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Combinaison d'atomes qui fait un certain sens, je crois  [+]

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1– Hibernation

J'étais bien, à hiberner, pourtant, se dit la chenille. Bien sûr, elle ne se le dit pas vraiment, vous et moi le savons bien. Elle n'a pas les mots. Cela fait déjà quelques jours qu'elle est sortie de sa diapause, mais rien ne presse ; elle prend son temps. La faim commence cependant à la tirailler.
Isia – c'est son nom, même si elle ne le connaît pas – jette un ocelle à l'extérieur de son abri, pour voir. L'environnement paraît plus clair, avec des taches lumineuses presque éblouissantes par endroit. La température de sa cache augmente depuis peu. Elle sort, aussi vite que possible, de sous les feuilles mortes qui n'ont pas été ramassées à la pelle, à la recherche de limbes frais à broyer.
Elle sait qu'elle prend des risques à avancer à découvert, mais le besoin de se nourrir devient plus grand. Ses six pattes se mettent en action, comme si les cellules de son corps comprenaient. Elle regarde ses petites jambes et se rappelle les marques qu'elle s'était infligées avant l'hiver. Quatre. Quatre cicatrices, pour quatre mues déjà effectuées. Il en reste une. Avant la grande transformation.

2– Papillon

Isia, après un sprint d'au moins cinquante centimètres, s'arrête un instant pour se reposer. C'est ça, la vie de chenille : de longues courses à toute vitesse entrecoupées de tout aussi longues périodes d'immobilité, par peur, par paresse, par nécessité.
Un papillon, bleu et évidemment joli, virevolte au-dessus d'Isia. Il ne l'aperçoit pas tout de suite, trop concentré à faire le coquet à la recherche d'une partenaire – le temps presse, ses jours sont comptés. Quand la beauté ailée découvre l'insecte poilu à l'arrêt, elle pense tout bas : quelle vilaine chenille que voilà ! Le papillon se rappelle cependant d'où il vient, quelques images floues lui reviennent en tête, et il interpelle Isia d'un ton altier :
— Tu ne t'es pas encore transformée ? De quelle variété es-tu ?
Isia entend bien une voix, mais ne comprend pas d'où elle provient. Le lépidoptère bleuté se pose sur une feuille de la plus proche plante, et regarde notre amie de haut. La chenille, subjuguée par la profondeur et l'éclat de la couleur des ailes, ressent de drôles de sensations dans le ventre.
— Ha ! Heu, je ne sais pas. Je ne connais pas ma famille, je me rappelle juste quelle plante je mange.
— Mais, toutes les chenilles ou presque se sont déjà transformées à cette période de l'année ! En tout cas, toutes celles que j'ai rencontrées. N'as-tu pas hâte de voler comme moi, plutôt que de ramper comme tu le fais ?
— Bof. J'aime bien ma vie comme elle est. J'adore ton bleu par contre. Ça me plairait de porter une robe de la même couleur.
Le papillon, flatté, mais peu intéressé par la chenille, scrute les alentours, toujours en quête de celle qui transmettra ses gènes. Il reprend son envol en criant :
— Je dois te laisser, j'ai envie de m'amuser et j'ai peu de temps.
Isia essaie de suivre la trajectoire chaotique de l'insecte bleuté, admirative devant la beauté du dégradé de couleur. La faim la ramène toutefois à la réalité, et elle se précipite sur la plante pour grignoter quelques feuilles.

