La Créature Du Dôme

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Pour la première fois, Katarina était réellement contente d'être à l'école. Elle découvrait pour la première fois les êtres vivants qui avaient vécu en liberté, il y a fort longtemps.
La maîtresse les avait laissé se promener dans la reconstruction holographique de ce monde perdu. Elle y voyait des longues formes cylindrées marrons, striées. Tristan, son ami, s'était assis et la tête vers le ciel,il répétait :
- «  Maîtresse ! Maîtresse ! Les arbres, ils sont hauts comme les maisons »
L'institutrice souriait, amusée par l'émerveillement des jeunes enfants. Elle leur réservait une surprise qui, comme leur engouement pour les images de synthèse, le prouvait leur plairait beaucoup.
Les Serres de la villes était enfin ouvert au public. Après plusieurs années à vouloir protéger la flore et la faune qui avaient pu être sauvé, pour éviter toutes contaminations, les individus non formés à la protection de la Nature avaient été interdits d'accès.

- « Les enfants, venez vous asseoir. »
L'institutrice éteignit la simulation :
- « Maîtresse ? Est-ce qu'on va voir les plantes pour de vrai ? Mon papa il a dit qu'on peut maintenant... mais pas encore. »
- « Il va falloir que vos parents signent les autorisations de sorties qu'on leur a envoyé, d'accord ? Comme ça vous pourrez tous voir les serres. »
Les enfants crièrent de joie. En réalité, l'institutrice était nerveuse à l'idée de visiter le lieu. Elle n'avait jamais vu ses êtres que par simulation et elle se demandait : était-ce parce qu'il fallait protéger les plantes que personne n'avait pu accéder aux Serres ?
On entendait des rumeurs sur ces grands dômes immaculés, aveuglant presque. Ils entouraient les villes et y étaient reliés par des trains à répulsions.

Katarina rentra chez elle très excitée par cette nouvelle de sortie. Elle avait été ébloui par les couleurs, les doux sons qui venaient des grandes feuilles vertes.
- «  Maman, maman ! On va aller aux Serres !  On va prendre le train flottant et on va y aller !
- Ooh ! Mais c'est super ma chérie ! »
La joie de Katarina et de ses camarades n'allait durer que quelques jours.
Les Serres avaient refusé la sortie aux enfants finalement. Et l'institutrice devait annoncé cela à sa classe.
- « Bonjour tout le monde...
- Bonjour maîtresse ! » La cacophonie des élèves mit quelques secondes à se tarir.
- «  C'est vrai qu'on va pas à la Serre ? »
- «  On dit on, ne, pas pas à la Serre 
- C'est vrai qu'on ne va pas à la Serre ? 
- Malheureusement, on ne va pouvoir y aller.
- Pourquoi ? 
- Je n'ai pas la réponse mais les Serres ont annulé la sortie.
- C'est pas juste ! Cria Katarina du fond de classe. S'en suivirent des plaintes déçues.

L'institutrice était en difficulté face à cette classe de bambin très agréables sous l'effet de la frustration. Elle réussit à les contenir en leur proposant des jeux pour tenter de les faire oublier.

En sortant de l'école, Tristan et Katarina se plaignaient toujours de cette

Katarina avait prit le téléphone de son père :
«  Regarde on va pouvoir y aller! J'ai pris le téléphone de papa... on prend la li-g-neu 5... »
Katarina et son ami étaient déterminés à atteindre leur « Terra Nova », ils montèrent alors à bord du train à répulsion, sans cartes et se fiant au téléphone pour les guider sur l'arrêt à prendre. Le trajet en temps réel apparaissait en même temps que le « train flottant » avançait. Avançait-il ? Le paysage était le même de grands immeubles blancs, immaculés, desquels surgissaient des « petites douches à vapeur» d'après Tristan. Ils regardaient par les grandes fenêtres :
- « On est arrivé ?? » les deux posaient la question à intervalles irréguliers à l'autre, puis ils regardaient le téléphone qui n'atteignait toujours pas le point.
Enfin, ils s'arrêtèrent, enfin, c'était le bon endroit. Ils descendirent en courant.
- «  On est arrivé ! On est arrivé ! »

Ils virent une grande porte et des personnes faire entrer de grands pots par celle-ci à l'aide d'un tapis roulant. Alors, ils se mirent, discrets et très habiles, dans ces grands pots qui passaient la porte seuls et arrivèrent dans le Dôme.
Les arbres semblaient attaquer leur nez. Les odeurs, fortes, pénétraient leur nez comme des racines. Ils avaient le tournis, la nausée. La panique les saisissait violemment, stimulant des capteurs qu'ils ne connaissaient.
Alors, ils agirent comme des enfants qui ne comprennent pas. Ils pleuraient, troublant le son du silence son accompagnement de bruissements.
Ils s'arrêtèrent s'habituant à cette nouvelle sensation. Et les larmes séchées ,après de multiples reniflement. Il leur était agréable de « sentir ».

