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Antichambre de la création littéraire : proposition d'écriture destinée à travailler la subjectivité

Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour chers auteurs,

Pour faire suite à la proposition d'écriture destinée à travailler la neutralité (en remerciant tous ceux qui ont joué le jeu, puisque c'est bien un jeu), voici une proposition inverse, la dernière car je suis très occupée. Attention à bien lire tout l'énoncé (hé,hé !).
Bien sûr, bienveillance, lecture des textes des autres participants et commentaires sont les bienvenus.
Mais place à la proposition d'écriture.
"À la manière d’un peintre, vous décrirez votre endroit préféré en y intégrant l’émotion que vous procure ce lieu.
Maximum : 2000 signes. "
À vos plumes et bonne inspiration !
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Pour poster des commentaires,
Plumareves
Plumareves · il y a
Voici ma participation...Un peu trop nostalgique peut-être ?


Bien campée sur la pierre du seuil, bloc de granit gris poli par les millions de pas qui l'ont foulé depuis l’édification de la maison en 1778, je force la résistance de la porte de bois plein, aux teintes délavées par la flamboyance des étés et la violence des pluies hivernales.
Mes yeux éblouis par la franche lumière de juillet s’accoutument progressivement à l’obscurité relative de la pièce. La table familiale en chêne massif trône au centre de la salle, entourée des huit chaises à dossier haut qui ont succédé aux bancs traditionnels devenus trop rustiques pour nos échines chenues. À gauche, le vaisselier orné de faïences locales fait face à la vaste cheminée de ferme, aux pierres noircies par les fumées de l’âtre qui ont aussi obscurci les poutres du plafond.
Des rais de lumière viennent caresser le blanc badigeon des murs auquel fait écho le liseré de dentelle enjolivant la frise de la cheminée.
De chaque côté du foyer se love un banc-coffre sur lequel se réchauffaient,le soir, mes aïeux. Je me laisse doucement glisser sur celui de droite, proche de l’âme de la maison, l’horloge offerte au mariage de mes arrières grands-parents. Le fronton et le balancier dorés, richement décorés de motifs floraux polychromes, étincelaient jadis dans les rougeoiments des veillées, où se racontaient des histoires de "petons", perchés dans les arbres pour railler les humains et d”Ankou”, ramassant dans sa charrette les âmes cheminant de concert vers leur éternité.
Mes pensées flânent sur les volutes du temps. Dans un demi-sommeil, j’entends bruisser les ombres des ancêtres, les rudes étoffes du quotidien remplacées le dimanche et les jours de fêtes par les beaux habits brodés et coiffes empesées.
Les cinq coups de l’horloge me ramènent au présent. C’est l’heure de défaire les valises et d’installer mes pénates dans cette maison qui résonnera bientôt des joyeux ébats de la famille et des amis qui se succéderont tout au long de l’été.
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Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Plus de deux siècles ont forgé la mémoire de cette maison bretonne, et votre récit est empreint de mélancolie. Le soleil d'été fera scintiller les demi-teintes de votre tableau et rehaussera encore les couleurs de l'horloge polychrome, seule touche de couleurs vives dans cette maison soumise au passage des saisons. Bravo Plumareves.
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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci Fred. Un tableau en demi-teintes en effet pour une maison hors du temps, belle assoupie qui chaque été renaît à la vie.
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JACB
JACB · il y a
Johannes Vermeer y trouverait sujet pour un de ces tableaux: contours francs, obscurité et lumière tout est à portée d'un pinceau réaliste dans une atmosphère surannée où filtre beaucoup d'émotion. Et pourtant, peu de couleurs si ce n'est le doré qui campe dans l'horloge, les objets les suggèrent.
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Plumareves
Plumareves · il y a
Oh merci infiniment JACB !
Une décoration en effet davantage suggérée que décrite car plus de détails m'auraient entraînée bien loin des 2000 caractères requis et je souhaitais plutôt créer une atmosphère... Ainsi chacun peut enluminer les lieux de sa palette de couleurs préférée.:-))
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
très belle description d'une pièce à vivre d'antan où le présent s'invite...
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Une maison chargée d'histoire qui va renaître au fil de l'été. Belle description, qui suscite des images, et des souvenirs à foison. Mais l'horloge sonne le présent !
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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci Huppefasciée. En effet, si le présent réenchante le passé, on se doit d'exister ici et maintenant.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Nostalgique, non. Pas seulement. Proposition respectée sans aucun doute avec ce mélange de description du lieu et de ce à quoi il renvoie, tout en finesse et élégance. Bravo et merci !
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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci à vous Elodie pour votre appréciation et ces défis que j'ai pris plaisir à relever et qui m'ont beaucoup intéressée.  J'ai pris conscience notamment que la neutralité de l'expression laissait toute sa place à l'imaginaire du lecteur  qui en s'appropriant plus aisément le récit pouvait le faire vivre en lui, indépendamment de l'auteur. Je vais m'exercer dans ce sens. Encore merci.:-)
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Mamounette
Mamounette · il y a
Je suis entièrement d'accord avec vous Plumareves et je salue encore l'initiative d'Elodie qui nous oblige à " travailler" un peu et, personnellement, j'en ai bien besoin !
Bravo pour votre beau texte .
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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci beaucoup Mamounette.
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Mamounette
Mamounette · il y a
Pardon d'avoir écorché votre pseudo...la tablette est capricieuse !je corrige.
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Plumareves
Plumareves · il y a
Aucun souci Mamounette :-). On a tous expérimenté au moins une fois les facéties de " l'écriture prédictive" sur smartphone ou tablette avec des résultats parfois croquignolesques. Cela pourrait faire le sujet d'un ttc pour un esprit enjoué...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
J'en suis très heureuse ! Merci à vous !
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Florane
Florane · il y a
Et là, on l'entendait le silence du lieu... Bravo
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Plumareves
Plumareves · il y a
Rythmé par le battement de coeur de l'horloge qui dit oui qui dit non...:-)
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Nicole Coste
Nicole Coste · il y a
Bravo, j'y suis dans cette maison familiale, chargée de souvenirs, avec toutes les marques de la vie passée. Voulez-vous allumer le feu dans la cheminée pour faire briller les bois cirés et les cuivres? Bonnes vacances!
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Plumareves
Plumareves · il y a
L'été c'est exceptionnel ou alors pour le plaisir de voir danser les flammes. Merci :-)
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Voici mon texte :
CONFLUENCE

Loire et Vienne
ici se rejoignent

entre les bancs de sable
frétillent les poissons argentés

le ciel dilué de septembre
fait surgir le balbuzard pêcheur

les gabarres amarrées sur la rive
attendent patiemment les passagers

ici et là quelques branches échouées
sèchent au milieu des salicaires violines

une ruelle pavée descend à pic
sur ce quai où je me choisis un banc

là j’entends les cloches de la collégiale
l’heure de midi sonne au fil de l’eau

je quitte à regret ce lieu si paisible
pour flâner entre les maisons de tuffeau blanc


sur un mur de pierre un repère de crue
1856 la plus forte crue de la Loire

roses trémières et anémones du Japon
guident mes pas dans les ruelles médiévales

ancien port de pêche et de batellerie
dominé par la Collégiale Saint-Martin

beau village de Touraine où se joue le contraste
entre l’ardoise et le tuffeau des maisons

