Paul était un homme grand, musclé et calme, tel une montagne. Ses chaussures marron s'avançaient sur le sol de pierre du chalet abandonné. L'humidité et la moisissure lui sautèrent au nez. Il essaya de maîtriser le séisme de ses émotions, mais n'arrivait pas à empêcher les tremblements de ses mains. Il paniquait devant l'effrayant champ des possibles.
Les vents sifflaient à travers les fenêtres brisées. Soudain, la porte claqua brutalement derrière lui. L'atmosphère de la pièce déclencha une tempête d'angoisse. Il commença à manquer d'oxygène. Paul respira trois fois profondément pour reprendre son souffle et pour vider les nuages de son esprit.
Apaisé, il s'approcha du lit où il remarqua un tissu bleu délavé. Il s'en saisit des deux mains et constata que le lainage était froid et trempé par la pluie. Il se sentit insipide et transparent. Un océan de tristesse se déversa sur ses joues incolores.
La lampe à huile étincelait sur la cheminée. Paul alluma une petite flamme rouge, qui pris de l'enthousiasme avec le temps. Le feu s'activa et dégagea une ardente fumée noire. Il n'y voyait plus rien. Le cœur de l'homme s'enflamma, il avait un brasier en lui qu'il était incapable d'arrêter. Il n'en pouvait plus, il brûlait d'impatience de rentrer chez lui.