Je suis là. Mais aussi ici. Un souffle dans le néant. Une goutte de sang sur la soie de l'univers. Je suis là. Partout. Mais aussi nulle part. Éclair fugace d'existence. Temporalité brisée et vie qui hurle à s'en déchirer les cordes vocales. Larmes ensanglantées qui coulent de mes yeux invisibles. Je suis là. Une coquille vide. Absence de mouvement. Absence de vie. Je suis là. Lardé de cicatrices toutes différentes. Indélébiles. Noyé dans un torrent destructeur.
Porteur de vie mais aussi d'annihilation.
Je suis là.
Les souvenirs s'effritent entre mes doigts fins.
Mon corps commence à se déchirer. Avec douceur.
Renouveau.
Envol.
Paix.
Je suis l'air qui te permet d'exister.
L'eau qui t'effraie mais qui t'est indispensable.
La chaleur ardente qui t'étouffe mais qui te protège.
Le sol qui supporte ton poids depuis ta naissance.
Je suis là.
Avant. Maintenant. Après.
Je serai toujours là.
Perle de nacre dans un océan de cristal.
Lame brisée, noyée et perdue.
Les regrets coulent de moi dans un ruissellement doux.
Culpabilité. Doute. Abandon.
Je suis là.
Un trou béant s'ouvre sur moi. L'emplacement de mon cœur.
Mon cœur qui a cessé de battre depuis bien trop longtemps.
Mon cœur qui a été trop meurtri, qui a trop souffert.
Mais c'est fini.
Les flammes de colère se lèvent en moi. Jusqu'à me brouiller la vue. Si haut qu'elles pourraient anéantir la galaxie. Si puissantes qu'elles pourraient briser les planètes. Si brûlantes qu'elles pourraient me détruire.
Colère. Haine. Rage.
Des aiguilles de rubis, piquetées dans ma peau translucide. Des guerres. Des meurtres. Tous les méfaits de l'humanité.
Puis se lève la raison. Dans mon esprit. Dans mon âme. Mon souffle s'apaise. La brise de beauté diaphane me frôle. Les bienfaits de l'humanité.
Affection. Solidarité. Soutien.
La nuée de douleur s'estompe peu à peu. Présente mais discrète. Calme mais puissante. La paix m'envahit. Sérénité. Plénitude.
Équilibre.
Le maître mot de chaque vie.
Les fragments d'existence, jusqu'alors fusionnés, se détachent. Peu à peu.
Je suis là.
Je suis vie. Je suis mort. Je suis le monde.
Mon air se dégrade.
Mes océans s'acidifient.
Mon magma et ma lave disparaissent petit à petit.
La Terre se déchire.
À cause de toi.
Mais je ne t'en veux pas.
Malgré les déchirures que tu as causées dans mon essence-même.
Malgré tous les spécimens dont tu as ôté la vie avec des mains d'acier dans des gants de velours.
Un brin d'inquiétude. Un soupçon d'effroi. Une immense dose d'espoir.
Je suis pardon. Je suis vie.
Je suis là.
Je disparaîtrai. Un jour. Pas maintenant. En tout cas, je patiente. Guidé par toutes les émotions qui peuplent mon sol. Par tous les instants fragiles, forts, délicats et magnifiques. Les étoiles s'éteignent et le soleil explose. Mais je suis là.
J'ai admiré l'harmonie et sangloté devant le chaos. Chanté la vie et hurlé la mort. J'ai vu des familles s'étendre. D'autres se déchirer. La vie n'est ni juste, ni injuste. Elle est. Je suis un monde, peut-être pas parfait, mais avec des gens merveilleux. Des personnes bienveillantes qui illuminent le chemin des autres. Des cœurs bons. Des esprits brillants. Même cachés, ils subsistent. Tels des flammèches vacillantes dans la pénombre.
Les pensées des habitants de la Terre. Volant comme des oiseaux de rubis, battant de leurs ailes avec grâce dans un son cristallin. Manipulant les flux aériens, peuplant l'atmosphère. Des courants d'air vivifiants. Emmenant des idées comme des graines de pissenlits. Cherchant leur voie afin de l'arpenter. Parfois avec difficulté. Parfois avec une aisance incroyable. Un chemin semé d'embûches. Où il va falloir sauter par-dessus des fissures. Mais aussi des gouffres sans fin.