Candes- Saint-Martin, le 3 septembre 2017.
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Mamounette
Mamounette · il y a
J'ai découvert les bords de Loire et l'endroit que vous décrivez si bien, en plein hiver et j'ai été littéralement envoutée. Merci de me faire revivre ce moment magique.
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Envoutée est le mot, j'y suis en ce moment. Merci Mamounette.
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Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
C'est somptueux, Huppefasciée. Je note le nom de ce village au confluent de la Loire et de la Vienne pour mon prochain séjour en Touraine !
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Merci Fred, vous ne serez pas déçue !
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JACB
JACB · il y a
Vous y ajouterez Montsoreau qui est tout à côté ,Fred
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Mamounette
Mamounette · il y a
Oh oui !!!!
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Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Merci JABC ! Oui, Montsoreau nous y sommes passés mais sans visiter l'intérieur du château qui hébergeait seulement une exposition d'art contemporain et nous avions peu de temps. De l'extérieur, un imposant et merveilleux château !
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JACB
JACB · il y a
C'est ça! je me suis tout de suite faufilée à Candes! Vous avez raison Huppefasciée de nous y inviter!
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Merci JACB, il faut partager ses coup de cœur !
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Nicole Coste
Nicole Coste · il y a
Je ne connais pas la Touraine et pourtant grâce à vous ce paysage est maintenant dans ma mémoire! Bravo pour cette évocation.
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Merci Nicole, votre commentaire me touche beaucoup. Cette région vaut vraiment le détour !
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Plumareves
Plumareves · il y a
Très joli texte qui incite à la flânerie dans ce havre de paix que l'on découvre à travers votre regard.
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
C'est tout à fait l'esprit, un lieu de rêverie et de flânerie. Merci Plumareves.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci Huppefasciée pour votre texte. La proposition est respectée. On le voit cette confluence que vous aimez. Bravo !
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Merci pour votre regard Elodie.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Je vous en prie !
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Marie
Marie · il y a
J'aime beaucoup votre texte !
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Huppefasciée
Huppefasciée · il y a
Merci beaucoup Marie.
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Nicole Coste
Nicole Coste · il y a
Voilà mon texte:
C'est un pays tout plat, où les montagnes sont des dunes qui se déplacent
quand vient le chergui
C'est un pays où libellules et papillons annoncent le vent chargé de sable...
où les embruns signalent la mer proche qu'on ne voit pas mais qu'on entend
C'est un pays qu'on nomme désert, où la vie se cache:
la gerboise à l'ombre du rocher
le scorpion sous la pierre
les mouches qui bourdonnent....
C'est un pays où paissent chèvres et dromadaires....
C'est un pays où l'eau douce est absente mais où les vagues se fracassent
contre les falaises.

C'est un pays de liberté....
C'est un pays que j'aime....
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Nicole, on s'y croirait!! Peut-être manque-t-il la description des couleurs? Car la vision du peintre est ds la consigne... mais tu peux compléter sans problème...
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Nicole Coste
Nicole Coste · il y a
Tu as raison, j'ai "négligé" de parler des couleurs parce quà sa création ce texte accompagnait des photos!
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Nicole Coste
Nicole Coste · il y a
deuxième essai:
C'est un pays tout plat, où les montagnes sont des dunes blondes qui se déplacent
quand vient le chergui.
C'est un pays où libellules et papillons annoncent le vent chargé de sable...
où les embruns signalent la mer si bleue, si proche qu'on ne voit pas mais qu'on entend
C'est un pays qu'on nomme désert, où la vie se cache:
la gerboise au pelage couleur du sable se repose à l'ombre du rocher, attendant la fraîcheur nocturne pour s’extraire.
le scorpion jaune sous la pierre dardant sa queue prêt à fondre sur l’ennemi,
les mouches qui bourdonnent....
C'est un pays où paissent chèvres et dromadaires....
C'est un pays où l'eau douce est absente mais où les vagues à la crête blanche se fracassent
contre les falaises ocre.

C'est un pays de liberté....
C'est un pays que j'aime....
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Plumareves
Plumareves · il y a
Belle évocation toute en mouvements, sons et couleurs.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci Nicole... avec ls couleurs ds ton texte et les photos, quel beau voyage!
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Marie
Marie · il y a
Bravo !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci Nicole pour votre participation. C'est réussi ! Quant à votre pays de liberté, je dois bien l'avouer, je l'aime aussi ! Merci !
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Nicole Coste
Nicole Coste · il y a
merci et si vous aimez ce pays, vous pouvez voir les photos qui l'accompagnaient et d'autres ici:http://nicole-raconte.over-blog.com/article-la-ou-je-vous-emmene-37515631.html
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci pour les photos ! Elles donnent envie !
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Florane
Florane · il y a
Et le mien (deuxième essai)
Il est un endroit paisible, qui me tient particulièrement à cœur. Il est non loin de ma maison, à quelques pas vers l’est… il s’agit du fond de mon jardin. Là, sur le fond vert tendre de l’herbe indomptée, la nature a installé son décor d’harmonie. Les couleurs y sont douces car la lumière qui éveille ce lieu est tamisée par les feuilles des arbres. Un érable majestueux impose sa présence et la base de son tronc invite à s’assoir sous son imposante ramure. Dans quelque mois, quand la mélancolie des beaux jours perdus m’envahira, il viendra me consoler par les teintes flamboyantes de son feuillage, hommage à la vie, promesse de renaissance, avant de se dépouiller. Un peu à l’écart, un sapin bleu s’élance vers le ciel. Ses branches vigoureuses aux aiguilles drues m’inspirent la vigueur, la joie de vivre. Ses reflets bleutés force mon admiration et exalte ma fierté de posséder un tel trésor. Un figuier s’est un jour invité en ce lieu et y a grandi dans la sérénité. Ses larges feuilles d’un vert sombre tire le regard, et pour s’attirer mes faveurs, se pare de gourmandises qui le constellent de multiples tâches brunes. Quelques arbustes se partagent l’espace restant, leurs feuillages vert tendre, parfois irisés semblent hésiter à s’imposer et préfèrent coloniser le sol. Sur une des plus basses branches, un rouge gorge aime à se poser. Son jabot rouge vif vient pigmenter cet écrin de verdure… Serait-ce la touche de mère nature ?
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Plumareves
Plumareves · il y a
Un jardin où il fait bon vivre au fil des saisons, dans une nature à la foi intimiste et puissante qui insuffle sa vigueur à ceux qui l'admirent et la protègent.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Bel environnement chargé de couleurs...
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Florane
Florane · il y a
Dominante verte!
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Marie
Marie · il y a
On s'y voit et on s'y sent bien !
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Florane
Florane · il y a
Comment peindre le silence des lieux ?
Là, j'avoue que j'ai séché
Question pour Elodie
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
La proposition est respectée, sans nulle doute. Bravo ! Pour le silence, je ne sais quoi vous répondre. Peut-être à travers l'oiseau et son absence de chant ? Dans la ponctuation et le rythme aussi... Il faut essayer. Quoi qu'il en soit, ce deuxième essai est réussi !
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Florane
Florane · il y a
Merci Elodie de votre temps consacré
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Avec plaisir, Florane !
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Voilà mon essai...

