Prologue
Une explosion retentit. Des flammes. L'odeur écœurante de la mort, mêlée à celle des cendres. Une femme est recroquevillée sur le cadavre carbonisé d'un bébé. Partout règne la peur et la destruction. Le feu a repris ses droits et les terres qu'il avait dû abandonner il y a si longtemps... Il est en colère. Il hait les flofolets, ces puissantes créatures qui l'ont empêché de détruire ce monde, en protégeant les humains qui s'y sont installés. Auparavant, cette terre était vide d'hommes et d'animaux ; ses seuls occupants étaient la magie sauvage de l'eau, de la terre, de l'air et du feu, origines de toutes les créatures magiques existantes. Mais un jour, quatre hommes avaient accosté sur cet ensemble d'îles, qu'ils appelèrent par la suite Aelyra. Ils craignaient la magie sauvage, qu'ils estimaient trop puissante. Ils voulurent trouver un moyen de la contrôler, car l'homme n'aspire qu'à dominer. Alors ils créèrent les flofolets, de petites créatures extrêmement puissantes pouvant maîtriser la magie. Les flofolets de l'eau contrôlaient la magie sauvage du feu, les flofolets du feu contrôlaient la magie sauvage de la terre... et ainsi de suite, rendant chaque sorte de flofolets indispensable à l'équilibre de ce monde. Les hommes bâtirent alors chacun un royaume à l'effigie d'un des quatre éléments : le Royaume des marées, les Terres émeraudes, l'Empire brumeux et l'Archipel de lave.
Une explosion retentit. Des flammes. L'odeur écœurante de la mort, mêlée à celle des cendres. Une femme est recroquevillée sur le cadavre carbonisé d'un bébé. Partout règne la peur et la destruction. Le feu a repris ses droits et les terres qu'il avait dû abandonner il y a si longtemps... Il est en colère. Il hait les flofolets, ces puissantes créatures qui l'ont empêché de détruire ce monde, en protégeant les humains qui s'y sont installés. Auparavant, cette terre était vide d'hommes et d'animaux ; ses seuls occupants étaient la magie sauvage de l'eau, de la terre, de l'air et du feu, origines de toutes les créatures magiques existantes. Mais un jour, quatre hommes avaient accosté sur cet ensemble d'îles, qu'ils appelèrent par la suite Aelyra. Ils craignaient la magie sauvage, qu'ils estimaient trop puissante. Ils voulurent trouver un moyen de la contrôler, car l'homme n'aspire qu'à dominer. Alors ils créèrent les flofolets, de petites créatures extrêmement puissantes pouvant maîtriser la magie. Les flofolets de l'eau contrôlaient la magie sauvage du feu, les flofolets du feu contrôlaient la magie sauvage de la terre... et ainsi de suite, rendant chaque sorte de flofolets indispensable à l'équilibre de ce monde. Les hommes bâtirent alors chacun un royaume à l'effigie d'un des quatre éléments : le Royaume des marées, les Terres émeraudes, l'Empire brumeux et l'Archipel de lave.
Mais cette domination des hommes est aujourd'hui révolue : l'île du Royaume des marées a été engloutie par un tsunami, tuant tous ses habitants ainsi que les flofolets de l'eau, n'offrant plus aucune protection à l'archipel de lave contre la magie sauvage du feu. Et aujourd'hui, celui-ci reprend ses droits. Rien ne peut plus l'arrêter.
IIia
Depuis son observatoire, Ilia regardait au loin la fumée âcre qui recouvrait le ciel depuis maintenant plusieurs mois. Elle assistait, impuissante, à la destruction d'un monde dont l'équilibre, déjà précaire, s'effondrait à présent. Ses longs cheveux bleus flottaient au gré du vent, drapeau de tristesse et de peine. L'écho des cris de terreur des pauvres villageois, prisonniers des flammes, résonnait à ses oreilles. Cela ne reflétait que trop bien ses propres souvenirs. Elle se revoyait, blessée, dans les bras de son père qui courait dans l'espoir d'échapper à la mort. Elle se sentait encore passer de ses bras à ceux d'une femme. Les flammes qui dévoraient son père et elle, impuissante, partant au galop avec la femme. Aujourd'hui encore, elle en gardait une peur panique du feu. Elle entama sa descente de l'arbre dans lequel elle était perchée. Elle était là depuis trop longtemps. Sa nourrice allait s'inquiéter. Elle rentra chez elle, regagna sa chambre et s'endormit d'un sommeil sans rêve.
La fuite
Une déflagration brisa le silence de la nuit. Les premiers cris fusèrent, accompagnés de la caractéristique odeur de chair brûlée. Ilia cligna des yeux, à moitié endormie. Avant même qu'elle ne comprenne ce qui lui arrivait, sa nourrice surgit dans la chambre, les cheveux en bataille. Elle lui saisit la main et, de force, l'obligea à se lever :
Une déflagration brisa le silence de la nuit. Les premiers cris fusèrent, accompagnés de la caractéristique odeur de chair brûlée. Ilia cligna des yeux, à moitié endormie. Avant même qu'elle ne comprenne ce qui lui arrivait, sa nourrice surgit dans la chambre, les cheveux en bataille. Elle lui saisit la main et, de force, l'obligea à se lever :
-Nourrice, que se passe-t-il ? demanda-t-elle, alarmée par tant de précipitation.