3– Mue

Notre chenille a englouti plusieurs feuilles depuis quelques jours, au point où elle se sent à l'étroit dans son exosquelette – comme nous, humains, pouvons nous sentir serrés dans notre pantalon après un copieux repas. Elle descend de sa dernière victime – une plante qui en a connu d'autres ; elle ondule avec précaution, et se sert de ses fausses pattes arrière pour bien coller à la tige et ne pas tomber.
La rosée du matin a laissé quelques gouttes d'eau sur les herbes basses. Isia s'en approche pour boire et se voit, hirsute, toute de noir vêtue. Elle se déplace sur le côté pour observer son reflet, et constater que la bande rouge cuivrée qui colore ses poils n'a pas changé de taille. Elle comprend – elle ne sait ni pourquoi ni comment – que l'heure de sa cinquième et dernière mue arrive. Elle hésite à ralentir, à commencer le processus et reproduire les mêmes gestes ancestraux. Elle aime ce corps un peu boudiné, cette langueur qui l'anime mollement ; Isia reste indifférente aux vols surexcités de ces imagos qui jouent les beaux, se croient au-dessus de tout parce qu'ils sont ailés et colorés. Elle voudrait juste changer de couleur, arborer un joli bleu, sa teinte favorite.
La chenille obéit cependant à des mécanismes qu'elle ne contrôle pas. On ne brise pas des millions d'années d'évolution par sa simple volonté. Isia accroche donc l'arrière de son exosquelette à la base d'une tige, et se met à avancer, très lentement, péniblement, pour arracher cette peau qui la comprime, et passer à l'avant-dernière étape de sa vie – que l'on appelle l'adolescence. Le tégument se décolle d'abord un peu, puis après de longues minutes à tirer, finit par se détacher de la chenille pour se ratatiner enfin comme un vieux bas qu'on oublie sous le lit.
Isia se sent mieux dans son corps, plus à l'aise pour bouger, mais un peu moins bien dans sa tête, car la fin de sa jeunesse approche maintenant à grands pas. Elle repasse devant la goutte d'eau pour constater que la bande orangée s'est élargie. Mais point de bleu, la même maudite robe portée depuis la sortie de son œuf. Elle se dit qu'elle pourrait manger moins, cela ralentirait peut-être le processus. Mais à quoi bon repousser l'inéluctable ?

4– Lombric

De grosses gouttes de pluie ont martelé le sol toute la nuit. Isia n'a pas assez vécu pour s'étonner des chaleurs et des orages aussi intenses en ce début de printemps ; elle n'existera pas assez longtemps non plus pour s'en préoccuper – qu'est-ce qui est normal, de toute façon, à l'échelle d'une vie d'insecte ? La chenille reprend son voyage avec nonchalance, sans vraiment regarder plus loin que le bout de ses poils. Elle ronchonne de temps en temps, quand ses ventouses arrière dérapent sur les herbes détrempées.
Alors qu'Isia fait un virage serré pour contourner une pierre, un ruissellement – de presque rien pour nous humains, mais une énorme vague pour notre chenille – l'emporte et la fait rouler jusqu'en bas du talus. Heureusement pour elle – et pour notre histoire – l'insecte atterrit sur un passage boueux, comme un pont au-dessus de l'eau qui s'écoule. Elle se remet sur ses pattes, et de ses émotions, tout en maugréant sur la vie au ras du sol.
Un lombric, sorti de terre pour éviter la noyade, maudit lui aussi les éléments contre lesquels il lutte chaque jour pour survivre. Isia lui lance :
— On l'a échappé belle ! Une dizaine de pattes à droite ou à gauche, et on se noyait.
Le ver, aveugle, devine que celui qui lui parle ne le mangera pas – pas de temps pour les préliminaires, dans la chaîne alimentaire.
— Je suis fatigué d'essayer de survivre, soit à la chaleur, soit aux pluies torrentielles ! Qui es-tu ?
— Une chenille poilue, noir et cuivre.
— Chanceuse ! J'ai entendu dire que tu pouvais voler au-dessus du sol, loin de toute cette boue. Est-ce pour bientôt ?
— Je prends mon temps. Devenir papillon ne m'intéresse pas, je ne les comprends pas. J'aimerais porter de belles couleurs comme eux, mais je trouve leurs ailes tellement laides et encombrantes. Si je pouvais juste avoir une jolie robe bleutée, je serais comblée.
— Bleue ? Comme le ciel ? J'ai entendu dire que plus loin sur le chemin, il y a une chenille lisse à la peau azur. Je ne l'ai jamais vue, évidemment, mais on m'a décrit sa couleur intense et brillante.
— Plus loin ? Elle sera partie, le temps que je la rejoigne...
— Peut-être pas. On m'a raconté qu'elle était là depuis longtemps, à contempler le sentier.
Isia sent l'excitation monter. Une chenille bleue ? Et si je pouvais influencer ma prochaine transformation, qui sait ?
— Merci, lombric ! J'y cours.

