Le monde n'a jamais été silencieux, c'est nous qui avons cessé de l'écouter. Avant, tout était différents. Il y avait du vent dans les arbres, de la chaleur dans le feu et de la vie dans la terre. Mais maintenant, tout semble plus faible, comme si le monde se fatiguait. Ce jour là, je l'ai vraiment remarqué. Le vent ne soufflait presque plus, les feuilles étaient immobiles, comme figées. L'air était lourd, difficile à respirer. J'ai levé les yeux, instinctivement. Quelque chose n'allait pas. Je me suis mise à marcher plus vite . Comme si je cherchais une réponse.La rivière n'était plus comme avant, l'eau coulait encore, mais lentement, trop lentement. Elle n'était plus claire ni brillante . J'ai mis ma main dedans, elle était tiède. La rivière...n'était plus vivante. Un frisson m'a parcouru. Je me suis relevée brusquement.
– Qu'est-ce qu'il se passe.. ? Ai-je murmuré, le silence m'a répondu. Même le silence semblait, inhabituel. Je suis rentrée chez moi en courant. Le soir tombait, alors j'ai allumé un feu. Mais la flamme était faible, elle tremblait comme si elle allait s'éteindre à tout moment ; je me suis accroupi devant elle.
– Tiens bon... ai-je soufflé sans réfléchir. La flamme a vacillé. Puis, pendant une seconde, j'ai cru voir quelque chose, comme si elle m'écoutait. Je me suis figé. Le vent dehors a bougé légèrement la porte, très légèrement. Comme un souffle brisé. Je suis sortie. La nuit était là mais elle n'était pas normale. Tout semblait..vide. Je me suis agenouillée et j'ai posée mes mains sur la terre.
– Qu'est-ce qui vous arrive ? Ai-je chuchoté. Rien. Puis...Un souffle, très léger, presque rien. J'ai fermée les yeux.
– Je vous entends ai-je murmuré, l'air a tremblé autour de moi, comme s'il essayait de me répondre. Alors j'ai compris. Il n'avaient pas disparus, ils étaient en train de disparaître.Le vent était trop faible pour souffler. L'eau trop fatiguée pour couler. Le feu trop fragile pour brûler etle terre trop blessée pour tenir. Et nous n'avions rien vu. Je me suis relevée d'un coup.
– Non, je ne vais pas vous laisser disparaître. Ai-je pensé au plus profond de moi. Mes pensées tournoyaient dans ma tête mais mes mains se sont serrées. Je ne savais pas comment faire. Je n'était qu'une enfant, mais j'étais là. Je suis retournée vers la rivière et j'ai enlevé les déchets coincés entre les pierres. J'ai libérée l'eau, doucement.
–Continue... ai-je murmurée. Je suis revenue près du feu j'y ai ajouter du bois sec, avec précaution. Tiens bon... j'ai respirée profondément, comme pour aider le vent.
– Souffle... puis j'ai posé mes mains sur la terre.
– Je suis là... le silence longtemps, longtemps. Puis... la flamme a grandi légèrement. Le vent a bougé un peu plus et la rivière a repris un léger courant.J'ai ouvert les yeux, le cœur battant. Ce n'était presque rien, mais c'était un rêve suffisant. Un sourire est apparu sur mon visage. Ils n'avaient pas besoin de quelqu'un de puissant, juste de quelqu'un qui écoute. Je me suis réveillée doucement. Le monde murmurait encore, faiblement... mais il était encore vivant. Et cette fois je l'avais entendu... et je savais ce qu'il fallait faire.