Némésis

Toute histoire commence un jour, quelque part et la mienne prend racine dans la guerre et le sang. Mon pays n'a jamais connu une paix durable mais centrafricaine dans l'âme je suis,et centrafricaine je resterai. La vue du sang ne provoque plus en moi cet inéfâme frisson glacial. J'ai connu pire et tel un vampire je m'abreuve de ce rarissime liquide vermeil. J'aime le voir couler, et encore plus lorsque c'est moi qui le fait fluer. Il aiguise ma soif de vengeance et je ne vis que par lui. Je suis une meurtrière. Oui, et je l'assume pleinement. Je n'ai pas honte de moi car je peux maintenant me regarder dans la glace et dire :ma vie a enfin un sens.
Mon pays loin d'être un havre de paix, est un champ de guerre. Les cadavres y pullulent de jours comme de nuits.Je tue aussi mais pas pour les mêmes raisons que mes compatriotes. Moi je purifie la terre d'une race vile et méprisable. Je rends service à l'humanité. Beaucoup s'offusqueraient de voir tant de barbarie en un être si bien fait. Mais qu'est ce que j'y peux?Je ne suis qu'un spécimen né de l'expérience qu'ont fait les hommes de la guerre. Toute expérience ratée donne un résultat médiocre. Mais moi je suis l'exception qui confirme la règle. Je suis la perfection. Vous me trouverez sans doute prétentieuse mais cela ne me préoccupe guère. Pour imposer le respect,il faut parfois faire preuve d'orgueil. Et avec certitude je vous le dis, j'en ai à revendre.
Je tue bien souvent par plaisir mais cela concoure tout de même au bien être de la gent humaine. Je la débarasse de toute cette vermine qui sème le chaos et le désespoir dans le cœur de jeunes jouvencelles. Ces excréments de la terre qui ne se gènent point à détruire des vies! La guerre m'a donné naissance mais ce n'est pas pour autant que je la cautionne.
Mon histoire elle est triste. Elle est faite de larmes et de sang. Elle a fait de moi un monstre qui se baigne dans le sang. Je suis devenue une sangsue qui aspire l'âme de ses semblables.
Vous diriez sans doute que je n'ai pas de cœur mais sachez pour votre gouverne que cette âme aujourd'hui damnée par le meurtre de tous ces chiens a une fois été capable d'amour.
Le 21 Décembre 2010 j'avais dix huit ans. Pour la première fois je vibrais au rythme de la musique endiablée de Cupidon. Je n'ai pas connu cette adolescence si mouvementée où les jeux d'enfants se mêlent aux premiers jeux de l'amour. Je n'ai pas connu ces péchés charnels que l'on commet sous la coupole d'une chose que l'on appelle "hormone".
J'étais sage et je chérisssais tendrement mon précieux diamant. Diamant qui de nos jours se fait rare et qui un jour, aurait rendu fière une famille pour qui je représentais l'espoir. Cette pierre précieuse représentait ma dignitê de femme et pour rien au monde je ne m'en serai débarrasée aussi facilement. Je ne l'aurai troquer ni contre de l'or et de l'argent et encore moins contre un moment enflammé dans les bras d'un fougueux prétendant pour lequel mon cœur s'incline. Mais malgré cette vision assez conservatrice des choses,j'aimais Miguel. Il était beau et adulé de toutes les petites peronnelles du quartier . Mais ce bourreau des cœurs n'avait d'yeux que pour moi. Chaque soir je m'évadais de cette petite prison qui me servait de maison afin de retrouver mon tendre et sulfureux amoureux. Mais rassurez vous, il ne se passait jamais rien. L'on ne franchissait guère les barrières édifiées par les saintes écritures. Miguel et moi bavardions durant des heures. Lorsque le moment des adieux survenait, il m'embrassait avec fougue puis me donnait rendez vous au lendemain.
C'est ainsi qu'un soir, je sortis à l'insu de tous. Je retrouvai Miguel dans une ruelle assez sombre. J'avais peur mais il était là et à ses côté je ne craignais rien. Cependant, mon amoureux semblait ailleurs. Lui d'ordinaire d'humeurur si enjouée,se montra d'un calme effrayant. Il était froid et distant.
-Qu'as tu? Lui demandai-je?
-Rien. Juste quelques soucis familiaux. M'aimes tu? Me demanda t-il?
-Je ne rêve que d'une chose, me réveiller chaque jour à tes côtés.
Miguel baissa la tête et je vis une larme perlée sa joue.Milles et une pensées me traversèrent l'esprit. Que se passait-il donc? Miguel m'avait-il remplacé?
-Je t'aime aussi Jenna. Je t'aime mais hélas je n'ai pas le choix. Je dois le faire mais j'espère qu'un jour tu me pardonneras, que tu pardonneras cette lâcheté.
-Arrêtes de me torturer! Lui criai-je. Dis moi plutôt ce qui ne va pas.
À peines eus-je finis que je vis des hommes armés de revolvers et de poignards nous encercler.Ils étaient près d'une dizaine. La peur m'envahit. Dans un élan de désespoir, je voulu m'enfuir mais l'un d'eux me rattrapa et me jeta au sol.