5– Peaux

Le temps est une dimension bien étrange, qui se contracte et s'allonge selon la vitesse, et l'humeur, du sujet en déplacement. Pour Isia, maintenant obnubilée par l'existence d'une chenille bleue, les heures sont des jours, et les jours des semaines. Elle sent que la fin de sa vie de larve approche, et qu'elle doit trouver une réponse avant sa métamorphose.
Sur le bord du chemin, la boue sèche et craque sous les rayons du soleil. Isia s'épuise à courir aussi vite qu'elle le peut, et ne fait des pauses que lorsque ses pattes flageolent de fatigue. Son exosquelette est devenu un peu grand, faute de repas réguliers, et elle ressemble à un insecte malade.
La chenille continue toutefois d'avancer, à découvert, sans prêter attention à son entourage, quand elle aperçoit une chose étrange : une immense enveloppe qu'elle devine transparente. Isia n'a pas le temps d'avoir peur, et elle ne ralentit qu'à peine en s'approchant de ce qui s'apparente à une peau. Celle-ci, solide et lisse, porte elle aussi une sorte de bande en son milieu, mais bariolée de plusieurs couleurs. La chenille s'arrête enfin, étonnée de ne voir aucune extrémité trouée à ce résidu ; un bord, translucide, est large et presque plat, et l'autre bout, d'un beau bleu mat, plus petit et strié. Mais ce qui trouble le plus Isia reste le liquide incolore au fond de la forme cylindrique, et les curieux reflets dessous. Quel est donc l'animal qui laisse de telles traces ? pense-t-elle.
L'insecte reprend sa route en traînant les pattes, las de cette course contre la montre. Elle aimerait accélérer, mais elle traverse maintenant un champ de pierres, et doit contourner, escalader et dégringoler les morceaux de calcaire.

Énervées par ce printemps hâtif et l'élévation de la température, les cigales couvrent par leur chant tous les autres bruits de la nature. Une grenouille, cachée plus haut dans les herbes sur le talus, observe la chenille avec envie, et attend qu'elle croise sa trajectoire. Un coassement de victoire un peu précipité vient cependant figer la scène. Isia a entendu le cri et s'immobilise de peur ; la grenouille aimerait s'en mordre les joues, et s'arrête même de respirer un instant. Le temps, toujours taquin, reste suspendu.
Isia comprend que son salut passe par les pierres, et par l'éventuel abri qu'elle pourra y trouver. Elle reprend son souffle, prend ses pattes à son thorax, et se précipite pour atteindre la plus grosse roche sur le bord du chemin. Elle y arrive presque, quand l'amphibien décide que le moment est venu d'en finir et se place, d'un bond, derrière la chenille.
Mais la vie sauvage n'est pas si simple, et les échecs restent nombreux. Si la grenouille pouvait analyser la situation, elle s'imaginerait un deus ex machina. Seulement – à part ses rêves d'un bel humain qui s'approcherait pour l'embrasser – le batracien pense peu ; manger et se reproduire demeurent ses uniques intérêts. La rainette, immobile, observe sa proie avancer lentement mais sûrement, et passer devant la mue d'une couleuvre, accrochée à une pierre. L'exuvie est encore toute fraîche, le serpent peut-être à l'affût, à attendre de découvrir le menu de son prochain repas. La grenouille, par expérience, sait bien qu'on peut changer d'apparence externe tout en restant le même individu, avec les mêmes intentions. Pas plus courageuse que cela et à peine déçue, elle repart donc en direction de sa mare pour se cacher.
Pendant ce temps, Isia ne se retourne pas, toujours au sprint ; ses ocelles cherchent sans cesse un nouvel abri à atteindre au plus vite, et la chenille ne voit ni la dépouille de couleuvre ni le demi-tour de la rainette. La peur au ventre, l'idée d'avoir des ailes pour échapper à ce prédateur ne lui vient même pas à l'esprit.