Curieux, Tristan, touchait les écorces :
- «  C'est tout bizarre haha, on dirait les scratchs des chaussures »
Katarina rejoint son ami et s'amusa à glissé ses petits doigts sur les striures. Ils riaient aux éclats.
- «  Regarde, là ! ça bouge ! »
Une petit boule noir striée de bandes jaunes se posaient sur ce que l'institutrice appelait une « fleur». Elle faisait le même bruit que leur micro-onde. Ils essayèrent de la toucher mais elle s'envola.
Leur béatitude s'illustrait sur leur visage par un grand sourire qu'ils avaient gardé depuis qu'ils avaient senti les êtres autour d'eux. La lumière du dômes, le vert luxuriant, le bruissement tout cela éveillait une douce mélodie retrouvée en eux. Mais ils ne s'en rendaient pas compte.
Les bruissements se firent un instant très forts. Et au loin, ils entendirent des voix :
- «  Estos necese tranĉi la branĉojn ! C'est beaucoup trop !
- Jes, sed ni atendu iomete kaj estas bela tiel...»
Ils s'approchèrent alors doucement, méfiants. Les voix devenaient distinctes et s'approchaient aussi d'eux. Ils entendaient des pas, ils se cachèrent dans un buisson parsemé de rouge.
- « Pose le premier pot là, s'il te plaît. Ĉi tie, ni plantos post.  »
Ils reconnaissaient des mots, mais ne pouvait pas tout comprendre... Peut-être était-ce des adultes ? Ils devaient alors rester cacher à tout prix mais piqués par le buisson, ils bougeaient beaucoup trop !
Une ombre se pencha sur eux. Des excroissances marrons et vertes dépassait d'un torse, on pouvait y voir des fleurs. La chose était habillée de vert et son visage était couvert d'un fin filet noir. Son front s'étalait en largeur et semblait être connecté à ce filet noir. Il tenait dans ses mains quelque chose qui sembler lui fondre dans les mains... Etait-ce un organe à lui ?
- «Estas infanoj ĉi tie! » cria la créature et les deux enfants entendirent des pas curieux se diriger vers eux. Ils sortirent alors de leur cachette et détalèrent vers l'entrée du dôme.
Personne ne put les rattraper.

Les deux hors-la-loi éternuaient tout le long du trajet retour. Ils ne parlèrent pas de leur rencontre.
Mais une fois arrivés à l'école, ils décrirent la créature : Une grande créature verte, mi-végétale, mi humaine, déformée. Puis, la dessinèrent et cela terrifia les enfants.

- « Les enfants ! J'ai une bonne nouvelle, finalement la sortie va pouvoir se faire ! »
L'institutrice n'obtint pas l'enthousiasme qu'elle attendait.
Les enfants lui racontèrent l'histoire du Monstre du Dôme, terrifiés. Elle tenta de les rassurer en jouant avec cette nouvelle légende:
- « La créature est sûrement très gentille...Si vous lui faites des dessins, elle ne vous attaquera pas, promis ! » Les rumeurs se confirmaient-elle ?
Malgré les réticences des enfants, la sortie fût organisée. Et ils purent rencontrer les agriculteurs, les gardes-moniteurs. Arrivés, aux apiculteurs, on leur expliqua la nécessité de porter leur combinaison de « cosmonaute » verte et Tristan reconnu la créature qu'ils avaient vu dans les personnes qui s'étaient proposées à faire le tour. Celle-ci reconnue aussi les deux enfants et commença la présentation du Dôme:
- «  Comme vous le savez le Dôme vient d'ouvrir aux visiteurs et nous sommes très heureux de vous accueillir dans le cadre de votre sortie scolaire! Bonvenon !». La « créature » insista sur quelques mots qui confirmèrent aux deux enfants qu'ils l'avaient pris pour un monstre.
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Samy Amroun · il y a
Un récit captivant et presque réaliste. Cela nous plonge dans un futur qui nous semble inéluctable, mêlant angoisse et émerveillement. Bravo !
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Tardis Gradis · il y a
Merci d'avoir pris le temps de lire !
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Armelle Fakirian · il y a
Pas évident d'imaginer ce que des enfants ignorant tout de la Nature peuvent découvrir et ressentir. vous avez fort bien réussi.
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Tardis Gradis · il y a
Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire ! Il était important pour moi de réussir à transmettre ce point de vue
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M. Iraje · il y a
Un texte qui " serre " le coeur, pour s'ouvrir sur l'espoir.
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_ azo · il y a
C’est une excellente idée, surtout avec des actants "enfants" qui sont de parfaits médiums pour les contes futuristes.
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Françoise Desvigne · il y a
Un texte futuriste très prenant, bravo !
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Anne K.G · il y a
J'ai vraiment beaucoup aimé le côté futuriste et l'indémodable curiosité des jeunes protagonistes. Je crois qu'il manque quelques mots à certains endroits.
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Tardis Gradis · il y a
Merci d'avoir lu et laisser un commentaire!
J'aurais du mieux me relire...

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Ginette Flora Amouma · il y a
Une interprétation originale dans un lieu futuriste bien décrit.
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Tardis Gradis · il y a
Merci de votre lecture !
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fred z · il y a
Idée originale ! Merci pour ce texte
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Tardis Gradis · il y a
Merci à vous d'avoir pris le temps de le lire !
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Cristo R · il y a
Récit original d'une sortie scolaire post végétale dans un monde ou les plantes sont comme les sioux en voie de disparition dans des réserves. On apprend qu'après les plantes synthétiques on a maintenant des plantes holographiques.
Décidément l'oeuvre et l'être bleu suscite beaucoup d'inquiétude sur notre devenir terrestre

un coeur bleu de peur donc

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Tardis Gradis · il y a
C'est un futur, qui j'espère, restera de l'ordre de la science fiction bien qu'on ait pris la voie de sa réalisation...
Je jetterai un coup d'oeil à votre texte. Merci d'avoir lu !