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min

Léa

Emma Casanove

Emma Casanove

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9 voix

Il me regarde attentivement. Je ne sais pas quoi faire, je n’ai pas l’habitude. Les autres s’en rendent-ils compte ? Ne pas rougir. Ne pas avoir l’air gênée. Ne pas avoir l’air ridicule.
Je détourne les yeux. Je sens son regard sur moi. Peut-être que je lui rappelle quelqu’un ?
Il fait chaud. Trop chaud. Il faudrait que j’enlève ma veste. Que je l’ouvre, au moins. Mais non, surtout ne pas bouger. Ne pas attirer davantage les regards sur moi.
Les portes s’ouvrent, un peu d’air entre. Je prends une grande inspiration, je me sens mieux. Le wagon a désempli, il est encore là. Son regard toujours posé sur moi.
Un regard malicieux. Mutin, même.
Arrête, c’est n’importe quoi.
Il faut oser, il faut affronter son regard. Comme devrait le faire une femme adulte et libérée. Arrêter de se comporter en enfant, de se livrer en pâture aux voyageurs. Sans doute rient-ils de cette femme rougissante, mal à l’aise face au regard appuyé et sans équivoque de l’homme assis à quelques pas d’elle. Le strapontin juste en face.
Peut-être deux mètres entre nous ? Je n’ai jamais été très forte pour ce qui est d’évaluer les distances. Quoi qu’il en soit, il est bien trop près de moi. Je sens son parfum, son souffle. Ca me tourne la tête.
Le regarder. Discrètement. Surtout ne pas laisser croire qu’il ne me laisse pas indifférente. Un regard furtif. Ses yeux verts posés sur moi, encore. Oser planter mon regard dans le sien. Lui tenir tête. Le provoquer. Non, je ne peux pas. Je sens mon cœur s’accélérer, des frissons creuser mes reins.
Non, il faut que cela cesse. Je ne comprends pas son insistance à me fixer de la sorte. Je ne suis pas le genre de femme que l’on regarde ou que l’on aborde. Je ne suis pas le genre de femme qui aime ça.
Sans doute est-ce un jeu. Un pari, tiens ! Je cherche des yeux parmi les passagers du wagon s’il n’y aurait pas quelqu’un que je connais, un complice, quelqu’un qui rirait sous cape. Je ne vois rien, personne.
Allez, prendre mon courage à deux mains, tourner lentement la tête vers lui et soutenir son regard. J’avale ma salive, je relève le menton, je rejette légèrement les épaules en arrière. Je suis prête.
C’est un bel homme. Pas une gravure de magazine, mais un charme certain. Il est de taille moyenne, brun, des yeux clairs et pétillants. Sa tenue est sobre, discrète, toute de gris et noir. Je l’observe ; j’ose. Mes oreilles bourdonnent, mes tympans vont exploser, mais je soutiens son regard. Il me sourit, je suis bouleversée. Mais que se passe-t-il ?
Me voilà violemment attirée par un inconnu dans une rame de métro ! Du jamais vu ! Il se dégage de lui un sex-appeal indescriptible. Quelque chose d’animal. Quelque chose d’indicible pour moi, Léa la sage.
Secouer la tête, reprendre mes esprits. Chasser de mes pensées les images interdites qui m’assaillent soudain. Des mains qui déshabillent et caressent, des corps et des langues enlacés, des sueurs mélangées.
Me reprendre, respirer profondément, calmer les ardeurs inavouables d’un corps jusque là sous contrôle.
Je sens la chaleur moite entre mes cuisses, je change de position, croise et décroise les jambes pour tenter d’anéantir le désir. Jamais le regard d’un homme ne m’a fait un tel effet. Je n’ose plus bouger, je redoute l’opprobre des voyageurs, je crains que la faute ne se lise sur mon visage. Je baisse les yeux telle une enfant honteuse.
Vite, penser à autre chose. Tiens, la liste des courses à faire pour la semaine. Du pain, des fruits, des légumes, du café, de la viande, du papier toilettes, un shampoing. Du vin, du sucre, des conserves, du riz, des biscuits, du jambon. Du démaquillant, du coton, des pâtes, de la sauce tomate, du vinaigre. Un gel douche, des kleenex, des pommes de terre, de la salade, du poivre. Des collants, de la brioche, des chips, des sardines, du jus de fruits, du lait.
J’arrive à ma station. Je me lève péniblement. Je sens qu’il me regarde descendre du wagon et marcher sur le quai. Le signal de la fermeture des portes retentit. Je risque un regard : il est debout contre la vitre et me sourit. J’en reste stupéfaite, un instant étourdie avant de reprendre le chemin vers la sortie. Entre colère face au culot de l’inconnu et plaisir inattendu de me savoir désirée.
Me voilà dehors, le froid mord ma peau encore moite de la transpiration métropolitaine. Je retrousse le col de ma veste, accélère le pas tout en cherchant mes clés dans le fouillis de mon grand sac à main. J’y suis. La porte cochère, puis celle de mon appartement. Enfin devrais-je dire, notre appartement. Car toute seule je ne serais pas capable de payer un tel loyer. La colocation m’autorise ce luxe. Je partage salon, cuisine et salle de bain, avec Aline. Elle est plutôt sympathique, discrète et ordonnée. On ne se connaît peu, on habite ensemble depuis deux ans pourtant. C’est bien ainsi, chacune son périmètre d’intimité. Et ce soir, de l’intimité, il m’en faut. Je n’arrive pas à chasser l’image de l’inconnu de mon esprit. C’en est agaçant. Comme une obsession. Un rapide « Salut, Aline ! » en passant et me voilà dans mon coin à moi. A peine ai-je pris le temps de jeter sur le fauteuil mon épaisse veste et mes bottes que je me laisse tomber sur mon grand lit. Je me love dans la couette et ferme les yeux. Le visage de l’inconnu est là, il me semble sentir son odeur et son souffle à nouveau. Je regarde ses grandes mains viriles, les voilà qui me caressent. D’abord les épaules, avant de descendre lentement le long de mon dos. Elles s’attardent sur ma croupe, en douceur, puis se referment sur mes seins tendus avant que l’une d’elles ne se glisse sans préavis entre mes cuisses. Je frémis de plaisir et jouis en quelques secondes.

