La Fête des Eléments

Aujourd'hui et pendant deux semaines, les quatre éléments du Vent, de l'Eau, du Feu et de la Terre se réunissent pour une grande cérémonie en l'honneur de Gaia, la Mère Nature, la Créatrice de la vie sur Terre. La fête, grandiose, se tient sur l'île de Pâques, île perdue au milieu de l'Océan qui intrigue tous les scientifiques avec ses majestueuses statues.
Tous les Esprits qui veillent sur le monde se rassemblent pour danser, chanter et conter aux autres Eléments leur année passée à protéger et, parfois, punir les Humains, ces créatures dépourvues de don qui se croient supérieures à la bénédiction sainte de Gaia, la Nature. 
Les uns après les autres, les Esprits arrivent, d'abord les Esprits Rois, les plus puissants, puis leurs sujets, ceux qui ne possèdent qu'une petite source, une brise, un jardin ou encore un petit puit de chaleur. Et, en dernier, les solitaires, ces Esprits qui vivent seuls, loin des communautés. Ceux-ci sont des voleurs, les brigands qui déclenchent des catastrophes pour exterminer les Humains, qu'ils jugent inutiles et dangereux pour la survie des biens les plus précieux de la planète, les quatre éléments. Ceux-ci sont aussi admis à la fête car les lois de la Nature exigent qu'aucun individu, même distant, ne soit rejeté de la société des Esprits. 
 
Les Vents, toujours premiers à arriver sur leurs Pégases blanc immaculé, s'installent sur la partie Nord de l'île, la plus dégagée et la plus pratique pour permettre aux Tornades et aux Cyclones de circuler. Les Eaux, qui surgissent des vagues ondulantes de la mer, chevauchant dauphins et orques, prennent la partie Est, là où la plage de sable fin est la plus grande. Ils sont suivis de près par les Terre, qui font accoster leurs bateaux sur la moitié Sud, celle qui est parsemée d'arbustes et de buissons. Les Feux, eux, jaillissent des yeux des statues qui abritent le trou profond d'un volcan dont les galeries magmatiques creusent le sol et relient les sources de feu entre elles et s'installent sur la partie Ouest de Pâques, celle où les statues Moaïs sont les plus nombreuses. Puis, en dernier, les Esprits Solitaires, distants, encapuchonnés et vêtus de noir, qui arrivent seuls sur leur courant d'air ou barque de fortune. 
 
 La cérémonie débute lorsque les Rois de chaque Elément se rassemblent et déclarent ouvertes les festivités. Dès les paroles terminées, c'est une explosion de pouvoirs, de cultures qui explose sur l'île, chaque Esprit, bienveillant, parle avec les autres. Ici, toutes les différences sont oubliées, les Feux, bien que dévastateurs, s'approchent des Terres, leur propose à manger et échangent sur leur Cycle. Les conversations vont bon train, même les Solitaires se prêtent au jeu et sourient en discutant avec les leurs. Le Vent souffle dans les instruments de musique comme la flûte et le tuba pour entamer les danses. Des Siphons valsent aux côtés de Chênes millénaires, des Esprits de Magma entrainent des Flammes fougueuses sur la piste de danse. Certaines Vagues invitent même des Solitaires à se trémousser avec elles, et, à leur grand bonheur, ils acceptent.
La cérémonie est incroyable, les lumières et les ombres projetées par les Eléments créent des motifs sublimes sur le sol, la chaleur du Feu ardent se mélange au froid glacial des Nordets qui serpentent entre les convives occupés à boire et manger les spécialités de toutes les cultures. Les Grands Arbres et les Esprits anciens regardent les jeunes Eléments courir sans jamais, ou presque, s'épuiser. Les Hautes vagues projettent un caléidoscope de formes et de couleurs sublimes sur les statues et les vastes étendus herbeuses. Les Jeunes fleurs multicolores qui s'installent près des Feux de joie pour leur chaleur embellissent le paysage déjà sublime par leurs pétales délicats et leurs tons pastel qui détonnent dans le chaos de la fête et des rires. 
Les Rois aussi s'abandonnent dans la fête, oubliant pour quelques jours leur poste, leurs responsabilités et, surtout, tous leurs problèmes et leurs craintes. Ils tournoient au centre de la piste avec leurs confrères Esprits. La musique enjouée les entraine tous dans une danse complètement désorganisée mais les mouvements lents des Souffles préhistoriques se mêlent harmonieusement aux gestes vifs des Flammes nouvelles. Le contraste saisissant qui se forme entre les visages fermés, quoique souriants, des Solitaires et ceux excités et riants de l'Ecume, blanche et juvénile créé une discordance des plus étranges cependant, l'esprit de la fête fait de cette différence une symbiose.
A minuit, quand seules les lumières des Flammes dansantes éclairent les autres Esprits, quand les Jeunes esprits énergiques sont calmes et essoufflés, quand les Vieux éléments somnolent et quand les étoiles illuminent le ciel, Gaia se manifeste, elle descend, brillant de mille feux, du ciel obscur, sublime. Ses majestueuses ailes immaculées battent gracieusement parmi les nuages. Elle porte en elle les quatre Eléments, rayonnants sur sa peau d'ébène, luisant dans ses yeux angéliques. Tout en Gaia est parfait, de la pointe de ses cheveux de mousse jusqu'à ses doigts de feu, en passant par ses pieds de vent et habits d'eau, coulant telle la source de la Terre dans l'Océan. Tous les Esprits sans exception se tournent vers leur resplendissante Reine, la raison de leur existence, la noble Créatrice.
Galvanisés par la présence de la Mère Nature, tous les Esprits exténués se remettent à sautiller et papoter entre eux. La Fête reprend, plus puissante, plus joyeuse encore qu'avant, plus royale. Les Frêles esprits et les Esprits anciens à l'approche de Gaia, deviennent énergiques et reprennent en vigueur. La cérémonie dure jusqu'à l'aube, lorsque le soleil embrase les nuages et l'océan par ses rayons de feu. A cette lumière, tous les Esprits, à contre-cœur, doivent quitter Gaia et retourner veiller sur les Hommes et la Terre. Ainsi se termine la somptueuse fête des Eléments sur la mystérieuse île de Pâques.  

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