« Bon Dieu, que c’est beau ! »
Assis dans ma chaise longue sur le balcon du chalet, face à la chaîne du Mont-Blanc, je laisse les rayons du soleil de cette après-midi d’août caresser ma peau tandis que je m’enivre du panorama. Je ne sais comment le décrire.
Je vous assure, j’ai tout essayé.
J’ai essayé les adjectifs magnifique, grandiose, extraordinaire, immense, géant, vertigineux... pour le qualifier. J’ai essayé les adverbes tellement, incroyablement, étonnamment, superbement… pour les renforcer. Tout, je vous dis.
Mais si chaque adjectif magnifie un aspect, si chacune des associations transcende une part du spectacle que j’ai devant les yeux, aucune n’arrive à synthétiser l’entièreté de l’émotion que je ressens.
Mon esprit cherche, mes neurones s’agitent, mon cerveau mouline pour tenter de définir ça, ce qui est là, devant moi. Ce qui m’enveloppe et me submerge, m’écrase et me fait m’envoler à la fois, me fait planer au-dessus du toit de l’Europe.
Alors, ayant épuisé les superlatifs, je me rabats vers le seul mot qui me semble pouvoir contenir tout. Je reviens à la source, à la simplicité, la concision.
Je ne trouve que ce monosyllabe qui synthétise l’ensemble et dont la prononciation le rapproche d’une expression de surprise, comme lorsque vous avez le souffle coupé, comme lorsque vous êtes subjugué et vous retrouvez figé, sans voix, devant ce qui vous submerge.
Beau.
Dieu que c’est beau !
A cet instant, je dois avoir sur le visage un sourire béat. Heureusement que personne ne m’observe. Sauf peut-être ces oiseaux que j’entends chanter, et qui semblent à leur manière célébrer le céleste panorama.
C’est Beau. Eté comme hiver, c’est beau.
D’ailleurs il me semble bien, l’hiver dernier, avoir entendu le plus courageux d’entre eux qui, dans les frimas, était toujours vaillant pour célébrer de son chant le divin spectacle. Oui, je me souviens avoir entendu l’oiseau d’hiver me dire que c’était beau…
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Plumareves
Plumareves · il y a
Merci pour cette vision planante...C'est tout simplement BEAU ! :-)
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JACB
JACB · il y a
Plein d'humour, ce texte qui énumère tout ce qui pourrait en faire la subjectivité en faisant mine de supputer sur les choix . Un joli paradoxe!
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Marie
Marie · il y a
Fine analyse joliment formulée !
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Marie
Marie · il y a
Personnellement j'aime beaucoup ! Vous trouvez-vous vers St Nicolas de Veroce ?
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Un petit peu plus haut, mais c'est le même versant : Le Bettex. Et, en confidence, ma dernière phrase est un petit joke, qui fait référence à mon texte L'oiseau d'hiver, sur ma page. Vous, qui semblez connaitre le coin, devriez l'apprécier ;))
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Marie
Marie · il y a
Je connais l'endroit pour y avoir passé plusieurs fois des vacances d'hiver et d'été. Et j'ai revu le paysage avec vos yeux.
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
C'est un joli compliment que vous me faites là. Merci à vous.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Grâce à Dieu (que vient-il faire ici celui-là) ton texte Épicurien est éminemment subjectif ! Et j'avais bien saisi la référence de l'oiseau d'hiver. En un mot comme en 100, sans faire dans les superlatifs : bravo !
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Ah ! Merci Elodie. Que ton compliment me touche !!! ;))
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Euh.. ça fera 100 € !!! :-) :-)
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Mdrrrr ;)))
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Yasmina
Yasmina · il y a
Otez-moi d'un doute ! Ces ateliers d'écriture ne seraient-ils pas une "commande" de SE pour, je vous cite, "Redonner ses lettres de noblesse à la Fabrique" ?
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Dans le fond, quelle importance? Ce post est une riche idée car les amateurs peuvent participer...ou non...
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Yasmina
Yasmina · il y a
Elodie m'a répondu avec bienveillance ( cf ci-dessous )
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JACB
JACB · il y a
ça c'est vraiment de la subjectivité Yasmina (!!!!!!!!)
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Yasmina
Yasmina · il y a
Peut-être !
Mais permettez-moi que je m'interroge !
Elodie Torrente est a déjà été "sollicitée" par SE pour des textes.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Yasmina, votre interrogation ne m'étonne guère. Je m'attendais, figurez-vous, à ce que l'on me pose la question (pas vous, forcément, hein). Je vais vous décevoir ou vous plaire (qui sait ?) : non ce n'est en aucun cas une commande de SE (même si, en effet, depuis 2012, SE, après avoir élu ma première, puis ma deuxième nouvelle lauréate (et ce avant que Foenkinos ne le fasse lors de la Matinale 2012) me commande des textes pour ses partenaires, ce que je trouve très plaisant, puisque j'aime écrire sur commande aussi et que la confiance témoignée me va droit au coeur !) et me conforte dans mon art.
Si j'ai mis en ligne ces deux propositions c'est parce que j'ai parcouru, de loin, les polémiques qui agitent ce forum qui, pour moi, sont bien peu constructives. Il m'est apparu donc intéressant et même nécessaire (voyez comme j'ai de l'égo !) de lancer ces ateliers (deux, pas un de plus) pour redonner à ce forum ses lettres de noblesse, comme mentionné dans le titre. La fabrique, si je ne m'abuse, est destinée à créer ensemble et non à s'égosiller pour se plaindre en fomentant des polémiques inutiles. J'ai donc pris de mon temps pour donner ces deux propositions, lire les textes des auteurs qui ont sympathiquement joué le jeu, montrant par la même occasion ce que sont les ateliers d'écriture que je dispense. Car peu,en définitive, savent ce qu'est un atelier d'écriture.
J'espère avoir répondu à votre question et vous avoir ôté d'un doute.
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Mamounette
Mamounette · il y a
Entièrement d'accord ! J'aimerais tant être aidée et motivée par un atelier d'écriture.... C' est hélas matériellement impossible et j'attends des auteurs sur ce site ce genre d'initiative , c'est ce que je pensais surtout trouver sur le forum mais.............
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Ah chère Mamounette, si vous continuez ainsi, je vais devoir continuer à alimenter cette rubrique... ^^ Grand merci !
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Yasmina
Yasmina · il y a
Merci pour votre réponse qui, je vous l'avoue, ne me déplaît pas ;-)
C'est alors une excellente initiative de votre part et il est vrai un réel investissement.
Il est vrai que cette rubrique est souvent détournée de sa fonction première.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
PS :je vous invite à vous rendre sur mon site Internet www.elodietorrente.fr pour constater que je n'écris pas que pour SE même si, je l'avoue, je crois davantage en SE qu'en toute autre maison d'édition dédiée au court. Il faut dire aussi que je suis publiée depuis 2008... et qu'en organisant un prix avec des auteurs reconnus, je sais ce qu'est le monde de l'édition, qu'il s'agisse du long ou du court.
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Florane
Florane · il y a
Bonjour
je vous propose ce texte :
"Comment allez-vous mes p’tits monstres ? Je suis heureux de vous retrouver à chaque fois. Assis dans ce lieu restreint, temple de l’intimité, seul endroit où mes yeux n’ont rien d’autre à faire qu’à accrocher le sol carrelé. Vous êtes là, mes p’tits monstres, disséminés sur la mosaïque de dominos noirs tachetés de blanc. J’aime vous chercher, vous extraire des volutes d’émail maculant un noir si intense, si profond. Toi, avec tes cheveux hirsutes, ton sourire sardonique. Tu te tiens à part, dans le coin, presque à toucher mon pied droit. Tu es de loin le plus inquiétant. Vous, multitude de visages tourmentés, semblant émerger des bas fonds, attirés par le clair-obscur, vos bouches mugissent de longues plaintes qui s’éteignent dans les ténèbres des profondeurs. Vous enfin, bien moins intrigants. Chats majestueux aux poils vaporeux, chien à la fourrure soyeuse portant couronne et arborant un large collier, Lapin en goguette, Castor dressé aux incisives aiguisées. Mon esprit foisonne… Combien êtes-vous encore à demeurer cachés ? Êtes-vous tant facétieux qu’il faille que je vous contemple depuis la porte pour que vous vous révéliez tous ? Peut-être finirais-je par m’y reconnaître… Errant, l’esprit acquis au néant. Je me plais à imaginer que je contemple une fenêtre sur l'au-delà, que telle est la destination de nos âmes... Mes monstres ne m’effraient pas car j’ai appris à les aimer."
Merci
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Plumareves
Plumareves · il y a
Originale plongée dans l'univers foisonnant de votre imaginaire.
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Florane
Florane · il y a
Merci de ce compliment d'expert en imaginaire, si j'en crois votre pseudo... ;-)
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci beaucoup Florane. Votre texte est très sympathique cependant je n'ai pas compris quel était votre lieu préféré ? La description de ces monstres est agréable mais elle ne répond pas vraiment à la proposition,. Non ? Qu'en pensez-vous ?
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Florane
Florane · il y a
Ah! Je pensais pourtant
La révélation de ces personnages et les émotions qu'elles me suscitent me rappelait l'interprétation d'un tableau abstrait
Je n'ai sûrement pas bien saisi la consigne...
Quant au lieu, poir lequel je focalise sur le sol, il n'est pas à proprement parler mon préféré mais je dirai qu'il est un lieu commun et intime à la fois, présent dans chaque maison,lieu de passage oblige et qui sait, à bien des égards procurer bien être et soulagement :-) :-)
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci pour votre réponse. Il ne s'agissait pas d'interpréter un tableau mais de faire comme un peintre, une description par touche. Quant au lieu, il était demandé votre préféré... Ceci étant, j'aime l'explication que vous en donnez. Et puis, entre nous, les propositions d'écriture permettent de se tester et en aucune cas de juger. Merci d'avoir participé !
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Florane
Florane · il y a
J'ai le droit de rejouer alors?
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bien sûr !
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Un pas devant l'autre, sans but précis, je marche, là, au milieu de mes amis les arbres.
Je respire à pleins poumons de l'oxygène pur qui se mélange à du bonheur.
Assurèment, un peintre du dimanche n'aurait pas besoin de beaucoup de tubes pour immortaliser le paysage qui m'entoure.
Il lui faudrait juste du bleu ciel pour le ciel, du blanc pour les nuages blancs, du gris pour le chemin gris et une palette de couleur verte, car une symphonie de vert va envahir son tableau : le vert doux de la mousse qui recouvre le sol, le vert clair de l'éventail des fougères, le vert mat des framboisiers et des noisetiers, le vert brillant des feuilles de chêne en mouvement, le vert lumineux des feuilles découpées du hêtre, et, enfin, le vert, qui, mélangé à du noir, va donner la couleur sombre des sapins majestueux.
Sa peinture respirera le calme, autant que cette nature préservée qui survit loin des cahots d'un monde en furie.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Elisabeth,
Merci pour cette deuxième participation. Il y a en effet de la subjectivité, notamment quand vous écrivez qu'un peintre n'aurait pas besoin de beaucoup de tubes. Je vis à Auvers-sur-Oise, village impressionniste comme certains ici doivent le savoir et pour me balader régulièrement dans la campagne, je dirai qu'il en faut beaucoup de tubes pour donner à voir et à sentir ces verts si variés. Mais peu importe, puisque justement ce qui était demandé c'est de la subjectivité. L'exercice est donc réussi. A noter cependant que la mention "à la manière d'un peintre" comme je le disais ci-dessous signifie par touches, avec des oscillations entre ce qui est visible et ce qui est ressenti. Mais là encore, comme il s'agit de subjectivité, votre interprétation n'est pas critiquable, elle est ce que vous en avez fait. Merci Elisabeth d'avoir, comme tous les autres auteurs, joué à ce petit jeu et partagé votre travail.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci Elodie d'avoir pris de votre temps pour commenter ma modeste participation... Comme j'aime écrire - et me lancer dans l'inconnu - vos consignes me vont bien... même si, bien sûr, je fais ce que je peux...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Nous faisons tous toujours ce que nous pouvons et c'est tout à fait honorable. Merci à vous de suivre ces consignes ! Bonne journée.
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JACB
JACB · il y a
Nature, la dame en vert!
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
De la subjectivité à plein régime, et... une vision multicolore de la nature qui "m'imprime". Bravo, et merci pour ce bon moment, Elisabeth. J'en redemanderais bien quelques couches !
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci Zutalor...c'est facile car c'est mon environnement...
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Plumareves
Plumareves · il y a
J'aime votre déclinaison des verts que la nature nous offre si généreusement...
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Oriel
Oriel · il y a
sauf que les nuages sont rarement blancs, les cheminées pas grises et le ciel change: rose, blanc, gris, orange, noir....
Juste pour t'embêter un peu...
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Merci de m'embêter Oriel!! Je redoutais des compliments!
Il est tard et je m'amuse encore ici! Bonne nuit...
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Oriel
Oriel · il y a
Par rapport aux autres textes, celui-là peut se peindre: un dessin d'enfants: une oasis colorée au milieu d'une masse informe et grouillante. Tout est dit. Je trouve l'émotion qui me convient.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
La peinture est ton domaine, Oriel... ta prose ci-dessous m'a bluffée... j'aime l'art "naïf", simple et pas sophistiqué...
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Oriel
Oriel · il y a
Merci Elisabeth; je trouve vraiment ton texte dans le thème.
Tu as tort sur l'autre point: l'art naïf est très compliqué, tout comme l'art abstrait (hors le truc tendance style ikea, qui marche du feu de Dieu car les gens ADORRRENT être top tendance!). Le figuratif, c'est de la technique, de la géométrie, de l'architecture: ça se calcule.
Zut me disait qu'il faut des neurones pour écrire, mais ils sont tout aussi nécessaires en peinture.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Tu m'apprends qq chose... je croyais l'art "naïf", naïf!! Ici, montagne et montagnards, les pieds sur terre!! Le "top tendance", on laisse ça aux parisiens et à ces habitants des grandes banlieues (plutôt Neuilly!!)...
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Marie
Marie · il y a
auto-correction : répétition de "tendre", on peut dire : un ciel bleu doux (ou autre nuance car là on pense au beurre...)
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Marie
Marie · il y a
Hier soir je me suis plongée dans la lecture impressionnante des détails du Débarquement de 44. Ce matin du 28 août, il fait un temps radieux lorsque je débouche sur l’esplanade du cimetière américain d’Ohama Beach. Les premières croix m’apparaissent au loin mais je reste en arrêt, frappée par la beauté du lieu : une immense pelouse d'un vert intense, piquetée de rosiers, porte une infinité de croix blanches qui scintillent sous le soleil ; le ciel bleu tendre fait écho à la mer qui berce le sable blond au bas des falaises herbues, celles-là mêmes que les boys eurent à escalader sous la mitraille. J’avance ; plus j’avance et plus les parallèles et diagonales de croix s’éloignent à l’infini, je ne pourrai les embrasser toutes du regard. Le guide disait : 9387 tombes, les voir c’est tout autre chose ! Des sentiments multiples m’envahissent : l’effroi, l’admiration, le respect, la tristesse, la reconnaissance, l’amertume aussi parce que les guerres, n’est-ce pas, toujours et partout… Je me penche alors sur les plus proches croix et étoiles de David pour découvrir quelques noms et prénoms, des dates de naissance et de mort, le nom de leurs Etats d’origine. Parfois, un terrible : « Unknowed ».
Cela ne leur rendra pas la vie mais l’hommage des vivants sanctifie ces morts dans ce paysage splendide où ils sont tombés. Qu’ils reposent en paix au beau jardin des morts ! Le jour décline, les ombres se font tendres et je ressens un grand apaisement. Derrière le parapet, la mer retient son souffle.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Marie.La proposition est respectée et je trouve très agréable que vous ayez repris votre texte neutre pour y répondre. Enrichissant aussi que vous ayez pris conscience de l'absence d'un lieu que vous aimiez entre tous les autres (il n'a jamais été question de lieu de ressource mais de lieu aimé. Est-ce la même chose ? A réfléchir !). Enfin, à noter des répétitions du mot "mort" en fin de texte qui mériteraient d'être revues. A moins que vous ne l'ayez fait exprès ? Merci en tout cas d'avoir joué le jeu pour la deuxième fois !
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Marie
Marie · il y a
Ah oui, trop de répétitions du mot "mort", c'est vrai. Pour l'endroit préféré, je ne trouve toujours pas ou il y en a plusieurs, ou je fais un blocage qui va exiger une analyse ! (C'est improprement que j'ai employé "ressourcer"). Je ne me voyais pas décrire le survol du Grand Canyon ou le coucher de soleil depuis le cap Sounion, les mots m'auraient manqué.
Merci, Élodie, pour ces propositions très stimulantes.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Merci à vous de les trouver stimulantes et de vous y amuser !
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JACB
JACB · il y a
C'est tout à fait ça: je connais bien! C'est un lieu emprunt de sérénité, voilà tout son paradoxe.
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Marie
Marie · il y a
C'est cela, exactement : ce lieu est un paradoxe !
Merci, JACB !
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Epicurien78
Epicurien78 · il y a
Joli texte Marie. Et c'est que les voir, toutes ces croix, toute cette immensité qui témoigne de l'effroi, c'est impressionnant.
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Marie
Marie · il y a
Oui, exactement. Merci.
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Oriel
Oriel · il y a
Beaucoup d'émotion et de sentiments. La description est belle, on pourrait en faire une photo. Pour la peindre, je ne sais pas...
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Marie
Marie · il y a
J'ai fait des photos. Si c'était possible, je te les enverrais.
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Belle émotion et belle description aussi... bravo Marie.
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Marie
Marie · il y a
Vraiment merci, Elisabeth ! Je vois les défauts qui restent...
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Marie
Marie · il y a
Merci. On peut encore corriger des scories.
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Plumareves
Plumareves · il y a
C'est intéressant d'avoir les deux versions de votre découverte de ce lieu d'éternel repos et de mémoire. Votre texte est dynamique. Nous marchons avec vous au milieu de ces milliers de croix et ressentons votre émotion et l'atmosphère paisible qui émane du site bercé par les vagues.
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Marie
Marie · il y a
Je vous remercie infiniment pour votre commentaire qui est un encouragement au travail littéraire et une communion sur le passé !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Du sérieux, de la géométrie, de l'émotion vraie.
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Marie
Marie · il y a
Merci, Zut ! J'aurais dû évoquer des rangées et des alignements plutôt que de ne parler que de parallèles et diagonales, je le vois maintenant grâce à ton oeil exercé ; comme j'ai encore pas mal de signes en réserve, je pourrais peaufiner...
Sérieux et véritable émotion, OK.
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Rien à voir mais... Avais-tu lu ce texte ?
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/une-legende-urbaine-1
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Marie
Marie · il y a
Oh oui, je l'ai lu et trouvé tout à fait remarquable !! J'avais échangé à l'époque avec l'auteur. Il me semble que je ne la vois plus guère.
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Marie
Marie · il y a
Elodie, tant que vous n'avez pas fermé le fil, je vais poster mon petit texte. J'ai, je le confesse, un peu détourné la consigne : ce n'est pas mon endroit préféré pour me ressourcer mais c'est bien un des endroits que j'ai préférés en août dernier... Je ne trouvais pas quel était mon endroit préféré ! Ce qui me trouble.
J'ai pensé que reprendre le précédent texte neutre pour le teinter de subjectivité pouvait convenir...A voir...
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Marie
Marie · il y a
Trop bons ces textes ! Suis en panne d'inspiration du coup !
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Oriel
Oriel · il y a
J'avais enlevé le texte, Sylvie me faisant remarquer que ma description était neutre. J'ai relu, légèrement repris mais, pour moi, l'émotion passe ailleurs. Je ne dis pas que j'ai raison. Quant au paysage, je l'ai davantage expliqué.

