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Un Loup-garou dans le métro

En raison du manque cruel de dragons dans la vraie vie, JJ. Joron se passionne dès l’école primaire pour l’écriture de fiction, et n’a cessé d’écrire depuis.
Chaque matin, l'odeur de gras et de friture envahit l'avenue. Derrière son stand, Huan Zhao retourne des saucisses. Une file d'habitués se presse déjà devant lui.
 
Certains passants ricanent. Pleins de préjugés racistes, ils trouvent comique qu'un Asiatique tienne un stand de hot-dogs.
 
Huan s'amuse lui aussi de la situation, mais non pas à cause de ses origines. Lui, il trouve hilarant qu'un loup-garou comme lui tienne un stand de hot-dogs. Car « hot-dog » signifie littéralement « chiens chauds ».
 
Il était devenu loup-garou pendant le lycée. Il était allé camper dans les bois avec des amis. Après quelques bières, Huan était parti faire pipi, plus loin dans les bois. Et bam ! Il avait été mordu par un loup-garou !
 
Les traitements qu'il avait suivis se sont rapidement montrés inefficaces. Gérer le lycée, la puberté et la transformation en loup-garou s'était avéré difficile.
Après le lycée, Huan a décidé de devenir vendeur de hot-dogs. Pour la blague.
 
***
 
À son stand de hot-dogs, Huan enchaîne les clients. Un client se présente devant lui et il lui demande :
— Un hot-dog et des frites, s'il vous plait.
— Quelle sauce dans votre hot-dog ?
Le client prend un instant pour réfléchir.
— Heu... je prendrai la sauce spéciale.
— Un hot-dog sauce spéciale et des frites ! C'est parti ! s'exclame Huan.
Il fait sauter une saucisse et attrape le tube de sauce. Mais en le pressant, rien ne sort.
— Oh, non ! Il est vide ! s'écrie-t-il.
— Quoi ? Oh, c'est pas grave. Mettez-moi du ketchup à la place, ça ira ! fit le client.
Mais pour Huan Zhao, si, c'est grave de ne plus avoir de sauce spéciale. Il doit désormais s'aventurer sur le territoire des sorcières pour refaire son stock.
 
***
 
Comme tous les loups-garous, Huan a un odorat très développé. En entrant dans la station de métro, il sent des odeurs de sueur et d'urine. Pour ne plus les sentir, il remonte son foulard sur son nez. D'autant plus que ces odeurs réveillent son instinct canin et l'incitent à marquer à son tour son territoire.
 
Quand le métro arrive et que la foule se presse pour entrer, Huan en profite. Il longe le métro et saute sur la voie ferrée. Il a trois minutes avant l'arrivée du prochain train pour rejoindre la station fantôme. Il doit se dépêcher.
 
La station fantôme apparait rapidement devant lui. Les néons de la station brillent d'une lumière glauque. D'un bond, Huan grimpe sur le quai. Il n'a pas longtemps à attendre avant l'arrivée du métro.
 
Ce métro n'est pas comme les autres. C'est une créature mi-bête, mi-train. Elle entre sur la voie et s'arrête au bord du quai. Les portes s'ouvrent sur un homme pâle au chapeau haut de forme. Il demande :
— Vous désirez vous rendre... ?
— Aux Marais Maudits, s'il vous plait ! annonce Huan.
— Je dois vous prévenir qu'il y a de l'orage, là-bas, dit l'homme. Du tonnerre à réveiller les morts !
Huan acquiesce. Super, se dit-il... il allait encore sentir le chien mouillé pendant des jours. Et il monte dans le métro.
 
***
 
En arrivant aux Marais Maudits, il fait en effet un temps épouvantable. Des éclairs déchirent le ciel noir. Une lourde pluie frappe le sol déjà trempé. On n'y voit presque rien : on peut à peine distinguer la ville au loin.
 
Huan sort son parapluie et se met en route. Il reste vigilant. Il n'est pas rare qu'un monstre s'échappe de ces marais alentours pour s'en prendre aux voyageurs.
 
Ce n'est cependant pas un monstre qui prit Huan par surprise mais bien la foudre. Elle s'abat soudainement à quelques mètres de lui.
— Awoo ! Awoo ! aboie-t-il par réflexe, avant de plaquer ses deux mains sur sa bouche.
Ce genre de tic avait failli lui coûter une expulsion de son appartement. Le gardien d'immeuble était convaincu qu'Huan cachait un chien chez lui.
— Et si j'achetais un collier anti-aboiement ? se dit-il tout haut.
 
À sa gauche, un bras surgit de terre, réveillé par la foudre. Huan accélère le pas.
 
Mais, derrière lui, le zombie l'interpelle :
— Hey, toi ! Ouais, toi, là ! Pourquoi tu cours ?
Huan l'ignore et continue sa route. Hélas, le mort-vivant et deux de ses acolytes le rattrapent. L'un d'eux n'est plus qu'un squelette sans chair. Il dit à Huan :
— Tu vas où comme ça ? T'es pressé ?
— Il va chez sa mémé, ça se trouve ! répond le premier zombie.
— Donne-nous ton cerveau et on te laisse passer ! lance le troisième.
 
Il regarde le zombie sans chair. Il a des os si blancs, si... appétissants.
 
— File ton cerveau, t'entends ? répète le troisième zombie.
— On te laisse ton parapluie moche si tu nous donnes ton cerveau, renchérit le squelettique.
 
C'en est trop pour Huan. Son dos se cambre brusquement. Ses vêtements se déchirent, laissant place à des muscles gonflés et poilus. Sa bouche se déforme, ses dents se changent en crocs.
 
— Woh ! Frère, t'énerve pas ! C'était pour déconner ! s'écrie le premier zombie.
 
Huan pousse un hurlement et se jette sur ses assaillants.
 
***
 
Plus tard, au cœur des Marais Maudits, une sorcière ouvre sa porte à Huan. Elle l'observe de la tête aux pieds, un sourcil relevé :
— On peut savoir pourquoi tu es nu ?
Huan crache l'os qu'il a dans la bouche et se cache un peu plus derrière son parapluie :
— J'ai eu quelques problèmes en chemin. J'ai rencontré des zombies...
La sorcière lève les yeux au ciel :
— J'imagine que si tu es là, c'est parce que...
— Oui, je n'ai plus de sauce spéciale pour mes hot-dogs, admet-il, embarrassé.
La sorcière soupire et lui fait signe d'entrer.
— Sérieux Huan, va vraiment falloir que tu apprennes à monter une mayonnaise.
 
 
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Cette œuvre est une adaptation de la nouvelle The Hot Dog de JJ. Joron.

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