Les promesses de la beauté

Toute histoire commence un jour, quelque part et marque pour toujours notre existence. Celle de Rama, avait commencé un jour, lorsqu’elle demanda à sa mère si elle était vraiment belle. Maman, avait-elle dit, pleine de joie : « Est-ce que je suis aussi belle comme le pense monsieur Marc, notre ancien chauffeur ? ». Cependant, sa mère curieuse en voulant comprendre le pourquoi sa petite fille de sept ans lui posait brusquement ce genre de question ne pu, lui répondre que par une autre question. « Pourquoi, requit-elle gentiment avec un sourire maternel, me poses-tu cette question ? ». A sa demande, la petite Rama malgré la peur et l’incertitude qui l’avait poussé à poser cette question, s’était mise par mégarde à raconter un fait tragique. Maman, avait-elle dit toute naïve : «  souvent, lorsqu’il n’y a personne à la maison, notre ancien chauffeur, me déshabillait et s’allongeait sur moi sur le lit dans la chambre. Mais avant tout, il m’offrait une glace et me disait toujours : « de belle glace pour une belle fille » Est-ce que, c’est par ce que je suis belle qu’il me faisait ça et m’offrait aussi des glaces ? Demanda encore la petite Rama candide. Toutefois, Rama remarquant des gouttes de larmes qui subitement avaient prit place sur le visage souriant de sa mère, s’était mise aussi à pleurer malgré le fait qu’elle ne saisissait pas encore la gravité de tout ce qu’elle venait de raconter. A travers les larmes et la colère que voyait Rama dans les yeux de sa mère, la petite fille, avait compris que ce qu’elle venait de raconter à sa mère n’était pas bon. C’est pourquoi d’ailleurs, sa mère tout en pleurant, était devenu tout à coup furieuse contre elle. Mais, Rama n’était qu’une enfant, elle ne connaissait encore rien de la vie, de ses vicissitudes et de ses atrocités. Rama, à son âge, ne pouvait pas du tout cerner la gravité et l’ampleur de ce qui lui était arrivé. Sa mère, pleine de rage, s’était mise à crier sur elle comme une folle en lui posant tout une série de question qu’elle ne comprenait pas. Son père, fut aussi furieux que sa mère lorsqu’il fut informé. Détruit par la douleur, les parents de Rama en voulait à leur ancien chauffeur tout comme il en voulait aussi à leur petite fille ignorante. Surtout, sa mère qui ne cessait de lui répéter qu’elle allait être excisée. « Nous allons t’exciser pour que tu comprenne enfin ce que veut dire être belle et être une femme ».
Ni bienveillante, ni hostile, la petite Rama au fils des années avait prit de l’âge. En grandissant, elle avait finit par comprendre que cet ancien chauffeur qui avait presque l’âge de son père avait, en fait abusé d’elle. Si le temps avait permis à ses parents d’oublier l’incident dont ils avaient d’ailleurs cessé d’aborder depuis le jour tragique où elle l’avait raconté à sa mère, le temps, par contre ne l’avait pas du tout aidé à oublier. Malgré tout le temps passé, Rama ne pouvait pas oublier, plus elle grandissait, plus elle souffrait. Sa conscience était chaque jour chargée de tas de lots de culpabilité, de douleur et de haine envers sa propre personne. Plus elle comprenait ce qui lui était arrivé, plus elle endurait et plus elle se sentait coupable. Elle était affectée psychologiquement tout comme physiquement. Pour elle, seule sa beauté avait été la seule et unique cause de son mauvais sort. Puisque, c’est uniquement à cause de sa beauté qu’on avait abusé d’elle et qu’on l’avait aussi excisé à l’âge de sept ans. Toujours apeurée par la beauté, elle s’était faite l’idée qu’elle devrait tout faire pour ne plus être belle ; afin de se protéger conte toute sorte de menace. Même si, elle n’avait pas peur des hommes, elle avait cependant peur de revivre encore son histoire. Et pour elle, seul le fait d’éviter d’être une belle femme pouvait l’aider à tout surmonter.