***
Encore une longue journée de travail. Je tiens l’accueil d’une grosse entreprise de médicaments. Je réponds au téléphone, j’accueille les visiteurs, appelle les taxis, offre du café. J’aime bien quand je dois parler en anglais ou même en allemand, ce qui est assez fréquent. Mon employeur me permet aussi d’apprendre le russe depuis trois mois, à raison de deux heures par semaine. Je coordonne la petite équipe de l’accueil. C’est un métier auquel je suis venue par hasard, mais qui a ses avantages. Je ne suis pas coincée dans un bureau, je suis en contact avec des personnes très différentes chaque jour, j’ai des responsabilités, et mon salaire est suffisant. Je mène une vie tranquille, je n’ai pas la folie des grandeurs. J’aime aller au cinéma, je pars en vacances l’été avec mes copines en camping, à la montagne. Je ne sors pas en boîte de nuit, je n’aime pas beaucoup le bruit assourdissant de la musique, mais je m’offre un restaurant de temps en temps. Mes amis sont comme moi, un dîner, un film, un verre de vin, c’est notre idée du bonheur. Mon célibat ne me pèse pas. J’ai été en couple trop tôt, trop longtemps. Aujourd’hui que j’ai enfin eu le courage de mettre fin à ce qui n’avait plus grand chose d’une histoire d’amour, je suis bien. Pas même une romance ponctuelle. Je suis sage comme une image. J’avoue deux aventures plutôt fades depuis ma rupture il y a deux ans. Je penserai aux hommes quand l’appel de la maternité retentira, s’il retentit, mais je dois avouer qu’à trente-deux ans, il semble m’avoir oubliée. Et cela me convient bien. Je ne pense donc pas aux hommes. Ni au sexe, à vrai dire. Enfin, sauf hier. J’ignore ce qu’il s’est passé. Je n’étais pas moi-même.
Je descends rapidement l’escalier de la bouche de métro, non sans une pensée pour l’inconnu de la veille, je l’avoue. Je me surprends à balayer le quai puis le wagon du regard pour le cas où. Non, bien sûr, il n’est pas là. Peut-être même qu’hier il n’était pas là, qu’il n’a jamais existé ailleurs que dans mon imagination. Peut-être que l’abstinence finit par me jouer des tours, après tout.
Je feuillette un magazine jusqu’à mon arrêt et rentre chez moi. Aline n’est pas là, je sais qu’elle avait un dîner ce soir, un rendez-vous. Comme souvent d’ailleurs. Contrairement à moi, elle cumule les conquêtes d’un soir, une vraie tombeuse. A vingt-cinq ans, elle a bien plus d’hommes à son actif que moi à trente-deux. Rien ne l’arrête ! Elle est très séduisante et aime à répéter qu’elle aime la chair. De quoi attirer tous les mâles qui la croisent. Moi, je ne suis ni jolie ni laide, je crois. Je soigne mon apparence, mais je ne porte que des vêtements sages. Pas de tourbillon de froufrous, de dentelles, de décolletés ou de talons aiguilles dans ma garde-robe ! Je n’ai pas le physique qui convient et j’aime la simplicité.
Un dvd et un verre de vin, voilà ce que sera ma soirée.

