— Mais... Mais... Mais Tristan, j'ai rien fait moi !
— Bah justement, ils vont savoir que c'est moi qui ai fait les tags et que Léa est innocente !
— Mais nous sommes déjà au courant Tristan !
Cette fois c'était la voix de la principale qui avait retenti. Le silence se fit alors dans le couloir et ce fut Tristan qui vint le briser :
— Vous n'avez aucune preuve !!!
— Mais alors, que faisaient toutes ces bombes de peinture et ces plans dans votre « repère » ? lança Anne.
— Qui d'ailleurs est interdit d'accès, reprit la directrice
Ne sachant plus quoi dire, Tristan baissa la tête. Maxime fit de même et tous deux poussèrent un long soupir de soumission.
— Mais, madame, qu'est-ce qui va nous arriver à Tristan et moi maintenant ?
— Je vais convoquer vos parents et nous déciderons ensemble des mesures à prendre, Maxime, mais, si ça peut vous rassurer, je peux vous donner une heure de colle chacun dès maintenant ! Anne, vous pouvez disposer et merci encore pour toute l'aide que vous nous avez apportée, ajouta la principale.
Durant cette discussion, la sonnerie avait retenti, annonçant la pause du midi. Tristan et Maxime repartirent manger et la directrice s'en alla dans son bureau. Anne décida alors de retourner voir Léa. Elle se trouvait dans la cour, appuyée contre un mur du collège, elle discutait avec des amis.
Anne lui expliqua tout ce qui c'était passé sans oublier le moindre détail. La sonnerie la coupa à la fin de son récit et, après l'avoir remerciée, Léa repartit en cours.
Le reste de la journée se passa sans accrocs pour Anne et le temps de rentrer chez elle fut venu. Anne se sentait bien, elle avait innocenté une élève et avait dévoilé la vérité au grand jour. Une fois bien installée dans son canapé, elle se mit un film et commença à dévorer un pot de pop-corn. Épuisée, elle s'endormit dès les 10 premières minutes, des rêves pleins la tête.