Appliqué finement à la brosse plate pour en conserver la transparence, le mélange laque de garance, carmin et Andrinople, savamment dosé et mélangé, se fondait parfaitement dans le modelé opalescent qu’il avait relevé de quelques touches de Majorelle. Un travail en douceur au pinceau de deux pour relever un contour : du noir de vigne, ça ne s’invente pas ; Le reflet du cristal flambait sur la ligne de fuite… Une pointe de blanc de zinc pour révéler la lumière et il attendrait avant quelques jours avant de régler l’harmonie de sa toile par un fin glacis carminé.
Tandis qu’il nettoyait consciencieusement pinceaux et palette, il jeta un œil glacial sur son voisin de chevalet, débarqué d’on ne sait d’où la semaine précédente. Sa série s’entassait, de minute en minute : Et hop, une cuillère de gesso tirée à l’essuie-glace ; une giclée d’Alizarine plaquée au couteau (Il se dit que, bien que synthétique, la couleur était exacte) ; une vague forme au Posca noir se composant d’un plus ou moins demi-cercle posé sur un T à l’envers et une crotte de blanc de titane directement posé au tube au milieu de la masse rouge.
- Cent ! J’ai fini ma série ! éructa ce martien. Je m’absente 15 jours, j’espère que le thème aura changé ! Tu viens le boire, ce verre, qui nous tend les bras ?
Sourire poli : ce paysage, il en connaissait trop bien les contours…
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Oui, cette version est subjective, cette fois et pour ce qui est de " décrire à la manière d'un peintre " on ne pouvait mieux répondre au sujet. :) Qulle technique ! Qu'est ce que c'est ? peinture à l'huile ? acrylique ? - Je n'ai toujours pas su déterminer les contours du paysage en question mais l'art abstrait c'est bien aussi.
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Oriel
Oriel · il y a
Un glacis sur de l'acrylique, je ne vois pas comment... Et un entassement d'huiles non plus... ça me semblait évident et ce n'est pas le cas.
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Oriel
Oriel · il y a
Et cette version Sylvie? Y vois-tu plus clair?

