Voix antérieures

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Moi qui n’ai plus vraiment de raison d’immerger
Ma plume dans les noirs tumultes de la nuit,
Qui n’ai plus ni le goût, ni la velléité
De rassembler des ombres qui se sont enfuies ;

Moi qui n’ai plus la soif des tendresses amères,
Qui ne prends plus le temps ni même d’écouter
Le silence immortel enfoui dans des déserts
Dont le vacarme immense éclate sous nos pieds ;

Je me plais toutefois à contempler les flots,
Quand l’azur est fâcheux, pour y trouver des signes :
Les preuves d’un naufrage ayant bravé les eaux,
Paisibles désormais, formant comme une ligne ;

Dévisager le large et fouiller dans les mers
Les dangers dont pâlissent des voiliers qui plient
Sous les élans du ciel affamé de lumière ;
Et regarder les vents se soustraire à la pluie.

Qu’y puis-je ? les écueils ravissent mes regards.
J’aime quand le destin, de loin, tisse sa toile,
Éveillant le chaos pour que des voix s’égarent
Au bord de l’univers, d’où tombent les étoiles...

Dans cette obscurité qui ne révèle rien
– Sinon quelques brouillards débordant de l’hiver –,
Je foule des vents froids qui ne sont plus les miens ;
Mais dont je peux toujours sentir le souffle austère.
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