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N°7 allée des Étoiles

Née à Paris en 1947 j'ai passé la majeure partie de ma vie outremer. De mes nombreux séjours ou voyages, j'ai rapporté les paysages et les héros de mes textes. À La Réunion où je réside maintenant, je suis l'une des fées de l'association Laféladi. On nous invite dans les écoles et les médiathèques pour « dire » nos histoires, mais aussi pour faire écrire les jeunes... et leurs aînés.
La famille de Frédéric vit au numéro 6 de l'allée des Étoiles. Elle habite là depuis toujours. L'endroit est beau et calme. Il est peu habité. Il est loin du centre-ville et des magasins.
 
***
 
Un matin de février, Frédéric voit de la lumière dans la maison du numéro 7. Cette maison était vide avant. Frédéric a un nouveau voisin ! Frédéric le voit marcher dans la maison. Il est beaucoup plus âgé que son papa. Un gros chien blanc et roux suit le vieil homme.
 
Les jours suivants, Frédéric observe ce voisin mystérieux. Le voisin a installé des rideaux aux fenêtres. Il sort peu de chez lui et il reste debout la nuit. Frédéric pense qu'il cache quelque chose.
 
Les parents de Frédéric disent que le nouveau voisin est un « noctambule ».
 
***
 
« Noctambule », quel drôle de mot. Il demande à la maitresse ce que ça veut dire. Elle lui répond :
— Un noctambule, c'est quelqu'un qui vit la nuit.
 
Frédéric demande :
— Comme le hibou ? Comme les fantômes ? Comme le Père Noël ?
 
Soudain, il a une illumination : « Comme le PÈRE NOËL ! Mais oui ! Son voisin a une barbe blanche, comme le Père Noël. Il porte une grande veste rouge, un bonnet rouge, des gants rouges, des bottes rouges et un grand sac rouge, tout comme le Père Noël ! Son voisin est donc... le Père Noël ! »
 
Un jour, son voisin a ouvert les rideaux de sa maison. Par la fenêtre, Frédéric a vu beaucoup de jouets. C'est donc encore une preuve que son voisin est le Père Noël.
 
***
 
Un an s'est écoulé. L'hiver est revenu.
Avec le froid, la neige et... Noël !
 
Frédéric a gardé le secret sur son voisin. Il sort de moins en moins de chez lui. Frédéric imagine qu'il doit être occupé à préparer les cadeaux pour Noël.
 
Pour Frédéric, il est temps de faire sa liste au père Noël.
 
À l'école, les élèves écrivent leur lettre au Père Noël. Frédéric recopie avec soin le modèle donné par la maitresse. Il est très fier du résultat.
Mais soudain, il a une idée : pourquoi envoyer une lettre alors que le Père Noël habite juste à côté ? Il peut aller lui parler directement et choisir ses cadeaux lui-même !
 
***
 
Le soir du 23 décembre, Frédéric attend que ses parents s'endorment. Il descend l'escalier sans bruit. Il ouvre doucement la porte. Il traverse la rue et frappe chez le voisin.
 
Son voisin ouvre sa porte. Il a les yeux rouges et humides. On dirait qu'il a pleuré.
Frédéric entre. Le chien dort près de la cheminée. Les bottes rouges sèchent près du feu. Le grand sac rouge est accroché au mur, mais il est rempli de branches sèches, pas de jouets.
 
— Tu es un petit coquin ! dit son voisin. Je ne t'ai pas invité à entrer.
— Mais il fait très froid dehors, dit Frédéric.
— Oui, c'est pourquoi tu dois être au chaud chez toi, répond son voisin. Que fais-tu dehors la nuit ?
— Je suis venu chercher mes cadeaux, répond Frédéric.
— Tes cadeaux ? dit le voisin surpris. Quels cadeaux ?
— Ben, comme c'est toi, le père Noël, j'ai pensé que tu pouvais me les donner tout de suite..., explique Frédéric.
 
Frédéric récite joyeusement toute sa liste. Son voisin éclate de rire.
 
— Mais qu'est-ce qui te fait croire que je suis le Père Noël ?
Frédéric hésite. Le vieil homme pointe du doigt le chien endormi.
— Le Père Noël a des rennes pour tirer son traîneau, pas des chiens, dit le voisin.
— C'est pas vrai ! répond Frédéric. Il y a des chiens de traîneau ! Et ce chien, il est sûrement aussi fort qu'un renne !
 
Le vieil homme sourit tristement. Frédéric lui rappelle son propre fils décédé il y a plus de dix ans.
 
— Je ne suis pas le Père Noël.
— Mais, j'ai vu plein de jouets là-haut, répond Frédéric.
— Ce sont ceux de mon petit garçon quand il avait ton âge..., répond le voisin. J'ai tout gardé. Et le costume rouge, c'est un déguisement. Pendant des années, j'ai fait le Père Noël dans un grand magasin. J'aimais voir les enfants heureux, alors je l'ai gardé aussi.
 
Frédéric a envie de pleurer.
 
— Alors... je n'aurai pas de cadeau ? s'inquiète Frédéric. Je n'ai pas envoyé de lettre au Père Noël parce que je croyais que c'était toi...
 
Le vieil homme réfléchit un moment en regardant le petit garçon triste, puis dit :
— Ne t'inquiète pas. Je ne suis pas le Père Noël, mais je le connais très bien. Je vais lui transmettre ta liste. Il t'apportera tes cadeaux.
 
***
 
Le 25 décembre, Frédéric trouve plein de cadeaux devant sa maison. Le voisin ne lui a pas menti. Tout excité, Frédéric raconte tout à ses parents. Le regard de sa maman s'éclaire :
— Tu devrais inviter ton nouvel ami pour le repas, propose-t-elle. C'est si triste d'être tout seul pour Noël !


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Cette œuvre est une adaptation de la nouvelle Le Père Noël est mon voisin de Joëlle Brethes.

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