La guerre des éléments

Dans la forêt de Firone se tient le Grand Conseil des quatre éléments :
— Je n'en peux plus de cette guerre d'humains du peuple de l'eau contre celui du feu ! se confessa Air.
— Ils massacrent ma belle forêt ! chouina maman Terre. 
Feu s'enflamma :
— Ça fait depuis plus de deux cents ans que cette guerre a commencé, y'en a marre ! Mes disciples me font honte !
— Et malheureusement nos disciples se sont approprié nos pouvoirs et sont devenus très puissants... pleura Eau. On ne peut plus les contrôler !
— Il faut qu'on trouve un moyen de les arrêter ! s'exclamèrent Air et Terre en même temps.
Air s'agita, créant un mistral :
— Si Eau et Feu ne peuvent contrôler leur peuple, c'est à nous d'agir ! 
Sur ces mots, Air s'en alla voir le peuple de l'eau.
— Salut Öh ! dit-il au chef de la tribu aquatique. Ça roule ? À part votre guerre contre le peuple du feu ?
 — Non, ça ne va pas ! s'offusqua le chef, dégoulinant de fureur. Ces primitifs du peuple du feu ont brûlé nos récoltes !
— Ils dépassent les bornes ! Bon, attendez, je vais parler à leur chef Charbon Ardent.
Air se fit très ben accueillir :
— Salut vieux Pet ! salua le chef du peuple du feu. Bon je ne vais pas perdre du temps à bavarder, que fais-tu ici ? Je sais que tu ne viens pas chez moi juste pour discuter. Laisse-moi réfléchir... C'est à propos de la guerre, c'est ça ? Son ton se fit plus grave. Cet imbécile du peuple des marécages a encore répandu des mensonges sur notre civilisation étincelante ?!!?
— He ho, braise d'un ton ! Oui c'est à peu près ça... Il y en plus qu'assez de votre guerre, Dame Terre est en dépression car vous saccagez ses plantes ! Si vous tenez tant à vous battre, faites-le en duel, c'est plus loyal.
Charbon Ardent descendit de quelques degrés.
— Bon d'accord, mais on se bat où ? 
Air créa un gros nuage très épais et le plaça dans le ciel.
— Là-dessus. J'appelle Öh.
Dix minutes plus tard, Air souffla sur les deux chefs qui s'envolèrent jusqu'au nuage et prirent aussitôt une position de combat. Air leur expliqua les règles : 
— Il n'y a pas de barrière, donc si vous tombez ne comptez pas sur moi pour vous rattraper, OK ? Tous les coups sont permis, le premier qui abandonne, meurt ou sort de mon ring a perdu. Pigé ? A mon top départ, 3, 2, 1, Go !
Les deux chefs s'élancèrent en même temps. Après trente minutes de combat, aucun d'eux n'avait gagné ni perdu. Ils étaient de force égale. Air intervint :
— Bon, du coup on fait comment ?
— On ne sait pas... répondirent les deux combattants essoufflés.
— D'ailleurs pendant que j'y suis, pourquoi votre guerre a éclaté ?
Öh hésita puis répondit :                                      
— En fait ça a commencé il y a longtemps, on n'était pas encore nés, ce sont nos ancêtres qui ont lancé cette guerre, on ne sait pas pourquoi...
Air était exaspéré :
— Pourquoi vous continuez ? Cela ne vous concerne plus ! 
— C'est vrai... dirent les deux chefs, penauds.
— Bon, maintenant vous vous serrez la main et vous faites la paix.
Ils s'exécutèrent.
Le lendemain, Charbon Ardent alla en ville incognito chez son boulanger préféré : il voulait le fameux chausson aux pommes de celui-ci ; il eut de la chance, il n'en restait qu'un !
Alors qu'il payait le boulanger, la sonnette retentit : 
— Bien le bonjour, boulanger ! Un de vos fameux chaussons aux pommes, s'il vous plait !
Le boulanger lui répondit : 
— Oh heu... il n'en reste plus, je viens de vendre le dernier à cet aimable monsieur.
Sous leur cape, les deux se reconnurent aussitôt :
— TOI !!! s'exclamèrent-ils en même temps.
— Il est à moi ! 
— Non, à moi !
 
Quelques jours plus tard, pour une raison inconnue, une guerre fut annoncée dans les cités de l'eau et du feu.

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