***
Je suis ravie, j’ai échangé avec une cliente russe aujourd’hui au bureau. Elle s’était trompée dans l’heure de son rendez-vous et était en avance de plus d’une heure. Son hôte était en réunion et ne pouvait absolument pas se rendre disponible, j’ai donc été chargée de lui tenir compagnie. Nous avons discuté autour d’une tasse de thé dans un des petits salons, elle est très amusante, je crois que nous allons rester en contact. J’adorerais aller lui rendre visite en Russie !
Cette rencontre m’a donné des ailes, je vole vers la station de métro puis me ravise, je décide de marcher jusqu’à la suivante, une envie soudaine de flâner devant les vitrines.
L’air est plus doux, les jours rallongent, je redécouvre avec plaisir les boutiques délaissées depuis plusieurs semaines.
Et puis soudain, tel un mirage, il est là.
Je ne sais pas comment, là, au détour d’une rue, une silhouette arrêtée, la tête penchée, le visage en partie dissimulé par la main qui protège la flamme de son briquet. Aucun doute possible, c’est l’inconnu du métro. Celui qui a fait monter en moi un désir insoupçonné par de simples regards.
Je suis prise au dépourvu mais je n’ai guère le choix, je ne peux pas faire demi-tour, ce serait ridicule. De toute façon, il ne m’a pas encore vue. Et ne me reconnaîtra sans doute pas. Juste une femme de plus qu’il aura déshabillée du regard, une de plus qu’il aura pris plaisir à mettre mal à l’aise. J’arrive à sa hauteur quand il me voit. Le même regard tranquille et pourtant si troublant. Il me semble qu’un léger sourire se dessine sur sa bouche. Que des mots se forment sur ses lèvres. Des lèvres charnues, lisses, d’un rose tendre, tellement appétissantes. Je suis fascinée par les mouvements qu’elles dessinent. Le sens n’a guère d’importance, je suis sous hypnose. Les embrasser, les lécher, les mordre. Glisser ma langue entre elles. Les sentir sur le bout de mes seins. Sa langue habile excite longuement mes mamelons avant de lécher chaque centimètre de ma peau, jusqu’à l’intérieur de mes cuisses humides. Elle s’y glisse, et joue entre mes lèvres avec dextérité, la salive inconnue se mêle à la cyprine de mon excitation.
Il m’a parlé. Absorbée par mes divagations érotiques, je n’ai pas entendu. Je sens la panique me gagner. Qui sait de quoi j’avais l’air, là, à jouir mentalement ? Les yeux révulsés et la tête renversée, que sais-je ? N’aurais-je pas gémi ? Et que répondre à présent ? « Excusez-moi, pourriez-vous répéter, s’il vous plaît ? Je suis désolée, j’étais distraite, en plein fantasme, avec vous, et vous pratiquiez un cunnilingus de rêve sur ma personne. »
J’ignore donc ce qu’il m’a dit, mais voilà que je le suis dans ce petit café de quartier. Il commande deux verres de vin blanc.
L’endroit est simple mais propre, presque coquet. Et quasi-désert. Nous sommes assis en face l’un de l’autre, en silence. Je réalise soudain que je viens d’accepter un verre d’un parfait inconnu, qu’il doit me prendre pour ce que je ne suis pas. Non, je ne suis pas une fille facile. Non, je ne veux pas d’une aventure. Non, je ne couche pas le premier soir. Non, je n’ai pas envie de sexe.
Je ne dis rien de tout cela mais espère secrètement qu’il va lire dans mes pensées. Que le malentendu va être dissipé très vite.