-Il faut partir, répliqua la femme. Vite !
Maintenant totalement réveillée, elle courut avec elle à l'écurie. Sa nourrice attrapa un cheval et lui tendit les rênes. Ilia sauta sur son dos et partit au galop en direction de la mer. Elle chevauchait sans se retourner quand soudain, à quelques mètres d'elle, le fracas d'une explosion se fit entendre, projetant des débris enflammés. Son cheval, paniqué et mortellement brûlé, se jeta à la mer, l'entraînant à sa suite dans les eaux sombres et inquiétantes.
La chute
Ilia paniquait. Partout, l'eau noire l'entourait et elle commençait à manquer d'air. Désespérée, elle se débattait dans l'espoir de remonter à la surface. N'y tenant plus, elle prit une grosse bouffée... d'air !
« Comment est-ce possible ? » s'interrogea-t-elle.
Maintenant seulement, elle remarqua les centaines de points lumineux qui l'encerclaient. Des flofolets ! Depuis toute petite, ces créatures à l'aspect de papillons étaient attirées vers elle, comme un aimant par du métal. Ils lui avaient sauvé la vie ! Et ce n'était pas n'importe quels flofolets. Seule une sorte avait le pouvoir de respirer sous l'eau et de transmettre ce pouvoir à un humain : les flofolets de l'eau ! Poussée par une idée folle, elle descendit de plus en plus profond, toujours suivie par ses sauveurs. Elle poussa un cri de stupeur, étouffé aussitôt par l'eau. L'île du Royaume des marées se trouvait là, juste sous ses pieds.
Ilia paniquait. Partout, l'eau noire l'entourait et elle commençait à manquer d'air. Désespérée, elle se débattait dans l'espoir de remonter à la surface. N'y tenant plus, elle prit une grosse bouffée... d'air !
« Comment est-ce possible ? » s'interrogea-t-elle.
Maintenant seulement, elle remarqua les centaines de points lumineux qui l'encerclaient. Des flofolets ! Depuis toute petite, ces créatures à l'aspect de papillons étaient attirées vers elle, comme un aimant par du métal. Ils lui avaient sauvé la vie ! Et ce n'était pas n'importe quels flofolets. Seule une sorte avait le pouvoir de respirer sous l'eau et de transmettre ce pouvoir à un humain : les flofolets de l'eau ! Poussée par une idée folle, elle descendit de plus en plus profond, toujours suivie par ses sauveurs. Elle poussa un cri de stupeur, étouffé aussitôt par l'eau. L'île du Royaume des marées se trouvait là, juste sous ses pieds.
La renaissance
Ilia comprenait tout à présent. Les flofolets du royaume des Marées n'avaient pas disparu, noyés comme ses habitants. Sans plus personne pour les contrôler, ils étaient restés dans leur élément d'origine : l'eau. Ils ne savaient pas que la magie sauvage du feu dévastait tout, que leur place était à l'extérieur.
Alors, Ilia sut exactement quoi faire. Elle usa de toute sa force pour remonter à l'extérieur. Elle perça la surface et se hissa sur la rive, exténuée. Le combat qui suivrait n'était pas le sien. Comme elle l'avait prévu, des centaines de flofolets percèrent à leur tour la surface, suivant la jeune fille. D'un seul mouvement, ils s'orientèrent tous dans la même direction : l'Archipel de lave, comme s'ils percevaient la puissance magique qui ravageait l'île. De leurs têtes surgirent des faisceaux lumineux s'assemblant en une immense sphère, aspirant en son centre les flammes mortelles qui parcouraient l'Archipel de Lave. Un ultime cri, provenant de toute la magie sauvage du feu désormais emprisonnée, résonna. Puis plus rien... Ilia s'effondra sur l'herbe mouillée du rivage et ne put retenir les larmes qui coulaient désormais à flot sur ses joues. Son calvaire et celui de ses semblables était terminé : ils étaient libres !
Alors, Ilia sut exactement quoi faire. Elle usa de toute sa force pour remonter à l'extérieur. Elle perça la surface et se hissa sur la rive, exténuée. Le combat qui suivrait n'était pas le sien. Comme elle l'avait prévu, des centaines de flofolets percèrent à leur tour la surface, suivant la jeune fille. D'un seul mouvement, ils s'orientèrent tous dans la même direction : l'Archipel de lave, comme s'ils percevaient la puissance magique qui ravageait l'île. De leurs têtes surgirent des faisceaux lumineux s'assemblant en une immense sphère, aspirant en son centre les flammes mortelles qui parcouraient l'Archipel de Lave. Un ultime cri, provenant de toute la magie sauvage du feu désormais emprisonnée, résonna. Puis plus rien... Ilia s'effondra sur l'herbe mouillée du rivage et ne put retenir les larmes qui coulaient désormais à flot sur ses joues. Son calvaire et celui de ses semblables était terminé : ils étaient libres !