Adolescente, sa beauté fleurissait malgré toutes les dispositions qu’elle prenait. Au moment ou ses camarades découvraient cette étape de leur vie avec joie et ardeur, Rama quand à elle se tenait toujours vigoureuse et strict en vers sa propre personne. Taciturne et indifférente, elle donnait l’image d’une jeune femme ferme. La plus part des personnes qui la connaissait disaient en parlant d’elle : « qu’elle à quelque chose de décalé en elle. » Qu’elle soit dingo ou idiote, Rama ne faisait jamais attention aux rumeurs et à tous les genres de moqueries dont elle était victime. Car elle savait que la beauté, n’était pas seulement qu’une promesse du bonheur, mais aussi du malheur. Si pour les belles jeunes filles de son âge, la beauté représentait une arme de séduction qui attire, qui crée le désir, l’envie, la jalousie, la convoitise ; la contemplation, la gloire, la grandeur, l’honneur et le bonheur, pour Rama au contraire, la beauté suscitait aussi bien le plaisir comme la souffrance, l’espoir tout comme le désespoir, l’amour possible tout comme impossible. Pour Rama, la beauté pouvait faire la grandeur tout comme la chute d’une femme. C’est pourquoi au lieu de célébrer sa beauté à son jeune âge, elle préférait ce voulait vraiment dire être une belle femme pour trouver un équilibre au sein de sa vie. Et même, si les filles de son entourage estimaient qu’elle ne savait pas mettre en valeur sa beauté, elle se résignait toujours à son sort et acceptait le fait que le regard critique de la société sera toujours plus imprégner sur la beauté physique qu’intérieur. Les gens regardent toujours et jugent mieux avec les yeux qu’avec le cœur. Rama était assez douée pour comprendre que la beauté est un caractéristique, une perception qui varie avec le temps, l’époque, les civilisations et les individus. C’est pourquoi d’ailleurs, elle ne se moque jamais des autres. Elle était bien consciente des répercussions graves que pouvaient causés les insultes et les moqueries sur le physique d’une personne. Elle ne voulait en aucun cas de toute sa vie faire sentir qui que se soit mal à l’aise dans sa peau. Et même, si elle savait que malgré le fait que tout le monde était doté d’une beauté particulière, elle n’arrive cependant pas à cerner cette poursuite effrénée de la perfection physique chez la femme. La femme à tout âge veut être belle, splendide, et rayonnante. Et pour la beauté, la femme est prête a tout sauf à rien, elle recherche obsessionnellement la beauté à tout prix. Rama constatait, chaque jour qu’au moment ou elle cherchait à ne plus être belle, les autres femmes autour d’elle faisaient tout pour être encore plus belle.
Très vite devenu une jeune femme au fil des années, Rama avait commencé par se sentir seule et écarter du monde. A un moment, un mal être s’était emparé d’elle, elle avait eu une envie soudaine de changer, de renouer avec sa beauté qui ne cessait de se dévoiler du jour au jour. Ne pouvant plus lutter contre la beauté, elle avait finalement accepté son destin d’être femme et d’être belle. Puisque, la femme se sent toujours bien dans sa peau quand elle belle. Une femme avec un visage rayonnant de beauté rend tellement glorieuse et honorable au point que Rama était elle aussi tout comme, toute la gent féminine prête à céder à la tentation de la beauté. Cette envie irrésistible d’être une belle femme qu’elle avait passée toute son existence à essayer de détruire était revenue. Tel un désir refoulé, ce besoin d’être belle en tant que femme avait refait surface dans sa vie. Comme toute femme, elle aussi voulait retourner le regard du monde entier vers elle. Elle voulait aussi majestueusement et honorablement resplendir de beauté. Rama, cette femme déréglée à cause de la beauté, voulait elle aussi rejoindre la course de la beauté. Que cette fameuse beauté soit naturelle ou artificielle, qu’importe, l’essentiel, c’est qu’elle aussi l’a désirait enfin. Rama comprenait enfin, toutes ces nombreuses femmes, qui tourmentées par le charme de la beauté croient même pouvoir l’acheté dans les magasines, dans les produits de beautés, dans les spas et même plus dans la chirurgie esthétique. Même si Rama avait très vite compris que la beauté était naturellement féminine et que toute femme pouvait la voiler ou la dévoiler à son aise. Elle voulait tout de même être belle, et encore être plus belle, plus belle pour toujours. Tout cela, par ce que belle, tout le monde vous aime. La beauté peut tout apprivoiser, faire tourner les têtes et séduire le ciel et la terre. Même si, Rama avait comprit, que la beauté de la femme est aussi honorable que dangereuse, elle était cependant aussi consciente que la beauté demeure toujours un besoin nécessaire pour que la femme se sente femme dans sa peau. Cette dualité de la beauté qui suscite à la fois bonheur et malheur, ne pouvait qu’entrainer qu’un état de qui-vive émotionnel pour la femme, car c’est à la fois avec un sentiment de fierté et d’insécurité que la femme célèbre toujours sa beauté. Que la femme se sente belle ou non, elle est toujours et sera toujours à travers toutes les époques et les civilisations angoissée par sa beauté. Et chaque matin, lorsqu’elle se lèvera pour regarder son miroir, la femme cherchera toujours à savoir si elle est parfaite, si elle est belle, s’il n’y a rien sur son visage qui pourrait dégrader sa beauté. Car, elle ne voudra pour rien au monde qu’elle perde sa beauté. Et même si, la femme savait très bien que tôt ou tard, la vieillesse, l’âge, et le temps finirait un jour par arracher toute sa beauté, la femme continuera et passera par tous les moyens pour toujours rayonner de beauté. Rama, grâce à tout ce que la vie lui avait appris sur le mystère de la beauté, avait finalement compris qu’une femme est belle parce qu’elle est femme et que loin de ce que reflétait chaque visage féminine, la femme, c’est cette créature forte et décidée, cette créature qui qu’importe les difficultés, garde toujours les pieds sur terre et la tête haute. La femme pour Rama au-delà de sa beauté physique, est cette personne qui ne baisse jamais les bras, cette créature qui fait face au monde avec confiance et fierté. C’est cette créature généreuse, qui donne, qui aime, qui inspire. Être une femme belle pour Rama, c’était de s’aimer et de s’accepter telle qu’on est. C’est ainsi, que Rama avait enfin compris ce que voulait vraiment dire être une belle femme.