La prison

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La lune d’acier suce mes peurs
J’ai attendu que la rivière du temps sèche
Je ressuscite aujourd’hui
Et le matin grésille de fards orange

Une voiture est venue me chercher
Une enveloppe, mon dossier,
La banque a des stores ombragés
Ils sortent sans hâte, comme des sentinelles de verre

Mes compatriotes s’arrogent la clarté des étoiles
Leurs joues sont pures, leurs regards fiers
Moi on me relâche comme une fumée de cigarette
Je pollue les allées, je déracine mes soirs

Ces frimas ont le goût de la liberté
Elle me dit qu’elle est opticienne,
Et dans mon crâne confisqué,
Mon âme tourne, comme une danseuse

Mon chéquier, du pain dans un sac
J’ai traversé un champ de blé
La lune détrempée sur les épis
Faisait à mes yeux un berceau

J’ai avancé dans mon lourd manteau
Un bus partait à quatre heures trente.
Et le matin s’est levé à l’oblique
Lorsque la Californie nous a salués

J’ai mangé un morceau de pain,
Ma belle m’attendait à la gare ;
J’ai un peu froid, mes mains tremblent
Et si l’amour se faisait attendre ?

Le soleil étincelait,
Comme une pluie d’acier trempé
Et jaillissait sur le goudron
En taches d’huile microscopique

J’ai bu un café trop serré
L’hôtel clignotait comme une fleur
Dans les draps une chevelure noire
S’étend sur l’oreiller traînard

Puis j’ai entendu une détonation
Et mes yeux se sont bousculés
Au portail de ma vision
Dans le flou de ma cellule,

C’est le matin dans ma prison
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