Rift... ou la dérive

il y a
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Un matin que j’étais d’humeur particulièrement lugubre, et que je me demandais s’il existait quelque chose qui puisse me faire plaisir, pour sauver ma journée, l’envie m’est venue de me trouver quelque part où il ferait chaud. Et, de plus, grimper dans un arbre serait une chose très désirable. Je m’installerais à la fourche d’une branche, et je me sentirais merveilleusement bien. J’ai senti se déployer le potentiel de béatitude que j’éprouverais si ce désir pouvait être comblé.

Un thérapeute m’a dit récemment que j’étais en train de vivre une phase de régression infantile. Sans doute, mais il ne se rend peut-être pas compte à quel point je régresse : jusqu’au berceau –de l’humanité. J’en suis, quelque part dans une contrée tropicale, au stade du singe qui veut remonter sur sa branche.

Au lieu de quoi je me rends au bureau où mes collègues, qui paraissent me prendre pour une personne compétente, m’appellent parfois pour les aider à résoudre tel problème que leur pose l’utilisation de tel logiciel. Ça me fait rire, mais un peu amèrement, et tandis que je les dépanne par téléphone, je m’étonne d’être cependant capable de répondre à des sollicitations aussi absurdement éloignées de mes préoccupations fondamentales : entre le dessus de l’armoire à archives et le plafond, il y a un espace où il doit être possible de se tenir assis, et il doit y faire un peu plus chaud qu’en bas. Mais pas la moindre banane en vue.
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Long John Loodmer · il y a
T'en est pas encore au stade anal. Y a de l'espoir
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Vero. La Comete · il y a
Pas comme toi avec celui que tu viens de publier hier, alors ?
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