6– Cigale

Le chant incessant et strident des cigales monte dans un ciel sans nuages. Un majestueux pin grandit sous les yeux d'Isia, à mesure qu'elle descend le long du chemin de plus en plus pentu. Exténuée, elle progresse par gravité, sans autre énergie que son propre poids, une patte à la fois.
Une voix. La chenille tourne la tête à la recherche de son origine. Quelque chose bougonne derrière une touffe d'herbes perdue au milieu du calcaire : « On ne s'entend plus, maudites cigales ! ».
Isia s'avance de quelques pas et aperçoit une cigale, un gros mâle, l'air bourru. Elle lui demande :
— Vous ne chantez pas ?
— Si, je chante ! Et même très bien ! Mais comment voulez-vous vous faire entendre dans cette cacophonie ? Le son de mes cymbales est unique, seulement... le bruit de mes congénères couvre tout !
— Ah, murmure la chenille, fatiguée.
La cigale, touchée par la mine triste d'Isia, change de ton :
— Vous ne m'avez pas l'air bien, pauvre petite ! Vous devriez vous mettre à l'ombre et manger un peu. Allez donc rejoindre votre famille, en bas de l'arbre, elles vous donneront bien quelque chose.
La chenille sort de sa torpeur :
— Ma famille ?
— Oui, vos sœurs, vos cousines, je ne sais pas. Elles vous ressemblent toutes.
— Sont-elles bleues ?
— Ah non, pas bleues. Elles sont vêtues de noir, avec des taches rougeâtres. Par contre, si vous cherchez une chenille azur, vous en trouverez une, juste après le pin ! Mais je ne pense pas qu'elle appartienne à votre espèce. Elle mesure trois fois votre taille, au moins. Et elle semble en transe depuis son arrivée ici, je n'ai jamais vu ça !
Le long cœur d'Isia s'accélère, on pourrait croire que l'adrénaline coule dans son corps. Elle regarde vers l'arbre et attend quelques instants afin de reprendre ses esprits. Affaiblie et affamée, elle décide de grignoter rapidement un peu d'une herbe avant de se remettre en route. La cigale, d'un coup d'aile, vient se poser à côté d'Isia.
— Faites attention toutefois, n'allez pas sur le chemin. On peut y croiser une espèce de chenilles noires, énormes, courbées en cercle, qui, de temps en temps, descendent le sentier en roulant et écrasent tout sur leur passage.
Isia n'entend ces conseils que de loin, pressée de rencontrer sa cousine bleutée.

7– Procession

Isia, arrivée à deux mètres du pin, aperçoit une myriade de chenilles qui descendent de l'arbre, en procession. Elle s'approche à pas feutrés, en restant sur le bord du sentier. Quelle étrange danse que voilà, pense-t-elle !
Les insectes poilus, tous identiques, traversent le chemin à destination de leur prochain arrêt, comme un train dans la campagne. Quelques déraillements ont dû avoir lieu, des corps aplatis jonchent le milieu de la piste, mais personne ne prête attention aux cadavres, et la file avance, imperturbable.
Si – pour l'individu moyen – ces chenilles ressemblent un peu à Isia, cette dernière les trouve très différentes, suffisamment en tout cas pour qu'elle cherche à les éviter en contournant l'arbre.

Isia se rappelle les paroles de la cigale et sait qu'elle s'approche du but. Au bord de l'épuisement, mais concentrée, elle répète les mêmes gestes : quelques pas, un coup d'œil à gauche et à droite, mais pas en même temps. Les pierres blanches sont plus nombreuses, le chemin est cahoteux. Ses petites pattes tremblent, mélange de fatigue et d'appréhension, mais elle ne veut pas flancher maintenant.
En contournant une énorme roche par la droite, pour éviter le sentier, la chenille découvre enfin l'insecte bleuté, immobile, presque caché, qui regarde le chemin comme s'il attendait quelque chose ou quelqu'un. Isia s'arrête d'abord, sans rien dire. La tête lui tourne, son estomac se tord. Si elle pouvait transpirer, de grosses gouttes couleraient de sous ses pattes. Elle cherche à reprendre son souffle, à ralentir son cœur et à calmer le chaos dans sa cervelle. Quand elle commence à se détendre, les questions fusent en ordre un peu moins dispersé. Quelle est cette chenille ? Pourquoi ne bouge-t-elle pas ? M'a-t-elle vu ?
Isia constate que le bleu ne brille pas autant qu'elle se l'était imaginé, terni par la poussière du chemin. Elle s'avance à portée de voix et remarque maintenant que la peau de l'insecte est lisse, sans poil. Encore un peu plus près. Quand elle s'aperçoit qu'une extrémité de la chenille est accrochée à quelque chose, d'aspect et de matière inconnus, Isia croit comprendre que la larve mue, ce qui pourrait expliquer sa léthargie. Elle s'approche davantage et s'étonne de la forme, aux bords presque carrés, de l'insecte. Mais quelle est cette chose ?
Isia, arrivée à portée de pied, demande maintenant à voix haute :
— Et oh, ça va ?
Elle donne un petit coup de tête au corps bleuté, sans réaction. Son sang se fige, effet combiné de la chaleur et de la peur. Cette créature n'est pas une chenille, elle ne possède même pas de pattes. Elle semble de la même matière que la peau qu'elle a croisée quelques jours plus tôt, dure et lisse, sans vie. Isia, déconcertée, s'effondre en état de choc.
Notre chenille ne le saura jamais, mais je peux vous le dire, à vous : cette chose n'est autre qu'un porte-clefs en scoubidou, tombé des poches de son propriétaire l'automne passé.

