Les demoiselles

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Max Abadie aime regarder la vie et y lire de petites histoires amusantes, poétiques ou absurdes. Histoires pour enfants ou déambulations sensibles, Max Abadie vous emmène en balade ! Vous ... [+]

Le vent s'est levé, un vent de sud réchauffé par la terre d'Espagne, il souffle de son haleine moite et les effleure, impatient. Elles hésitent, demoiselles à la robe encore froissée, mais le bel étranger les pousse un peu et elles se laissent faire. L'une après l'autre, elles se dévoilent et s'offrent à ses caresses, le rose leur monte aux joues et ensemble, elles gloussent de ses jeux amoureux. Ne se quittant pas, elles chuchotent et tour à tour, se racontent son charme et leur étonnement. Il disparaît un matin, les laissant désœuvrées mais elles ont appris à aimer. Alors quand elle vient, dans sa robe translucide, fraîche et multiple, elles découvrent le plaisir de l'échange. Elles s'imprègnent de sa sagesse et de ses voyages, elles goûtent le parfum des nuages. Elles aiment, encore. Et puis, lorsqu'elle s'en va et les quitte bordées de perles, lourdes et presque fanées, elles trouvent encore l'ardeur de plaire. De débutantes, elles se font étoiles et sur la scène céruléenne, elles commencent leur revue. Une à une, elles vont, glissant sur les turbulences impalpables, disséminer le plaisir et l'amour. Et les voilà, courant ensemble, saturant de leurs rires l'air, tourbillonnant et entraînant la foule. Les arbres autour, s'arrêtent. Les bourgeons se figent, gonflés de désir pour ces éternelles demoiselles, libres et inaccessibles. Car déjà, elles ont choisi et sur le vert tendre doucement se posent. L'une vient toucher l'autre, l'autre étreint l'une.
Et moi, allongée sous le cerisier, je regarde, émerveillée, ces insatiables amoureuses, charmer et le monde et mon âme.
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