Me lever et sortir, c’est la solution. Quelque chose me retient. Il ne dit rien pourtant, mais son regard sur moi est un aimant puissant. Je reste. Pour voir. Ce qu’il va dire, faire.
Je ne comprends pas. Peut-être se moque-t-il de moi. Car il ne dit absolument rien. Mon trouble s’accentue. La panique m’envahit.
Soudain, il se lève. Sans me quitter des yeux. Il enfile son manteau, contourne ma chaise, prend le mien et le pose sur mes épaules. Au passage, il effleure ma nuque du bout des doigts. Geste volontaire ? Je ne sais pas, je suis profondément troublée par cette caresse peut-être imaginaire. Des frissons parcourent mon corps tout entier, j’ai chaud. Je suis ivre.
Je me lève et le suis au dehors.
La légère brise me ramène à la réalité. Tout cela n’a sans doute été que le fruit de mon imagination, me voilà à nouveau sur la terre ferme, dans la rue, en face d’un homme tout juste croisé à l’instant. Je reprends mes esprits, reviens à la vie. Je lui souris.
Je reprends ma marche le long des boutiques éclairées. Il marche à mes côtés. Il est à quelques centimètres de moi et pourtant, j’en oublie un instant sa présence devant une jolie paire de chaussures. Des ballerines couleur parme qui iraient si bien avec ma petite robe en lin. Je les fixe un long moment dans la vitrine avant de lever les yeux et de voir le reflet du visage de l’inconnu au dessus du mien, tout près. Je me retourne, il est contre moi et me plaque soudain contre la vitre. Mon cœur bat la chamade. Je ne sais pas ce que je fais là, j’ignore ce que je veux, ce que j’attends, mais je ne bouge pas. Il se baisse légèrement, pose l’une de ses mains sur mon genou et la laisse glisser le long de ma cuisse. Le désir qui m’envahit est brutal et violent.
Sa main remonte sous ma robe, le long de ma hanche et écarte violemment l’élastique de mes collants pour se glisser sans préavis contre mon sexe brûlant. Ses doigts entrent en moi avec une facilité déconcertante. Nous sommes appuyés contre la vitrine allumée d’un magasin ouvert, dans une rue passante. Je contiens à peine un long gémissement. Rien d’autre n’existe que mon plaisir.
Les collants me gênent, il le devine, et de sa main libre, les baisse jusqu’à mi-cuisse. Libre de toute entrave, sa main experte dans ma culotte, je me laisse emportée vers un orgasme public.
Il remonte habilement mon collant, me prend par la main et m’entraîne très vite vers une rue moins fréquentée. Il rit, je me sens libre, impudique et fière. Belle, je crois.
Une porte cochère. Il m’attire contre lui puis me retourne sans ménagement et se plaque contre ma croupe dénudée en quelques secondes. Il la malaxe, la pétrit, la renifle, la goûte. Ses gestes sont doux et forts à la fois, je me laisse faire avec délice. Je sens sa langue chaude entre mes fesses, sa gourmandise me comble. Je m’appuie un peu plus sur la porte qui s’ouvre sous mon poids. Surpris, nos ébats s’interrompent un instant. Il me pousse à l’intérieur. Un petit hall d’entrée désert, des boîtes aux lettres, un escalier à l’ancienne.
Mon désir est immense, je ne veux pas que cela s’arrête. Je pose mes fesses sur le carrelage froid d’une marche, j’écarte les jambes et soulève ma jupe. Il est là, à genoux, la tête entre mes cuisses, sa langue talentueuse me prodiguant bruyamment un plaisir infini. Ma jouissance est exquise, unique, intense.
