Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu
momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se
désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les
marécages désolés de ces pages ... [+]
Ce sont les surréalistes qui le redécouvrent avec enthousiasme. Léon Bloy disait à propos de Lautréamont que « c’ [était] un fou comme il ne s'en était jamais vu, qui aurait pu devenir l'un des plus grands poètes du monde ». L'accent de son œuvre qui « fait ressembler chaque phrase à une louve enragée courant de ses pattes agiles et silencieuses » lui donne une intensité inégalable. Avec les Chants de Maldoror Lautréamont provoque et emporte le lecteur dès l’ouverture :
« Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. »Mais nous, nous n’avons pas peur, et nous allons de l’avant !