Ayuna et la meute de la lune

En 1369 le pays était contrôlé par les élémentalistes mais leur règne n'a pas duré. Le peuple fit un coup d'État en chassant toutes personnes dites dangereuses à cause de leurs pouvoirs soit disant envoyés par le diable. Mais toute cette pagaille changea le destin d'une personne en particulier, une petite fille du nom d'Ayuna. Un paysan prit de pitié par la petite l'abandonna dans la forêt à la place de l'emmener au bûcher. La pauvre petite pleurait si fort qu'une louve en pleine partie de chasse l'aperçut. La petite âgée d'un an à peine à ce moment là n'eut pas peur en voyant la louve, au contraire. Ayuna la regardait puis un tas de feuilles, qui lui donna une idée: pour montrer à la louve qu'elle ne lui voulait pas de mal, elle décida de lui montrer sa particularité connue: l'air. La petite fit des coups de vents entre les feuilles, elles avaient un mouvement fluide, doux et apaisant. La louve émerveillée attrapa la grande corbeille en osier dans sa gueule puis emmena la petite à sa meute. La petite gazouillait dans le panier, elle se sentait bien au point de téter sa couverture. Elles arrivèrent à la meute. Les loups pensaient avoir un repas mais à la place ils eurent un bébé avec la peau sur les os. Affamés, ils grognèrent de mécontentement et guettaient chacun des mouvements de ce minuscule être. La petite se sentant oppressée se mit à pleurer. Les loups en pensant être en danger bondirent sur elle mais une bulle de larme se créa et protégea l'enfant. La petite se tapota les mains d'amusement, de ce fait, la bulle disparut avec ses larmes. Les loups effrayés se hérissèrent et se tapirent. La gentille louve se jeta devant le panier et gronda, les loups se détendirent d'un coup. On peut penser que la louve leur avait expliqué qu'ils n'étaient pas menacés mais sauvés. Des années passèrent et la petite grandissait avec les loups. Lors d'une partie de chasse, elle s'égara dans les bois et fût trouvée par le chevalier du roi, il ne comprit pas que la petite était spéciale. Pour lui ce n'était qu'une fillette égarée. Il arreta son cheval, descendit puis demanda:
«-Holà, douce enfant, que fais-tu seule en ces bois sombres ?Ne crains rien: je suis chevalier juré de protéger les innocents. Dis-moi ton mal et je te prêterai secours.» 
La petite pencha la tête d'incompréhension. Il lui proposa de grimper sur son cheval. N'ayant vécu qu'avec des loups ne comprenant rien, elle clignait des yeux. Le chevalier décida de porter la jeune fille sur son cheval puis partit jusqu'au château. Tandis que le chevalier arrivait le roi et la reine parlaient dans leurs appartements :
«-Ma douce épouse, si nous ne pouvons avoir la bénédiction d'une descendance, que faire ? Je ne veux autre épouse et mère de mon enfant que vous.
-Mon seigneur, vos paroles sont plus précieuses à mon cœur que n'importe quelle couronne. Mais je crains que l'amour seul n'apaise point les inquiétudes du royaume.
-Qu'importe le tumulte des hommes si je vous garde auprès de moi.
-Il importe pourtant car un souverain n'appartient jamais tout entier à lui-même. Si le Ciel me refuse la maternité, peut-être nous invite-t-il à une autre voie ?
-Quelle voie, si ce n'est la résignation ?
-Celle du choix, mon roi. Il est des enfants sans nom ni protection, que la guerre ou la misère ont laissés seuls. Offrons à l'un d'eux un foyer et au royaume un héritier élevé dans la vertu.
-Vous accueilleriez un enfant comme le vôtre, sans regret ni amertume ?
-Mon regret serait de vous voir renoncer à l'avenir par amour pour moi. Mais si nous élevons un enfant ensemble, né ou choisi, alors je serai mère par le cœur et épouse sans remords.
-Si cela est votre souhait je l'accepte.»
Peu de temps après, le chevalier arriva avec la petite au château. Les serviteurs la virent et dirent à l'homme de la présenter aux dirigeants du royaume. Ils arrivèrent tous deux à la salle du trône. La petite émerveillée avait la bouche grande ouverte et les yeux ébahis. La reine en la voyant tomba sous le charme. Elle s'approcha de la fille et demanda:
«-Parebleu qu'elle est belle ! Comment t'appelles-tu ? Quel âge as-tu ? 
-L'enfant ne parle pas ma reine, repondit le chevalier, je crois qu'elle a toujours vécu en forêt.
-Bien, merci Paul, nous allons nous en occuper.»
Pendant les six ans qui suivirent, la nouvelle princesse apprit à parler, lire, écrire et à jouer de la harpe. Le soir, au lieu de dormir, elle sortait et apprenait à contrôler ses pouvoirs comme le feu et les plantes, grâce à la louve qu'elle avait nommé Louna.
En 1386, son 18 ème anniversaire avait sonné, et comme toute princesse, il lui fallait un prince:
«-Ma fille, le royaume attend de toi un mariage qui scellera la paix.
-Père... vous m'avez choisie jadis comme votre enfant. Puis-je, moi aussi, être choisie pour moi-même ?
-Tu es princesse par notre volonté et par notre amour, et je dois penser au bien de tous.
-Mon cœur ne s'y résoud point... Je crains de promettre ce que je ne puis offrir.
-Mon enfant, murmura la reine, une mère voudrait ton bonheur, mais une reine n'ose contredire son roi.
-Alors, je vous en prie, laissez-moi le temps de connaître cet homme et de consentir librement.»
Ils consentirent à ce qu'elle rencontre son futur époux avant le mariage. Sous les regards du royaume, elle souriait, mais son cœur restait en alerte. Une nuit, son époux la suivit en secret dans la forêt et découvrit ce qu'elle cachait. Dès lors, son regard changea : il n'était plus tendre, mais avide de pouvoir. Il la pressa de ne rien révéler, lui promettant richesses et alliances, si elle utilisait ses dons à ses profits. Mais Ayuna, effrayée, sut qu'elle ne devait pas écouter. Le cœur lourd, elle tenta de s'enfuir. Dans la nuit, elle glissa sur les rochers de la forêt, et sa chute la précipita dans un ravin. L'époux, voyant le destin cruel, dissimula son corps. Au palais, on parla de fugue, puis d'oubli. Seuls ses parents, brisés, gardèrent la mémoire d'Ayuna, devenue un murmure dans l'histoire.

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