Je reste sans force, anéantie par cette vague de bien-être inattendu survenue au détour d’une rue parisienne. Quel est donc cet homme capable d’un tel cadeau envers une inconnue à peine jolie et qui ne l’a pas touché ?
Est-il humain ? N’est-ce pas là un ange du plaisir envoyé pour récompenser ma sagesse quotidienne ? Un cadeau du ciel ? Un délice divin ?
Je n’ose pas le regarder, je me sens rougir. Je suis ridicule, les collants filés, la culotte aux chevilles, les cheveux ébouriffés, dans ce hall d’immeuble, face à cet inconnu. Je me relève et tente de remettre un peu d’ordre dans ma tenue. Je toussote, passe d’un pied sur l’autre, tout à coup mal à l’aise. Il allume une cigarette tout en me regardant. Un ange ne fume pas, non ? Il est donc bien réel ?
Et maintenant ? « Au revoir, c’était bon, un vrai régal, j’ai adoré, merci. » ? Evidemment, je ne peux pas dire une chose pareille ! Le silence est pesant, il dure un siècle. Je suis perdue.
Il ouvre la porte, la nuit est plus sombre, me semble-t-il, la rue moins fréquentée. Je le suis, nous retournons dans l’avenue principale. Je suis partagée. Déchirée entre l’envie de fuir, la honte, et celle de crier « Encore ! », de chercher à connaître d’autres plaisirs interdits, de découvrir à mon tour le goût de son corps.
Le déshabiller sans ménagement. Serrer ses fesses entre mes mains, baiser son ventre chaud. Glisser son sexe dressé entre mes seins nus, et l’entendre gémir de plaisir. Jouer de ma langue sur son gland, et sans plus attendre, le prendre tout entier dans ma bouche jusqu’à ce qu’il crie de plaisir et jouisse violemment.
Il m’a devancée de quelques pas, j’accélère pour le rattraper. Il s’arrête net au milieu du trottoir. Il me tend une cigarette, je refuse. Il me semble voir un léger sourire se dessiner aux coins de ses lèvres. Il relève la mèche de cheveux qui tombe sur mon visage, il m’observe, cela me gêne. Je me sens stupide, laide, grotesque. Je baisse la tête, rattrapée par la pudeur, rongée par la honte. Je sens sa main qui serre doucement mon poignet. Comme un geste d’excuse avant les adieux. Je n’ai pas besoin de lever les yeux pour savoir qu’il s’éloigne vers la bouche de métro.
Ma marche reprend, je suis semblable à un automate, je vais vers les rues familières qui me mèneront chez moi. Mon esprit est en sommeil, ma tête est vide, je suis calme, reposée, sereine.

Mon sac, mes clés, la porte cochère, l’appartement. Aline est là, assise sur le canapé du salon, une assiette à la main. « Salut, Léa ! J’ai cuisiné, c’est encore chaud, si tu veux, je te fais une assiette. »
Je lui souris. « C’est sympa, mais une autre fois, là, je n’ai vraiment pas faim, je suis épuisée. »
J’entre dans ma chambre, j’enlève un à un mes vêtements souillés de luxure, et me glisse sous le jet d’eau chaude familier. Je reste là longtemps. L’eau coule le long de mon visage, détend mes muscles, lave ma peau, ruisselle sur mes seins et coule entre mes jambes.
Je savonne avec volupté ce corps qui reprend vie, et frissonne sous mes doigts.

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A.G Matthey
A.G Matthey · il y a
C'est très bien écrit et surtout je trouve les ambiances descriptives très a point et ponctuel
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