Appliqué finement à la brosse plate pour en conserver la transparence, le mélange laque de garance, carmin et Andrinople, savamment dosé et mélangé, se fondait parfaitement dans le modelé opalescent du Harcourt qu’il avait relevé de quelques touches de Majorelle. On en reconnaissait chaque facette. Des effluves boisés enivraient le châssis. Un médoc sans doute, légèrement tuilé. Pinceau numéro deux, en douceur, souligner un contour : au noir de vigne, ça ne s’invente pas. Le pur reflet du Baccarat flambait sur la ligne de fuite… Une pointe de blanc de zinc pour révéler la lumière et il attendrait avant quelques jours avant de régler l’harmonie de sa toile par un fin glacis carminé.
Tandis qu’il nettoyait consciencieusement pinceaux et palette, il jeta un œil glacial sur son voisin de chevalet, débarqué d’on ne sait d’où la semaine précédente. Sa série s’entassait, de minute en minute : Et hop, une cuillère de gesso tirée à l’essuie-glace ; une giclée d’Alizarine plaquée au couteau (Il se dit que, bien que synthétique, la couleur était exacte) ; une vague forme au Posca noir se composant d’un plus ou moins demi-cercle tête en bas placé sur un T à l’envers et une crotte de blanc de titane directement posé au tube au milieu de la masse rouge.
- Cent ! J’ai fini ma série ! éructa ce martien. Je m’absente 15 jours, j’espère que le thème aura changé ! Tu viens le boire, ce verre qui nous tend les bras ?
Sourire poli de refus: pour les autres, il en avait la preuve, ce n’était qu’un simple verre de vin. Pour en connaître trop bien les contours, il refusait de se noyer une fois encore dans ces abymes qui l’avaient emmené tellement loin.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Bonjour Oriel. J'ai lu le texte précédent et celui-ci. Le dernier est en effet moins technique et plus subjectif. A la manière d'un peintre veut surtout dire par touches, alternant descriptions visuelles et ressentis. En cela (mais je n'ai pas eu le loisir de lire le tout premier) vos textes répondent à la proposition sachant que le dernier ne laisse pas de place à la mauvaise interprétation et en cela me semble plus abouti. Non ? Qu'en pensez-vous ?
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Oriel
Oriel · il y a
Merci Elodie. En ce qui me concerne, il me semble que les textes d'Elisabeth et de Zutalors sont les plus aboutis, car la touche est sensible. En ce qui concerne les autres, je ne trouve pas une manière de peintre, une belle description, agréable, bien écrite, mais pas ces touches. Mais cela n'engage que moi.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Si l'on s'en tient à la proposition d'écriture et uniquement à cette proposition, sans parler de texte abouti, alors je dirai qu'à mon sens celui de Marie est le plus en adéquation avec ce qui était demandé. Celui de Zut est en effet sensible mais il ne respecte pas complètement la proposition comme je l'écrivais en commentaire. Celui d'Elisabeth respecte davantage même s'il manque, à mon avis, quelques émotions;, les siennes. Car si elle parle du peintre et de ce qu'il ferait de ce paysage, le lecteur ne sait pas ce qu'elle ressent de ce paysage. Ceci étant, son texte est en effet assez subjectif comme je le mentionnais.
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Oriel
Oriel · il y a
Merci Elodie, je me suis prise au jeu et vous en soumets un "neutre" avec un peu de description.
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
J'ai vu, lu et commenté ! Olé ! Merci :)
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JACB
JACB · il y a
D'avis de Plumareves. Le deuxième a dépassé la technique, on est plus dans le ressenti du peintre et le rapport à l'oeuvre.
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Oriel
Oriel · il y a
Oui, vous avez raison JACB. J'ai eu beaucoup de mal à évoquer ce ressenti, il m'évoquait davantage de la mièvrerie.
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Plumareves
Plumareves · il y a
Dans la première version où la haute technicité masquait à mon avis la subjectivité, je n'avais pas deviné le motif de la peinture. La deuxième version où les odeurs répondent aux couleurs fait davantage appel aux sens, sans aller jusqu'à la sensualité bridée par le perfectionnisme du peintre en complète opposition avec la peinture instinctive de son voisin.
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Oriel
Oriel · il y a
Merci pour la critique. C'était mon idée de suggérer sans surjouer
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
On sent la patte du peintre dans ton texte... très bien... une petite préférence pour ta 1ière version, peut-être à cause de la fin abrupte.
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Oriel
Oriel · il y a
Pour moi aussi, mais c'est apparemment trop raide.
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Impressionnant côté technique. Un peu "froid" côté émotion.
En attente des commentaires de "la chef", je me risque à dire que tu as fait du beau travail, et que j'aimerais voir comment, certainement, tu as rendu "Le Néron". (Pour ceux qui l'ignorent, c'est une montagne autour de Grenoble.)
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Oriel
Oriel · il y a
merci Zut.
Je n'ai pas vraiment retrouvé la peinture dans les autres textes, plutôt la description littéraire. Quant à mon texte: Ne sens-tu pas le côté pointilleux et retenu du premier et le je m'en foutisme du second? Quand on peint, on marne. La concentration ne laisse pas passer grand chose.
Je me suis placée du côté du premier personnage qui fait taire son désir. ça c'est l'explication, mais pas la solution.