Une structure arborescente. Des branches délicates faites d'amitiés. Des feuilles d'émotions furtives et éphémères. Des racines de diamant. Inébranlables.
Forêts luxuriantes, volcans enflammés... Je suis tout. La chaleur et le froid. La paix et le chaos. Je suis ce que je suis. Mais malgré tout ce que j'ai subi pour toi... Tu ne me respectes toujours pas. Je sers de refuge aux proies et d'habitat aux prédateurs. Quand la mort vient, délicatement, laissant une traînée de cristal. Je la regarde saisir l'âme des êtres vivants et de toutes les formes de vie. Découvrant des ailes de saphir, son bec d'or caché sous son capuchon... Elle ne blesse pas. Elle accueille. À ailes ouvertes. Chaleureuse mais distante, d'une certaine manière. Une promesse. Une promesse d'envol. De liberté ultime. Je la regarde. La crains mais aussi l'admire.
Mes ruisseaux abritent des poissons bondissants et des richesses insoupçonnées. Mes étangs recèlent des amphibiens joueurs et des nénuphars florissants.
Équilibre.
Les fournaises brûlantes accueillent des spécimens rares et apportent une touche de couleur sur un monde de marbre et d'obsidienne.
Harmonie.
Des tornades emportent les habitations mais permettent de réfléchir et de prendre des décisions importantes en vue du futur.
Stabilité.
Mes arbres s'élèvent. Majestueux. Verdoyants. Recueillant des oiseaux parés de joyaux. Servant de gardiens de la vie sylvestre.
Équilibre.
Je regarde. Émerveillé. La beauté irréelle de ce monde. Conscient de sa fragilité et de sa puissance. De ses sommets enneigés et de ses mers déchaînées.
Je reste sceptique. Pourquoi détruire cet habitat mirobolant ? Imposer ses lois avec force et participer à la destruction des populations. Je place ma main qui s'efface progressivement sous mon menton transparent. Pensif.
Les éclats de vie et les fragments de souvenirs ne sont presque plus là. Envolés. Je me perds dans l'essence même de mon existence.
La vie me quitte peu à peu. S'échappant de moi en serpentant sur les voies des autres. Créant des gouffres mais aussi des ponts.
Puis une silhouette apparut. Lumineuse. Un sourire radieux aux lèvres. Elle s'approche de moi. Bienveillante. Je lève la tête. Incrédule. L'espoir est là. Torturé, souffrant, mais toujours debout. Prêt à défier les étoiles et caresser la lune.
Porteur de vie mais aussi d'annihilation.
Je suis là.
Les souvenirs s'effritent entre mes doigts fins.
Mon corps commence à se déchirer. Avec douceur.
Renouveau.
Envol.
Paix.
Je suis l'air qui te permet d'exister.
L'eau qui t'effraie mais qui t'est indispensable.
La chaleur ardente qui t'étouffe mais qui te protège.
Le sol qui supporte ton poids depuis ta naissance.
Je suis là.
Avant. Maintenant. Après.
Je serai toujours là.
Perle de nacre dans un océan de cristal.
Lame brisée, noyée et perdue.
Les regrets coulent de moi dans un ruissellement doux.
Culpabilité. Doute. Abandon.
Je suis là.
Un trou béant s'ouvre sur moi. L'emplacement de mon cœur.
Mon cœur qui a cessé de battre depuis bien trop longtemps.
Mon cœur qui a été trop meurtri, qui a trop souffert.
Mais c'est fini.
Les flammes de colère se lèvent en moi. Jusqu'à me brouiller la vue. Si haut qu'elles pourraient anéantir la galaxie. Si puissantes qu'elles pourraient briser les planètes. Si brûlantes qu'elles pourraient me détruire.
Colère. Haine. Rage.
Des aiguilles de rubis, piquetées dans ma peau translucide. Des guerres. Des meurtres. Tous les méfaits de l'humanité.
Puis se lève la raison. Dans mon esprit. Dans mon âme. Mon souffle s'apaise. La brise de beauté diaphane me frôle. Les bienfaits de l'humanité.
Affection. Solidarité. Soutien.
La nuée de douleur s'estompe peu à peu. Présente mais discrète. Calme mais puissante. La paix m'envahit. Sérénité. Plénitude.
Équilibre.
Le maître mot de chaque vie.
Les fragments d'existence, jusqu'alors fusionnés, se détachent. Peu à peu.