-Tu as fait le bon choix dit l'un d'eux en s'adressant à Miguel. Dans quelques heures tu feras officiellement parti de notre confrérie et tu pourras nous aider à lutter contre tous ces musulmans qui veulent notre peau. Mon cher garçon, soit bénis car tu nous a prouvé ta loyauté en nous livrant cette pétasse. Tu en seras récompensé.
Il entonna une chanson en langue sangô. Les autres lui emboitèrent le pas.
Après son chant aux paroles inaudibles, l'homme se jeta sur moi et déchira mes vêtements. Il puait l'alcool et de sa bouche ne cessait de m'encombrer de baisers. Je me débattue mais cet homme de son puissant corps, m'immobilisa au sol. Je pleurais, criais mais ces bêtes étaient insensibles à mon chagrin.
Avec violence,il me prit ce que j'avais de plus cher,mon précieux joyaux.Je connu à cet instant les affres du désespoir et de la souffrance et c'est à ce moment que je perdis toute mon humanité. Lorsqu'il fini sa sale besogne, un autre membre crasseux et poisseux vint le relayer.
Le regard perdu dans le vide, je pleurai. J'aurai voulu encore crier mais ma voix s'étouffait à chaque vas et vient qu'effectuait l'homme en moi. Je tournai le visage et je vis Miguel. Il pleurait tel un enfant. Je le haïssais.
A tour de rôle, ils me violentèrent et me prirent ce que j'avais de plus cher. Je me sentis sale, souillée. Dès que l'un finissait d'inonder mes entrailles de ce liquide âcre et nauséabond,il donnait une accolade au jeune mécréant et s'en allait l'air visiblement satisfait.
L'un d'eux s'approcha. Tout comme ses prédécesseurs il n'eut pour moi la moindre compassion. Il semblait visiblement heureux de la douleur qu'il m'infligeait. J'étais faible mais une idée me traversa soudain l'esprit. Je promenai ma main tout le long de son corps et atteignis son pantalon qui était abaissé jusqu'à ses genoux.
L'homme, cotôyant le paradis, ne su à quel moment je m'en saisi. Il faisait noir, et mon forfait passa inaperçu.
Les hommes traitent les femmes de sexe faible. J'en ris bien souvent. Sexe faible eux même! Ils ne sont que de petits toutous aux ordres d'une femme qui les mène par le bout du nez.
Armé de sang froid je me mis à étudier à tâton la merveilleuse machine que dans ma main droite je tenais. Soudain, un coup de feu retentit. Je sentis son liquide repugnant me souiller le corps. Il était mort.
Paniqués, les quelques hommes qui attendaient patiemment le moment de me chevaucher prirent la fuite. D'un geste leste, je repoussai le macchabé et je réunis mes dernières forces afin de me lever.
Je vis Miguel, il pleurait. Moi je saignais abondamment. Boitant presque, je me dirigeai vers lui. Il n'eut pas le courage de me regarder. Sans hesiter, je déchargeai le révolvers sur lui.
Et depuis ce jour je ne me lasse de tuer. Recherchée par les milices pour les nombreux meurtres commis, je suis un caméléon qui change tout le temps de couleur.Ils peuvent toujours courir car jamais je.ne me laisserai prendre. J'adore ce jeu de personnalité.Je marque mes victimes d'un N et pour tous je suis devenue Némésis, la déesse de la vengeance. Mythe ou réalité, je sème les cadavres sur mon chemin.
Jenna étais stupide et bonne. Mais Némésis est dotée de tant de génie. Pour attirer mes clients, je me fais passer pour une fille de joie. Les hommes sont si faibles devant le sexe et j'utilise cette faiblesse pour les expédier dans l'au delà. Je n'ai pas honte de le dire, je suis une pétasse. J'ai couché avec tant d'hommes mais je les ai tous tué. Tuer des innocents n'est pas la seule conséquence de la guerre. On a tellement chosifié et marginalisé la femme qu'on se soucie peu de tout ce qui peut lui arriver. Personne n'a eut de pitié pour moi alors je n'en aurai pour personne. J'aime tuer, cela m'insuffle un nouveau souffle et je ne me sens vivre que lorsque j'ôte une vie. Et ce soir je ferai une victime de plus. Le pauvre, il est tombé sous le charme de ce corp.bien taillé. Ces lèvres pulpeuses et ces grands yeux de gazelle. J'use de mon charme, il est mon plus grand atout.
Le soleil commence déja sa grande descente vers l'ouest. Il faut que je m'apprête. Cela me prendra sans doute assez de temps mais bon, le jeu en vaut la chandelle.
On sonne à ma porte je me dépêche d'ouvrir. Ce n'est pas celui que j'attendais qu'importe ! C'est un mec, un chien et il fera passablement l'affaire. Je le laisse entrer. Il s'installe dans mon canapé. Il est grand, beau et à l'air si fort. Je m'approche de lui. Je lui fait du charme. Il fond lorsque ma main caresse son torse. Je l'embrasse. Je le sens, il est à ma merci.
Je me lève afin de lui ramener un verre de cognac. Il me suit jusque dans la cuisine et me prend par la taille.
Soudain, je sens sa main me serrer le cou. J'ai à peine le temps de remarquer les petites bottines noires qu'il chausse que je sens une lame me traverser la poitrine. L'homme rit , jubile et sur un ton moqueur me dit:
- Echec et maths.