Le Néron en feu, une idée à creuser!
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
"Quand on peint on marne."
Je te crois sur parole. Et quand on s'essaye à une description littéraire, on marne aussi, tu peux me croire ! Revois le cas "Marie", son texte en est un bon exemple, celui de Sylvie aussi. J'utiliserais bien le mot "capture" puis "restitution" de ce qu'elles ont vu. "Peindre" avec des mots, ça me paraît autant difficile sauf qu'on n'a qu'une plume qu'on fait courir sur le papier pour fixer ses ressentis avec le matériel de ses neurones.
Bah...
Sinon, un jour, rendez-vous sur le Néron. Pas en train de brûler si possible et je te regarderai faire pendant que j'essaierai de décrire comment je te vois peindre. ;-)
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Oriel
Oriel · il y a
Chiche !
Je veux dire que quand on peint, on exprime ses sentiments par l'intermédiaire de son pinceau. Et puis, moi, je la sentais bien cette émotion et je trouvais kitch d'en rajouter. Mais c'est subjectif je te l'accorde. Pour faire les deux, je sais aussi qu'on se concentre en écriture. Et j'utilise aussi mon unique neurone pour peindre, faut pas croire !!!!
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Marie
Marie · il y a
Fort beau texte, Oriel. Tu peins, je suppose ?
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Oriel
Oriel · il y a
Merci Marie. Oui je peins
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Comme un seul peintre ? Un endroit préféré ? De l'émotion ? Bienveillamment ? Bien.

Le bon Fantin Cézpiksoulau de Trecgau, pas si bon que sa grand-mère l'était car, question d'époque et de mode de vie, il croquait celle-ci comme elle n'aurait jamais osé le faire - encore que, car elle avait les moyens de cacher plein de choses -, alluma son four et retourna son sablier "quinze minutes". Quand le sablier eut écoulé son contenu, il enfourna son gigot sept-heures et referma la porte. Surpris par la chaleur, le cuissot, curieux comme un fonctionnaire de police et serrant son manche, résolut d'inspecter sa dernière demeure. Il était prisonnier d'un compartiment dans lequel l'air circulait mais où le ciel avait disparu, remplacé par une voute noire à laquelle était attaché un arc électrique rouge comme l'enfer devait l'être : un fond de gueule de loup !
A l'extérieur, Fantin faisait le point. D'abord, retourner le sablier. Puis sortir les caïeux de l'enveloppe parchemineuse de leur bulbille, mettre à chauffer dans une casserole un litre de liquide eau-vin blanc proportionné trois quarts-un quart, mélanger dans une soucoupe des herbes de Provence et du thym. Tout était prêt pour le prochain quart d'heure.
A l'intérieur, la gigue aurait bien aimé gigoter mais ne pouvait : l'air, de plus en plus sec, de plus en plus chaud, la clouait au plat. Elle commença à suer. Un vrai sauna !
Dehors, le mélange eau-vin blanc bouillonnait quand le sablier rendit son dernier grain. Cézanne-Machin (c'est ainsi que ses collègues es-couleurs l'appelaient) abandonna son chevalet puis s'empara d'une vieille manique recouverte d'amiante. Défournant son grand récipient, il constata des pétillements. Sur la peau de la bête, il répandit les plantes aromatiques ; sous elle, il coinça les gousses. Le jus, en abondance, sourdrerait (Mince ! conjugaison restreinte et pas au futur ! Ohé l'Académie, on se réveille ?) à la prochaine visite. Le peintre, salivant, jeta un œil sur son pense-bête. "De là-haut je te surveille. Interdiction de piquer ton gigot pendant la cuisson", avait écrit sa grand-mère qui lui avait légué ses recettes.
La viande était morte, et pourtant bien vivante.
Un nouveau sablier. Puis un autre. A chaque gong silencieux, le jus tapissait le fond du plat. "Déglace toutes les deux fois", ordonnait l'aïeule. "Et baisse le four à top -4 ; très important ! (Sept heures = 28 quarts d'heure)"
A la fin du vingt-huitième, de Trecgau planta une petite cuillère dans le gigot. Emotion sur terre, applaudissements descendus du ciel : on aurait juré de la moelle !
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Marie
Marie · il y a
Comme Elodie pas vu non plus le condensé de peintres. Tu as fait fort : voilà autour de toi une foule de femmes gourmandes qui ne rêvent que d'un bon Côte-Rôtie sur gigot de sept heures. A prévoir ! C'est un peu loin mais bon, vu qu'on salive déjà... Nous participerons.
Dis-moi : il y a des morceaux bien grillés ou pas du tout ?
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Morceaux grillés : ben, ça cuit quand même à seulement 140/150 et 120/130 à la fin. Des morceaux grillés, c'est à beaucoup plus haut qu'on les obtient et aussi sur une durée beaucoup moins longue.
Pour le reste, je connais - dieu fasse qu'il soit encore là - un vigneron à seulement 900 bouteilles par an sur un quart d'hectare, qui vend sa production à moitié prix par rapport aux cavistes et aux grandes surfaces. Un artiste qui travaille - un vrai gag mais qui n'en est pas un - dans l'hydrologie ! Et pour l'amour de son pinard, lequel, sorti de sa cuve et ses pièces (220 litres qui travaillent, eux aussi, pendant dix-huit mois, une petite durée mais ça suffit) est excellent quand on le débouche un an après être allé le chercher.
D'autres questions et remarques ? (pour le vin, je resterai muet, comme les pauvres gars dans ton cimetière.)
À bientôt Marie !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Cher Zutalor ! Il me semble que l'énoncé dit : "A la manière d'un peintre" et non pas comme un seul peintre. Pour le lieux préféré, le vôtre, c'est donc la cuisine ? Ou le four ? J'avoue ne pas avoir saisi. Quant à Cézanne, que vient-il faire dans cette histoire qui, si elle est alléchante, n'en demeure pas moins une recette à votre sauce. Ceci étant, pourquoi pas... Il y a toujours dans les ateliers des auteurs qui contournent les recettes en ajoutant leurs propres ingrédients alors à la vôtre ! Et vive le cuissot du cuistot !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Très chère patronne d'atelier (et je ne mets pas de guillemets à "patronne", car je pense que c'est la réalité), chère Élodie,