Je suis là.
Je suis vie. Je suis mort. Je suis le monde.
Mon air se dégrade.
Mes océans s'acidifient.
Mon magma et ma lave disparaissent petit à petit.
La Terre se déchire.
À cause de toi.
Mais je ne t'en veux pas.
Malgré les déchirures que tu as causées dans mon essence-même.
Malgré tous les spécimens dont tu as ôté la vie avec des mains d'acier dans des gants de velours.
Un brin d'inquiétude. Un soupçon d'effroi. Une immense dose d'espoir.
Je suis pardon. Je suis vie.
Je suis là.
Je disparaîtrai. Un jour. Pas maintenant. En tout cas, je patiente. Guidé par toutes les émotions qui peuplent mon sol. Par tous les instants fragiles, forts, délicats et magnifiques. Les étoiles s'éteignent et le soleil explose. Mais je suis là.
J'ai admiré l'harmonie et sangloté devant le chaos. Chanté la vie et hurlé la mort. J'ai vu des familles s'étendre. D'autres se déchirer. La vie n'est ni juste, ni injuste. Elle est. Je suis un monde, peut-être pas parfait, mais avec des gens merveilleux. Des personnes bienveillantes qui illuminent le chemin des autres. Des cœurs bons. Des esprits brillants. Même cachés, ils subsistent. Tels des flammèches vacillantes dans la pénombre.
Les pensées des habitants de la Terre. Volant comme des oiseaux de rubis, battant de leurs ailes avec grâce dans un son cristallin. Manipulant les flux aériens, peuplant l'atmosphère. Des courants d'air vivifiants. Emmenant des idées comme des graines de pissenlits. Cherchant leur voie afin de l'arpenter. Parfois avec difficulté. Parfois avec une aisance incroyable. Un chemin semé d'embûches. Où il va falloir sauter par-dessus des fissures. Mais aussi des gouffres sans fin.
Une structure arborescente. Des branches délicates faites d'amitiés. Des feuilles d'émotions furtives et éphémères. Des racines de diamant. Inébranlables.
Forêts luxuriantes, volcans enflammés... Je suis tout. La chaleur et le froid. La paix et le chaos. Je suis ce que je suis. Mais malgré tout ce que j'ai subi pour toi... Tu ne me respectes toujours pas. Je sers de refuge aux proies et d'habitat aux prédateurs. Quand la mort vient, délicatement, laissant une traînée de cristal. Je la regarde saisir l'âme des êtres vivants et de toutes les formes de vie. Découvrant des ailes de saphir, son bec d'or caché sous son capuchon... Elle ne blesse pas. Elle accueille. À ailes ouvertes. Chaleureuse mais distante, d'une certaine manière. Une promesse. Une promesse d'envol. De liberté ultime. Je la regarde. La crains mais aussi l'admire.
Mes ruisseaux abritent des poissons bondissants et des richesses insoupçonnées. Mes étangs recèlent des amphibiens joueurs et des nénuphars florissants.
Équilibre.
Les fournaises brûlantes accueillent des spécimens rares et apportent une touche de couleur sur un monde de marbre et d'obsidienne.
Harmonie.
Des tornades emportent les habitations mais permettent de réfléchir et de prendre des décisions importantes en vue du futur.
Stabilité.
Mes arbres s'élèvent. Majestueux. Verdoyants. Recueillant des oiseaux parés de joyaux. Servant de gardiens de la vie sylvestre.
Équilibre.
Je regarde. Émerveillé. La beauté irréelle de ce monde. Conscient de sa fragilité et de sa puissance. De ses sommets enneigés et de ses mers déchaînées.
Je reste sceptique. Pourquoi détruire cet habitat mirobolant ? Imposer ses lois avec force et participer à la destruction des populations. Je place ma main qui s'efface progressivement sous mon menton transparent. Pensif.
Les éclats de vie et les fragments de souvenirs ne sont presque plus là. Envolés. Je me perds dans l'essence même de mon existence.
La vie me quitte peu à peu. S'échappant de moi en serpentant sur les voies des autres. Créant des gouffres mais aussi des ponts.
Puis une silhouette apparut. Lumineuse. Un sourire radieux aux lèvres. Elle s'approche de moi. Bienveillante. Je lève la tête. Incrédule. L'espoir est là. Torturé, souffrant, mais toujours debout. Prêt à défier les étoiles et caresser la lune.