Saga balnéaire

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Ils marchaient main dans la main le long de l'océan. Le soleil allait bientôt se coucher sur la corniche basque. On le verrait bientôt disparaître derrière le Jaizkibel. Il faisait un peu frais, bien que l'on soit en plein milieu de l'été. La plage de Bidart était encore occupée par quelques personnes qui profitaient au maximum de cette magnifique journée qui s'achevait. Les deux amoureux s'arrêtèrent un instant pour contempler l'eau qui s'étendait à perte de vue devant eux. La poignée de main se raffermit. Ils n'avaient pas besoin de parler, ils se comprenaient parfaitement. Les vagues allaient et venaient, se fracassant sur leurs pieds. L'océan était assez calme ce soir. Les plus grosses vagues seraient pour la semaine prochaine.

Alfredo rangea ses jumelles dans son sac à dos. Il en avait assez vu. Il retourna vers sa voiture garée sur le parking quelques mètres plus haut.


***

«Comment tu trouves le poisson ?

-Oh, il est délicieux chéri !» Superbe choix du restaurant, dit-elle en lui prenant la main.

Il sourit et fit éclater son beau sourire aux dents blanches.

Assis à une table derrière, un homme avec des lunettes de soleil et un chapeau prenait des notes.


***

La houle était forte aujourd'hui. Les prévisions météorologiques s'avéraient exactes. Les deux tourtereaux se baignaient. Après tout, le drapeau était jaune, le danger n'était pas si grand que cela. Ils jouaient avec les vagues tout en faisant attention à rester au-delà de la vague de bord pour ne pas se faire catapulter sur la plage.

Alfredo avait toujours ses jumelles dans les mains. C'était une journée normale. Assis à trois mètres de haut, il lui fallait surveiller la zone de baignade. Une chose était sûre, il ferait son boulot jusqu'au bout.


***

Il fermait les volets. C'est là qu'il le vit, mais trop tard. Une batte de baseball s'écrasa sur son front. Alfredo fut rapide. Il rentra par la fenêtre et se mit en quête de la trouver. Le type n'avait pas fait de bruit en recevant le coup. Elle n'avait pas pu l'entendre. Il était entré par la chambre. La télévision semblait être allumée dans le salon. À pas de loups, il longea le couloir et s'arrêta net quand il aperçut la jeune femme. Elle ne l'avait pas vu. Elle était absorbée par son film ou sa série. Alfredo fouilla dans sa poche. Il relut le papier de mission qu'il avait ouvert il y a dix jours :

«Individus extrêmement dangereux. Ne leur laisser aucune chance.»

Alfredo s'approcha du canapé. Elle pivota alors si rapidement qu'Alfredo en fut paralysé, tenant sa batte en l'air et ne sachant quoi en faire. Alors qu'il essayait de la frapper, du sang s'écoulait déjà de sa poitrine, poignardé en plein coeur par un couteau plus aiguisé qu'une lame de rasoir. Elle esquiva le coup facilement. Contournant le canapé, la jeune femme donna deux autres coups de couteau dans les côtes qui furent fatal à l'assaillant. Avant de complètement perdre connaissance, Alfredo crut apercevoir un sourire chez son assaillante. La grande faucheuse était passée.
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Viktor T · il y a
Pas mal du tout !

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