D'accord, d'accord, j'ai contourné... Je sais difficilement faire autrement...
Mais sur le "à la manière d'un peintre et non pas" etc., pas d'accord. M'enfin, le cuistot du cuissot s'appelle "Fantin Cézpiksoulau de Trecgau", autant dire un multi, un condensé ramassé pour Cézanne, Pablo, Soulage, Lautrec, Gauguin, et Latour (un gars de chez moi) pour le prénom.
Et puis, un jour, je vous offrirai un bon verre de Côte-Rôtie. Qu'on pourra même déguster sur de l'agneau !
En attendant, merci pour cet exercice. Qui fut pour moi et pour d'autres un régal ! ;-))
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Banco pour le Côte-Rotie et désolée de n'avoir pas vu le condensé... Quant au régal, il est partagé. Votre texte n'en demeure pas moins savoureux, cher !
Signé : la patronne ^^
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Je salive et bave sur mon écran... est-ce le but, Zutalor? Je vois de la couleur, je sens même l'odeur du frichti rôti, et, bien sûr, il y a l'émotion du gourmand!
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Plumareves
Plumareves · il y a
Belle idée de donner le point de vue du cuissot et du cuistot oeuvrant sous la houlette céleste de la grand-mère. De la matière, de la couleur, de la saveur ...j'en salive moi aussi !
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TropYk
TropYk · il y a
Tu as triché !
Il y a plus de 2000 signes.
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Marie
Marie · il y a
On doit pouvoir dégraisser.
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Déglacer ?
Bah, il est bien comme ça... ;-)
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Retire la mère-grand : il n'y a plus de texte.
Retire le gigot : il n'y a plus de moelle.
Retire d'autres trucs et je te "traiterai" de cafteuse !
Compteuse, va... ^^
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TropYk
TropYk · il y a
Lol
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Marie
Marie · il y a
Mâtin, quel texte ! Original et succulent en plus !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Tu as donc suivi ton inspiration plutôt que mes pistes (voir tout de suite plus bas).
Bon. Suis un peu déçu... (c'est pas vrai...)
Un jour, je reprendrai tes "élus frondeurs"... J'y pense de plus en plus. J'apercevrai Dieu dans un bistro, et il aura un air tout chiffonné...
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Marie
Marie · il y a
Oui, oui, récris les "Élus frondeurs" à ta façon comme dans la première réponse que tu m'avais faite, très gouailleuse ; j'avais trouvé le ton très drôle !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Promis !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Allez Marie, lance-toi.
Imagine Dieu décrivant son lieu préféré : son nuage tout blanc où parfois l'électricité est coupée (il a des paratonnerres, le vieux ?), son petit bureau avec dessus ses lunettes et son peigne à barbe, le tout baignant dans sa presbytie ! Ah on peut l'équiper d'une longue-vue, ça ne changera rien !
Merci du commentaire en tout cas.
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Oriel
Oriel · il y a
Le paysage est un peu morne...
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
"Morne" ? Comme disait Bobby Lapointe, "qu'entends-tu par là, mon enfant ?"
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Oriel
Oriel · il y a
Des nuages, des nuages, encore des nuages...
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Hello,
De ma fenêtre, je le vois "ton" Néron. Découvert pour l'instant, mais chargé au-dessus. Du gris, du vert, la végétation a repoussé là où les rochers ne sont pas à nu.
Buenos dias et que Dieu nous garde !
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Oriel
Oriel · il y a
Je ne vois pas le Néron, les Bannettes me le cachent. J'allais le voir brûler au Fontanil. C'est vrai, cette année il est redevenu beau. Du côte du trou de la mère d'Agoult, ça se lève! ( pour les autres, c'est du chinois!)
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Oriel
Oriel · il y a
pour accompagner ce mets délicieux
https://www.youtube.com/watch?v=x8OhI7urU0k
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TropYk
TropYk · il y a
Magnifique ! Tchin-tchin
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
TropYk
TropYk · il y a
Rhaaaa.... Mais si tu me prends par les sentiments, aussi...
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Une deuxième cuillerée de moelle ?
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TropYk
TropYk · il y a
Ici on comprend beaucoup mieux les paroles. Faut juste attendre 12 secondes de pub.
https://www.musicme.com/Oldelaf/videos/J%27ai-Chaud-6549675A637A5259325563.html
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Merci. Mais j'ai de longues zoreilles. J'avais bien tout compris...
(Au fait, dans mon histoire, c'était un agneau...)
;-)))
(Euh... "lol" au carré...)
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TropYk
TropYk · il y a
Oui ! Mais je n'en connaissais pas sur le gigot de 7 heures (délicieux !)
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Oriel
Oriel · il y a
J'adore!!!!
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
C'est gentil... Et puis, ça "sonne" vrai... ^^ ;-)