8– Vol

Isia revient à elle quelques minutes plus tard. Désespérée, elle ne sait quoi faire. Se transformer en chenille bleutée lui apparaît maintenant une chimère, elle est condamnée à devenir papillon. Elle se doute que les efforts des jours précédents ont ralenti le processus, mais que l'étape de la chrysalide arrive enfin. Elle pense à se laisser mourir, mais la faim lui noue les intestins et elle ne pourra s'empêcher de manger ; l'appel de la vie reste plus fort, même si ce n'est pas celle dont elle rêvait. Elle cherche du regard une dernière plante à dévorer, et comprend qu'elle ira ensuite tisser son cocon.
Au moment où elle se remet en route, la terre commence à trembler, et des cris se rapprochent, de plus en plus intenses. Isia prend peur, et essaie de voir ce qui s'amène sur le chemin. Des animaux, colorés de la tête aux pieds, chevauchent chacun ce qui ressemble à deux immenses chenilles noires enroulées. Des humains sur des vélos, vous l'aurez peut-être compris.
Des petites pierres volent au contact des roues. Isia réfléchit très vite, et se précipite au milieu du sentier, en souhaitant se faire écraser par ces énormes et sombres créatures. Mais les performances de la chenille demeurent relatives, malgré son entraînement intensif, et elle arrive bien après le passage des humains. Isia espère que d'autres descendent la côte et elle patiente, en regardant en direction opposée.
Les heures s'écoulent et les ombres s'allongent. Isia, fatiguée d'attendre la mort qui ne vient pas, se résout à se transformer une ultime fois. Elle repart finalement pour monter dans la première plante qu'elle croisera sur son chemin.
Le mouvement d'Isia ne passe pas inaperçu. Une petite chouette, de tout juste un an, regarde son papa d'un œil interrogateur.
— Va, lui dit-il, celle-là ne pique pas. Tu es chanceuse, c'est probablement la dernière de la saison, déguste-la bien.
Et notre chenille termine ainsi son voyage dans l'estomac du jeune oiseau.
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Image de JAC B
JAC B · il y a
C'est un texte original. On suit les pérégrinations de cette petite chenille avec intérêt, c'est bien écrit, on se prend au jeu du contexte et de la personnification, lecture agréable pour moi. Bonne continuation Alfred.
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Guillaume Lesage · il y a
Bravo Alfred pour cette excellente histoire, divertissante et enrichissante, où l'on en apprend tant sur la vie pas facile des chenilles! Le sujet de la nouvelle ainsi que le style d'écriture m'ont beaucoup plu. Bravo.
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Ginette Flora Amouma · il y a
C'est très intéressant , la transformation de la chenille est visualisée et vous lui donnez une intensité émotionnelle originale .
j'ai beaucoup appris .

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Alfred AA · il y a
Merci pour le retour. Je me suis vraiment amusé lors de l'écriture de cette nouvelle, et je suis bien content qu'elle plaise.
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JAC B · il y a
C'est un texte original. On suit les pérégrinations de cette chenille avec intérêt, c'est bien écrit, alors je like.
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Alfred AA · il y a
Merci Jac B.

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