Imaginez un petit village où tout était parfait. Enfin, presque. En tout cas, tout était parfait pour Alice, du haut de sa toute petite dizaine d'années. La vie s'écoulait dans une ambiance douce et, sans trop se poser de questions, les habitants vivaient de ce que produit la nature : l'eau pour se rafraîchir et boire ; l'air pour respirer ; le feu pour se réchauffer et pour cuire la nourriture ; et la terre pour porter la végétation et permettre à tous de manger. La terre, c'est aussi le plus bel espace à visiter, celui qui fascinait le plus Alice, toujours en quête de découvertes.
Dans son village, tout le monde était heureux ; mais un jour, une catastrophe frappa la région : les rivières s'asséchèrent, plus d'eau ! Les cultures dépérissaient et mouraient, les animaux et les hommes cherchaient à se désaltérer, en vain ! L'eau se faisait rare et tous souffraient. Le vent soufflait de plus en plus fort ; la terre, sèche et craquelée, s'envolait en des tourbillons de poussière qui aveuglaient les yeux et grisaient le paysage. Pas de nuages pour apporter la pluie et la vie, que des rafales qui secouaient les arbres et le dos des hommes. Les anciens du village s'inquiétèrent et commencèrent à dire que les quatre éléments étaient en déséquilibre. Pour Alice, ce fut une révélation : pour vivre heureux, il fallait se soucier des éléments de la nature, en prendre conscience, les respecter. Elle n'avait jamais réfléchi à cet équilibre.
Déterminée à sauver son village, elle entreprit un voyage. Tout d'abord, en marchant au plus profond de la forêt, elle alla à la rencontre de l'esprit de la terre, solide et silencieux, qui lui apprit la patience et la force. Puis, au bord d'un lac caché, l'esprit de l'eau lui montra l'importance de s'adapter et de rester calme devant les obstacles. Au creux d'un volcan, elle comprit le danger de perdre le contrôle. Enfin, au sommet d'une montagne, devant l'azur du ciel, l'esprit de l'air lui enseigna la liberté et l'écoute du monde. Grâce à ses enseignements, Alice comprit que les éléments ne devaient pas être dominés, mais respectés et équilibrés. Elle ouvrit les yeux sur les agissements des habitants de son village ; sans penser à mal, ils avaient déréglé le fonctionnement de la nature pour leur confort : détourner la rivière, construire des barrages, remodeler le paysage, couper à blanc la forêt... Ils avaient trop bousculé l'énergie des forces de la nature et fini par déséquilibrer l'ordre des choses. Il ne fallait pas uniquement voir quatre éléments naturels mais plutôt une connexion essentielle pour vivre. C'était cela, la vraie merveille !
En revenant chez elle, elle partagea ce savoir avec les anciens, avec les gens de son village, avec sa famille. La nature envoyait un message de détresse avec cette sécheresse surprenante. La parole d'Alice porta. Les habitants acceptèrent de changer, de revenir en arrière, de vivre autrement. Peu à peu, la nature retrouva son équilibre. Peu à peu, la vie reprit au rythme des saisons. Peu à peu, l'harmonie revint, fragile et précieuse à la fois. Se rendre compte de la valeur de ces quatre éléments, c'est cela, la vraie merveille !