http://short-edition.com/fr/forum/hors-les-murs/votre-rapport-a-la-flatterie
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Oriel
Oriel · il y a
Merci. J'ai passé l'âge ( ou l'envie!) de la condescendance !
Il pleut c'est pas drôle!
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
C'était juste pour info. Hum...
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Oriel
Oriel · il y a
Ne t'inquiètes pas, j'avais compris.
Je me suis absentée un certain temps car j'avais l'impression de tourner en rond. Je constate que rien ne bouge et que ce microcosme se constitue des mêmes proportions de chefs, râleurs, victimes... qu'ailleurs et que les questions sont récurrentes. Heureusement qu'il existe ces espaces-là.
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Bah...
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JACB
JACB · il y a
Là où tu es, campait un moulin fortifié. Un château-fort aussi. C’est dire l’importance de l’endroit. Tu as gardé un donjon par respect pour l’aïeul dont tu as pris la place, joli castel avec grande porte aux armes de tes maîtres au cœur de deux jardins. Tu es pieds dans l’eau du Cher que tu enjambes élégamment d’une rive à l’autre. Tu t’y mires et l’on admire ta prestance et ton audace. Renaissance précieuse et raffinée dans tes frontons, tes cheminées et tes tourelles mais aussi Résistance entre zone occupée et France libre…font de toi un édifice unique. Ardoises bleues et tuffeau bis capturent la lumière et l’offrent à la rivière où se peint ton reflet. Sous tes arches on passe en bateau et tu es beau autant de face que de dos. Diane, Catherine, Louise, Marguerite ont aimé et pleuré dans tes murs, tu leur dois sans doute le côté féminin de ton architecture toute en rondeur, de tes vitraux colorés. Te visiter est un plaisir. L’hiver les cheminées flambent et en toute saison des bouquets habitent chaque pièce, la vie y somnole encore au point que parfois un discret froissement de robe se perçoit dans les escaliers. Est-ce Diane la maîtresse ou Catherine l’épouse qui regagne sa chambre ou bien mon amour pour toi qui veut te voir tout frémissant d’Histoire ? Galant cavalier de pierres tu es pour moi le plus fringant, le plus touchant des châteaux de Touraine.
CHENONCEAUX...
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
On a envie de s'y rendre. Merci JACB. Proposition respectée !
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Plumareves
Plumareves · il y a
Beau texte à la prose poétique où la subjectivité du contemplateur se double de la personnification du château.
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Marie
Marie · il y a
Superbe !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
"Ardoises bleues et tuffeau bis capturent la lumière et l’offrent à la rivière où se peint ton reflet." Exactement ça !
Catherine... Et son cabinet vert ! Et ses tiroirs secrets...
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Bâtie sur du sable, Grand Bassam, l'ancienne capitale de la Côte d'Ivoire , s'enfonce dans les marécages de l'oubli. Les résidences coloniales rouillées, fissurées, resplendissaient-elles de gloire à l'époque où se devinait à travers les festons des vérandas une cotonnade incrustée d'or fin, la silhouette alanguie d'une épouse de gouverneur tandis que fusait le babil des moussos pilant le mil dans les concessions ? Mais les portes aux gonds tordus ne ferment plus et les mânes des belles oisives se sont résorbées en vapeur d'eau. De Bassam je ne connais que le ciel qui pèse de tout son poids de tristesse et de nostalgie; l'humidité vous étreint, vous suffoque. Les façades se désagrègent et la mer toute proche, dévoreuse de plages, déracine inlassablement les rousses crinières enchevêtrées des cocotiers dont les crabes narguent le dernier souffle.
" Pauvres végétaux, pauvres humains, pauvres existences, pauvres marionnettes", raille l'Atlantique dans un mugissement d'écume, vous n'êtes que poussière..."
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Elisabeth Marchand
Elisabeth Marchand · il y a
Sylvie, je suis loin d'être spécialiste mais comme tu demandes des avis... me concernant, ta dernière phrase est parfaite... pour la phrase "les résidences...", je supprimerais tout simplement "elles"... donc, "resplendissaient de gloire" car, c'est une évidence, c'était ainsi... enfin, juste ma modeste opinion...
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Plumareves
Plumareves · il y a
Beau texte sur la nostalgie du temps qui passe, efface...
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Marie
Marie · il y a
Brillant !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Proposition respectée. Image sensible que ces marécages de l'oubli. Idem pour les cocotiers dont les crabes narguent le dernier souffle. En revanche, ne manque-t-il pas de la ponctuation dans la deuxième phrase ? Elle mériterait d'être retravaillée pour être bien comprise. Qu'en pensez-vous ?
Enfin, qui sont ces existences et ces marionnettes ? S'ils sont des humains, alors nous avons ici un double pléonasme. À vous de me dire !
Merci Sylvie d'avoir participé !
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
2e tentative.......Bâtie sur du sable, Grand Bassam, l'ancienne capitale de la Côte d'Ivoire, s'enfonce dans les marécages de l'oubli. Les résidences coloniales rouillées, fissurées, resplendissaient-elles de gloire à l'époque où se devinait, dorée, à travers les festons des vérandas, la silhouette alanguie d'une épouse de gouverneur tandis que fusait le babil des moussos pilant le mil dans les concessions ? Mais les portes aux gonds tordus ne ferment plus et les mânes des belles oisives se sont résorbées en vapeur d'eau. De Bassam je ne connais que le ciel qui pèse de tout son poids de tristesse et de nostalgie; l'humidité vous étreint, vous suffoque. Les façades se désagrègent et la mer toute proche, dévoreuse de plages, déracine inlassablement les rousses crinières enchevêtrées des cocotiers dont les crabes narguent le dernier souffle.
" Pauvres existences, pauvres marionnettes", raille l'Atlantique dans un mugissement d'écume, vous n'êtes que poussière..."
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Plumareves
Plumareves · il y a
J'aime bien l'idée des marionnettes. Pour conserver le sens de la vanité des choses, des êtres dans leur environnement (leur décor), je proposerai : Pauvres marionnettes au théâtre éphémère, raille (...).
Avec un risque de redondance entre éphémère et poussière ?
Bonne nuit :-)
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
oui, mais ça rime, c'est joli ....et les deux se complètent, la poussière n'étant pas éphémère, après tout.
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Bonjour Elodie et merci d'avoir lu. La deuxième phrase : est-ce qu'il lui manque des virgules, des points ou un point d'interrogation? Elle se lit ainsi " Les résidences coloniales rouillées resplendissaient-elles de gloire...à l'époque où se devinait la silhouette alanguie d'une épouse de gouverneur ? " La phrase est très longue, on peut s'y perdre. Peut-être supprimer la cotonnade incrustée d'or fin pour clarifier la phrase ?
A la fin les " pauvres existences " sont celles que l'océan détruit : les vies des cocotiers déracinés sur la plage, bien sûr, celles des humains aussi. " Marionnettes " a été choisi pour le son " o " ( eau ) qui évoque le fracas de la houle et parce que l'on s'agite pour rien, puisque toute vie est condamnée d'avance. Est-il préférable que je supprime "existences " ou " marionnettes " ou...les deux ?
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Re-bonjour Sylvie.
La cotonnade d'or fin est très sympathique et donne à voir un certain luxe qui n'est pas sans évoquer le confort ouaté de cette époque. Je ne la supprimerai pas mais je reverrai ma phrase, quitte à la scinder pour que ce soit plus explicite.
J'avais bien compris que les existences étaient celles que l'océan détruit. :) Cependant,, il faut se mettre à la place du lecteur et pour qu'il comprenne bien ce que vous avez souhaité lui transmettre, il m'apparaît nécessaire d'éviter que cette succession de mots puisse être considérée comme un pléonasme. Ainsi je vous conseillerai de choisir d'autres mots car ces deux mots, dans cette succession, peuvent prêter à confusion. Non ? Qu'en pensent les autres participants ?
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Pas beaucoup de réponses des autres participants. Je vais essayer de rendre le texte plus clair et d'éviter l'accumulation excessive de la fin qui fait pléonasme. L'effet " marécage de l'oubli " où l'on s'englue y sera moins ressenti mais ce n'est pas indispensable hors contexte.
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Oui, oui, les participants ! j'attends avis, suggestions, propositions de mots de remplacement pour faire décanter pendant la nuit et proposer demain une autre mouture.
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JACB
JACB · il y a
Proposition:" Pauvres végétaux, pauvres humains,tels pauvres pantins , vous n'êtes que poussière..." raille l'Atlantique dans un mugissement d'écume,
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
" Pantins " étant synonyme de marionnettes, pourquoi pas, peut-être légèrement moins humanisé que "marionnettes", conviendra éventuellement mieux pour les arbres. On y perd quand même le son " o", il y a donc du pour et du contre. " Tels pauvres pantins " sonne-t-il bizarrement, ou c'est moi ? " Tels DES pauvres pantins " explicite bien mais est moins rythmé.
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TropYk
TropYk · il y a
C’est juste un escalier...
Il est accroché à flanc de montagne, et grimpe par dessus les toits de chez Vicente.
Il faut connaitre l’endroit parce que de la crique, il n’est pas visible, la végétation le cache absolument. Cet escalier, coincé entre la résidence Rosa Nautica et la Méditerranée, est un havre de paix. Très peu de gens y passent. Mais si tu montes un peu, tu verras : le bruit assourdissant des grillons et des cigales couvre presque tout à fait le bruit de la mer et celui des touristes sur la plage en contre bas, et d’un coup tu es coupé du monde. Tu es dans une bulle. Les rayons du soleil passent peu, et la fraicheur y est délicieuse. En contraste parfait avec la température étouffante d’un peu plus bas. C’est un escalier de pierres, accidenté, qui s’adapte aux courbes de la montagne, qui l’épouse, qui lui déchire la peau.
Les parapets inconfortables semblent t’inviter, tout le temps. Alors, tu choisis ta place... Celle un peu plus haut te permet de voir toute la baie de La Herradura d’un coup. Et là, une fois, installé, le temps se fige. La mer se tait. Les gens déguisés en fourmis ne bougent plus. Le vent oublie de crier dans tes oreilles. L’escalier t’a emmené hors de tout, juste à l’intérieur de toi.
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Plumareves
Plumareves · il y a
Une jolie promenade escarpée à la rencontre de soi.
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Pas de doute ! Ça donne envie d'y aller !
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Marie
Marie · il y a
Talentueux !
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Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Quel bonheur d'oublier le morne automne précoce pour baigner dans ce havre de paix qui ressuscite l'été du sud.
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Marie
Marie · il y a
Mince, je connais La Herradura ! On se suit toujours, Tropyk ?
Beau texte.
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TropYk
TropYk · il y a
Euh... C'est toi, Maman ?
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Marie
Marie · il y a
;-))
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TropYk
TropYk · il y a
Ha ha haaaa ha
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
:-)
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
C'est réussi ! On sent bien la sérénité ressentie par l'auteur au contact de ce lieu. Et le peintre a bien décrit cela avec ses mots à lui. Bravo TropYk !
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Je bisse !
Et prépare cette deuxième session avec un sentiment de grande (et infime à la fois) jubilation. Merci Elodie !
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Elodie Torrente
Elodie Torrente · il y a
Que ne ferais-je pas pour vous plaire, cher Zut ! ^^
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Zutalor!
Zutalor! · il y a
Humpfff. Moi, je vous ai fait préparer un gigot subjectif empreint d'objectivité ^^
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